Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 12:52
Deux nouvelles photos originales de l'offensive de 1940.  Celles-ci ont été prises à Bouillon. Les Allemands firent leur entrée dans la ville le 12 mai au matin, avant que les Panzers de Guderian ne traversent la Meuse à Sedan, situé une quinzaine de kilomètres au sud, le lendemain.

undefined
undefined
Published by philippe lecler - dans Documents
commenter cet article
5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 16:46
   


          
        La cérémonie de commémoration des arrestations du 6 avril 1944
a eu lieu ce samedi 5 avril à la ferme du Chesnois à Alland'huy, sous la présidence de G. Dardart, président de la FNDIRP, en présence de nombreux élus, dont M. Lamenie, sénateur des Ardennes, et de représentants du monde associatif (AFMD et UAFFI).
On rappelera que les arrestations opérées par la Gestapo de l'avenue Foch dans ce village eurent lieu dans le cadre de ce qui fut appelé par la justice à la Libération "L'affaire des parachutistes alliés", dont on peut lire la relation sur ce blog. Au terme de cette cérémonie, on regrettera que l'historique qui a été fait de cet épisode tragique de la Résistance, une fois encore (puisque je m'en étais déjà ouvert à son rédacteur), ne soit pas tout à fait conforme à la réalité des faits établis. On regrettera aussi que Charles Lambert, commerçant à Attigny, arrêté lui aussi pour les mêmes faits le 6 avril, déporté lui aussi au départ de Compiègne le 2 juillet 1944 vers le camp de concentration de Dachau et décédé au camp de Léonberg (Kommando du camp de Natzweiler) le 2 février 1945, ne soit pas associé à l'hommage rendu ce jour aux résistants du réseau Samson .

       Discours de M. Marc Laménie, sénateur des Ardennes

Published by philippe lecler - dans Actualité
commenter cet article
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 15:24

2. Les déportés

            Sont considérées comme déportées les personnes déplacées contre leur volonté hors des frontières nationales par l’occupant et ses alliés, puis dirigées vers les camps du système concentrationnaire ou les prisons du Reich et de ses alliés.
On distingue communément la déportation par mesure de persécution (celle des personnes persécutées pour leur prétendue appartenance à une « race » ou à une communauté indésirable) de la déportation par mesure de répression, dont il est question ici, qui rassembla environ 88 000 personnes arrêtées sur le territoire de la France ou du Reich en raison de leurs activités ou de leurs opinions. Les personnes concernées par ce type de déportation sont donc soit des résistants, soit des personnes raflées comme otages, soit encore des auteurs de délits de droit commun.

2.1 Raisons et chronologie de la déportation

Les raisons de la déportation nous sont souvent mal connues, du fait de l’indigence des sources, et sont souvent le fait de reconstitutions à posteriori, à partir de ce que nous savons de l’activité des personnes arrêtées.
Seules les exécutions après jugement d’un tribunal militaire firent systématiquement l’objet d’une note des services allemands de la Feldkommandantur à la préfecture. Les raisons de la déportation sont d’autant plus mal connues que les personnes déportées furent rarement traduites devant un tribunal militaire. Les Allemands se passèrent d’ailleurs plus facilement de cette formalité lorsqu’au printemps 1942 les militaires furent dessaisis de leur pouvoir de police au profit de la SS. La Gestapo n’eut alors plus à justifier en cette matière ses décisions qui relevaient d’une procédure dite de la « détention de sécurité » (Schutzhaftverfügung), qui autorisait l’autorité allemande à placer le simple suspect en détention dans un camp de concentration « jusqu’à la fin de la guerre ».
Les dates de la déportation des personnes arrêtées pour faits de résistance dans les Ardennes coïncident avec la chronologie générale de cette forme de répression ainsi qu’avec le développement de l’action de la Résistance.
Sur 111 personnes dont la date du départ est connue, 1 seul départ eu lieu en 1942, suivis de 25 en 1943 et de 85 pour les huit premiers mois de 1944…

2.2 Répartition des déportés inscrits à Berthaucourt selon le lieu de destination et le lieu de décès

Nous connaissons pour 116 déportés inscrits à Berthaucourt les destinations initiales, sur les 142 (connues) dont les noms figurent sur le monument. Dans un ordre croissant, ce sont les camps de concentration de :

-    Natzweiler -Struthof (18)
-    Buchenwald (18)
-    Neuengamme (16)
-    Sachsenhausen-Oranienbourg (14)
-    Dachau (12)
-    Ravensbrück (11)
-    Auschwitz-Birkenau (6)
-    Mauthausen (5)
-    Dora (3)
-    Flossenbürg (1)

Pour certains, principalement les « NN », les destinations furent les prisons de Hinzert (5), Pforzheim (1), Dortmund (1), Kehl (1), Sonnenburg (1), Deckenschule (1), la forteresse de Bayreuth (1) et le ghetto de Kaunas (Lituanie) pour un déporté juif.

undefined

Nous connaissons par ailleurs pour 122 déportés inscrits à Berthaucourt les lieux de décès. Dans un ordre croissant, ce sont les camps de concentration de :

-    Dachau (16)
-    Sachsenhausen-Oranienbourg (16)
-    Neuengamme (15)
-    Mauthausen (13)
-    Buchenwald (13)
-    Ravensbrück (11)
-    Dora (10)
-    Natzweiler-Struthof (4)
-    Auschwitz-Birkenau (4)
-    Bergen-Belsen (3)
-    Flossenbürg (3)
-    Gross-Rosen (1)

Les décès dans les prisons du Reich sont au nombre de 10 et concernant principalement des déportés soumis à la procédure « NN » : Wittlich, Schweidnitz, Hinzert, Kehl, Pforzheim, Hanovre, Sonnenburg.
On relèvera par ailleurs deux décès dans des villes allemandes (Essen et Grafenthal), dont l’un dans un Kommando de déblaiement après un raid de l’aviation alliée, et un autre au ghetto de Kaunas.


undefined


2.3 Les principaux camps d’accueil des déportés inscrits à Berthaucourt

Buchenwald
Le camp de concentration de Buchenwald fut avec celui de Natzweiler celui qui reçut le plus de déportés ardennais (inscrits à Berthaucourt).
Parmi les données saillantes concernant ces déportés, on peut remarquer que Buchenwald fut avec Sachsenhausen le camp d’accueil des prisonniers communistes ou supposés tels. Ainsi, si les maquisards FTP du maquis dit « de Launois » à Viel-Saint-Rémy furent fusillés au début de 1944 après avoir été jugés par un tribunal militaire allemand, ceux qui furent considérés comme leurs complices (pour les avoir hébergés, ravitaillés) furent presque tous déportés à Buchenwald (8 sur 11) par le transport du 22 janvier 1944 au départ de Compiègne.

Sachsenhausen-Oranienbourg
On peut relever que c’est le camp de Sachsenhausen-Oranienbourg, près de Berlin, qui fut la première destination des prisonniers communistes ardennais, en deux grands convois qui emportèrent la plupart de ceux-ci arrêtés au cours de l’année 1943.

Le transport du 24 janvier 1943 fut composé au départ de Compiègne d’hommes et de femmes, voyageant dans des wagons différents, et aux destinations différentes. Au moins 1466 hommes furent dirigés, après le passage de la frontière allemande vers le camp de concentration de Sachsenhausen, où ils entrèrent le 25 janvier (les femmes, nous en parlerons plus loin, furent dirigées vers Auschwitz-Birkenau). Ils sont les premiers déportés partis de France à être dirigés vers ce camp. La majorité de ceux-ci sont des membres du parti communistes ou du Front National.

Le transport du 28 avril 1943 fut un autre transport mixte parti de Compiègne, les hommes à destination de Sachsenhausen, les femmes à celle de Ravensbrück. Il comptait une part très importante de prisonniers communistes, dont 14 Ardennais, soit près de la totalité des communistes responsables de la manifestation contre le STO en gare de Sedan le 3 mars 1943 et arrêtés le lendemain par les autorités allemandes.

Dachau
La majorité des déportés au camp de concentration de Dachau le furent par le convoi du 2 juillet 1944, dit « train de la mort ». Ce fut le plus important convoi de déportation au départ de Compiègne (2 166 déportés politiques et résistants, droits communs), il fut sans doute aussi le plus meurtrier (530 hommes trouvèrent la mort pendant le voyage).
On y trouve notamment les hommes arrêtés au printemps 1944 dans le cadre de l’affaire dite « des parachutistes », c’est à dire le démantèlement du réseau Samson à la suite de l’infiltration en son sein d’agents de la Gestapo de l’avenue Foch (18 personnes arrêtées, 16 déportées, dont 12 mortes en déportation, 2 fusillées).

On notera que 9 déportés internés au camp de concentration de Natzweiler furent transférés à Dachau probablement lors de l’évacuation de ce camp les 31 août, 1er et 2 septembre 1944.

Neuengamme
Parmi les 16 déportés dans ce camp figurent presque tous les membres de la Résistance de l’Aisne qui ont été arrêtés dans le cadre de l’affaire dite « des parachutistes » dans ce département et dans une autre, initiée par la Gestapo de Saint-Quentin et dont l’agent principal fut Wickenden, dit « l’homme à la verrue ». Ces habitants de l’Aisne sont inscrits à Berthaucourt car leurs groupes étaient commandés par l’état-major ardennais de l’OCM et dépendaient du secteur de Signy-l’Abbaye. Parmi les autres activités de ces groupes on peut citer la constitution d’une filière d’aide aux prisonniers de guerre français évadés, aux aviateurs alliés, aux Juifs évadés du camp des Mazures, l’aide aux réfractaires du STO. On se souvient que leur chef, Émile Fontaine, fut abattu par la Gestapo le 30 mars 1944 à Aubenton et que les arrestations dans le réseau auquel il participait, Samson, eurent lieu dans les jours qui suivirent sa mort.

Parmi les Ardennais déportés à Neuengamme figure Jean FOSSIER, né le 13 septembre 1924  à Terron-sur-Aisne, domicilié en cette commune. Arrêté le 7 mars 1944 par la gendarmerie française pour un vol d’huile, l’enquête fit apparaître ses liens avec le Résistance (hébergement d’aviateurs alliés, agent de renseignement du Banel, création du maquis de Semide). Il fut déporté au départ de Compiègne le 4 juin 1944 vers le camp de concentration de Neuengamme. Disparu au camp de concentration de Dora.

Ravensbrück
Connu comme le camp des femmes, Ravensbrück reçut 10 déportées originaires des Ardennes.
Pour poursuivre sur l’affaire « des parachutistes » évoquée plus haut, les quatre femmes arrêtées dans le cadre de celle-ci furent internées à Romainville avant de quitter la France dans un convoi qui atteignit le camp de « Neue Bremm » à Sarrebrück le 4 juillet 1944. Le 27 de ce mois, elles furent transférées au camp de concentration de Ravensbrück.

Auschwitz-Birkenau
    Parce qu’il est l’archétype du camp de concentration dans la conscience collective, voyons les cas des déportés à Auschwitz. Le complexe d’Auschwitz-Birkenau est connu comme le symbole de la volonté d’extermination par les nazis des juifs d’Europe.
Dans ce camp, 4 500 personnes venues de France furent aussi internées par mesure de répression.
On peut distinguer deux groupes de déportés originaires des Ardennes, dont les noms sont  inscrits au monument de Berthaucourt, qui y furent transférés.

Les femmes du transport du 24 janvier 1943, convoi dit des « 31 000 »
Le transport du 24 janvier 1943 fut composé au départ de Compiègne d’hommes et de femmes, voyageant dans des wagons différents, et aux destinations différentes. Au moins 1466 hommes furent dirigés, après le passage de la frontière allemande vers le camp de concentration de Sachsenhausen, où ils entrèrent le 25 janvier ; 230 femmes furent emmenées au camp de concentration d’Auschwitz.

Les trois femmes, dont les noms sont inscrits à Berthaucourt, avaient été arrêtées à la fin du mois d’octobre 1942 par la Gestapo de Charleville à la suite du démantèlement par ce service d’une filière d’évasion de prisonniers de guerre français qui avait son centre à Charleville et avait été fondée par Paul Royaux. Elles décédèrent toutes les trois dans les deux mois qui suivirent leur entrée dans ce camp.

On peut noter que parmi les ardennaises de ce transport figurait aussi Simone SAMPAIX, née à Sedan, fille de Lucien SAMPAIX, secrétaire général à L’Humanité fusillé le 15 décembre 1941. Elle sera libérée au camp de concentration de Ravensbrück en avril 1944.
On remarquera aussi que dans ce transport figurait aussi RAVAUX (ép. Bouillard) Léona, née le 5 avril 1885 à Éteignères, domiciliée à Auvillers-les-Forges, arrêtée en même temps que son mari pour « activité communiste », décédée à Auschwitz le 15 février 1943. Son nom ne figure pas à Berthaucourt !

Les hommes du transport du 27 avril 1944, dit convoi dit des « tatoués »
Ce transport est le troisième convoi de non-juifs parti de Compiègne à direction du camp d’Auschwitz. Composé d’environ 1 670 hommes, il y arrive le 30 avril au soir. Ces déportés étaient destinés à fournir de la main d’œuvre aux Kommandos de travail (d’où cette appellation de « tatoués », les SS ne tatouant pas ceux qui étaient destinés à la chambre à gaz).
Les hommes dès leur arrivée, après désinfection et marquage furent d’ailleurs transférés vers d’autres camps, la plupart vers celui de Buchenwald. Deux Ardennais inscrits à Berthaucourt furent de ce transport.
Le sixième déporté de ce transport, inscrit à Berthaucourt, Abraham SEEMAN, fut saisi par la Gestapo le 4 janvier 1944, lors de la rafle des derniers juifs présents dans les Ardennes. Cet octogénaire ne fut certainement pas arrêté pour fait de résistance, mais bien pour son appartenance « raciale »…

2.4 Le cas des déportés « Nacht und Nebel »

Les 18 déportés vers le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, l’unique camp nazi implanté sur l’actuel territoire français, ainsi que les 5 internés du SS-Sonderlager Hinzert constituent l’ensemble des 23 déportés soumis au décret Keitel.

Les décrets Keitel furent promulgués les 7 et 12 décembre 1941.
Ils mettaient en place la procédure dite « Nacht und Nebel » (« Nuit et Brouillard »). Celle-ci retirait à la justice militaire la répression de la résistance au profit des tribunaux nazis du Reich.
Par les moyens du secret et de l’isolement des personnes transférées en Allemagne (« Les coupables transportés en Allemagne ne sont autorisés à aucun contact avec le monde extérieur : aussi n’ont-ils le droit ni d’écrire, ni de recevoir lettres, colis, visites. Ceux-ci sont à renvoyer avec la mention que tout contact avec le monde extérieur est interdit au coupable »), on atteignait le but fixé : « un effet de frayeur efficace et durable ».

Ainsi les 5 « NN » qui figurent au monument de Berthaucourt et qui furent internés au SS-Sonderlager Hinzert, près de Cologne, étaient-ils destinés à être jugés en Allemagne. Hinzert fut de mai 1942 à septembre 1943 le lieu de regroupement de tous les « NN » venant de Paris. Ces 5 là y furent déportés à cette période, alors que la procédure était encore strictement appliquée, en attente de jugement.

En novembre 1943, le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, succède à Hinzert comme lieu principal de la détention des détenus « NN », même si ces derniers y étaient déjà nombreux avant cette date.
Les 20 déportés « NN » du camp de Natzweiler-Struthof le furent au cours de l’année 1944. Á cette date, ils ont échappés à l’autorité de l’armée allemande, qui a perdu ses prérogatives en matière de maintien de l’ordre, et sont pris en charge par la Gestapo. Le sigle « NN » reste utilisé mais la procédure Keitel est abandonnée : ils ne sont plus en attente de jugement mais soumis au régime de la « détention de sécurité » (Schutzhaftverfügung), c’est à dire destinés à rester dans des camps de concentration « jusqu’à la fin de la guerre ».
Citons parmi eux :
BARRÉ Gaston, né le 1er avril 1899 à Hautes-Rivières. Brigadier des Douanes à Vireux. Il fut arrêté en novembre 1943 en raison de son appartenance à un réseau de renseignement. Déporté au départ de Paris, gare de l’Est, le 25 février 1944 vers le camp de concentration de  Natzweiler, il y est décédé le 2 avril 1944.
ESCALON Pierre, né le 9 janvier 1917 à Paris, chef d’équipe au chantier forestier de Vendresse, en fait responsable OCM de l’école des cadres à Omicourt (instruction aux sabotages). Arrêté à Vendresse le 20 septembre 1943, il  fut condamné par le Tribunal militaire allemand de Charleville le 15 janvier 1944. Emprisonné à Paris le 17 juin 1944, déporté au départ de Paris, gare de l’Est, le 13 juillet 1944 vers le camp de concentration de Natzweiler, il est décédé le 23 mars 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen.
FOURNAISE Adrien né le 7 mai 1902 à Mézières, agent de la SNCF à Liart, était le chef du secteur de Signy-l’Abbaye. Arrêté par la Gestapo le 24 décembre 1943, il fut incarcéré à la prison de Charleville, puis à Paris. Déporté le 24 février 1944 au départ de Paris, gare de l’Est, vers le camp de concentration de Natzweiler, il fut transféré en mai 1944 au camp de concentration de Gross-Rosen, en Silésie, puis à la prison de Nordhausen, près de Dora, où il mourut le 18 février 1945.

undefined            Photo prise à la libération du camp de concentration de Buchenwald (Doc : F. Guérin)

 

21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 17:00
undefined  
M.R.D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le service secret britannique d'Action SOE en France, 1940-1944,Tallandier, Paris, 2008.
    C’est un monument que publient les éditions Tallandier. Paru en Grande-Bretagne en 1966, SOE in France, cette référence de l'histoire de l'Angleterre pendant la Seconde guerre mondiale n'avait jamais été traduite en français. C’est aujourd’hui chose faite et nous ne pouvons que nous en réjouir. L’édition présente a été revue et corrigée, augmentée des notes et d’un avant-propos rédigés par Jean-Louis Crémieux-Brilhac.

    Ayant eu accès aux meilleures sources, par autorisation du gouvernement britannique d’alors, Mickael R.D. Foot, analyse d’abord les structures du SOE (origines, rapports avec les autres services secrets, recrutement et formation des agents, communications et conditions de la vie clandestine dans la France occupée…), avant d’entreprendre le récit de son activité : « La réalité de l’histoire clandestine suffira à nourrir le lecteur de ce livre d’épisodes à suspens : aventures héroïques, drames, sacrifices, trahisons, doubles jeux, malentendus, parties mortelles de poker menteur entre le SOE et les services de sécurité allemands. » (J.L. Crémieux-Brilhac ).

    Le Special Operations Executive fut un organisme secret chargé  par le gouvernement britannique d’encourager la subversion et le sabotage dans les territoires occupés par l’Allemagne nazie, dont l’objectif résumé tenait dans cette formule lapidaire de Winston Churchill : « Mettez l’Europe à feu ! ».
Le SOE avait pour objectif, par le moyen de parachutages de matériels et d’agents derrière les lignes ennemies, d’y exécuter des sabotages et de participer à la constitution d’unités irrégulières capables de mener à bien des opérations de guérilla ; de « créer des Cinquièmes colonnes » aptes « à tout faire sauter, à susciter partout le chaos et la révolution. » Par ailleurs, les agents du SOE devaient obtenir des renseignements sur les forces allemandes dans les pays occupés, et établir d’étroits contacts avec les populations locales afin d’y installer des agents parmi elles.
La section française du SOE (section F, dite French Section), commandée par le colonel Maurice Buckmaster, parvint ainsi  à livrer à la Résistance plus de douze mille tonnes d’armes et à animer, pour toute l’Occupation, quatre-vingt-douze réseaux (aux noms aussi exotiques que Spindle, Chesnut, Monkeypuzzle, ou Woodcutter...)
Sur le sol de France, le Mémorial de Valençay, dans l’Indre, honore les 104 agents de la section F morts pour la France.
   
    Vous vous dites peut-être que les Ardennes ne furent pas concernée par cette forme d’action, que sans doute ailleurs… Mais pas ici… D’ailleurs, on n’en a jamais entendu parler… Détrompez-vous (vous pouvez d’ailleurs vous en assurer ici ou ).
Il n’est pas bon de parler d’un ouvrage en cours de gestation, mais, avec l’accord de ma partenaire en cette aventure, livrons quelques éléments qui vous montreront que le SOE fut agissant dans les Ardennes :

- Des contacts furent pris entre le réseau SOE Physician-Prosper, commandé par Francis Suttill, et la résistance ardennaise en la personne de l’état-major de l’OCM et d’un groupe franco-belge de Muno-Carignan, au cours d’une réunion qui eut lieu en Belgique au printemps de 1942.
- L’intégration de la résistance ardennaise à Prosper fut confirmée par un message diffusé par la BBC, dont la teneur ne vous est pas, à vous lecteurs de ce blog, étrangère :
                « Ardenne, tiens ferme ! »
- Le SOE permit ainsi les premiers parachutages d’armes à destination de la résistance ardennaise, au printemps 1943, sur le terrain du plateau du Monty, à la frontière belge, et sur d'autres situés dans l’Aisne…
- L’arrestation de Prosper et de ses adjoints à Paris marqua le début d’une vague de répression qui toucha nombre de régions françaises, dont les Ardennes.
Un des adjoints de Prosper parvint d'ailleurs à s’évader du convoi qui l’emmenait à Buchenwald : sautant de son wagon après la gare d’Amagne-Lucquy, il fut récupéré par les cheminots qui lui permirent d’échapper aux recherches puis de rejoindre Paris...
-
La capture de deux agents Canadiens du SOE envoyés pour superviser le secteur ardennais permit à la Gestapo de monter un vrai faux réseau qui, pendant 9 mois, sous son contrôle, réceptionna parachutages et agents envoyés par Londres  (l’affaire « des parachutistes alliés » dont nous avons déjà parlé en fut une conséquence)…



   
Published by philippe lecler - dans Bibliographie
commenter cet article