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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 08:14

Si l’on considère certaines sources, Il semble que les hommes du maquis Prisme, dit "Maquis des Ardennes", aient été dotés d’un insigne récupéré sous l’Occupation dans un dépôt de l'armée.

Les maquisards le portèrent-ils sur leur béret ? Le musée virtuel de la Résistance en présente un exemplaire, pour lequel j’ai rédigé la notice qui suit.

 

Peu de documents corroborent cette assertion.

Deux photographies prises au maquis lors d’une prise d’arme le jour du 14 juillet 1944 montrent des hommes vêtus de vestes imperméables sans manches portées sur un pull-over et tous porteurs d’un béret avec écusson circulaire. Selon Georgette Fontaine, il s’agit de gendarmes qui ont déserté leur casernement et ont rejoint avec armes et bagages le commandant Prisme au début du mois de juillet. Dans l’ouvrage de J.P. Cordier, Combat en Ardenne, l’insigne appartenant à l’un de ces gendarmes est dessiné (mais l’auteur n’en indique pas la provenance). Les gendarmes formant l’encadrement du maquis (ils ont l’expérience du commandement et du maniement des armes), on peut supposer qu’ils furent les seuls à porter cet insigne qu’ils amenèrent eux-mêmes ?

Par ailleurs, au titre des sources, on peut citer ce témoignage d’un aviateur américain qui fut un temps hébergé au maquis : « Cette organisation s’appelait Maquis des Ardennes. Ses membres portaient un insigne métallique circulaire sur leurs bérets. »

 

  maquis ardennes 055

Doc : Musée de la Résistance en ligne (AERI)

 

 

Cet insigne est marqué d’une tête de sanglier avec en arrière plan une vue sur une falaise au pied de laquelle est une tour.

Dans la symbolique militaire moderne, le sanglier figure sur de nombreux insignes, notamment sur ceux des régiments d’infanterie, de blindés, ou encore, avant la guerre de 1939-1945, de forteresse, dont ceux de la fameuse ligne Maginot.

Le paysage est une vue du fort de Charlemont qui domine, du haut de sa falaise, la Meuse et la ville de Givet. Ce fort a été construit à partir de 1550 par Charles-Quint, il est revenu à la France sous Louis XIV, en 1680, puis il fut agrandi par Vauban. Au pied de la falaise figurent la Meuse, le pont de la ville, les quais avec la tour Victoire construite au XVe siècle. L’ensemble a donc pour vocation de représenter la puissance du système défensif en un secteur qui est aux avant-postes du territoire, la « pointe » de Givet étant enclavée en Belgique. 

Si son iconographie renvoie donc au 148e régiment d’infanterie qui tint ses quartiers à Givet de 1899 à 1914, il n’en reste pas moins que l’insigne fut celui du Secteur défensif des Ardennes à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.


L’origine de la devise est inconnue. Sur l’insigne original, le mot "Ardennes" est au pluriel. Il désigne donc le département. Lorsque la Résistance ardennaise s’empara de cette devise pour la faire sienne, elle modifia son sens en élargissant la notion de territoire national à la réalité transfrontalière de son action, l’Ardenne désignant en effet une région naturelle située dans un ensemble franco-belge, voire franco-belgo-luxembourgeois.

Chronologiquement, on voit donc la devise apparaître :

 

- En juillet 1942, lorsque se réunissent en Belgique, à Herbeumont, des responsables de groupements de résistance français et belges. L’animateur se lance dans « un étourdissant exposé des possibilités et des moyens pouvant être mis à notre disposition par les organismes anglais de Londres [le SOE]. » Sceptiques, les présents demandent « un message de confiance avant de suivre aveuglément. Ce message, tous les Ardennais, écoutant régulièrement la BBC s’en souviendront : “Ardenne tiens ferme ! Courage les amis, à bientôt”. » Deux témoins relatèrent cet épisode en écrivant « Ardenne » plutôt qu’ « Ardennes ».

- En août 1944, le journal de la Résistance, composé par le chef de centre de Floing, Marcel Léonard, prend le titre d’« Ardenne, tiens ferme ».

- Aujourd’hui, ce nom est celui du bulletin des membres de l’Union ardennaise des FFI (UAFFI). On note que pour cette association, si le sanglier de l’insigne original est demeuré, le paysage en arrière-plan a été remplacé par une croix de Lorraine.

 La devise « Ardennes, tiens ferme » (avec ou sans le point d’exclamation) a été reprise par le 3e régiment du génie en garnison à Mézières.

 

Sans titre-Numérisation-01Médaille éditée par l'UAFFI pour les commémorations du cinquantenaire

de la libération des Ardennes (doc : P. Lecler)


Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 07:05

Nous avons, Annette et moi, longuement évoqué l'action du jeune Briffaut dans notre livre Face à la Gestapo. Je lui avais ausi consacré un article quand, lors de la cérémonie de commémoration des massacres du Banel, il avait été décoré de la Légion d'honneur.

La presse régionale lui a rendu hommage dans une série d'articles que l'on peut lire ici.

13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 12:07

« Histoire en mémoire 1939 - 1945 »

Véritable base d’informations sur la Résistance dans la Marne, ce dévédérom est un formidable outil de référence pour découvrir et comprendre l’histoire de la Résistance dans sa diversité et sa complexité, replacée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, de l’acceptation par le régime de Vichy de la défaite de mai-juin 1940, de l’occupation allemande, et de la libération du département par les troupes américaines fin août 1944.

 

Vous y trouverez :

- près de 2 000 fiches biographiques et thématiques

- une chronologie détaillée recensant plus de 2 000 événements

- un fonds exceptionnel de plus de 3 000 photographies

- de nombreux documents d’archives, tracts, affiches, journaux clandestins

- des témoignages

- des croquis et des dessins

- des cartes de localisation

- des clips vidéo

- un inventaire des lieux de mémoire par commune

- un glossaire

- plus de 1 000 sources recensées et classées

 

Où trouver ce dévédérom ?

-- dans toutes les librairies du réseau SCÉRÉN de l’académie de Reims

-- en ligne sur www.sceren.com

-- dans les librairies indépendantes

Lancement le 30 janvier 2013

Le dévédérom fera l’objet d’une présentation officielle, le mercredi 30 janvier à 11 h, à l’occasion de la labellisation Bleuet de France de la maison de retraite Sarrail, 21 rue Jean-Henri Fabre, à Châlons-en-Champagne.

Dévédérom co-édité par le CRDP de Champagne-Ardenne et la Fondation de la Résistance, département AERI.

 

Plus d'infos sur le site Histoire et mémoires des deux guerres mondiales

Published by philippe lecler - dans Actualité
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 07:32

Le thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2012-2013 est paru au B.0.E.N. Il est formulé comme suit: "Communiquer pour Résister" (1940-1945).

On peut télécharger la brochure qui lui est consacrée sur le site de la Fondation de la Résistance

Pour la Marne, et à titre d'exemple, on peut se référer au travail de Jean-Pierre et Jocelyne Husson, sur le site Histoire et mémoires des deux Guerres mondiales.

 

Image 2006 1607

Ardenne, tiens ferme ! "Organe local du mouvement Ceux de la Résistance"


Au chapitre de la presse clandestine, on rappelle que le seul organe dont se dota la Résistance dans les Ardennes sous l'Occupation fut Ardenne, tiens ferme ! 

Composé de façon artisanale par le chef de centre de Floing, Marcel Léonard, et le chef de secteur de Sedan, le lieutenant Jean Hercisse, son premier numéro paru le 1er août 1944. Quatre autres suivirent jusqu'à la libération du département. Chacun fut tiré à 300 exemplaires.

 

Image 2006 1606L'imprimerie portative qui permit la composition d'Ardenne tiens ferme ! (doc. F. Docq)


Ci-dessous, portait de Marcel Léonard (doc. Bernard Léonard).

A la fin du mois d'août 1944, recherché par la police allemande,

Marcel Léonard échappa de peu aux tueurs de  la bande au bossu qui s'en prirent à

ses compagnons dans la grotte de Gaulier.

 

leonard Marcel 

Sources : l'imprimerie portative de M. Léonard et J. Hercisse, ainsi que d'autres documents relatifs à l'histoire de la Résistance dans le village sont conservés par le petit musée  de Floing, situé à l'entrée de la grotte de Gaulier.

Les Archives départementales conservent aussi quelques exemplaires d'Ardenne, tiens ferme ! 


Published by philippe lecler - dans Actualité
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