Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

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Ardenne, tiens ferme ! fut le journal clandestin
de la Résistance dans les Ardennes.

 
L'histoire et la mémoire de la Seconde guerre mondiale
et de l'Occupation dans le département des Ardennes.

 

 
  

 

 

   Article 75. La collaboration et sa répression dans les Ardennes (1940-1948), Pole Position Communication, Douzy, 2002.

 

 






L’affaire des Manises
,
suivi de "Les Ardennais de la résignation à la Résistance",
Éditions D. Guéniot, Langres, 2004.










Ami, si tu tombes. La Résistance dans la région de Rethel 1940-1944, Éditions D. Guéniot, Langres, 2006.


 

 






Le dossier Cyminski.  Rethel octobre 1942, janvier 1944 : un épisode de la Shoah dans les Ardennes. Édition « C’est arrivé près de chez vous », 2008.

 
 

Articles

La Milice française dans les Ardennes,
Terres ardennaises n° 69, décembre 1999
Résistants et collaborateurs dans la pointe de Givet,
Terres ardennaises n° 77, décembre 2001
Le Parti populaire français dans les Ardennes (1936-1939)
, Revue historique ardennaise, tome XXXV, 2001-2002
La collaboration en Ardenne : le cas de Charles-Antoine Roemen alias “Rudeault”
, Terres ardennaises n°85,décembre 2003
La Résistance et la Libération. Entretiens avec G.H. Lallement
,
Terres ardennaises n° 88, octobre 2004
La libération des Ardennes
,
Terres ardennaises n° 88, octobre 2004
À propos du maquis des Ardennes : le témoignage d’un rescapé des Manises,
Terres ardennaises n° 94, avril 2006
La Shoah dans les Ardennes : le cas de la famille Cyminski à Rethel, Terres ardennaises n° 98, mars 2007
 

 

 La ligne de démarcation à Rethel, pont de l'Aisne (photo : Arch. dép. des Ardennes)

 

Ardenne, tiens ferme ! est partenaire des
Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation


Mardi 23 juin 2009

La cérémonie en hommage aux maquisards du Banel, qui a eu lieu ce 21 juin devant le monument commémoratif, a pris cette année un singulier relief avec deux moments d’une exceptionnelle intensité…

 

Le premier fut sans doute la reconnaissance publique dont fut l’objet un des derniers du maquis, et non l’un des moindres, Robert Briffault qui, à l’âge de 87 ans, a été décoré de la Légion d’honneur.

 


Robert Briffault est entré très tôt en résistance. À la fin de l’année 1941, âge de 19 ans, il est encore étudiant au collège Nassau de Sedan lorsqu’avec Robert Wesse il rassemble quelques camarades et crée un groupe gaulliste avec l’ambition de « faire quelque chose » contre l’occupant. Les jeunes s’emploient à confectionner et distribuer des tracts et la presse clandestine, rassembler des armes, saboter, avec des moyens de fortune, les installations allemandes et le matériel de la WOL. En mai 1942, Robert rencontre Adelin Husson à Williers, au café que tiennent ses parents. Adelin, qui est recherché par la Gestapo et qui est caché au château du Banel, s’intéresse au jeune homme et à ses activités et lui propose d’intégrer son organisation. Robert est dès lors chargé de mettre sur pied, à partir du groupe de Nassau, un service de renseignements. En avril 1943, il est arrêté par la police allemande qui suspecte son implication dans un incendie criminel. Faute de preuves, elle le relâche. Mais Robert se sait en sursis et, un mois plus tard, il entre en clandestinité et rejoint Adelin Husson, dit « Georges », au Banel : ainsi naît la Section française du Banel.
 

Robert ne vient pas seul mais amène avec lui ses camarades, tous, ou presque, réfractaires au STO. Le groupe ainsi constitué devient le corps franc du Banel (on se souvient que Robert avait enrôlé dans sa formation Henri Vin à la fin de l’année 1942. Lorsqu’il est appelé au STO, à l’été 1943, Vin rejoint Briffault au Banel et Adelin Husson nomme le nouveau venu à la tête de son service de renseignements. Mais ceci est une autre histoire…). Le maquis diversifie ses actions, multipliant les coups de main contre l’occupant, apportant aide aux prisonniers évadés et aux aviateurs alliés. Les camps qui leur servent de refuge changent au gré des nécessités de la sécurité, ou de celles du relatif confort, mais ne s’éloignent jamais ni du domaine du Banel où « Thomas » (nom de guerre de Robert Briffault) prend ses ordres, ni de Williers où le ravitaillement est plus aisé.

Lorsque le 18 juin 1944 les Allemands encerclent le maquis et entreprennent un ratissage en règle de son périmètre, Robert et son groupe en sont absents. Arrivés trop tard au rendez-vous fixé pour la réception des armes, ils ne peuvent qu’assister, impuissants, à la destruction du maquis et au massacre de leurs compagnons.

Le maquis disparu, le corps franc du Banel poursuit la lutte. Robert et ses camarades rejoignent les FFI ardennais et participent aux combats de la libération.

Robert Briffault est titulaire de la Médaille de la Résistance du Royaume de Belgique et de la Médaille commémorative belge de la Guerre 1940-1945, ainsi que de la Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945.

 

Autre moment fort lorsque le président du comité belge du Banel signala la présence parmi le public de la petite fille d’Adelin Husson, qui, pour la première fois, assistait à la cérémonie.

Mme Liliane Georges a été retrouvée au terme d’une longue recherche d’Annette Biazot, dans le cadre d’une étude que nous menons conjointement sur le maquis du Banel. Ignorante de la qualité de résistant de son grand-père, qui lui fut révélée il ya quelques mois par Annette, elle avait tenu à participer à cette manifestation afin d'honorer la mémoire de son aïeul.

                                                            Mme Georges, entre les frères Briffault, Robert (à droite) et Roland, lui aussi ancien du maquis

 


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Mardi 16 juin 2009
La libération de Revin        

   

Pendant quelques jours, craignant logiquement d’être recherché, je dors sur le sol de la cuisine, prêt à m’enfuir à la première alerte. Puis je pars pour  Paris, espérant me soustraire à d’éventuelles recherches, mais je n’y reste pas, redoutant des représailles à l’encontre de ma famille. Si les Allemands  doivent arrêter quelqu’un, dans mon esprit, c’est bien sûr moi. Mais alors que j’avais gagné Paris sans difficulté, au retour, les trains sont détournés, ils passent par le réseau Nord, des voies étant coupées sur l’Est, soit à cause de bombardements, soit à cause du trafic militaire allemand. Le train dans lequel je monte s’arrête plusieurs fois, à cause d’alertes aériennes, ce qui nous fait descendre à chaque fois dans les champs. Arrêt à Soissons ou je passe la nuit dans un hôtel, et je ne repars  que le lendemain, jusque Laon. Le train ne va pas plus loin. Je fais la route à pied jusque Liesse, parfois doublé par des véhicules allemands. A Paris, j’en avais vu beaucoup, roulant vers l’ouest. A Liesse, je trouve un train qui m’emmène vers Charleville, puis je regagne Revin. Il semble que depuis mon départ, rien ne se soit passé concernant le maquis. Les Allemands  n’ont pas cherché à capturer ceux qui ont échappé au massacre, que la population ignore encore à ce moment. On saura plus tard que la troupe qui a opéré a été déplacée ailleurs peu après. La Résistance n’a pas tenté, ou n’a pas pu effectuer de regroupement.

 Je reprends mon travail à l’usine, laquelle tourne au ralenti. J’occupe un poste au bureau de la fonderie dans l’établissement principal. Quand des Allemands sont signalés à proximité, je suis prévenu et cours me cacher au fond de  quelque atelier ou jardin voisin.

Un jour arrive la terrible nouvelle que les corps des maquisards ont été retrouvés à Linchamps, transportés là après leur assassinat. Des gens courageux  les ramènent vers le Mont Tranet. La nouvelle s’étend vite à tous, en même temps que la désolation. Les familles sont prévenues. Jusqu’alors nombreux étaient ceux qui croyaient ou se forçaient à croire que les maquisards dont on était sans nouvelles étaient seulement prisonniers.

La menuiserie Faure fabrique les cercueils, d’autres usines aussi sans doute, et des hommes  les emportent au Malgré -Tout pour inhumer les morts provisoirement.

A la fin de ces sinistres journées, je rencontre dans la rue M. Pierre Faure, l’un de mes patrons, qui, me tirant à l’écart, me dit textuellement, je m’en souviens encore: « On a retrouvé ton petit copain Robert Held et ton cousin Pierre Lemasson, ensemble, avec quelques autres… » Je ne les cite pas sans une vive souffrance. M. Faure précise que les corps ont été retrouvés dans un endroit  distant des autres, ce qui prête à penser qu’ils ont été pris à part, et plus tard sans doute. Il me dit que la famille Lemasson du quartier de La Bouverie et Mme Held sont déjà avisées du drame. [On sait que P. Faure sera inculpé dans l’affaire du maquis et qu’il sera lavé des accusations de dénonciation.]

Les cérémonies et obsèques officielles n’auront lieu qu’après la libération de Revin et donc après la libération de Paris, qui, comme un immense symbole, avait fait grande sensation jusque dans nos Ardennes.

 De plus en plus les Allemands en retraite traversent notre région, vers l’est, mal équipés souvent, à bord de véhicules hétéroclites ; des troupes de toutes sortes, des SS aussi ; rarement en grand nombre, mais qui  paraissent toujours dangereux.

L’usine vient à s’arrêter tout à fait. Je fais partie des quelques personnes qui sont priées de continuer à venir pour assurer des liaisons, aller chercher parfois des gens dont on a besoin, etc. Cela m’amène à circuler en ville et dans les ateliers déserts.

La vie civile au ralenti est mêlée de scènes de guerre. Ainsi, j’assiste à la destruction de la passerelle de La Bouverie qu’un soldat allemand fait sauter, couché à plat ventre, qui saute en l’air quand sa charge explose et retombe au sol, apparemment sans trop de dommages.

Les Allemands font également sauter les autres ponts avant de se retirer.           

2 Septembre 1944. Comme le feu dans une traînée de poudre,  la nouvelle se répand que les Américains sont là. Depuis Pearl Harbour, et plus encore depuis leur débarquement en Normandie, le 6 juin nous les attendions avec impatience, nous les espérions. Toute la population se précipite à la Bouverie pour les voir. Pour cela nous passons la Meuse en barque, comme les autres habitants de Revin. Ils sont venus à bord de petits chars et de Jeep,  celles-ci étonnent tout le monde. Ils sont fêtés, mais  prennent déjà des dispositions pour continuer leur route, ce n’est qu’une avant-garde peu nombreuse. Ils recherchent les Allemands attardés. Des drapeaux sont déployés, la joie se manifeste en scènes diverses, des résistants se montrent, dont certains plutôt inattendus.

Spectacle répugnant, qu’apprécient diversement les spectateurs : sur le balcon de la mairie, des femmes sont tondues. Je reverrai deux d’entre elles chez Faure quand l’usine aura redémarré. Leurs compagnons d’atelier les traitent plus intelligemment que ne l’a faite la foule de notre libération.

Quelques soldats Allemands, faits prisonniers, sont livrés aux Américains présents. Chacun son tour […]

 

Revin : les Allemands quittent la ville

 


                                           Le procès de Nancy

Après le 8 mai 1945, je suis appelé à témoigner dans le cadre du procès qui se prépare concernant le maquis des Manises : interrogatoires par les gendarmes, convocation chez un juge d’instruction à Charleville. Autre convocation, avec quelques hommes revenus du maquis, près des bois, au bas du Malgré-Tout ou au Chemin des Chasseurs. Je crois qu’il s’agit de montrer les lieux aux magistrats ; on les attend mais ils ne viennent pas, les gendarmes présents annulent cette réunion, chacun rentre chez soi.
Je suis convoqué encore à Nouzonville, par un officier qui me remet une solde pour les quelques jours passés au maquis. Je reçois aussi, d’un responsable Revinois, un certificat d’appartenance à ce maquis.

 

En juillet 1945, des affiches appellent les hommes des classes 1939, 1940 et 1941 à se rendre au Centre d’organisation d’Infanterie 102 à Compiègne. Ces affiches ne portent pas de date limite à ces convocations. Je me rends donc à Compiègne, COI 102, Quartier Jeanne d’Arc. Puis je suis affecté à Saint-Jean-Cap-Ferrat (36e Division d’Infanterie). 

Une permission d’environ une semaine est presque achevée lorsque deux gendarmes m’apportent une convocation à témoigner devant la Cour de Justice de Nancy, où va s’ouvrir le procès relatif au maquis des Manises. J’objecte qu’étant militaire, je dois rejoindre mon unité. Les gendarmes rétorquent qu’un refus de témoigner engendrerait des poursuites à mon encontre. Je leur demande de prévenir mes autorités, j’écris de mon côté à mon Lieutenant, avec une adresse bien sûr incertaine, puisque la 36e D.I. est susceptible d’être en mouvement  entre Côte d’Azur et Allemagne.

Je pars donc à Nancy, où le bureau militaire de la place m’héberge dans une grande caserne en bordure du parc de la Pépinière.

Je suis affecté à la Compagnie de Passage, composée de soldats en instance de départ pour tous les azimuts : Indochine, AFN, Allemagne, etc.


Au jour prévu, je me rends au tribunal.

Je retrouve dans une maison des familles de victimes du maquis; elles sont logées là pour la durée du procès. Après une longue attente dans une salle réservée aux témoins, je suis appelé en salle d’audience. Énoncé de mon identité, lecture du serment...

Je suis interrogé surtout sur les déclarations que m’avait faites la personne soupçonnée d’avoir conduit les Allemands vers notre camp [Léon Uhl], et sur la vulnérabilité de celui-ci. Pouvait-on le voir du ciel, était-il suffisamment gardé ? Manifestement, le tribunal veut déterminer si les assaillants avaient réellement besoin d’un guide. À mon avis, que l’on ne me demande d’ailleurs pas, les voilures blanches de parachutes, le manque d’ordre qui régnait, ont amplement facilité le repérage du camp. Mes réponses vont dans ce sens.

Le président de la cour m’invite ensuite à prendre place dans le public. J’entends ainsi la déposition du Général Grandval, chef de la résistance de la région Nord. Il confirme qu’après le débarquement en Normandie, l’ordre de soulèvement a bien été donné, par le message émis de Londres : “Croissez roseaux, bruissez feuillages.” Mais son témoignage ne précise rien sur les événements des Manises. [Si elle permit de lever les soupçons qui pesaient sur le chef de Secteur de Revin, la déclaration de Grandval ne répondit effectivement à aucune des questions qui se posaient concernant la formation du maquis et la responsabilité éventuelle de ses chefs dans le drame des Manises.]

 De même, le Commandant Prisme n’est pas entendu. Resté quelque temps à Willerzie, il était parti vers de nouveaux combats au sein de troupes régulières.

Je n’ai guère pu voir les gens assis au banc des accusés. Je crois qu’y étaient mêlés des suspects dans d’autres affaires que celle de notre maquis. [Le milicien Charles Mayer fut inculpé dans le cadre de cette affaire mais il fut vite évident, au cours du procès, qu’il n’avait joué aucun rôle dans la découverte du maquis par les Allemands.]

 Il est vrai qu’en cette période, les cours de Justice traitaient ensemble des cas divers.

Mais le procès n’est pas fini. Sortant du palais, j’essaye de me renseigner auprès d’un magistrat pour savoir si je peux disposer. J’aperçois le procureur, entouré de membres des familles des victimes qui s’inquiètent auprès de lui de la durée du procès. Me désignant d’un mouvement de menton, il argue : “ Si tout le monde parlait avec autant de clarté que ce jeune homme, cela ne durerait plus longtemps.”

Au sujet du procès - du moins de l’audience à laquelle j’ai participé - je peux ajouter que le Président avait sous les yeux une carte des lieux du maquis, mais les magistrats ne semblaient pas y comprendre grand-chose, sans doute parce qu’ils ne s’y étaient pas déplacés. »  

 
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Dimanche 3 mai 2009

                  La publication de la Revue Historique Ardennaise est toujours un événement. La dernière parution ne déroge pas à la règle que s'est toujours fixée la Société d'Etudes Ardennaises en termes de clarté, de sobriété, mais aussi de qualité dans le choix de ses articles. Le thème de cet opus étant relatif à des sujets qui nous sont chers, j'invite tous les lecteurs de ce modeste blog à sa découverte.

 On pourra y lire un remarquable article de J.P. Marby, "La 130 AV 3, Micheline Huck, Léon Habran, Raoul Lambert et Léon Thilie, une filière d'évasion de la zone interdite vers Reims", à la fois chronique familiale des temps de l'Occupation et étude de la filière de "passeurs" fondée par Micheline Huck à Vouziers et Léon Habran à Reims, qui fut démantelée par les arrestations menées par la police allemande en juillet 1942, et qui entraîna la condamnation et la déportation dans les camps nazis de ses initiateurs. La mémoire de cet épisode justement évoqué par J.P. Marby illustre très précisément les propos tenus par l'historienne Claire Andrieu dans une communication récente où elle évoque
" le cas d’une population résistante « non médiatique », celle qui s’engage dans l’hébergement des aviateurs alliés. La mémoire de cette aide existe peu dans les publications universitaires mais est très présente dans les familles [...] La mémoire de l’hébergement des soldats et aviateurs alliés n’a pas émergé dans l’espace public national, mais elle connaîtra peut-être la même évolution que la mémoire du génocide."

Pour en revenir à l'article de J. P. Marby, la sobriété dans la narration se double d'une très grande précision des faits et des sources. On retrouve la même rigueur dans le chapitre qu'il consacre à deux jeunes fusillés, Pierre Lambert et Pierre Gribouva, exécutés par les Allemands à Charleville à la veille de la libération de la cité et dont les noms sont inscrits à Berthaucourt.

Dans cette livraison encore, l’historien J.E. Andreux, découvreur du Judenlager des Mazures, consacre un article à trois Justes, avec en figure centrale celle d’Émile Fontaine, et J.F. Saint-Bastien publie le « Carnet de route » et d’exode de deux habitants d’Alland’huy.

Enfin, on lira avec attention les témoignages recueillis par M.F. Barbe et S. Laverdine auprès d'Etienne Brice, fondateur avec Paul Royaux et André Point de la Résistance ardennaise aux premières heures de l'occupation, et auprès de Denise Richard (qu'on a déjà pu lire ici). Du bel et bon ouvrage, en vente dans toutes les bonnes librairies et aux Archives départementales…


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Vendredi 17 avril 2009

Une plaque apposée à Olizy, petit village proche de Vouziers, rappelle l'exécution de deux aviateurs alliés par les Allemands le 8 août 1944…

 

 


Les deux hommes avaient été capturés par les soldats ennemis après que leurs appareils se fussent crashés au sol.

Le B-17 Lucky Lady II piloté par le Lieutenant américain Richard Francis Noble, avait été abattu par la Flak le 12 mai 1944 au dessus de la Belgique, près de Sougné-Remouchamps (province de Liège). On ignore les circonstances de la chute, le 24 avril 1944, du Halifax du sous-lieutenant canadien Henri Édouard Dubé appartenant au 425e Squadron de la Royal Canadian Air Force.

 

A gauche, un Halifax de la RAF. A droite, l'insigne du 425e Squadron dont le personnel était composé de Canadiens francophones ("Alouette, je te plumerai")

Il semble qu’après avoir été capturés par les Allemands, les deux aviateurs s’étaient évadés du train les menant vers l’Allemagne. Ils furent repris dans les environs d’Olizy le 8 août. Après avoir été détenus une partie de la journée dans l’église du village, ils furent emmenés en bordure d’un bois au lieu-dit « Le Canapé », commune d’Olizy, où ils furent exécutés d’une balle dans le front.

Leurs deux corps furent découverts le jour-même, vers 15 h 30, le rapport de gendarmerie précisant qu’ils étaient « enterrés dans une tranchée peu profonde, les corps émergeant du sol » (ADA, 1W 54). Ils étaient vêtus de costumes civils, ce qui permet de penser qu’ils avaient bénéficié dans leur fuite de l’aide de la population en territoire occupé…

Henri Édouard Dubé est enterré au cimetière d’Olizy. Deux rues du village portent les noms des aviateurs.

Je signale à l'occasion l'existence de cet excellent ouvrage publié en 2006 par l'ANACA ("Amitiés Nord-Américaines de Champagne-Ardenne"), qui répertorie les tombes militaires des Canadiens morts au combat pendant la 2e Guerre mondiale dans la région (édition bilingue).


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