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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 18 novembre à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de D. Bigorgne : "André Lebon, une vie".

Vendredi 16 décembre à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes : Actualité de la recherche universitaire sur l’histoire des Ardennes. Présentation des travaux de trois étudiants :
- Le Parti social français dans les Ardennes, une organisation de masse à droite à la fin des années 1930 ,
par Benjamin Dumont (Université de Reims Champagne-Ardenne, master recherche Histoire et Histoire de l'Art)
- La mobilisation partielle de l’armée française en septembre 1938 dans les Ardennes, par Paul Dupont
(Université de Caen Normandie, master recherche en Histoire contemporaine)
- La République, vue par un monarchiste rémois dans la période du boulangisme (1886-1889), par Antony
Dussart (Université de Reims Champagne-Ardenne , master recherche Histoire)

 

 

 

23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 09:50
HISTOIRE ET MEMOIRE DE L'OCCUPATION DANS LES ARDENNES (1940-1944)

"Ardenne, tiens ferme !" fut le journal clandestin de la Résistance ardennaise. Ce fut aussi un message personnel diffusé sur la BBC au mois de juillet 1942, qui permit les premiers parachutages d'armes dans le département...

 

Le blog de Philippe Lecler, auteur, chercheur, membre de la Société d'Histoire des Ardennes...

 

Mes publications :

Article 75. La collaboration et sa répression dans les Ardennes (1940-1948), Pole Position Communication, Douzy, 2002.

L’affaire des Manises, éditions D. Guéniot, Langres, 2004 (épuisé).

Ami, si tu tombes. La Résistance dans la région de Rethel 1940-1944, éditions D. Guéniot, Langres, 2006 (épuisé).

Le dossier Cyminski, Rethel octobre 1942, janvier 1944 : un épisode de la Shoah dans les Ardennes, éditions « C’est arrivé près de chez vous », 2008.

Le temps des partisans, suivi de "Mémorial de Berthaucourt, la Résistance et sa répression dans les Ardennes", éditions D. Guéniot, Langres, 2009.

Face à la Gestapo, (avec A. Biazot), éditions Euromédia, Douzy, 2011.

George Poirier, résistant ardennais, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2013.

Clandestin. Mémoires de Robert Dupuis, dit « Bob », alias Arthur 9, Bernard Lièvre, Bernard Gendre, John Drew, Pharaon, Constant, Rémy, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2013.

Le maquis des Manises (Ardennes, 1944-1945), CreateSpace Independent Publishing Platform, 2014.

 

Des articles et des contributions :

- “La Milice française dans les Ardennes (juin-août 1944)”, Terres ardennaises n° 69, décembre 1999.

- “Résistants et collaborateurs dans la pointe de Givet (1942-1944)”, Terres ardennaises n° 77, décembre 2001.

- “Le Parti populaire français dans les Ardennes (1936-1939)”, Revue historique ardennaise, tome XXXV, 2001-2002.

- “La collaboration en Ardenne : le cas de Charles-Antoine Roemen alias “Rudeault””, Terres ardennaises n° 85, décembre 2003

- “La Résistance et la Libération. Entretiens avec G.H. Lallement”, Terres ardennaises n° 88, octobre 2004

- « La libération des Ardennes », Terres ardennaises n° 88, octobre 2004

- « À propos du maquis des Ardennes : le témoignage d’un rescapé des Manises », Terres ardennaises n° 94, avril 2006

- « Transport Compiègne-Buchenwald du 17 janvier 1944. À propos de l’évasion d’Armel Guerne », Les Cahiers du Moulin, n° 15, octobre 2009

- « Les opinions et les comportements des Ardennais pendant les deux premières années de l’Occupation, à travers les synthèses préfectorales et les rapports de police (Novembre 1940- Juillet 1942) », Revue Historique Ardennaise, n° 43, 2011.

- « La Résistance et la Libération », dans l'ouvrage collectif Il y a 70 ans dans les Ardennes, éditions Terres ardennaises, Charleville-Mézières, 2011.

- « Juin 1944 : arrestation de résistants à Nouzonville », Terres ardennaises n° 119, juin 2012

- « Punir » dans dans l'ouvrage collectif La Première Guerre mondiale dans les Ardennes, études pour le centenaire, éditions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières, 2014.

- Biographie des fusillés ardennais dans le Dictionnaire biographique des fusillés 1940-1944, éditions de l'Atelier, Paris, 2015.

Noms gravés sur la pierre, murs de Berthaucourt

Noms gravés sur la pierre, murs de Berthaucourt

Published by philippe lecler
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:51

On lira ci-dessous la notice biographique d'André Ballot, enfant de Mohon, décédé en 1941 et dont le nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Son nom vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus.

 

BALLOT André, Louis, Charles, Georges, né le 22 février 1924 à Mohon (Ardennes), est fils d’Auguste Ballot, ajusteur aux Forges et Ateliers de la Vence à Mohon, et de Marie-Thérèse Héloïse Pigeon, son épouse, sans profession.

Lors de l’invasion de la France par les armées allemandes en mai 1940, la population ardennaise est évacuée vers des lieux de repli. Les ouvriers des Forges et Ateliers de la Vence sont dirigés, par les soins de l’usine, à Ambierle, département de la Loire. Auguste Ballot, sa femme et son fils âgé de 17 ans  sont du nombre. Sur la route, le 19 juin 1940, entre Saint-Germain l’Espinasse et Roanne, André Ballot incendie un tank allemand probablement abandonné par ses occupants. Plus loin, il participe avec son père et d’autres réfugiés, à décharger un camion rempli d’armes  que des gendarmes repliés de l’Est de la France tentent de cacher dans la cave de l’école des filles de Saint-Germain, dans l’espoir, vain, qu’elles ne seront pas récupérées par les Allemands. Enfin, les deux hommes récupèrent des soldats français qu’ils vont diriger sur Renaison afin de les aider à passer la ligne de démarcation et leur éviter la captivité.

Auguste et André Ballot sont arrêtés par la police allemande le 1er juillet 1940, et sont internés à la prison de Moulins (Allier). Ils vont y rester presque 10 mois, malgré les interventions diverses en leur faveur, notamment celles des dirigeants des Forges et Ateliers de la Vence, depuis leur siège parisien. Les Allemands opposent à ces demandes la gravité des faits retenus contre les deux hommes : on les accuse de trafic d’armes. Leur participation au déchargement du camion de la gendarmerie et à la dissimulation de sa cargaison ont sans doute été dénoncées.

Faute de preuves, les Allemands les libèrent finalement le 17 avril 1941. C’est à ce moment qu’André tombe malade. Le médecin qui le soigne va déceler une "pneumonie bilatérale". Selon son témoignage, ce sont les conditions de son internement qui sont responsables de sa mort : les privations et les sévices qu’il a endurés pendant son internement sont causes de son affaiblissement et ont contribué à l’aggravation et à la généralisation de la pneumonie qui a entraîné son décès qui survient le 31 mai 1941 à Ambierle.

L’inscription à titre civil de la mention « Mort pour la France » est portée sur l’acte de décès d’André Ballot. Son nom figure sur la pierre du mémorial de la Résistance de Berthaucourt (Charleville-Mézières).

 

Source : DAVCC, Caen

Published by philippe lecler
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:57

Dans le cadre de l'exposition consacrée à la femme au quotidien et à la vie du soldat pendant l'occupation allemande de 1914 à 1918 à Rethel dans le pays rethélois, qui se tiendra du 24 septembre au 14 octobre dans les salons de l'hôtel de ville de Rethel, je tiendrai conférence sur l'épisode de l'affaire du Radois le vendredi 30 septembre à 18 h, salle Arletty.

Notons que Jean-Luc Guillaume interviendra dans le même lieu à la même heure le vendredi 14 octobre et que Jacques Lambert donnera le 7 octobre "La femme dans les Ardennes".

Renseignements et réservations au 03 24 39 51 46

Published by philippe lecler
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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:13

Tous les jours, de nouvelles informations permettent de compléter la liste des résistants inscrits sur les murs du mémorial de Berthaucourt. Les fiches ci-dessous ont fait l’objet d’une révision et, avec de nombreuses autres, vont aller compléter la base de données nationale des personnes fusillées, exécutées et abattues pendant l’Occupation, que vous pouvez consulter sur le site du Maîtron et qui ont pour certaines déjà fait l’objet d’une publication que vous connaissez sans doute.

 

CARVILLE Roland, Lucien, né le 9 juillet 1921 à Bazeilles (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; résistant des FFI, exécuté par les Allemands.

Roland Carville, membre des FFI de Sedan (Ardennes), fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Georges Vaucher par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. Roland Carville fut exécuté sommairement après avoir tenté de s’enfuir. Son corps, enterré superficiellement au pied d’une haie fut retrouvé le 9 septembre 1944 par ses camarades FFI de Bazeilles.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

VAUCHER Georges, Emile, Honoré, né le 8 avril 1908 à Bazeilles (Ardennes); ouvrier mécanicien ; Sergent des FFI du secteur de Sedan (Ardennes), exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Georges Vaucher fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Roland Carville par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. La fouille permit aux Allemands de le découvrir porteur d’un brassard des FFI. Après avoir été interrogé, il fut exécuté sommairement au lieu-dit La Rapaille, à Bazeilles, le jour même. En même temps que lui, fut exécuté Pierre Massin, que les Allemands avaient arrêté au même endroit mais qui n’appartenait pas à la Résistance.

Georges Vaucher et Roland Carville sont morts en mission. Ils devaient ce jour-là rencontrer un envoyé du maquis Prisme, dit "maquis des Ardennes", afin de rejoindre cette formation en vue des combats pour la libération.

Georges Vaucher fit l’objet d’une citation à l’ordre de la brigade par le général de division Préaud, à la date du 8 octobre 1945, comportant attribution de la croix de guerre 1939-1945 :

« Entré dans la Résistance en février 1943, sous-officier, chef de groupe très energique, a été pris par les Allemands alors qu’il accomplissait une mission de liaison. A été affreusement torturé avant d’être tué le 4 septembre 1944. N’a jamais parlé, ni donné aucun renseignement sur le PC de son chef de secteur auquel il était attaché. » (Dossier Vaucher, SHD Vincennes)

Le nom de Georges Vaucher est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

MASSIN Pierre, Gustave, né le 4 mars 1919 à Balan (Ardennes) ; charpentier ; exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Pierre Massin fut arrêté par les Allemands à la Moncelle (Ardennes), alors qu’il circulait devant le bâtiment où était enfermé le résistant FFI Georges Vaucher qui venait d’être arrêté. Il fut exécuté en même temps que ce dernier, alors que rien ne pouvait lui être reproché, sinon d’être passé au mauvais endroit au mauvais moment…

Le nom de Pierre Massin est inscrit sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan, « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 ». Son nom n'est pas inscrit sur le mur du mémorial de Berthaucourt.

 

Published by philippe lecler - dans lieux de mémoire
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