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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 07:46

« La face cachée de la Résistance » est un documentaire programmé le vendredi 28 septembre à 20 h 50 sur RMC Découverte. Il s’inspire du livre de Fabrice Grenard, Maquis noirs et faux maquis que j’avais présenté sur cette page lors de sa sortie.

Le film accorde un chapitre à un épisode ardennais violent et tragique commis lors de la dernière semaine d’août 1944, les crimes de la Bande au Bossu  à Illy-Olly et à Floing. Lors du tournage, j'ai rencontré et échangé avec son réalisateur, Raphaël Rouyer, alors de passage dans les Ardennes sur les lieux du drame. Le film retrace fidèlement le déroulé des événements et présente de nombreuses images d’archives inédites.

 

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 08:50

 Le dimanche 24 juin aura lieu la commémoration du massacre du maquis du Banel (messe à 10 h suivie de la cérémonie officielle). Ce jour-là sera aussi celui du soixantième anniversaire de l'inauguration du monument. 

 

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 13:11

 

Henri-Claude Tardif arrive dans les Ardennes en juillet 1942, comme directeur du chantier forestier ouvert à Vendresse par la Société des Mines de Lens pour y accueillir des chômeurs du Nord qui évitent ainsi d’être requis pour travailler en Allemagne nazie ; l’instauration du Service du travail obligatoire au printemps 1943 provoque une importante augmentation de l’effectif du chantier. Pour Tardif, ces travailleurs doivent être formés et préparés pour participer au jour J à la libération de la région de Charleville-Mézières-Sedan. Le maquis naît ainsi avec la création d’une école de cadres à Omicourt, village proche de Vendresse, où une trentaine de jeunes sélectionnés suivent des cours pour devenir chefs de groupe. Le 20 septembre 1943, une dénonciation anéantit le maquis et la répression allemande entraîne la déportation de six hommes, dont celle de Tardif, qui, seul, survit à l’enfer concentrationnaire. Parmi ses cinq camarades, quatre meurent dans les camps, le cinquième décède des suites de sa déportation au début de 1947.

Les archives personnelles d’Henri Tardif, de nombreux fonds d’archives publiques, des témoignages publiés par des contemporains, des journaux, permettent de reconstituer l’histoire du maquis de Vendresse-Omicourt, et le tragique destin de ces résistants jusqu’à présent méconnus, d’autant que les pierres chargées de conserver leur souvenir dans le village traduisent une mémoire passablement brouillée.

L'ouvrage d'Agnès Tisserand est publié par les éditions Terres Ardennaises

 

L'un des mérites de cet ouvrage est de lever le voile sur l'origine des noms gravés sur le monument au maquis de Vendresse, sans en dissimuler les incohérences et les erreurs. Tous ces noms ne sont pas inscrits dans la pierre du monument de Berthaucourt...

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:50

      André Marcel Mouze est né le 25 février 1923 à Warcq, fils d’Émile Paul Mouze et d’Hélène Irma Léonard, son épouse, tous deux herbagers demeurant à Regniowez, à la frontière belge.

Au début de l’Occupation, André Mouze est ouvrier agricole, célibataire. En 1941, il s’engage dans l’armée d’armistice et est muté au 2e Régiment colonial. Après l’occupation de la zone sud en novembre 1942, il est renvoyé dans ses foyers.

Refusant la réquisition au titre du STO, il travaille quelque temps dans une ferme de l’Aisne, avant de choisir la Résistance et la lutte armée en octobre 1943. Il rejoint le maquis de Senzeilles (Belgique, province de Namur), où il intègre le groupe G, (« Groupe général de sabotage de Belgique »), et il participe à ce titre à plusieurs déraillements sur voies ferrées (« Attestation » de René Tordoir, Commandant de la région VII, du 20 mai 1947).

Le 16 février 1944, le maquis est attaqué par de nombreuses troupes allemandes : 59 personnes sont arrêtées, 30 seront déportées, 12 seront exécutées. André Mouze parvient à s'échapper. Il rentre en France et se réfugie quelque temps au maquis du Gros Fau, près de La Neuville-aux-Joûtes, avant de rentrer chez lui malade. Sans doute pour échapper aux recherches, il est hébergé par un ami de la famille à Maubert-Fontaine.  C’est là que les hommes du Sipo-SD, bureau de Bruxelles, viennent l’arrêter le 10 mars 1944, après qu’il ait été dénoncé par un voisin. Il est immédiatement transporté en Belgique, à Dinant, puis à la prison de Namur où il est mis au secret.

 

Sur ordre du Chef der Sipo und SD Brüssel, André Mouze est déporté au départ de Loos-lès-Lille le 25 avril 1944, d’abord vers la prison de Charleroi (Belgique), puis il est transféré au camp de concentration de Buchenwald le 22 mai 1944 (matricule 54857). Dès le 8 juin, il est envoyé à Dora, kommando de Hartzungen, où il est astreint aux travaux forcés. Selon le témoignage d’un de ses camarades belge, il est évacué, via Ellrich, le 5 avril 1945 dans un convoi à destination du camp de concentration de Sachsenhausen-Oranienbourg. C’est pendant ce transport qu’il est vu la dernière fois le 12 avril. À la Libération, il est porté disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé.

 

Par jugement du tribunal de Mézières du 17 juin 1947, André Mouze est déclaré « décédé le 12 avril 1945 au cours de sa déportation ». Ce jugement tient lieu d’acte de décès et porte la mention « Mort pour la France ».

Le nom d’André Mouze est inscrit sur le monument aux morts de Regniowez, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie de Warcq et sur le mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières.

André Mouze est titulaire, à titre posthume, de la Médaille commémorative belge de la Guerre 1940-1945 et de la Médaille belge de la Résistance.

 

Sources : Dossier André Mouze (DAVCC)

 

 

André Mouze fut arrêté le 10 mars 1944 chez Gaston Brion, herbager à Maubert-Fontaine, un ami de la famille Mouze, qui l’hébergeait alors qu’il était malade. Lui-même fut arrêté et détenu à Dinant et à Namur. Il fut libéré trois mois plus tard, faute de preuves. Selon la déclaration de M. Brion aux gendarmes (procès-verbal du 11 mars 1955), André Mouze appartenait à « un groupe de Résistance » situé à Sanzeilles, et « ce groupe ayant été attaqué par les Allemands », « les maquisards se sont dispersés et ont reformé un autre groupe plus important en France, dans les bois de la commune de La Neuville-aux-Tourneurs (sic), au lieu-dit  Gros Faulx (re-sic) [le bois du Gros Fau est en fait situé à la Neuville-aux-Joûtes]. »

La question se pose de ce maquis, sans doute très éphémère, constitué de patriotes belges rescapés du groupe de Sanzeilles.

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