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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:59

 

Incontournable ce centenaire, et difficile d’y échapper, dans les Ardennes comme ailleurs. La plaquette du programme des manifestations pour le département des Ardennes est téléchargeable ici.

Au chapitre des bonnes idées, cette exposition à la vitrine du Conseil général, place Ducale, à Charleville. 

 

leclerSous-officiers d'un Bataillon douanier (archives familiales, en ligne sur Europeana 1914-1918)

 

  Ce temps de commémoration ne va pas sans son lot de publications. J’en ai retenu quelques unes susceptibles d’intéresser le lecteur ardennais (mais ce choix reste purement subjectif et ne se veut nullement exhaustif…)

 

  La France occupée 1914-1918, de Philippe NIVET, chez Armand Colin. Sans doute le meilleur ouvrage à ce jour sur la France du nord et de l’est (les régions envahies, comme on disait à l’époque). Cette vaste synthèse traite de tous les aspects de l’occupation : la germanisation du territoire dans ses déclinaisons (administrative, culturelle, économique), la vie quotidienne des populations, l’attitude des occupés à l’égard des Allemands, la libération et la reconstruction.

Plus général, mais intéressant nos régions au premier chef, l’ouvrage de John HORNE et Allan KRAMER, 1914. Les atrocités allemandes. La vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique. Non seulement les historiens reviennent sur le déroulement des faits qui ont conduits aux massacres de civils lors de la bataille des frontières, mais ils analysent les mécanismes qui y ont conduits et leur impact sur les opinions publiques des différents pays belligérants.

 

liv Nivet

1914-1918 dans la Marne, les Ardennes et la Belgique occupées. Textes annotés et présentés par Nadine NAJMAN, chez L'Harmattan. Cet ouvrage rassemble deux témoignages inédits d’habitants des villages de Fresne-les-Reims et de Bourgogne, tous deux situés dans le nord de la Marne, en zone occupée.

Guerre aux civils, guerre des civils dans les Ardennes envahies de 1914 à 1918, de Gérard PONSINET, chez L’Harmattan, une série de plus de 400 témoignages recueillis immédiatement après la guerre. Ceux-ci sont classés dans des catégories recouvrant l’ensemble des activités sociales sous l’occupation allemande dans la période considérée.

L’incontournable Occupations / Besatzungzeiten, publié par Terres Ardennaises en 2007 et devenu une référence et dont nous avons déjà rendu compte sur cette page .

Je vais me permettre ici de dévoiler la publication prochaine (octobre) d’un nouveau livre consacré à ce sujet et marqueur du centenaire pour notre département, La Première Guerre mondiale dans les Ardennes, ouvrage collectif réalisé par les trois grandes associations (Société d’Histoire des Ardennes, Terres Ardennaises, Société d’Histoire et d’Archéologie du Sedanais). Cette parution sera accompagnée de la tenue d’un colloque présidé par Philippe Nivet. Mais il sera temps d’en reparler…

 

 

Published by philippe lecler - dans Actualité
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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:48

En cette année de commémoration de la libération de la France, les articles et publications se succèdent. On n'en gardera que le meilleur.

Le journal L'Union du 25 juin  publie un article en forme d'hommage à l'action des quatre cheminots d'Amagne fusillés au fort des Ayvelles le 26 juin 1944 (voir ici leurs dernières lettres).

Aujourd'hui, un article publié dans L'Union du 11 août. 

 

   « Ce sont des noms de rues que les Rethélois ont déjà vus des dizaines voire des centaines de fois. Docteur Gobinet, Camille Lassaux, Julien Bernard, Marie-Hélène Cardot, Micheline Huck, Danielle Cazanova. Pourtant, même si ils passent devant, les habitants de la cité Mazarin ne savent pas toujours qui ont été ces gens.

Pour commencer, ils ont tous ont un point commun, ce sont des personnes qui ont joué un rôle pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Voici maintenant pourquoi ces six personnes portent chacun le nom d’une rue à Rethel... »

 

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Julien Bernard, exécuté par les troupes allemandes au maquis des Manises le 13 juin 1944.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 18:15

Suite à la publication d'une de ses célèbres "Beuquette" dans L'Ardennais du 12 juin, j'avais envoyé un courrier à Yanny Hureaux afin d'exprimer une certaine indignation et de rétablir certains faits. Ce droit de réponse m'a été gracieusement octroyé. On trouvera le texte de la Beuquette ci-dessous.

« Le 1er juin 2004, le journal « Le Monde » commémorait le soixantième anniversaire de la tragédie du maquis des Manises en lui consacrant deux pleines pages. Gérard Davet y rapporte les propos que lui tint Robert Charton, alors âgé de 84 ans. Chef de la Résistance dans le secteur revinois, Charton prit contact en mai 1944 avec le prestigieux officier de Bollardière, alias Prisme, qui sur ordre de Londres venait d'installer un maquis dans les bois des Manises, au-dessus de Revin. Dès le 7 juin, à l'annonce du Débarquement en Normandie, nombreux furent les Ardennais à y « monter ». Inexpérimentés, peu prudents, ils seront bientôt encerclés par une divison SS qui en torturera 106, avant de les massacrer. Accusé d'être à l'origine de la levée en masse de maquisards notamment revinois, Robert Charton sera jugé à Nancy, en octobre 1945. Après une audience tumultueuse, il sera finalement lavé de tout soupçon. En 2004, l'ex-accusé acquitté se fait accusateur en déclarant au journaliste du « Monde » que le Compagnon de la Libération Jacques Paris de Bollardière est le responsable de la levée en masse. « Plus il avait d'hommes, affirme-t-il, plus il aurait de galons par la suite. »

Scandalisés, les Résistants ardennais auxquels se joignent notamment Mme de Bollardière et l'Association de Soutien à l'Armée Française se mobilisent. N'ayant pu obtenir que « Le Monde » publie un droit de réponse, ils éditeront un fascicule dans lequel ils expriment ce qu'ils pensent de Robert Charton et de l'attitude à leur égard du grand journal parisien. Yauque, nem ! »


 

beuquette

 

L'affaire n'en reste pas là... Dans « La Beuquette » du 30 juin : « La douleur des hommes »


 

« Hier, à la dernière page de notre journal, dans l’arpent désormais réservé le dimanche au courrier des lecteurs de la Beuquette, l’historien Philippe Leclerc (sic) a réagi vivement à mon évocation, le 12 juin dernier, du « Petit livre bleu » que des patriotes ardennais éditèrent il y a dix ans, suite à un article paru le 1er  juin 2004, dans le journal Le Monde. Robert Charton y accusait Jacques Pâris de Bollardière, chef du maquis des Manises, d’avoir, « pour obtenir des galons », provoqué la levée en masse de jeunes hommes inexpérimentés et dont cent six d’entre eux furent massacrés par les SS. Comment Philippe Leclerc (re-sic) a-t-il pu imaginer que j’ai voulu m’en prendre à Robert Charton ? Né à Arreux en 1920, valeureux combattant en 1940, il devint en 1943, le très efficace chef de secteur de la résistance à Revin. Tenu responsable d’avoir appelé les Revinois à « monter » au maquis, il faillit être lynché par la foule lors de la libération de la ville. Emprisonné, jugé en 1945 au fameux procès de Nancy, il y sera acquitté.

À mes yeux, l’affaire du « Petit livre bleu » tient à la douleur des hommes. Celle de Robert Charton qui ne se consola jamais d’avoir été injustement traité et qui, à la fin de sa vie, a cru bon de se venger. Celle des résistants ardennais qui, à l’exemple de Georgette Fontaine, André Patureaux et Maurice Brasseur, furent scandalisés qu’en 2004, soixante ans après la tragédie, un des leurs ose souiller la mémoire de leur chef vénéré, le général de Bollardière, Compagnon de la Libération.

Yauque, nem ! »

 

Douleur contre douleur, celle d'un obscur soutier de l'armée des ombres vaut bien celle d'un compagnon de la Libération...

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 07:42

À la suite de la publication dans le journal L’Union de l’article L’hommage aux déportés passe aussi par la reconnaissance de leur mort, l’AFMD communique :

L'acte de décès est le document officiel, établi par la mairie du lieu de décès, attestant de l'identité d'une personne décédée. (En complément, cf. art. 79 et 91 du Code Civil).
C'est précisément la raison pour laquelle les nazis avaient établi pour des déportés la catégorie NN, Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard »), ou encore  Nomen Nescio (« Nul ne sait le nom »). Le but était de les faire disparaître à tout jamais, d'effacer toute trace, d'exterminer tout souvenir, toute mémoire de la personne et donc de son nom.
Pour cette raison, le premier stade de la déshumanisation était la perte du nom, remplacé par un numéro, sauf pour ceux qui étaient gazés dès leur arrivée. Nikolaï Subarev, déporté soviétique à Sachsenhausen, déclarait en 1945 : "Je ne suis pas en mesure de décrire toute l'horreur subie dans les camps; je me contenterai de dire qu'on y perdait son nom pour n'être plus qu'un numéro." Pour finir les corps anonymes étaient empilés comme des bûches, les cendres étaient jetées au sol, comme des rejets de la grande industrie des camps, sans sépulture, sans rite, et surtout sans homélie, prière ou paroles d'adieu. N'oublions jamais qu'aux origines, ce qui a distingué l'Homme de l'animal c'est le fait qu'il enterre ses morts.

On mesure donc l'importance de l'enjeu du travail de mise à jour de l'état-civil qui reste à effectuer.

 

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Published by philippe lecler
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