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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:33

L'Ardennais / L'union du 27 avril

 

maquis union

 

Le Mag'info de la semaine du 17 au 30 mai

 

  charton 1

 

 

charton 2

 

 

  La semaine des Ardennes n'est pas en reste puisque l'hebdomadaire accorde une page complète à l'ouvrage

 

seamine

Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 16:11

 

  On apprend par la presse de ce jour que l’ancien député communiste René Visse a envoyé une lettre ouverte au ministre de la Défense pour s’indigner qu’une fondation d'outre-Rhin consacrée aux questions militaires soit associée au nom de l’un des bourreaux des Manises, Karl-Theodor Molinari.

 

lunion1

J’ai rappelé dans deux ouvrages les combats qu’ont menés les Ardennais dans les années d’après-guerre pour obtenir justice et voir enfin les bourreaux des Manises arrêtés et jugés pour leurs crimes lors des journées des 12 et 13 juin 1944 sur les hauteurs de Revin.

On se souvient que le commandant de la place de Charleville sous l’Occupation, celui qui dirigea les troupes allemandes lors de l’attaque du maquis, Botho Grabowski, et que le jeune commandant d’un régiment de Panzers dont les troupes stationnaient alors à Vivier-au-Court, Karl-Theodor Molinari, avaient été jugés coupables de crimes de guerre et condamnés à mort par contumace par le tribunal militaire de Metz en avril 1951. Ils ne furent jamais extradés vers la France, et Grabowski mourut paisiblement dans son lit en 1964.

 

Molinari : « J'ai toujours été reçu en France avec les honneurs militaires. »

Les Ardennes luttèrent pour que Molinari fût jugé. En 1969, à l’initiative de Marcel Noiret (un personnage ! il faut avoir lu L’affaire des Manises pour goûter toute l’ironie de la situation), des anciens du maquis et des familles des victimes créèrent le « Comité pour le châtiment de Molinari ». Les politiques furent alertés et interpelés.

La députée communiste, ancienne résistante et déportée,  Marie-Claude Vaillant-Couturier s’adressant au Ministre des affaires étrangères dans une séance de l’Assemblée Nationale le 5 décembre 1969 s’indignait et dénonçait l'impunité dont avait joui et continuait à jouir l'ancien bourreau : « Non seulement le général Molinari n'a pas été inquiété dans son pays, comme je viens de le montrer, mais il a pu venir en France, y circuler librement, malgré sa condamnation, et même être reçu par des autorités officielles. II n'est pas possible que les familles des victimes et les anciens résistants acceptent de tels faits. »

 

Image1Photo parue dans Der Spiegel (Molinari "profondément affecté")

 

Molinari : « Je croyais qu’on allait les enfermer dans un camp. »

Car pendant que les anciens résistants s’évertuaient à obtenir réparation, le jeune Karl-Theodor Molinari poursuivait son ascension dans l’institution militaire. Promu général dans la Bundeswehr en 1957, puis conseiller du ministre de la Défense, avant d’entrer en politique et de devenir un proche du chancelier fédéral  Helmut Kohl, Molinari s’étonnait du débat soulevé en France sur son passé, et s’enorgueillissait avec impudence dans la presse d’avoir « toujours été reçu en France avec les honneurs militaires.» Lorsque la question fut soulevée sur la place publique en Allemagne, et que l’hebdomadaire Der Spiegel se mit à enquêter sur le passé de Molinari, celui-ci finit tout de même par s’expliquer.

« Dabei oder nicht ? » (« Il y était ou il n’y était pas ? ») Molinari se justifiait ainsi : il était à Revin le 12 juin, il dirigeait des troupes qui ont attaqué le maquis, MAIS il ne sut rien de ce qui était arrivé aux prisonniers, rejetant la responsabilité de leur sort à son adjoint, le capitaine Ardendt (qu’on ne pouvait interroger puisqu’il avait été tué sur le front de l’Est au printemps de 1945)… « Je ne pouvais me représenter que les prisonniers, tous des jeunes gens, devaient être fusillés. Je croyais qu’on allait les enfermer dans un camp. Si j’avais pu présumer une exécution, j’en aurais été profondément affecté. » (« Dabei oder nicht ? »  Der Spiegel n° 42, 1969. Et pourtant il fut bien reconnu, des années plus tard, par un rescapé du maquis, André Soret, dont j'ai cité le témoignage dans le Maquis des Manises, pp. 79-80, comme ce jeune officer en uniforme noir, très grand, qui se tenait sur les lieux de l'exécution des maquisards. Tu étais bien là, Molinari... D'ailleurs les prisonniers eux-mêmes savaient qu'ils allaient être fusillés en fin de journée... Comment aurais-tu pu l'ignorer ?)

 

René Visse : « Un nom qui insulte les morts »

On a appris l’année dernière par le biais d’un article de Roland Pietrini publié  sur son site et sous le titre « La puissante fondation Karl-Theodor Molinari porte-t-elle le nom d’un criminel de guerre ? » que la fondation représentant l’Association des Forces armées dont Karl-Theodor Molinari fut le président fondateur (de 1957 à 1963) porte aujourd’hui son nom (Quant à Molinari lui-même, il est décédé en 1993).

 

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Si Molinari n'a jamais été poursuivi en justice, c'est sans doute que la mémoire des fusillés des manises fut sacrifiée sur l'autel de la realpolitique au nom d'une amitié franco-allemande en construction. Aujourd'hui, René Visse réclame des autorités française et allemande la dissolution de la fondation, dont le nom insulte la mémoire des maquisards des manises, ainsi que l'ouverture d'une enquête concernant la nature idéologique des buts qu'elle poursuit. Affaire à suivre...

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:59

 

Incontournable ce centenaire, et difficile d’y échapper, dans les Ardennes comme ailleurs. La plaquette du programme des manifestations pour le département des Ardennes est téléchargeable ici.

Au chapitre des bonnes idées, cette exposition à la vitrine du Conseil général, place Ducale, à Charleville. 

 

leclerSous-officiers d'un Bataillon douanier (archives familiales, en ligne sur Europeana 1914-1918)

 

  Ce temps de commémoration ne va pas sans son lot de publications. J’en ai retenu quelques unes susceptibles d’intéresser le lecteur ardennais (mais ce choix reste purement subjectif et ne se veut nullement exhaustif…)

 

  La France occupée 1914-1918, de Philippe NIVET, chez Armand Colin. Sans doute le meilleur ouvrage à ce jour sur la France du nord et de l’est (les régions envahies, comme on disait à l’époque). Cette vaste synthèse traite de tous les aspects de l’occupation : la germanisation du territoire dans ses déclinaisons (administrative, culturelle, économique), la vie quotidienne des populations, l’attitude des occupés à l’égard des Allemands, la libération et la reconstruction.

Plus général, mais intéressant nos régions au premier chef, l’ouvrage de John HORNE et Allan KRAMER, 1914. Les atrocités allemandes. La vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique. Non seulement les historiens reviennent sur le déroulement des faits qui ont conduits aux massacres de civils lors de la bataille des frontières, mais ils analysent les mécanismes qui y ont conduits et leur impact sur les opinions publiques des différents pays belligérants.

 

liv Nivet

1914-1918 dans la Marne, les Ardennes et la Belgique occupées. Textes annotés et présentés par Nadine NAJMAN, chez L'Harmattan. Cet ouvrage rassemble deux témoignages inédits d’habitants des villages de Fresne-les-Reims et de Bourgogne, tous deux situés dans le nord de la Marne, en zone occupée.

Guerre aux civils, guerre des civils dans les Ardennes envahies de 1914 à 1918, de Gérard PONSINET, chez L’Harmattan, une série de plus de 400 témoignages recueillis immédiatement après la guerre. Ceux-ci sont classés dans des catégories recouvrant l’ensemble des activités sociales sous l’occupation allemande dans la période considérée.

L’incontournable Occupations / Besatzungzeiten, publié par Terres Ardennaises en 2007 et devenu une référence et dont nous avons déjà rendu compte sur cette page .

Je vais me permettre ici de dévoiler la publication prochaine (octobre) d’un nouveau livre consacré à ce sujet et marqueur du centenaire pour notre département, La Première Guerre mondiale dans les Ardennes, ouvrage collectif réalisé par les trois grandes associations (Société d’Histoire des Ardennes, Terres Ardennaises, Société d’Histoire et d’Archéologie du Sedanais). Cette parution sera accompagnée de la tenue d’un colloque présidé par Philippe Nivet. Mais il sera temps d’en reparler…

 

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:48

En cette année de commémoration de la libération de la France, les articles et publications se succèdent. On n'en gardera que le meilleur.

Le journal L'Union du 25 juin  publie un article en forme d'hommage à l'action des quatre cheminots d'Amagne fusillés au fort des Ayvelles le 26 juin 1944 (voir ici leurs dernières lettres).

Aujourd'hui, un article publié dans L'Union du 11 août. 

 

   « Ce sont des noms de rues que les Rethélois ont déjà vus des dizaines voire des centaines de fois. Docteur Gobinet, Camille Lassaux, Julien Bernard, Marie-Hélène Cardot, Micheline Huck, Danielle Cazanova. Pourtant, même si ils passent devant, les habitants de la cité Mazarin ne savent pas toujours qui ont été ces gens.

Pour commencer, ils ont tous ont un point commun, ce sont des personnes qui ont joué un rôle pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Voici maintenant pourquoi ces six personnes portent chacun le nom d’une rue à Rethel... »

 

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Julien Bernard, exécuté par les troupes allemandes au maquis des Manises le 13 juin 1944.

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