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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 07:55

 Ce livre, considéré comme une référence de la recherche historique dans les Ardennes, paru en 2002 et depuis longtemps épuisé, est aujourd’hui de retour dans les librairies dans une nouvelle édition.  

 

Article 75 Cover for Kindle

  «Article 75» est le premier ouvrage publié traitant de la collaboration et de l'épuration dans les Ardennes…

 · Les exécutions sommaires de collaborateurs.

· Les femmes tondues à la Libération.

· L’épuration judiciaire et le camp d’internement de Pauvres.

· La délation sous l’Occupation.

· La collaboration politique : partis et mouvements.

· La Milice française, la Gestapo et l’engagement sous uniforme allemand.

 

En vente sur Amazon.fr et dans les bonnes librairies

Broché: 200 pages 

Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform 

ISBN: 978-1499788723

 

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:33

L'Ardennais / L'union du 27 avril

 

maquis union

 

Le Mag'info de la semaine du 17 au 30 mai

 

  charton 1

 

 

charton 2

 

 

  La semaine des Ardennes n'est pas en reste puisque l'hebdomadaire accorde une page complète à l'ouvrage

 

seamine

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 06:33

Le témoignage fort d’un résistant ardennais déporté au camp de concentration de Buchenwald en 1944. Le titre de la première de couverture, Les Carnets d’un déporté résistant est complété par cette mention : Grand-Mère, matricule KLB 42522, car les travaux effectués par l’auteur pendant sa déportation ont déformé son corps jusqu’à le rendre irrémédiablement et définitivement voûté, l’obligeant à adopter à une posture de vieillarde « percluse de douleur, une grand-mère qui n’aurait pas encore vingt ans ! ».

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Christian Boitelet, Résistant déporté : « Grand-Mère » (matricule KLB 42522), édition La Fontaine de Siloé, 73801 Montmélian

 

Christian Boitelet est né le 2 décembre 1924 à Givet dans une famille d’origine modeste. Son père, Marcel, est cheminot, c’est dès avant la guerre un militant communiste actif qui s’engage dans des actions de solidarité envers les Républicains espagnols et les Allemands antinazis. Vient la guerre, et l’exode en Vendée… La famille Boitelet rentre à Givet en 1942. Très rapidement Marcel Boitelet s’engage dans la résistance à l’occupant, mais il est arrêté le 27 février 1943 sur dénonciation d’un auxiliaire de la police allemande. Interné à la prison de Charleville, transféré sur le camp de Compiègne, il est déporté au camp de concentration de Sachsenhausen par le transport du 28 avril 1943. Il y est décédé le 26 juillet 1944. (Son bulletin de décès porte la mention « Mort pour la France » et son nom figure sur le monument aux morts de Givet mais  pas sur le Mémorial de Berthaucourt.) Peu de temps après, son frère ainé est à son tour arrêté puis déporté.

Christian Boitelet fait face au malheur, et par patriotisme autant que par revanche, il s’engage lui-même dans l’action. Il intègre  le groupe de résistance givetois placé sous la direction de Jean Vigneron, chef du secteur de Givet au nom du mouvement Libération-Nord. Sa principale activité consiste en un rôle de passeur : « C’est surtout dans l’acheminement de prisonniers de guerre évadés des Stalags que je me sens le plus utile. Je n’ai pas oublié  les recoins boisés permettant les passages clandestins, qui permettent de se jouer de la frontière franco-belge. En Belgique, en des lieux secrets, je récupère des hommes fatigués, épuisés par le chemin déjà si long qu’ils ont eu à effectuer. De nuit, avec ces pauvres prisonniers de guerre en fuite, nous gagnons la France. Ma grande préoccupation, c’est d’éviter les patrouilles allemandes. Par contre, je ne crains pas trop les gendarmes du coin. Ils ne font d’excès de zèle collaborateur. »

Par ailleurs, le maire de Givet lui fournit un emploi pour échapper au STO, des cartes d’alimentation pour nourrir le maquis, et le prévient des menaces que font peser les mouchards sur les résistants… « Les mouchards sont redoutables. Ils agissent par conviction idéologique fasciste et par appât du gain. Ils sont largement récompensés lorsque des personnes se font arrêter. Alors, ouvertement, sans aucun scrupule, ils affichent leur train de vie de nouveaux riches. »

 

C’est un de ces cafards que l’état-major de la Résistance givetoise décide d’éliminer, plus particulièrement celui qui a déjà donné le père de Christian aux Allemands. La relation que fait Christian de cet épisode est succincte : il est désigné pour éliminer ce traitre, « on » lui procure un revolver, « ainsi fut fait … » On ne sait quels complices épaulent cette action, combien d’hommes y sont engagés, où et comment se passe l’action, ni d’ailleurs qui est vraiment la victime…

J’ai mentionné cette exécution sommaire dans mon livre  Article 75. Le 22 novembre 1943 l’interprète de la Feldgendarmerie de Givet, Jean Guillermain, ancien délégué à la propagande pour la LVF, et son amie, une certaine dame Mathy, déléguée à la LVF à Revin, furent abattus dans la soirée à « L’hôtel du chaland qui passe » à Givet. Il y eut donc dans cet attentat non pas un mais deux tués, ce que m’a confirmé M. Boitelet dans un courrier que je lui ai adressé.

 

Christian Boitelet est arrêté le 27 novembre 1943 et conduit à la prison de Charleville, où, refusant de donner les noms de ses chefs, il subit de nombreuses tortures. Il estime avoir eu « beaucoup de chance » de ne pas avoir été fusillé, mais d’avoir été condamné à la déportation en camp de concentration. Envoyé au camp de Compiègne, il est ensuite déporté à Buchenwald le 24 janvier 1944 sous le matricule 42522. Il est ensuite transféré à Dora puis à Sachsenhausen où il est libéré par l’armée soviétique le 8 mai 1945. A son retour, il a beaucoup de mal à reprendre une vie normale à cause des nombreuses séquelles : typhus, mains et pieds gelés, décalcification importante et problème pulmonaire.

Christian Boitelet est un passeur de mémoire : dans les collèges et les lycées, il témoigne auprès de la jeunesse pour éviter que l’erreur commise par le peuple allemand ne se reproduise. « Je savais par des Allemands qui fuyaient leur pays vers l’Espagne qu’il existait des camps mais je ne pouvais pas croire qu’un peuple civilisé puisse faire de telles atrocités. »

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:21

LAMBERT (J.) et GIULIANO (G.), Les Ardennais dans la tourmente : l’Occupation et la Libération, Éditions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières, 1994


Second opus de la 2e Guerre mondiale dans les Ardennes dû aux historiens de Terres ardennaises.

Un découpage thématique qui couvre tous les domaines de la vie des Ardennais sous l’Occupation (la Résistance n’en est qu’un parmi d’autres) avec un parti pris de privilégier le témoignage, sans pour autant négliger l’analyse historique. Avec, en plus, des documents, photographiques ou écrits, inédits. Un livre indispensable.

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