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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:46

Parcequ'elle représente aujourd'hui ce que le mot "résistance" a de plus noble, Georgette Fontaine, fille de Marguerite, a été décorée Chevalier de la Légion d'honneur, samedi à Thilay.

Cet événement est relayé par la presse ici et .  

Georgette avait 14 ans quand ses parents s'engagèrent dans la Résistance, d'abord avec l'abbé Grandjean dans la ligne Dragon, puis ensuite Georgette devint agent de liaison avec le commandant Prisme du Maquis des Ardennes...

Militante de la mémoire, Georgette continue, à la ferme des Vieux-Moulins, de recevoir les visiteurs pour parler de sa guerre, qu'elle fit simplement, sans armes et sans haine, mais avec la même détermination et en prenant les mêmes risques que ceux du maquis...  

 

 GFontaine Photo Lecler

Aux Vieux-Moulins (photo PL)

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 17:37

Le Concours national de la Résistance et de la déportation (CNRD) a été créé officiellement en 1961 par Lucien Paye, ministre de l'Éducation nationale, à la suite d'initiatives d'associations et particulièrement de la Confédération nationale des combattants volontaires de la résistance (CNCVR). En 2011, il fêtera son 50e anniversaire. Ce concours a pour objectif de perpétuer chez les jeunes Français la mémoire de la Résistance et de la déportation afin de leur permettre de s'en inspirer et d'en tirer des leçons civiques dans leur vie d'aujourd'hui.

Pour l'année 2011, le jury national a arrêté le thème suivant :

« La répression de la Résistance en France par les autorités d'occupation et le régime de Vichy »

 

Des liens :

Concours de la Résistance et de la Déportation (Education.gouv)

Lettre de la Fondation de la Résistance n° 61

Histoire et Mémoire des deux guerres mondiales

 

Published by philippe lecler - dans Actualité
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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 15:26

     Le Colonel de l'Armée des États-Unis, Victor Jerome Layton, l’Américain de la mission Citronelle, est décédé le 8 août dernier à son domicile de St Croix Falls (Wisconsin, USA).

Fruit de l’union d'Arthur et de Margaret Lustig, lui dirigeant tchèque d'une succursale de la Banque des Pays d'Europe centrale, elle ressortissante autrichienne, Victor est né le 28 novembre 1921 à Vienne. Jusqu' à l'âge de 7 ans il grandit dans cette ville, puis la famille s’installe en France, à Paris. Parlant couramment l'allemand, sa langue natale, et le français, il enrichit son bagage linguistique en Angleterre, où en 1936 ses parents l'envoient suivre ses études. Survient la guerre. En juin 1940, la famille Lustig connait l'exode, qui la mène à Royan, où elle est rejointe par les troupes allemandes. Rentré à Paris, le père de Victor reprend son activité alors que Victor lui-même, grâce à de faux papiers, prépare son passage en Espagne. Au début de 1941, embarqué sur un navire portugais à destination des États-Unis, débarqué à Hoboken, dans le New-Jersey le 22 janvier 1941, il « monte » à New-York afin de poursuivre ses études. Naturalisé américain, il abandonne son nom aux consonnances trop germaniques pour celui de Layton. En septembre 1942, il est engagé dans l’armée en tant qu'officier du Génie, puis est envoyé en Europe dans les rangs des services spéciaux américains, l’OSS (Office of Strategic Services) en juin 1943. Jeune lieutenant, il est mis à la disposition du SOE à Londres. Grâce (ou à cause de) sa parfaite maîtrise de la langue française et de l’allemand il est pressenti, au début de 1944, pour participer à la mission interalliée Citronelle, qui est larguée dans les environs de Mourmelon (Marne) le 12 avril 1944 dans la nuit.

 

 

Victor Layton Au sein de Citronelle, le rôle de Victor est d’assurer l’intendance du maquis : c’est lui qui inventorie le contenu des paquets et des containers parachutés, qui distribue les armes, les vêtements et le matériel reçus.

Nous avons vu dans un article précédent qu’aux premières heures de l’attaque du maquis le 12 juin, il était en compagnie de Desmond Ellis Hubble. Rentré au camp, il participe aux premiers combats, et fait enterrer les armes, les explosifs et tout le matériel que les maquisards ne peuvent transporter alors que Prisme a décider de rompre au plus noir de la nuit pour échapper aux troupes allemandes. Lorsque le maquis se met en branle, des groupes se forment très rapidement et les contacts avec le commandant sont rompus. Ainsi, Victor se retrouve à la tête d’un groupe de 90 hommes, avec comme objectif d’échapper à l’encerclement et de rallier le hameau des Six Chênons, où doit se reprendre le contact avec Prisme. Le 13 juin, après avoir vainement tenté de passer les lignes allemandes, Victor et son groupe, passent une nouvelle nuit dans la forêt, sans provisions et sous une pluie battante.

Le lendemain, l’effectif de son groupe, qui avait fondu dans la journée par suite des défections, se réduit à néant : un seul homme reste avec lui. Aux Six Chênons, qu’il a réussi à atteindre, personne n’est au rendez-vous. Victor décide alors de gagner Charleville pour reprendre contact avec Londres, grâce à une radio des FFI, et informer l’état-major de la situation dramatique du maquis. Après avoir traversé la Meuse à la nage (à hauteur de Bogny), sous les balles de sentinelles allemandes, et après un périple exténuant, il parvient à Charleville où il se rend chez son contact en cette localité, à savoir la boucherie d’André et de Jacqueline Faynot dans la grand’rue (aujourd'hui rue de la République), chez qui il va trouver refuge pour quelques jours avant de rejoindre le maquis Prisme, reformé à proximité de Willerzie, en Belgique.

 

Au début de mois de septembre 1944, Victor rencontre les troupes libératrices à Fumay et est désigné pour les conduire jusque dans la région de Bastogne. Sa mission remplie, il regagne Paris sur une moto allemande, le 12 septembre, puis est renvoyé en Grande-Bretagne. Après un court séjour à l’hôpital, il est nommé officier de liaison d’agents alliés alors en mission d’espionnage dans une Allemagne aux abois au sein du 25e Bomb Group de la 8e Air Force (il survole le pays à très haute altitude pour communiquer avec des agents alliés infiltrés, à l'aide d'un équipement spécial monté sur un de Havilland Mosquito). Après la guerre, il se marie en Allemagne, où il réside en tant que militaire appartenant aux troupes US d’occupation. De cette union naîtront trois enfants. Il participe, à des degrés divers, aux guerres de Corée et du Vietnam. En 1952, il est affecté au services des recherches des Transports de l'Armée de Terre, mandaté par l'US Air Force pour trouver les moyens d'aller installer une base radar sur la calotte glaciaire, à quelques centaines de kilomètres du pôle nord. Il monte donc une expédition de reconnaissance avec l'équipe de Paul-Émile Victor, avec lequel il noue des liens d'amitié (un compte-rendu de cette "Opération Thulé"  fut publié dans la revue Paris-Match. J'en profite donc pour lancer un appel à quelque lecteur qui posséderait le (les) numéro(s) en question...)

Ingénieur en aéronautique, Victor poursuit dans cette branche et participe en 1963 au projet de de développement d'un bimoteur fabriqué par de Havilland Canada. Après avoir quitté l’armée avec le grade de Colonel, en 1967,  il participe, en tant qu'ingénieur civil, à divers projets de développement en Afrique. Homme aux multiples talents, d’un dynamisme hors du commun et d’une curiosité insatiable, Victor fut encore, pendant quelques années, directeur d’un hôtel et capitaine de port (Harbor Master) à Northeast Harbor, dans le Maine.

Victor se retira dans la Wisconsin avec son épouse Emmy en 1988, afin de profiter d’une retraite bien méritée.

 

On se souvient que lors de la dernière cérémonie en hommage aux morts du maquis des Manises à laquelle participèrent les membres de la famille Hubble, Victor avait envoyé un message qui leur fut remis. Avec lui s'est éteint le dernier membre de la mission Citronelle.

Victor Layton avait été décoré, pour son action durant la Seconde guerre mondiale , de la Croix de guerre (France), de la War Medal (Royaume-Uni), et de la Distinguished Service Cross.

 

Des remerciements particuliers à Fred Docq pour m'avoir ouvert ses archives concernant son ami Victor Layton, et à Mick pour la communication des rapports britanniques de la mission "Citronelle".

 

Lire les articles, ici et , consacrés à Victor dans l'Ardennais du dimanche 12 septembre

 

 

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 06:37

David Mole n’avait que sept ans lorsque son père décéda dans un accident survenu le 18 décembre 1944, quand que le Halifax de la RCAF (Royal Canadian Air Force) dans lequel il était opérateur radio s’écrasa sur le plateau de Rocroi. Chaque année, David y revient en pèlerinage, pour essayer de comprendre les circonstances du drame, aussi pour s’imprégner de l’atmosphère des lieux. Secondé par Pierre Vandervelden, auteur d’un site consacré aux cimetières de guerre du Commonwealth en Belgique et en France. David Mole, très impliqué dans le devoir de mémoire des aviateurs, et membre actif de recherches pour le 10e Squadron, a réussi à faire ériger des plaques ou de petits monuments pour commémorer divers équipages. Aujourd’hui, son vœu le plus cher serait de rappeler la mémoire de son père et des équipages de l'accident par l’apposition d’une plaque en l'église de Taillette, ou sur un rocher comme il est d’usage près du lieu des crashs.

 

  Ghalifax

  Le bombardier Handley-Page HP 57 Halifax  

 

Le bombardier Halifax LV818 du 10e Squadron de la RAF s’envola le 18 décembre dans la nuit de la base de Melbourne, dans le Yorkshire, pour une mission en Allemagne, à savoir le bombardement d’installations industrielles sur Duisbourg, dans la Ruhr. Vers 6 heures du matin, alors que l’escadrille survolait la région de Rocroi, l’appareil entra en collision avec un autre Halifax, le NP699 du 432e Squadron de la RCAF, qui s’était envolé de la base d’East Moor, et qui était engagé dans la même mission. Les deux avions tombèrent ensemble. L’un, le LV818 à bord duquel opérait l’officier navigant Douglas John Mole, s’écrasa dans les environs de Rocroi, près du village de Taillette, au lieu dit les Bernes, près de la D877, et l’autre vers Brûly, en Belgique.

Quatorze aviateurs moururent dans cet accident. Il n’y eut qu’un seul survivant, le pilote du NP699 qui parvint à sauter en parachute avant le crash. Six corps furent retrouvés et identifiés immédiatement après, qui furent enterrés par les Américains à Fosses, près de Namur, puis transférés plus tard à Léopoldsburg (Belgique).

Au début de 1945, quatre nouveaux corps furent retrouvés, trois purent être identifiés. Ils furent inhumés à Champigneul (Marne), puis transférés à Dieppe (Seine-Maritime), pour deux Canadiens, et à Clichy (Hauts de Seine) pour un Anglais et un non identifié. Le pilote du LV818 fut trouvé et enterré dans les Ardennes, à Taillette, tout comme Douglas John Mole, dont le corps fut retrouvé en 1948 près de Rocroi. 

Enfin, un dernier pilote fut retrouvé en 1951 à Sévigny-la-Forêt, inhumé à Choloy (Meurthe-et-Moselle). Reste un corps, sans sépulture…

 

Taillette%20MoleDJ1

F/O Mole Douglas John 168506 R.A.F.V.R.

Nous espérons que le projet de David Mole trouvera un accueil favorable à Taillette, et que la mémoire des pilotes alliés tombés en France y sera honorée. Affaire à suivre…

 

Sources : Communications de D. Mole et P. Vandervelden, voir notamment La Revue du plateau de Rocroi, n° 1

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