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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 15:49

                                                     Il y a quelque temps, la Revue Historique Ardennaise a publié le témoignage d’Étienne Brice dans lequel était évoquée succinctement la tentative d’infiltration de la filière d’évasion de prisonniers de guerre et d’aviateurs alliés que Paul Royaux et ses camarades avaient organisée à Charleville dès le début de l’Occupation. Qu’on me permette d’y revenir.

On se souvient que la filière avait été mise en place à partir de relais locaux (notamment à Nouzonville et à Carignan dont il sera question ici) qui envoyaient vers les bureaux du Secours national  à Charleville les illégaux qui y étaient habillés, nourris, logés, dotés en faux papiers, avant d’être évacués vers Paris grâce à la complicité d’agents de la SNCF. Son organisation revenait à Paul Royaux, responsable du mouvement de Résistance OCM dans les Ardennes depuis 1941 ; le soutien logistique appartenant au personnel du Secours national.

La police allemande recherchant les voies de salut des prisonniers et des aviateurs s’employait à y infiltrer leurs agents. L’épisode qui est relaté par Etienne Brice est celui de l’une de ces tentatives, et de son échec. Il est confondu dans l’article cité avec celle d’octobre 1942 qui fut une réussite, puisqu’elle aboutit au démantèlement de la filière, aux arrestations au sein du Secours national, et à la fuite de Paul Royaux.

L’histoire du faux aviateur Anglais est relatée dans un manuscrit conservé aux Archives départementales des Ardennes (1293 W 6). Bien qu’anonyme, on peut attribuer cet écrit à André Point, successeur de Paul Royaux à la tête de l’OCM dans le département et chef des FFI en 1944. Grâce à certaines indications données par le texte, on peut dater cet épisode des  mois de mars et avril de l’année 1942. Les passages entre guillemets dans la relation qui suit sont tirés de ce document.

 

Georges Lefèvre, propriétaire de l’Hôtel de la Gare à Carignan, appartient à la ligne d’évasion fondée par Royaux. Des centaines de prisonniers arrivant de Belgique sont dirigés chez lui avant d’être évacués vers Charleville puis Paris. C’est à son somicile qu’arrive un jour, les pieds ensanglantés par les kilomètres parcourus, un aviateur Anglais.

Georges Lefèvre l’amène chez Schwartz, salon de coiffure de la rue Jean Jaurès à Charleville où travaillent Paul Royaux et André Point . « On lui coupe les cheveux, il parle un peu français, ne peut être acheminé sans être accompagné : reste chez Schwartz quelques jours. Le fils le surprend fouillant dans les tiroirs. Pas d’étonnement pour le sans-gêne connu des Anglo-saxons. Ne sort pas. »

 

Étienne Brice est choisi par Royaux pour conduire l’Anglais à Paris par le train du matin.  Mais sitôt arrivés à la gare les deux hommes sont arrêtés par des douaniers. L’un d’eux commence à fouiller l’Anglais qui porte dans sa musette deux kilos de tabac (de contrebande bien sûr), cadeau de Brice pour ses correspondants parisiens. Ce dernier s’enfuit, poursuivi par un douanier alors que l’Anglais saute dans le train qui part. Rentré chez Schwartz, Brice se fait copieusement « engueuler » par Royaux pour sa négligence et est renvoyé à Paris par le train du soir. Mais là, personne ne l’accueille : l’Anglais a disparu dans la jungle parisienne…

 

Deux jours plus tard, Georges Lefèvre se présente à nouveau au salon Schwartz : l’aviateur est revenu chez lui. On le ramène à Charleville. On comprend qu’à Paris il a vendu le tabac pour pouvoir reprendre un billet pour rentrer à Carignan. Brice l’accompagne à nouveau à Paris. On ne sait ni où, ni par qui l’Anglais est interrogé. Toujours est-il que des doutes sont émis sur son identité et sur sa qualité d’aviateur britannique. On lui donne des livres à lire : deux fois le même, sous un format différent, et pourtant il ne relève pas et s’intéresse tout autant à l’un qu’à l’autre... « En avril, Paris fait connaître que l’agent est identifié comme agent de la Gestapo et demande d’aller le rechercher.» Pas plus de précisions sur les hôtes de l’Anglais, ni sur le service de renseignements clandestin suffisamment efficace pour confondre un traître… (Dommage !)

 

« Conseil de guerre. On décide d’aller le chercher. Paul Royaux y va… » À l’Anglais, il justifie son retour en avançant que « la filière est brûlée, qu’il faut le ramener dans les Ardennes. Qu’on pourra le nourrir mieux qu’à Paris. » On lui fait croire qu’on va l’héberger dans une ferme… Mais son exécution a été décidée, les préparatifs sont commencés.

 

Retour de Royaux et de l’Anglais. À la gare de Charleville, Brice prend le pseudo-aviateur et l’emmène au Mont Olympe, longeant la Meuse. André Point les précède. Georges Lefèvre clôt la marche. Il est près de 22 heures et la nuit tombe, on attend le soi-disant fermier qui doit les conduire chez lui. Il arrive. C’est un autre résistant du groupe OCM qui joue ce rôle, Raymond Petit.

 

Dans la côte de Montcy, Brice et Point encadrent l’Anglais. Le sentier se rétrécit. Point s’éloigne alors que Brice passe en tête, Petit est maintenant derrière l’Anglais. Il a en main un marteau, avec lequel il le frappe. L’Anglais se met à hurler.

Royaux a rejoint Point : « Ils cherchent chacun de leur côté, ne les trouvent pas et s’apprêtent à repartir quand arrivent les trois hommes avec le boche nu. Chacun fait peur aux autres. Sang tout le long de la route. On lui entoure la tête avec [illisible] et [les pieds avec] des poids d’horloge. La barque qui manque de chavirer. L’eau. Le retour à la nuit. »

Les hommes se séparent. Point s’éloigne avec Raymond Petit. À la sortie de la passerelle du Mont-Olympe, des gendarmes en patrouille les interpellent. Point se met devant Petit, qui est couvert de sang, et montre sa convocation pour l’examen de police qu’il doit aller passer le lendemain à Amiens. Il prétend qu’il est allé prendre le café chez des amis. Les gendarmes les laissent aller... Le jour suivant, Royaux et Petit reviennent sur les lieux afin de débarrasser la barque des traces de sang qui s’y accrochent, et rechercher le marteau qu’ils avaient perdu.

 

Voilà comment le faux Anglais, mais vrai agent des services de police allemands, fut exécuté, une nuit de la fin du mois d’avril, sur les bords de la Meuse. Les restes de sa dépouille gisent probablement encore au fond du fleuve, lestés par des poids d’horloge… 

 

L’homme qui avait tenu le marteau était Raymond Petit. On sait aujourd’hui que les comportements et les attitudes des Français sous l’Occupation ne s’écrivirent pas en noir et blanc, mais en de multiples « zones grises », Petit offre un exemple particulièrement significatif de ces comportements ambivalents, chez qui le patriotisme pouvait se mêler à l’intérêt. Ce quadragénaire sans profession déclarée, condamné avant la guerre pour escroquerie, vivait de trafics divers et de marché noir. Résistant de la première heure, intégré au groupe de Paul Royaux, il en était devenu l’homme à tout faire. Il fut l’un de ces « gros bras » utilisé pour les coups risqués, à qui on faisait appel lorsqu’on avait besoin de quelqu’un de peu scrupuleux prêt à faire le « coup de poing ». On le retrouve ainsi encore en 1944 dans une tentative d’enlèvement d’un collaborateur de Charleville ordonnée par la Résistance (Sur l'affaire Petit et les autres, voir mon livre Article 75) .
Mais la justice releva surtout ses accointances avec certains agents de la Gestapo de Charleville, et souligna qu'il intervenait contre rétribution auprès des Allemands, avec lesquels il traficotait, pour régulariser les situations de certaines personnes. À la libération, sa tête fut mise à prix par la Résistance. Arrêté, il fut mis à la disposition de la justice. On le soupçonnait d’avoir vendu aux Allemands André Marchand et son groupe, arrêtés dans la nuit du 9 au 10 juin 1944 alors qu’ils se rendaient à un parachutage d’armes à Meillier-Fontaine. Marchand, qui venait d’être nommé chef des FFI du secteur de Charleville, et trois de ses camarades avaient été condamnés à mort par un conseil de guerre allemand et avaient été fusillés quelques jours plus tard au fort des Ayvelles. Un quatrième homme fut déporté au camp de concentration de Buchenwald.

   

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Raymond Petit fut jugé par la cour de justice des Ardennes à Charleville le 6 février 1945 et condamné à la peine capitale. Il fut gracié et sa peine fut commuée en 10 années de réclusion. Il profita d’une mesure d’amnistie et fut libéré le 4 août 1950.

 

 

 

 

 

Published by philippe lecler - dans Des hommes
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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 14:05

Nul n'est prophète en son pays, dit-on. Quel ne fut donc pas mon étonnement de voir les propositions que j'avais avancées dans la conclusion de l'étude sur le Mémorial de Berthaucourt (que l'on peut lire ici et que j'ai développées dans mon livre Le Temps des Partisans) si rapidement reprises par le responsable ardennais de la Fédération des Déportés et Internés Résistant Patriotes (FNDIRP), Gérald Dardart, dans une lettre à Mme le Maire de Charleville, et qui fut publiée par la presse locale.  

 

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Rappelons brièvement les données que j’ai soumises à l’appréciation de tous : les lacunes flagrantes dans la composition de la liste des inscrits à Berthaucourt (flagrantes et parfois choquantes), et une invitation, dans une perspective de pérennisation du monument et du site même, à considérer le Mémorial comme porteur de la mémoire de toutes les victimes de l’occupant nazi...

Que M. Dardart ne se méprenne pas : rendre justice aux "oubliés de Berthaucourt", (c'est sous ce titre que l'Ardennais avait rendu compte de l'ouvrage et du propos lors de sa sortie) ne sera pas une mince affaire. Des forces conservatrices, voire obscurantistes, œuvrent pour que rien ne change depuis la fondation du monument en 1954. Ce fut dit. Ainsi, il y a deux ans déjà (29 février 2008), j'avais présenté les conclusions tirées de l'étude des noms inscrits dans la pierre de Berthaucourt au cours d'une conférence sur le sujet aux Archives départementales. Lors du court débat qui s'en était suivi, le président de l'Union ardennaise des FFI (UAFFI) s'était érigé en censeur, déclarant, en substance, que si mes conclusions étaient justes, il était néanmoins « beaucoup trop tôt » pour réviser le Mémorial !

Mieux, le même récidiva cette année, à la parution du Temps des Partisans. Dans un courrier qu’il m’adressa, en date du 7 avril 2010,  il avance qu’il aurait été favorable (si on lui avait demandé son avis il y a cinquante ans) à « un Mur de la Résistance et de la Déportation plutôt qu'une liste des résistants et des déportés décédés ». Las, la réalité est cruelle et elle ne se plie pas aux désirs du quidam, fut-ce ceux d’un président d’association patriotique…  Qu’importe ! Il poursuit : « Je serais favorable à cette dénomination globale et je proposerais de maintenir le "statu quo". Nous supprimerions ainsi toute polémique stérile, nuisible et impensable 70 ans après. »

Quelle polémique pourrait naître d’une révision des listes de Berthaucourt dans le strict respect des méthodes de la science de l'histoire ? Soyons sérieux.

 Puisque M. Dardart engage le combat pour une refonte complète des listes des inscrits à Berthaucourt, allons au bout de la logique et, outre les noms des fusillés oubliés, des déportés résistants et des juifs exterminés, ajoutons tous ceux des requis au Service du travail obligatoire (STO), puisque déjà les noms de certains d’entre eux, morts en Allemagne, figurent, depuis le début, sur le monument. 

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 07:04

 Le Special Forces Club (SFC) et l’Amicale des anciens des services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN) organisaient le 15 octobre une cérémonie commémorative au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne). À cette occasion, chaque délégation, la française et la britannique, ont dévoilé les plaques, apposées côte à côte, honorant la mémoire des agents des services spéciaux assassinés dans ce camp à l’automne de 1944 et au printemps de 1945. 

En effet, trente officiers du Special Operation Executif (le SOE, chargés d’encourager et d’organiser la résistance aux forces d’occupation par le sabotage et la constitution de groupes armés dans l’Europe occupée), appartenant au Secret Intelligence Service (SIS), ou aux services spéciaux de la France libre (BCRA et/ou SOE-RF), tous volontaires appartenant aux nations britanniques, françaises et canadiennes, furent après avoir été capturés en France détenus au Block 17 du camp de Buchenwald et exécutés par pendaison dans le crématorium ou par fusillade. Nous avons déjà évoqués le cas de l’un de ces héros, le capitaine Desmond Ellis Hubble, qui avait été capturé le 12 juin 1944 à Revin, lors de l’attaque du maquis aux Manises.

Nous évoquerons dans un ouvrage à paraître, La Résistance ardennaise face à la Gestapo, l’action dans les Ardennes du belge Pierre Geelen, qui fut avec son compère Walter Marly l’officier des opérations aériennes qui permit de réceptionner les premiers parachutages dans le département au printemps de 1943 après que fut passée sur les ondes ce  message personnel à destination des groupes français et belges de résistance : « Ardenne, tiens ferme ! Bon courage les amis, et à bientôt ». Nous évoquerons aussi les Canadiens Frank Pickersgill et John Macalister trop tôt arrêtés par la Gestapo alors qu’ils devaient prendre en main les secteurs de l’Aisne et des Ardennes pour le compte du réseau « Prosper ».

 

Compte-rendu de la cérémonie, aimablement communiqué par Annette Biazot. 

(toutes photos A. Biazot)

Vendredi 15 octobre 2010, une météo normale sur la colline d'Ettersberg, à une dizaine de kilomètres de Weimar : temps couvert, humide et froid....

Une soixantaine de participants se dirigent vers la place jouxtant le crématoire du camp de Buchenwald : des représentants officiels du Royaume-Uni, de France, du Canada et de Belgique, des  délégations du Special Forces Club,  de l'AASSDN, de la Fédération nationale Libre Résistance  ainsi que des membres des familles de 30 officiers des services spéciaux britanniques et français qui ont été massacrés dans ce camp de concentration en 1944. Ces victimes étaient anglaises, françaises, canadiennes et belges, toutes parlant le français, toutes volontaires pour jouer un rôle dans la libération de la France et conscientes du risque d'être capturées et ensuite torturées ou massacrées. Arrêtés dans des circonstances diverses, ces officiers furent emprisonnés et interrogés, torturés en France. Puis, les Alliés s'approchant de Paris, ils furent évacués vers l'Allemagne le 8 août 1944. Après un long voyage, dans des conditions épouvantables, ils arrivèrent dans la nuit du 16 au 17 août 1944 à Buchenwald et furent internés au bloc 17 du grand camp sans passer par le bloc de quarantaine du petit camp.

Les documents divergent quant aux dates : le soir du 11 septembre, les 16 premiers agents alliés furent pendus à un crochet de boucher dans le sous-sol du four crématoire tandis que 13 autres furent fusillés au cours des journées des 5, 7 et 18 octobre 1944. Maurice Pertschuk, agent du SOE, fut exécuté le 29 mars 1945, quelques jours avant la libération du camp. Cependant, trois d'entre eux réussirent à échapper à la mort grâce à un plan audacieux, en usurpant l'identité  de trois autres détenus déjà morts du typhus.

Le général Michael Rose fit l'allocution d'ouverture. Le révérend Max Homewood dirigea le service religieux. Stéphane Hessel , un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme, ambassadeur de France auprès de l'ONU, rescapé et dernier survivant du bloc 17 prit la parole tour à tour en anglais et en français, citant ses compagnons d'infortune. Le colonel Debrun, président de l'AASSDN, fit également un discours ainsi que l'appel des 9 morts des services spéciaux français. Duncan Stuart, l'organisateur de cette cérémonie cita le nom des 21 victimes, agents du SOE et du SIS. Sir Michael Rose fit l'Exhortation  en citant un extrait du poème « For the Fallen » de Laurence Binyon.

La pluie n'empêcha pas un Welsh Guard  de jouer Last Post et Aux Morts et, après deux minutes de silence, de faire retentir Le réveil de l'armée britannique. Le révérend Homewood dirigea  les prières dédiées aux victimes de la barbarie nazie.

Les autorités et les participants pénétrèrent dans la salle du crématoire où, devant les deux plaques, des couronnes furent déposées par les officiels et les descendants des victimes (la fille de Pierre Geelen, la fille et le petit-fils de Desmond Hubble, le fils et le petit-fils de Christian Rambaud).

Parmi les hommes dont la mémoire a été honorée, citons ceux qui nous sont les plus proches : Pierre Geelen, John Kenneth MacAlister, Frank Pickersgill, Desmond Hubble, Alphonse Defendini.

 

  Annette Biazot

 

 

de G à droite Rev Homewood, Gal Rose, col Debrun, Duncan S

 De gauche à droite : le Révérend Homewood, le général Rose, le colonel Debrun, Duncan Stuart

 

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L'ambassadeur Stéphane Hessel se recueille devant les plaques

 

 

La cérémonie sur le site de la Royal British Legion (en anglais) , et sur celui de l'AASSDN.

 

 


9782020985369 Pour en savoir plus sur le SOE, et sur ses agents disparus, on ne peut que conseiller la lecture du livre de Sarah Helm paru aux éditions du Seuil ce mois d'octobre : Vera Atkins, une femme de l'ombre. La résistance anglaise en France. On remarquera en passant le choix particulièrement malheureux du sous-titre. Le titre original en anglais de cet ouvrage publié à Londres en 2005 étant A Life in Secrets: The Story of Vera Atkins and the Lost Agents of SOE, il est plus près de la réalité de l'action de cette femme d'exception qui reste dans les mémoires comme celle qui enquêta après la guerre sur le sort des 118 agents du SOE arrêtés par la Gestapo dans la France occupée et disparus dans les camps de concentration sur le territoire ennemi.  

 

 

 

J’en extrais ces quelques lignes qui concernent les pendus de Buchenwald et qui complètent le rapport de Yéo-Thomas (voir l’article sur D.E. Hubble) :

 

« Peu après le récit de Guillot [agent de la France libre qui s’était évadé du camp avant sa libération et qui déposa son récit en avril 1945 auprès des Britanniques] arriva un autre rapport de Buchenwald du professeur Alfred Balachowsky, un des membres du groupe de Prosper. Balachowsky, l’entomologiste qui travaillait à l’École d’agriculture de Grignon, confirmait l’histoire de Guillot et apportait de nouvelles précisions obtenues auprès des détenus employés comme gardiens. Le premier groupe, disait-il, avait été pendu à 5 h 30 de l’après-midi après avoir été tabassé « comme d’habitude ». Il ajoutait : « Ils furent simplement suspendus par une corde à des crocs à quelques centimètres du sol de sort qu’ils moururent par strangulation, ce qui prenait cinq à dix minutes, et non par rupture de la moelle épinière. Les corps furent brûlés, mais on pouvait voir des traces de sang sur le sol. »

Balachowsky disait qu’on lui avait passé le carnet de Hubble, l’agent du SOE, qui était tombé de sa poche au moment de sa pendaison. »

  

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Extraits du registre des entrées du camp de concentration de Buchenwald à la date du 17 août 1944. les noms rayés sont ceux des personnes exécutées (celui de Hubble apparait à la ligne 27). (Doc. M. Manise).

 

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Published by philippe lecler - dans Actualité
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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:46

Parcequ'elle représente aujourd'hui ce que le mot "résistance" a de plus noble, Georgette Fontaine, fille de Marguerite, a été décorée Chevalier de la Légion d'honneur, samedi à Thilay.

Cet événement est relayé par la presse ici et .  

Georgette avait 14 ans quand ses parents s'engagèrent dans la Résistance, d'abord avec l'abbé Grandjean dans la ligne Dragon, puis ensuite Georgette devint agent de liaison avec le commandant Prisme du Maquis des Ardennes...

Militante de la mémoire, Georgette continue, à la ferme des Vieux-Moulins, de recevoir les visiteurs pour parler de sa guerre, qu'elle fit simplement, sans armes et sans haine, mais avec la même détermination et en prenant les mêmes risques que ceux du maquis...  

 

 GFontaine Photo Lecler

Aux Vieux-Moulins (photo PL)

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