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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 14:21

helene-.jpgAlors que le Mémorial de la Shoah consacre une grande exposition aux enfants dans la Shoah, on se dispute au conseil municipal de Rethel pour savoir s’il convient de dépabtiser l’école Mazarin afin de lui donner le nom d’Hélène Cyminski.


Cette proposition a été déposée par le groupe d’opposition de gauche au conseil (« Rethel ensemble »), à la suite de la cérémonie du souvenir des déportés du 29 avril dernier. Pour ces élus, il semble important « que le nom d’Hélène Cyminski et son souvenir restent indissociables de l’école qu’elle avait fréquentée. De fait, donner à une école le nom d’une ancienne déportée est un acte porteur de valeur qui peut ainsi servir de relais entre les différentes générations » ( dans Rethel infos n° 13, juin 2012).

  Rappelons que durant l’Occupation, Hélène habitait face à l’école, et qu’aujourd’hui une plaque commémorative rappelle au souvenir de cette famille rethéloise décimée par les nazis. On sait que dans les Ardennes, à Vouziers, une école porte le nom d’une de ses élèves : Dora Levi fut enlevée par les Allemands dans sa classe.

 

 Lire la suite ici...

 

 

  Détail d'une photographie d'Hélène Cyminski, devant son domicile, place de Caen.

7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 08:25

Un diaporama à vocation pédagogique consacré à la Shoah dans les Ardennes a été mis la à disposition des enseignants. Il est téléchargeable depuis le site de l’Inspection départementale de l'Education nationale de Rethel mais aussi depuis celui du CDDP des Ardennes (à confirmer).
Ce document avait été réalisé à la suite à de recherches menées sur la déportation de la famille Cyminski de Rethel. On se souvient qu’après la publication de l’étude, d’abord dans la revue Terres ardennaises puis en livret illustré lors d'une exposition à la bibliothèque municipale de Rethel, une plaque commémorative avait été apposée place de Caen.

 

Le diaporama est téléchargeable ici. L'album qui reprend le texte intégral de l'étude l'est .

 

Dscf0001bis          Le nom d'Hélène, sur "le Mur des noms" du Mémorial de la Shoah à Paris (CDJC).

15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 17:02

 

    À Rethel, Le 12 octobre 1942, les autorités allemandes réquisitionnaient des policiers français afin de procéder au « transfèrement » de la famille Cyminsky, la seule famille de confession israélite de la ville. Le lendemain, le père et la mère, Icko et Rachel Cyminski, commerçants domiciliés rue Dubois-Crancé, prenaient le chemin de Drancy sous escorte policière. Leur fillette Hélène, âgée de 8 ans, malade, était laissée à la garde de la famille Launois, qui était hébergée chez Icko et Rachel Cyminski, leur maison ayant été détruite lors de la bataille de Rethel.
Icko et Rachel Cyminski furent déportés vers Auschwitz par le convoi 40 du 4 novembre 1942, convoi composé de 1000 personnes dont 639 furent immédiatement gazées à l'arrivée. Leurs patronymes figurent sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah.
Hélène Cyminski fut enlevée par les Allemands le 4 janvier 1944. Elle fut déportée à Auschwitz par le convoi 75 du 30 mai 1944, puis immédiatement gazée à son arrivée le 2 juin.
Un ensemble de documents provenant du Cabinet du préfet des Ardennes, et notamment une note manuscrite concernant l'arrestation de la famille Cyminski, conservés aux Archives départementales, permet de retracer la genèse de la déportation, et d'aborder la problématique de la responsabilité des autorités françaises, à une échelle locale, dans la Shoah. Par ailleurs, le témoignage de M. André Launois a été recueilli, ainsi qu'un ensemble de pièces d'origine familiale. La confrontation de ces deux sources documentaires permettent d' éclairer ces tragiques événements sous ses deux aspects : administratif et policier d'une part, familial et intimiste d'autre part.
Un article complet sur cet épisode devrait être prochainement publié dans la revue Terres ardennaises (P. Lecler, « La Shoah dans les Ardennes : le cas de la famille Cyminski à Rethel », à paraître).

 

 






























Deux photos d'Hélène Cyminski. La première réalisée près de son domicile, rue Dubois-Crancé,
la seconde Promenade des Isles. Toutes deux furent prises après l'arrestation de ses parents. (Photos A. Launois)
14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 21:08
     Comme il ne l'a pas été indiqué dans l'article précédent, un mémoire a été rédigé pour obtenir, à la demande de M. André Launois, des autorités municipales de Rethel la  pose d'une plaque commémorative sur l'ancienne maison, toujours existante, d'Icko, Rachel et Hélène Cyminski.
 

Une copie de ce mémoire a en outre été envoyée au Conseil régional, au Conseil général, au député de la circonscription, aux Archives départementales, au CDJC, à Serge Klarsfeld, à la presse locale et à l'AFMD, qui soutient le projet. Vous pouvez vous aussi manifester votre adhésion à cette initiative en écrivant à la mairie de Rethel (place de la République, 08300 Rethel). Je ne manquerai pas de vous tenir informés des suites données à cette requête.

Quelques repères chronologiques et biographiques:

  • 16 octobre 1901 : Naissance d'Icko Cyminski à Szczuczyn en Pologne.
  • 4 janvier 1912 : Naissance de Rachel Edelson à Szczuczyn en Pologne.
  • 7 février 1925 : Icko Cyminski quitter la Pologne pour venir s'installer en France, à Nancy. Il ouvre un petit commerce en cette ville où vivent des frères et une soeur de Rachel.
  • 5 octobre 1930 : Rachel Edelson rejoint Icko à Nancy.
  • Novembre 1932 : Icko et Rachel quittent la ville ducale pour venir s'installer dans les Ardennes. D'abord commerçant ambulant, Icko achète un fonds de commerce place de Caen, au 1, de la rue Dubois-Crancé. Il vend des vêtements de travail.
  • 16 septembre 1933 :   Mariage d'Icko et Rachel à Rethel.
  • 20 décembre 1933 : Naissance à Rethel d'Hélène, qui sera leur unique enfant.
  • De 1933 à 1938, Icko et Rachel réitèrent par trois fois leur demande de naturalisation, demande à chaque fois ajournée par l'administration.
  • Août 1940 : Après l'exode, Icko et Rachel rentrent à Rethel. Ils hébergent la famille Launois dont la maison a été détruite lors des combats de mai-juin 1940. Réouverture du magasin.
  • 1re ordonnance allemande sur les Juifs du 27 septembre 1940, qui impose la pose obligatoire de l'affichette « entreprise juive ». Par l'ordonnance du 18 octobre sur les « entreprises juives », le MBF (Militärbefehlshaber in Franckreich ; Commandement militaire en France) se donne le droit d'y nommer un administrateur provisoire.
  • Février 1941 : Icko Cyminski est dépossédé de son commerce et un commissaire-gérant est chargé de liquider l'affaire.
  • 29 mai 1942 : Ordonnance allemande sur le port de l'étoile jaune.
  • 16 juin 1942 : La famille Cyminski retire ses étoiles auprès du commissariat.
  • 16 et 17 juillet 1942 : Rafle du « Vel' d'Hiv » à Paris.
  • 9 octobre 1942 : Arrestation à leur domicile d'Icko et de Rachel Cyminski. Ils sont internés à la prison de Rethel. L'officier du SD qui a procédé à l'arrestation réquisitionne auprès de la préfecture une escorte de policiers français pour emmener les détenus au camp de Drancy. Hélène, gravement malade, est laissée à la garde de la famille Launois.
  • 13 octobre 1942 : Départ pour Drancy, depuis la gare de Rethel, à 7 heures 30 du matin. Un policier français escorte Icko et Rachel.
  • 4 novembre 1942 : Icko et Rachel Cyminski sont déportés vers Auschwitz par le convoi 40, composé de 1000 personnes dont 639 sont immédiatement gazées à l'arrivée.
  • Janvier 1944 : En cette première semaine de l'année, les Allemands procèdent aux dernières rafles des Juifs présents dans le département.
  • 4 janvier 1944 : Hélène Cyminski est enlevée à Rethel par des soldats allemands, en fin de journée. Emmenée à Charleville, elle est ensuite transférée par train au camp de Drancy avec d'autres Ardennais, dont les familles Levi et Scheuer de Vouziers.
  • 30 mai 1944 : Hélène est déportée à Auschwitz par le convoi 75. Elle y est gazée à son arrivée, le 2 juin.


             Eté 42 : Rachel, Icko et Roger Launois, devant le magasin, place de Caen.
Hélène est au premier plan. Photo : A. Launois (détail)