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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 07:05

Nous avons, Annette et moi, longuement évoqué l'action du jeune Briffaut dans notre livre Face à la Gestapo. Je lui avais ausi consacré un article quand, lors de la cérémonie de commémoration des massacres du Banel, il avait été décoré de la Légion d'honneur.

La presse régionale lui a rendu hommage dans une série d'articles que l'on peut lire ici.

20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:35
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  Pour regarder l’émission diffusée sur cette chaine de télévision, cliquer ici

 
 
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 17:07

Les commémorations au monument du maquis du Banel ont pris cette année une singulière dimension pour Annette Biazot et moi-même. Les lecteurs de ce blog savent que notre ouvrage, Face à la Gestapo, connaît un véritable succès. L'une des raisons en est que ce livre est le premier à étudier en profondeur et en détail l'organisation du maquis franco-belge du Banel et les causes de son échec face aux services allemands de police. La chaîne de télévision belge TV-Lux a accordé cette semaine quelques minutes de son journal aux cérémonies de cette année. Nous vous invitons à visionner ce reportage en cliquant ici.
Par ailleurs, une équipe de TV-Lux est venue à notre rencontre et a visité avec nous les hauts-lieux de cet épisode de la Résistance. Un documentaire de 26 minutes, axé sur la tragédie du Banel mais traitant aussi de l’ensemble de l’ouvrage, sera prochainement diffusé à la télévision. Il sera aussi disponible sur le site de TV-Lux.

 

Sans titre

23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 18:02

La cérémonie en hommage aux maquisards du Banel, qui a eu lieu ce 21 juin devant le monument commémoratif, a pris cette année un singulier relief avec deux moments d’une exceptionnelle intensité…

 

Le premier fut sans doute la reconnaissance publique dont fut l’objet un des derniers du maquis, et non l’un des moindres, Robert Briffault qui, à l’âge de 87 ans, a été décoré de la Légion d’honneur.

 


Robert Briffault est entré très tôt en résistance. À la fin de l’année 1941, âge de 19 ans, il est encore étudiant au collège Nassau de Sedan lorsqu’avec Robert Wesse il rassemble quelques camarades et crée un groupe gaulliste avec l’ambition de « faire quelque chose » contre l’occupant. Les jeunes s’emploient à confectionner et distribuer des tracts et la presse clandestine, rassembler des armes, saboter, avec des moyens de fortune, les installations allemandes et le matériel de la WOL. En mai 1942, Robert rencontre Adelin Husson à Williers, au café que tiennent ses parents. Adelin, qui est recherché par la Gestapo et qui est caché au château du Banel, s’intéresse au jeune homme et à ses activités et lui propose d’intégrer son organisation. Robert est dès lors chargé de mettre sur pied, à partir du groupe de Nassau, un service de renseignements. En avril 1943, il est arrêté par la police allemande qui suspecte son implication dans un incendie criminel. Faute de preuves, elle le relâche. Mais Robert se sait en sursis et, un mois plus tard, il entre en clandestinité et rejoint Adelin Husson, dit « Georges », au Banel : ainsi naît la Section française du Banel.
 

Robert ne vient pas seul mais amène avec lui ses camarades, tous, ou presque, réfractaires au STO. Le groupe ainsi constitué devient le corps franc du Banel (on se souvient que Robert avait enrôlé dans sa formation Henri Vin à la fin de l’année 1942. Lorsqu’il est appelé au STO, à l’été 1943, Vin rejoint Briffault au Banel et Adelin Husson nomme le nouveau venu à la tête de son service de renseignements. Mais ceci est une autre histoire…). Le maquis diversifie ses actions, multipliant les coups de main contre l’occupant, apportant aide aux prisonniers évadés et aux aviateurs alliés. Les camps qui leur servent de refuge changent au gré des nécessités de la sécurité, ou de celles du relatif confort, mais ne s’éloignent jamais ni du domaine du Banel où « Thomas » (nom de guerre de Robert Briffault) prend ses ordres, ni de Williers où le ravitaillement est plus aisé.

Lorsque le 18 juin 1944 les Allemands encerclent le maquis et entreprennent un ratissage en règle de son périmètre, Robert et son groupe en sont absents. Arrivés trop tard au rendez-vous fixé pour la réception des armes, ils ne peuvent qu’assister, impuissants, à la destruction du maquis et au massacre de leurs compagnons.

Le maquis disparu, le corps franc du Banel poursuit la lutte. Robert et ses camarades rejoignent les FFI ardennais et participent aux combats de la libération.

Robert Briffault est titulaire de la Médaille de la Résistance du Royaume de Belgique et de la Médaille commémorative belge de la Guerre 1940-1945, ainsi que de la Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945.

 

Autre moment fort lorsque le président du comité belge du Banel signala la présence parmi le public de la petite fille d’Adelin Husson, qui, pour la première fois, assistait à la cérémonie.

Mme Liliane Georges a été retrouvée au terme d’une longue recherche d’Annette Biazot, dans le cadre d’une étude que nous menons conjointement sur le maquis du Banel. Ignorante de la qualité de résistant de son grand-père, qui lui fut révélée il ya quelques mois par Annette, elle avait tenu à participer à cette manifestation afin d'honorer la mémoire de son aïeul.

                                                            Mme Georges, entre les frères Briffault, Robert (à droite) et Roland, lui aussi ancien du maquis