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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 17:02

 

    À Rethel, Le 12 octobre 1942, les autorités allemandes réquisitionnaient des policiers français afin de procéder au « transfèrement » de la famille Cyminsky, la seule famille de confession israélite de la ville. Le lendemain, le père et la mère, Icko et Rachel Cyminski, commerçants domiciliés rue Dubois-Crancé, prenaient le chemin de Drancy sous escorte policière. Leur fillette Hélène, âgée de 8 ans, malade, était laissée à la garde de la famille Launois, qui était hébergée chez Icko et Rachel Cyminski, leur maison ayant été détruite lors de la bataille de Rethel.
Icko et Rachel Cyminski furent déportés vers Auschwitz par le convoi 40 du 4 novembre 1942, convoi composé de 1000 personnes dont 639 furent immédiatement gazées à l'arrivée. Leurs patronymes figurent sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah.
Hélène Cyminski fut enlevée par les Allemands le 4 janvier 1944. Elle fut déportée à Auschwitz par le convoi 75 du 30 mai 1944, puis immédiatement gazée à son arrivée le 2 juin.
Un ensemble de documents provenant du Cabinet du préfet des Ardennes, et notamment une note manuscrite concernant l'arrestation de la famille Cyminski, conservés aux Archives départementales, permet de retracer la genèse de la déportation, et d'aborder la problématique de la responsabilité des autorités françaises, à une échelle locale, dans la Shoah. Par ailleurs, le témoignage de M. André Launois a été recueilli, ainsi qu'un ensemble de pièces d'origine familiale. La confrontation de ces deux sources documentaires permettent d' éclairer ces tragiques événements sous ses deux aspects : administratif et policier d'une part, familial et intimiste d'autre part.
Un article complet sur cet épisode devrait être prochainement publié dans la revue Terres ardennaises (P. Lecler, « La Shoah dans les Ardennes : le cas de la famille Cyminski à Rethel », à paraître).

 

 






























Deux photos d'Hélène Cyminski. La première réalisée près de son domicile, rue Dubois-Crancé,
la seconde Promenade des Isles. Toutes deux furent prises après l'arrestation de ses parents. (Photos A. Launois)

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