Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:42

Ci-dessous, la notice biographique de Marcel Guilloteaux, qui remplace celle déjà publiée et qui s'avérait erronée. Le nom de Marcel Guilloteaux est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Il vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus.

GUILLOTEAUX Marcel, né le 20 novembre 1922 à Nouzonville (Ardennes) ; tué par les Allemands à Oissery (Seine-et-Marne) le 26 août 1944.

Il semble que Marcel Guilloteaux ait appartenu au bataillon Hildevert du réseau du SOE SPIRITUALIST, dit aussi « Armand ». Le 26 août, au moment de la libération de Paris, le bataillon Hildevert fut rassemblé afin de réceptionner un important parachutage sur le terrain Saint-Pathus/Oissery. Mais de fortes troupes allemandes, équipées de blindés, attaquèrent le site de rassemblement et décimèrent le bataillon, laissant derrière elles plus de 105 morts.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nouzonville ainsi que sur le mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

Published by philippe lecler
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 12:00

Les éditions du CNRS publient les actes du colloque organisé au Mémorial de Caen au mois de novembre 2012 sur les polices allemandes dans l’Europe occupée, auquel j’avais été invité à participer afin d’exposer le résultat des recherches que j’avais menées sur la collaboration et les auxiliaires de la police allemande dans les Ardennes. On trouvera cette contribution dans l’ouvrage Gestapo et polices allemandes.

 

Des hommes en imperméables de cuir surgissant d’une cylindrée noire, le supplice de la « baignoire » et autres tortures, la déportation des résistants et de la population juive, les exécutions sommaires de l’année 1944 : la Gestapo. Au-delà de ces images, qui étaient ces hommes qu’on imagine assistés dans leurs basses besognes par des collaborateurs français tel le Lucien Lacombe de Louis Malle ?

L’ambition de cet ouvrage qui s’appuie sur les recherches d’une jeune génération d’historiens internationaux est d’offrir pour la première fois en France une synthèse sur cet acteur central de la répression et de la Collaboration. Les auteurs questionnent aussi bien le recrutement que le mode de fonctionnement de la police allemande, le rôle de ses auxiliaires nationaux ou encore l’activité des tribunaux militaires d’après-guerre et la stratégie de défense des inculpés jusqu’au procès Eichmann en 1961. S’inscrivant dans une perspective résolument transnationale, ils replacent le cas français dans un cadre européen et s’interrogent sur les points communs comme les divergences d’un espace à l’autre d’une administration qui marqua durablement l’Europe à l’heure allemande.

(Présentation de l’éditeur)

Published by philippe lecler - dans Bibliographie
commenter cet article
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:13

Ci-dessous, la notice biographique de Maurice Harinte, qui remplace celle déjà publiée et qui s'avèrait érronée. Le nom de Maurice Harinte est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Il vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus grâce à qui ces nouvelles informations me sont parvenues.

HARINTE Maurice, Jules, Alberic, né le 22 juin 1920 à Tournes (Ardennes) ; sous-lieutenant des FFI, disparu en déportation.

Fils de Léon Harinte, garde champêtre, et de Jeanne Mélanie Daniel, sans profession, Maurice Harinte fut adopté pupille de la Nation. Il était représentant et était domicilié avant la guerre à Château-Regnault (Ardennes). Ancien membre des maquis du sud-ouest, Maurice Harinte avait rejoint la région Nord au début de l’année 1944, après que les deux derniers maquis auxquels il avait appartenu avaient été décimés par les forces du maintien de l’ordre.

Affecté en février 1944 comme adjoint au chef de l’OCM de l’arrondissement de Soissons (Aisne), il fut ensuite nommé officier de liaison et instructeur saboteur dans l’Aisne. À ce titre, il participa à de nombreuses opérations de sabotage des installations allemandes.

Le sous-lieutenant des FFI Maurice Harinte fut rattaché à partir de mai 1944 à l’état-major FFI du nord de la France. Il continua à assurer les liaisons avec les centres de Saint-Quentin (Aisne), Laon (Aisne), Vervins (Aisne), et ce dans des conditions très difficiles du fait des contrôles fréquents sur les routes. Il fut par appréhendé à deux reprises par la police allemande, à Hirson (Aisne) et à Vaux-Andigny (Aisne), mais son calme et son sang-froid lui permirent à chaque fois de s’en sortir sans encombre. Il fut arrêté par la police allemande lors d’un contrôle routier le 23 août 1944 à la sortie du village de Neuvilly (Nord), alors qu’il effectuait une mission avec le capitaine FFI François Bernard.

Incarcéré à la prison de Cambrai, puis à celle de Valenciennes (Nord), son nom figure sur la liste des déportés du « Train de Loos » parti le 1er septembre depuis la gare de Tourcoing (Nord) en direction de l’Allemagne. Il disparaît dès cet instant. Son corps ne fut jamais retrouvé.

Sources : DAVCC, Caen, dossier communiqué par D. Lenglet.

Published by philippe lecler
commenter cet article
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:51

On lira ci-dessous la notice biographique d'André Ballot, enfant de Mohon, décédé en 1941 et dont le nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Son nom vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus.

 

BALLOT André, Louis, Charles, Georges, né le 22 février 1924 à Mohon (Ardennes), est fils d’Auguste Ballot, ajusteur aux Forges et Ateliers de la Vence à Mohon, et de Marie-Thérèse Héloïse Pigeon, son épouse, sans profession.

Lors de l’invasion de la France par les armées allemandes en mai 1940, la population ardennaise est évacuée vers des lieux de repli. Les ouvriers des Forges et Ateliers de la Vence sont dirigés, par les soins de l’usine, à Ambierle, département de la Loire. Auguste Ballot, sa femme et son fils âgé de 17 ans  sont du nombre. Sur la route, le 19 juin 1940, entre Saint-Germain l’Espinasse et Roanne, André Ballot incendie un tank allemand probablement abandonné par ses occupants. Plus loin, il participe avec son père et d’autres réfugiés, à décharger un camion rempli d’armes  que des gendarmes repliés de l’Est de la France tentent de cacher dans la cave de l’école des filles de Saint-Germain, dans l’espoir, vain, qu’elles ne seront pas récupérées par les Allemands. Enfin, les deux hommes récupèrent des soldats français qu’ils vont diriger sur Renaison afin de les aider à passer la ligne de démarcation et leur éviter la captivité.

Auguste et André Ballot sont arrêtés par la police allemande le 1er juillet 1940, et sont internés à la prison de Moulins (Allier). Ils vont y rester presque 10 mois, malgré les interventions diverses en leur faveur, notamment celles des dirigeants des Forges et Ateliers de la Vence, depuis leur siège parisien. Les Allemands opposent à ces demandes la gravité des faits retenus contre les deux hommes : on les accuse de trafic d’armes. Leur participation au déchargement du camion de la gendarmerie et à la dissimulation de sa cargaison ont sans doute été dénoncées.

Faute de preuves, les Allemands les libèrent finalement le 17 avril 1941. C’est à ce moment qu’André tombe malade. Le médecin qui le soigne va déceler une "pneumonie bilatérale". Selon son témoignage, ce sont les conditions de son internement qui sont responsables de sa mort : les privations et les sévices qu’il a endurés pendant son internement sont causes de son affaiblissement et ont contribué à l’aggravation et à la généralisation de la pneumonie qui a entraîné son décès qui survient le 31 mai 1941 à Ambierle.

L’inscription à titre civil de la mention « Mort pour la France » est portée sur l’acte de décès d’André Ballot. Son nom figure sur la pierre du mémorial de la Résistance de Berthaucourt (Charleville-Mézières).

 

Source : DAVCC, Caen

Published by philippe lecler
commenter cet article