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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:51

On lira ci-dessous la notice biographique d'André Ballot, enfant de Mohon, décédé en 1941 et dont le nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Mézières. Son nom vient s'ajouter à liste des victimes de l'occupation nazie en France recensées dans le Maîtron des fusillés, exécutés, abattus.

 

BALLOT André, Louis, Charles, Georges, né le 22 février 1924 à Mohon (Ardennes), est fils d’Auguste Ballot, ajusteur aux Forges et Ateliers de la Vence à Mohon, et de Marie-Thérèse Héloïse Pigeon, son épouse, sans profession.

Lors de l’invasion de la France par les armées allemandes en mai 1940, la population ardennaise est évacuée vers des lieux de repli. Les ouvriers des Forges et Ateliers de la Vence sont dirigés, par les soins de l’usine, à Ambierle, département de la Loire. Auguste Ballot, sa femme et son fils âgé de 17 ans  sont du nombre. Sur la route, le 19 juin 1940, entre Saint-Germain l’Espinasse et Roanne, André Ballot incendie un tank allemand probablement abandonné par ses occupants. Plus loin, il participe avec son père et d’autres réfugiés, à décharger un camion rempli d’armes  que des gendarmes repliés de l’Est de la France tentent de cacher dans la cave de l’école des filles de Saint-Germain, dans l’espoir, vain, qu’elles ne seront pas récupérées par les Allemands. Enfin, les deux hommes récupèrent des soldats français qu’ils vont diriger sur Renaison afin de les aider à passer la ligne de démarcation et leur éviter la captivité.

Auguste et André Ballot sont arrêtés par la police allemande le 1er juillet 1940, et sont internés à la prison de Moulins (Allier). Ils vont y rester presque 10 mois, malgré les interventions diverses en leur faveur, notamment celles des dirigeants des Forges et Ateliers de la Vence, depuis leur siège parisien. Les Allemands opposent à ces demandes la gravité des faits retenus contre les deux hommes : on les accuse de trafic d’armes. Leur participation au déchargement du camion de la gendarmerie et à la dissimulation de sa cargaison ont sans doute été dénoncées.

Faute de preuves, les Allemands les libèrent finalement le 17 avril 1941. C’est à ce moment qu’André tombe malade. Le médecin qui le soigne va déceler une "pneumonie bilatérale". Selon son témoignage, ce sont les conditions de son internement qui sont responsables de sa mort : les privations et les sévices qu’il a endurés pendant son internement sont causes de son affaiblissement et ont contribué à l’aggravation et à la généralisation de la pneumonie qui a entraîné son décès qui survient le 31 mai 1941 à Ambierle.

L’inscription à titre civil de la mention « Mort pour la France » est portée sur l’acte de décès d’André Ballot. Son nom figure sur la pierre du mémorial de la Résistance de Berthaucourt (Charleville-Mézières).

 

Source : DAVCC, Caen

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:57

Dans le cadre de l'exposition consacrée à la femme au quotidien et à la vie du soldat pendant l'occupation allemande de 1914 à 1918 à Rethel dans le pays rethélois, qui se tiendra du 24 septembre au 14 octobre dans les salons de l'hôtel de ville de Rethel, je tiendrai conférence sur l'épisode de l'affaire du Radois le vendredi 30 septembre à 18 h, salle Arletty.

Notons que Jean-Luc Guillaume interviendra dans le même lieu à la même heure le vendredi 14 octobre et que Jacques Lambert donnera le 7 octobre "La femme dans les Ardennes".

Renseignements et réservations au 03 24 39 51 46

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:13

Tous les jours, de nouvelles informations permettent de compléter la liste des résistants inscrits sur les murs du mémorial de Berthaucourt. Les fiches ci-dessous ont fait l’objet d’une révision et, avec de nombreuses autres, vont aller compléter la base de données nationale des personnes fusillées, exécutées et abattues pendant l’Occupation, que vous pouvez consulter sur le site du Maîtron et qui ont pour certaines déjà fait l’objet d’une publication que vous connaissez sans doute.

 

CARVILLE Roland, Lucien, né le 9 juillet 1921 à Bazeilles (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; résistant des FFI, exécuté par les Allemands.

Roland Carville, membre des FFI de Sedan (Ardennes), fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Georges Vaucher par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. Roland Carville fut exécuté sommairement après avoir tenté de s’enfuir. Son corps, enterré superficiellement au pied d’une haie fut retrouvé le 9 septembre 1944 par ses camarades FFI de Bazeilles.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

VAUCHER Georges, Emile, Honoré, né le 8 avril 1908 à Bazeilles (Ardennes); ouvrier mécanicien ; Sergent des FFI du secteur de Sedan (Ardennes), exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Georges Vaucher fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Roland Carville par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. La fouille permit aux Allemands de le découvrir porteur d’un brassard des FFI. Après avoir été interrogé, il fut exécuté sommairement au lieu-dit La Rapaille, à Bazeilles, le jour même. En même temps que lui, fut exécuté Pierre Massin, que les Allemands avaient arrêté au même endroit mais qui n’appartenait pas à la Résistance.

Georges Vaucher et Roland Carville sont morts en mission. Ils devaient ce jour-là rencontrer un envoyé du maquis Prisme, dit "maquis des Ardennes", afin de rejoindre cette formation en vue des combats pour la libération.

Georges Vaucher fit l’objet d’une citation à l’ordre de la brigade par le général de division Préaud, à la date du 8 octobre 1945, comportant attribution de la croix de guerre 1939-1945 :

« Entré dans la Résistance en février 1943, sous-officier, chef de groupe très energique, a été pris par les Allemands alors qu’il accomplissait une mission de liaison. A été affreusement torturé avant d’être tué le 4 septembre 1944. N’a jamais parlé, ni donné aucun renseignement sur le PC de son chef de secteur auquel il était attaché. » (Dossier Vaucher, SHD Vincennes)

Le nom de Georges Vaucher est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

MASSIN Pierre, Gustave, né le 4 mars 1919 à Balan (Ardennes) ; charpentier ; exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Pierre Massin fut arrêté par les Allemands à la Moncelle (Ardennes), alors qu’il circulait devant le bâtiment où était enfermé le résistant FFI Georges Vaucher qui venait d’être arrêté. Il fut exécuté en même temps que ce dernier, alors que rien ne pouvait lui être reproché, sinon d’être passé au mauvais endroit au mauvais moment…

Le nom de Pierre Massin est inscrit sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan, « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 ». Son nom n'est pas inscrit sur le mur du mémorial de Berthaucourt.

 

Published by philippe lecler - dans lieux de mémoire
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:29

La dernière Revue Historique Ardennaise, de la Société d'Histoire des Ardennes, vient de sortir. En couverture, un cliché pris au dépôt SNCF de Lumes le 18 mars 1941, sur lequel pose le cheminot Pol Renard. Cette photo exceptionnelle illustre l'article que je consacre au personnage ("Un héros de Résistance -Fer : Pol Renard"). Résistant de la première heure, membre de l'OCM des Ardennes, Pol Renard fut arrêté le 18 janvier 1944 par la police allemande après les attentats commis au dépôt SNCF de Lumes et aux ateliers de Nouvion et de Mohon. Déporté en Allemagne, Pol Renard est décédé au camp de concentration de Dora avant la fin de la guerre. Son nom est inscrit sur les murs du mémorial de Berthaucourt.

Parmi les autres articles publiés dans cette livraison de la RHA, je signale plus particulièrement à votre attention celui de la nouvelle présidente de la Société, Anne François. Elle nous livre ici un résumé de ses recherches consacrées aux Polonais déportés dans les Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce sujet très mal connu a trouvé ici son historiographe.

A noter aussi la notice biographique que Didier Bigorgne accorde à l'historienne (et ancienne résistante ardennaise) Rolande Trempé, décédée le 12 avril dernier.

 

La revue est en vente dans toutes les bonnes librairies, ou aux Archives départementales à Charleville.

Published by philippe lecler
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