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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 18:15

Suite à la publication d'une de ses célèbres "Beuquette" dans L'Ardennais du 12 juin, j'avais envoyé un courrier à Yanny Hureaux afin d'exprimer une certaine indignation et de rétablir certains faits. Ce droit de réponse m'a été gracieusement octroyé. On trouvera le texte de la Beuquette ci-dessous.

« Le 1er juin 2004, le journal « Le Monde » commémorait le soixantième anniversaire de la tragédie du maquis des Manises en lui consacrant deux pleines pages. Gérard Davet y rapporte les propos que lui tint Robert Charton, alors âgé de 84 ans. Chef de la Résistance dans le secteur revinois, Charton prit contact en mai 1944 avec le prestigieux officier de Bollardière, alias Prisme, qui sur ordre de Londres venait d'installer un maquis dans les bois des Manises, au-dessus de Revin. Dès le 7 juin, à l'annonce du Débarquement en Normandie, nombreux furent les Ardennais à y « monter ». Inexpérimentés, peu prudents, ils seront bientôt encerclés par une divison SS qui en torturera 106, avant de les massacrer. Accusé d'être à l'origine de la levée en masse de maquisards notamment revinois, Robert Charton sera jugé à Nancy, en octobre 1945. Après une audience tumultueuse, il sera finalement lavé de tout soupçon. En 2004, l'ex-accusé acquitté se fait accusateur en déclarant au journaliste du « Monde » que le Compagnon de la Libération Jacques Paris de Bollardière est le responsable de la levée en masse. « Plus il avait d'hommes, affirme-t-il, plus il aurait de galons par la suite. »

Scandalisés, les Résistants ardennais auxquels se joignent notamment Mme de Bollardière et l'Association de Soutien à l'Armée Française se mobilisent. N'ayant pu obtenir que « Le Monde » publie un droit de réponse, ils éditeront un fascicule dans lequel ils expriment ce qu'ils pensent de Robert Charton et de l'attitude à leur égard du grand journal parisien. Yauque, nem ! »


 

beuquette

 

L'affaire n'en reste pas là... Dans « La Beuquette » du 30 juin : « La douleur des hommes »


 

« Hier, à la dernière page de notre journal, dans l’arpent désormais réservé le dimanche au courrier des lecteurs de la Beuquette, l’historien Philippe Leclerc (sic) a réagi vivement à mon évocation, le 12 juin dernier, du « Petit livre bleu » que des patriotes ardennais éditèrent il y a dix ans, suite à un article paru le 1er  juin 2004, dans le journal Le Monde. Robert Charton y accusait Jacques Pâris de Bollardière, chef du maquis des Manises, d’avoir, « pour obtenir des galons », provoqué la levée en masse de jeunes hommes inexpérimentés et dont cent six d’entre eux furent massacrés par les SS. Comment Philippe Leclerc (re-sic) a-t-il pu imaginer que j’ai voulu m’en prendre à Robert Charton ? Né à Arreux en 1920, valeureux combattant en 1940, il devint en 1943, le très efficace chef de secteur de la résistance à Revin. Tenu responsable d’avoir appelé les Revinois à « monter » au maquis, il faillit être lynché par la foule lors de la libération de la ville. Emprisonné, jugé en 1945 au fameux procès de Nancy, il y sera acquitté.

À mes yeux, l’affaire du « Petit livre bleu » tient à la douleur des hommes. Celle de Robert Charton qui ne se consola jamais d’avoir été injustement traité et qui, à la fin de sa vie, a cru bon de se venger. Celle des résistants ardennais qui, à l’exemple de Georgette Fontaine, André Patureaux et Maurice Brasseur, furent scandalisés qu’en 2004, soixante ans après la tragédie, un des leurs ose souiller la mémoire de leur chef vénéré, le général de Bollardière, Compagnon de la Libération.

Yauque, nem ! »

 

Douleur contre douleur, celle d'un obscur soutier de l'armée des ombres vaut bien celle d'un compagnon de la Libération...

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 07:42

À la suite de la publication dans le journal L’Union de l’article L’hommage aux déportés passe aussi par la reconnaissance de leur mort, l’AFMD communique :

L'acte de décès est le document officiel, établi par la mairie du lieu de décès, attestant de l'identité d'une personne décédée. (En complément, cf. art. 79 et 91 du Code Civil).
C'est précisément la raison pour laquelle les nazis avaient établi pour des déportés la catégorie NN, Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard »), ou encore  Nomen Nescio (« Nul ne sait le nom »). Le but était de les faire disparaître à tout jamais, d'effacer toute trace, d'exterminer tout souvenir, toute mémoire de la personne et donc de son nom.
Pour cette raison, le premier stade de la déshumanisation était la perte du nom, remplacé par un numéro, sauf pour ceux qui étaient gazés dès leur arrivée. Nikolaï Subarev, déporté soviétique à Sachsenhausen, déclarait en 1945 : "Je ne suis pas en mesure de décrire toute l'horreur subie dans les camps; je me contenterai de dire qu'on y perdait son nom pour n'être plus qu'un numéro." Pour finir les corps anonymes étaient empilés comme des bûches, les cendres étaient jetées au sol, comme des rejets de la grande industrie des camps, sans sépulture, sans rite, et surtout sans homélie, prière ou paroles d'adieu. N'oublions jamais qu'aux origines, ce qui a distingué l'Homme de l'animal c'est le fait qu'il enterre ses morts.

On mesure donc l'importance de l'enjeu du travail de mise à jour de l'état-civil qui reste à effectuer.

 

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Published by philippe lecler
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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 12:03

Dimanche 27 avril, à l'occasion de la journée des Déportés à Rethel, le journal L'Union / L'Ardennais est revenu sur la déportation de la famille Cyminski avec notamment un rappel succinct des faits par un des principaux témoins des faits d’alors, M. André Launois.

 

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Cette excellente initiative, par sa dimension historique, sa vocation pédagogique, sa portée civique et mémorielle, fut quelque peu ternie par le rebondissement de la polémique stérile engagée entre la mairie de Rethel et le groupe d’opposition qui a décidé de faire débaptiser le groupe scolaire Mazarin pour lui donner le nom d’Hélène Cyminski.

Comble du mauvais goût, le journal s’engouffre dans la brèche pour organiser sur la toile un sondage sur la question : « Faut-il donner le nom d’Hélène Cyminski à son école ? » On peut se demander si le sujet se prête vraiment à ce genre d’enquête ? Ce me semble assez indécent, quel que puisse en être le résultat...

 

Dernière minute : lundi 28 mars, lors de la réunion du conseil municipal, le maire de Rethel a avancé l'idée de renommer la place de Caen "Place Hélène Cyminski". C'est une excellente idée...

C. Dollard-Leplomb, présidente de l'AFMD 08 écrit :

  "Je trouve que cette place fait le lien entre la maison et l'école, et comme elle est un lieu ouvert, public, central, très fréquenté, Hélène est replacée au coeur de la cité comme citoyenne et pas seulement comme écolière.Son nom interpellera tout le monde, pas seulement les gens concernés par l'école - lieu fermé - comme si certains étaient plus concernés que d'autres par le travail de mémoire. La mémoire n'appartient à personne et nous en sommes tous responsables. On peut rebaptiser une rue, un édifice ou une place "de Caen" en ces temps de centenaire."

On pourrait aussi songer à dénommer Hélène Cyminski la future médiathèque de Rethel.

 

Published by philippe lecler - dans Actualité
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 18:03

 

Édition du 70e anniversaire du débarquement

 

Le 12 avril 1944, trois hommes sont parachutés de Londres près de Mourmelon-le-Grand. Ils sont les éléments précurseurs de la mission interalliée « Citronelle », dont l’objectif est de coordonner les actions de la Résistance ardennaise avec les plans de l’État-major suprême des Forces expéditionnaires alliées en prévision du débarquement sur les côtes de France.

  Une fois transportés dans les Ardennes, les officiers de Citronelle fondent un maquis, qui prend le nom de son chef : ce sera le maquis Prisme, connu aussi sous le nom de maquis des Ardennes, ou maquis des Manises.

Installé sur les hauteurs de Revin, près du ruisseau des Manises, le maquis est encerclé puis attaqué par des troupes allemandes le 12 juin. 106 hommes trouvent la mort dans cet engagement. Mais le maquis se reconstitue, subissant les assauts de l’ennemi lors des combats des 2 et 24 août.

 En septembre, alors que la libération se fête dans la joie, le poids des victimes du maquis des Manises est trop lourd. On réclame justice pour les martyrs : l’affaire des Manises passionne l’opinion publique. Après plus d’une année d’instruction judiciaire, le 16 octobre 1945, s’ouvre devant la cour de justice de Nancy l’un des plus longs procès de l’épuration concernant les affaires ardennaises…

 

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Le maquis des Manises (Ardennes, 1944-1945), suivi de la nouvelle édition, revue et corrigée de L'affaire des Manises

 

 

Fruit de dix années de recherches, cet ouvrage, riche de plus de 60 photos et documents, se présente comme une somme des connaissances concernant le maquis des Manises et couvre toute la chronologie de son activité, de son installation au procès de Nancy.

Dans une première partie totalement inédite et rédigée à partir des archives de la mission « Citronelle » conservées à Londres, Il dégage une conception totalement nouvelle de ce que fut cette unité combattante.

Dans une seconde partie, la nouvelle édition de « L’affaire des Manises », ouvrage qui connut en son temps un immense succès de librairie, propose au lecteur une analyse rigoureuse des événements qui permet de comprendre le drame qui s’est joué sur les hauteurs de Revin, au plus profond de la forêt ardennaise, en ce mois de juin 1944.

 

  • Broché: 268 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
  • ISBN-10: 1493738755
  • ISBN-13: 978-1493738755
  • Dimensions : 27,9 x 21,6 x 1,5 cm

 

Commander le livre sur Amazon.fr

 

Pour accompagner cette publication :


Samedi 21 juin, de 13 h 30 à 18 h, sortie à Revin, avec la SHA : "Maquis des Manises, histoire et mémoire de la Résistance dans les Ardennes" (voir ci-contre dans la rubrique "Rendez-vous")

 

Conférence aux Archives départementales au mois d'octobre prochain.

 

 

Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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