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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 12:03

Dimanche 27 avril, à l'occasion de la journée des Déportés à Rethel, le journal L'Union / L'Ardennais est revenu sur la déportation de la famille Cyminski avec notamment un rappel succinct des faits par un des principaux témoins des faits d’alors, M. André Launois.

 

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Cette excellente initiative, par sa dimension historique, sa vocation pédagogique, sa portée civique et mémorielle, fut quelque peu ternie par le rebondissement de la polémique stérile engagée entre la mairie de Rethel et le groupe d’opposition qui a décidé de faire débaptiser le groupe scolaire Mazarin pour lui donner le nom d’Hélène Cyminski.

Comble du mauvais goût, le journal s’engouffre dans la brèche pour organiser sur la toile un sondage sur la question : « Faut-il donner le nom d’Hélène Cyminski à son école ? » On peut se demander si le sujet se prête vraiment à ce genre d’enquête ? Ce me semble assez indécent, quel que puisse en être le résultat...

 

Dernière minute : lundi 28 mars, lors de la réunion du conseil municipal, le maire de Rethel a avancé l'idée de renommer la place de Caen "Place Hélène Cyminski". C'est une excellente idée...

C. Dollard-Leplomb, présidente de l'AFMD 08 écrit :

  "Je trouve que cette place fait le lien entre la maison et l'école, et comme elle est un lieu ouvert, public, central, très fréquenté, Hélène est replacée au coeur de la cité comme citoyenne et pas seulement comme écolière.Son nom interpellera tout le monde, pas seulement les gens concernés par l'école - lieu fermé - comme si certains étaient plus concernés que d'autres par le travail de mémoire. La mémoire n'appartient à personne et nous en sommes tous responsables. On peut rebaptiser une rue, un édifice ou une place "de Caen" en ces temps de centenaire."

On pourrait aussi songer à dénommer Hélène Cyminski la future médiathèque de Rethel.

 

Published by philippe lecler - dans Actualité
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 18:03

 

Édition du 70e anniversaire du débarquement

 

Le 12 avril 1944, trois hommes sont parachutés de Londres près de Mourmelon-le-Grand. Ils sont les éléments précurseurs de la mission interalliée « Citronelle », dont l’objectif est de coordonner les actions de la Résistance ardennaise avec les plans de l’État-major suprême des Forces expéditionnaires alliées en prévision du débarquement sur les côtes de France.

  Une fois transportés dans les Ardennes, les officiers de Citronelle fondent un maquis, qui prend le nom de son chef : ce sera le maquis Prisme, connu aussi sous le nom de maquis des Ardennes, ou maquis des Manises.

Installé sur les hauteurs de Revin, près du ruisseau des Manises, le maquis est encerclé puis attaqué par des troupes allemandes le 12 juin. 106 hommes trouvent la mort dans cet engagement. Mais le maquis se reconstitue, subissant les assauts de l’ennemi lors des combats des 2 et 24 août.

 En septembre, alors que la libération se fête dans la joie, le poids des victimes du maquis des Manises est trop lourd. On réclame justice pour les martyrs : l’affaire des Manises passionne l’opinion publique. Après plus d’une année d’instruction judiciaire, le 16 octobre 1945, s’ouvre devant la cour de justice de Nancy l’un des plus longs procès de l’épuration concernant les affaires ardennaises…

 

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Le maquis des Manises (Ardennes, 1944-1945), suivi de la nouvelle édition, revue et corrigée de L'affaire des Manises

 

 

Fruit de dix années de recherches, cet ouvrage, riche de plus de 60 photos et documents, se présente comme une somme des connaissances concernant le maquis des Manises et couvre toute la chronologie de son activité, de son installation au procès de Nancy.

Dans une première partie totalement inédite et rédigée à partir des archives de la mission « Citronelle » conservées à Londres, Il dégage une conception totalement nouvelle de ce que fut cette unité combattante.

Dans une seconde partie, la nouvelle édition de « L’affaire des Manises », ouvrage qui connut en son temps un immense succès de librairie, propose au lecteur une analyse rigoureuse des événements qui permet de comprendre le drame qui s’est joué sur les hauteurs de Revin, au plus profond de la forêt ardennaise, en ce mois de juin 1944.

 

  • Broché: 268 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
  • ISBN-10: 1493738755
  • ISBN-13: 978-1493738755
  • Dimensions : 27,9 x 21,6 x 1,5 cm

 

Commander le livre sur Amazon.fr

 

Pour accompagner cette publication :


Samedi 21 juin, de 13 h 30 à 18 h, sortie à Revin, avec la SHA : "Maquis des Manises, histoire et mémoire de la Résistance dans les Ardennes" (voir ci-contre dans la rubrique "Rendez-vous")

 

Conférence aux Archives départementales au mois d'octobre prochain.

 

 

Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 06:33

 Il n’était ni jeune, ni ouvrier, ni paysan ; il ne prit pas le maquis, ne mania pas la Sten, ne sabota pas les voies ferrées. C’était un bourgeois déjà âgé quand les Allemands l’arrêtèrent. Mais il était tellement important pour eux qu’ils le trainèrent de bureau en prison, de cellule en cachot, jusqu’au quartier des condamnés à mort. Malgré les injures, les coups, les sévices, jamais ils ne parvinrent à le briser. Il est mort les lèvres closes, quelques semaines avant la libération du département, quelques mois avant celle de la France.

George Poirier est un de ces héros de la Résistance qui répond aux exigences de la mémoire car tout son parcours est exemplaire, sans tache ni reproche. Mais de cette figure emblématique de martyr de la liberté, que sait-on finalement ? Rien, ou peu de choses.  

La publication de ce George Poirier comblera donc cette lacune dans l’histoire de la Résistance des Ardennes. Publié grâce à l’édition en ligne, ce modeste livre (il s'agit bien d'un livre sous format papier, et non un livre numérique) n’est distribué, à l’exception de quelques librairies, que sur commande sur le site d’Amazon.

En voici l’adresse (ou cliquez sur la couverture...).

 

·  Broché: 60 pages

·  Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform

·  Dimensions du produit: 23,5 x 19 x 0,4 cm

 


 

BookCoverPreview.1

 

 

La critique de Philippe Mellet, dans l'Union/L'Ardennais du 11 novembre 2013

 

"Spécialiste de l’histoire de la résistance dans les Ardennes, Philippe Lecler dresse le portrait d’un des acteurs majeurs de celle-ci, demeuré cependant méconnu du grand public. Né en 1883 à Mézières, industriel, George Poirier fut un en pointe dans les questions de logistique et de transmission, et à compter de 1943 surtout, son rôle fut essentiel dans l’organisation des maquis et des liens qu’il fallait tisser entre eux.
Arrêté en novembre 1943, longtemps détenu dans des conditions effroyables, George Poirier ne parla pas. Le zèle même dont firent preuve les Allemands à tenter de percer les secrets qu’il détenait prouve en soi le rôle éminent qui fut le sien, ainsi que le suggère justement Philippe Lecler. George Poirier meurt d’épuisement à la prison de Charleville le 4 juin 1944. Ce petit livre documenté est un légitime hommage, une pierre apportée avec pertinence au
devoir de mémoire ardennais".


Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 07:05

Cette nouvelle publication restitue les mémoires d'un ancien agent secret du BCRA, les services gaullistes de renseignements et d'action de Londres.

 

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Bob Dupuis a 19 ans en 1940. Engagé dans la marine, il est fait prisonnier près de Brest, s’évade et parvient à rentrer à Lyon, d’où il est originaire. Il rejoint son unité à Toulon, mais pour peu de temps et il assiste, la rage au ventre, au sabordage de la Flotte française. Libéré de toute obligation militaire, il est enrôlé au début de 1943 dans la Résistance par un des adjoints de Jean Moulin à Lyon. Spécialisé saboteur, il participe à de nombreuses opérations. Mais à la fin de l’année son réseau est démantelé, Bob passe en Espagne et rejoint Londres. Intégré au BCRA, il est choisi pour mener en France occupée une nouvelle mission : armer les formations de la Résistance et constituer des centaines aguerries en prévision du débarquement. C’est ainsi que Bob est déposé par opération de Lysander près de Châteauroux dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1944. Après avoir pris ses contacts à Paris, il arrive avec son opérateur radio dans les Ardennes au moment du débarquement. Bob contribue ainsi à l'armement et à l'organisation des FFI et il participe en septembre 1944 à la libération de Charleville aux côtés de troupes américaines.


carte didentite 1Fausse carte d'identité fabriquée à Londres


Robert Dupuis a longtemps été un clandestin, pendant mais aussi après la guerre. Il a vécu plusieurs vies, successivement et simultanément : Bob fut son nom de guerre, familier à ses interlocuteurs des Ardennes en 1944 (c’était « le lieutenant Bob »), il lui est resté ; Bernard Lièvre fut une de ses fausses identités, tout comme Bernard Gendre, qui fut sa « légende » comme on dit dans les services secrets, Gendre que les Anglais adaptèrent en John Drew (« Gen-dre ») ; Arthur 9 fut son pseudo dans le réseau Action du BCRA en 1943, quand il officiait comme saboteur ; Pharaon, son nom de code lors de l’opération ORGANIST ; Constant, sa signature radio ; Rémy, le pseudo qu’il utilisait couramment lors de ses déplacements et de ses rencontres avec les résistants ardennais…

Plus qu’un livre de souvenirs, cet ouvrage est surtout un livre d’histoire dédié aux Français libres.


Pour l’instant, on ne peut que le commander par internet, en cliquant ici…

Published by philippe lecler
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