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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:57

Dans le cadre de l'exposition consacrée à la femme au quotidien et à la vie du soldat pendant l'occupation allemande de 1914 à 1918 à Rethel dans le pays rethélois, qui se tiendra du 24 septembre au 14 octobre dans les salons de l'hôtel de ville de Rethel, je tiendrai conférence sur l'épisode de l'affaire du Radois le vendredi 30 septembre à 18 h, salle Arletty.

Notons que Jean-Luc Guillaume interviendra dans le même lieu à la même heure le vendredi 14 octobre et que Jacques Lambert donnera le 7 octobre "La femme dans les Ardennes".

Renseignements et réservations au 03 24 39 51 46

Published by philippe lecler
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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:13

Tous les jours, de nouvelles informations permettent de compléter la liste des résistants inscrits sur les murs du mémorial de Berthaucourt. Les fiches ci-dessous ont fait l’objet d’une révision et, avec de nombreuses autres, vont aller compléter la base de données nationale des personnes fusillées, exécutées et abattues pendant l’Occupation, que vous pouvez consulter sur le site du Maîtron et qui ont pour certaines déjà fait l’objet d’une publication que vous connaissez sans doute.

 

CARVILLE Roland, Lucien, né le 9 juillet 1921 à Bazeilles (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; résistant des FFI, exécuté par les Allemands.

Roland Carville, membre des FFI de Sedan (Ardennes), fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Georges Vaucher par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. Roland Carville fut exécuté sommairement après avoir tenté de s’enfuir. Son corps, enterré superficiellement au pied d’une haie fut retrouvé le 9 septembre 1944 par ses camarades FFI de Bazeilles.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

VAUCHER Georges, Emile, Honoré, né le 8 avril 1908 à Bazeilles (Ardennes); ouvrier mécanicien ; Sergent des FFI du secteur de Sedan (Ardennes), exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Georges Vaucher fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Roland Carville par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. La fouille permit aux Allemands de le découvrir porteur d’un brassard des FFI. Après avoir été interrogé, il fut exécuté sommairement au lieu-dit La Rapaille, à Bazeilles, le jour même. En même temps que lui, fut exécuté Pierre Massin, que les Allemands avaient arrêté au même endroit mais qui n’appartenait pas à la Résistance.

Georges Vaucher et Roland Carville sont morts en mission. Ils devaient ce jour-là rencontrer un envoyé du maquis Prisme, dit "maquis des Ardennes", afin de rejoindre cette formation en vue des combats pour la libération.

Georges Vaucher fit l’objet d’une citation à l’ordre de la brigade par le général de division Préaud, à la date du 8 octobre 1945, comportant attribution de la croix de guerre 1939-1945 :

« Entré dans la Résistance en février 1943, sous-officier, chef de groupe très energique, a été pris par les Allemands alors qu’il accomplissait une mission de liaison. A été affreusement torturé avant d’être tué le 4 septembre 1944. N’a jamais parlé, ni donné aucun renseignement sur le PC de son chef de secteur auquel il était attaché. » (Dossier Vaucher, SHD Vincennes)

Le nom de Georges Vaucher est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 », ainsi que sur le mur du mémorial de la Résistance de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).

 

MASSIN Pierre, Gustave, né le 4 mars 1919 à Balan (Ardennes) ; charpentier ; exécuté par les Allemands le 4 septembre 1944.

Pierre Massin fut arrêté par les Allemands à la Moncelle (Ardennes), alors qu’il circulait devant le bâtiment où était enfermé le résistant FFI Georges Vaucher qui venait d’être arrêté. Il fut exécuté en même temps que ce dernier, alors que rien ne pouvait lui être reproché, sinon d’être passé au mauvais endroit au mauvais moment…

Le nom de Pierre Massin est inscrit sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan, « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 ». Son nom n'est pas inscrit sur le mur du mémorial de Berthaucourt.

 

Published by philippe lecler - dans lieux de mémoire
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:29

La dernière Revue Historique Ardennaise, de la Société d'Histoire des Ardennes, vient de sortir. En couverture, un cliché pris au dépôt SNCF de Lumes le 18 mars 1941, sur lequel pose le cheminot Pol Renard. Cette photo exceptionnelle illustre l'article que je consacre au personnage ("Un héros de Résistance -Fer : Pol Renard"). Résistant de la première heure, membre de l'OCM des Ardennes, Pol Renard fut arrêté le 18 janvier 1944 par la police allemande après les attentats commis au dépôt SNCF de Lumes et aux ateliers de Nouvion et de Mohon. Déporté en Allemagne, Pol Renard est décédé au camp de concentration de Dora avant la fin de la guerre. Son nom est inscrit sur les murs du mémorial de Berthaucourt.

Parmi les autres articles publiés dans cette livraison de la RHA, je signale plus particulièrement à votre attention celui de la nouvelle présidente de la Société, Anne François. Elle nous livre ici un résumé de ses recherches consacrées aux Polonais déportés dans les Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce sujet très mal connu a trouvé ici son historiographe.

A noter aussi la notice biographique que Didier Bigorgne accorde à l'historienne (et ancienne résistante ardennaise) Rolande Trempé, décédée le 12 avril dernier.

 

La revue est en vente dans toutes les bonnes librairies, ou aux Archives départementales à Charleville.

Published by philippe lecler
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 08:08

La recherche relative à la mésaventure vécue par les soldats isolés derrière les lignes allemandes entre 1914 et 1918 et que j’ai relatée, pour l’épisode du Radois, dans la Revue Historique Ardennaise connaît des prolongements inattendus. Nouvelle pièce à verser au dossier, cet article nécrologique du Petit Ardennais qui remet en place un nouvel acteur dans cette histoire…

Le Petit Ardennais des 20 et 21 décembre 1920 rend compte du décès de Monsieur Deligny-Sayen, gérant de la succursale du Goulet-Turpin de Rocquigny. On y découvre que pendant la guerre, M. Deligny avait été arrêté par les autorités allemandes et condamné à trois années de réclusion pour avoir ravitaillé des soldats français restés à Rocquigny. Remis en liberté après neuf mois de détention, il était rentré en France très affaibli. Lors des obsèques, le portrait du défunt fut dressé par un de ses amis, dont j’extrais ces lignes :

« Intelligent et instruit, Deligny jouissait de l’estime de ses concitoyens qui, en 1892, l’envoyèrent siéger au conseil municipal en remplacement de son père qui avait administré la commune pendant de longues années et se retirait de la vie publique. Il fut réélu sans interruption jusqu’en 1919. Il prit au sein de l’assemblée municipale une place prépondérante ; ses avis éclairés et ses sages conseils étaient particulièrement écoutés. Pendant la guerre des soldats français isolés restent dans nos régions, Deligny, à l’exemple de son noble cousin [?], le regretté Docteur Fréal, mort pour la France sous les balles allemandes, ravitaille nos soldats épuisés. Les Allemands guettent, la Kommandanture est impitoyable. Deligny connaît les dangers qui le menacent, mais il y a là des hommes, des soldats français qui souffrent, il n’hésite pas, il fait son devoir d’homme et de patriote. Dénoncé, arrêté, il est condamné à trois ans de réclusion. Conduit à Dietz [Diez ?], mis en cellule, il souffre les tortures physiques et morales les plus grandes. Après neuf mois de ce régime épuisant, il est rendu à sa famille et rentre à Rocquigny déprimé, vieilli, méconnaissable. Il alla s’épuisant chaque jour et nous prévoyions avec douleur sa fin prochaine… »

 

Mes remerciements à M. Michelet pour m’avoir signalé ce nouvel élément.

Published by philippe lecler
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