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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 17:05
La libération de Revin        

   

Pendant quelques jours, craignant logiquement d’être recherché, je dors sur le sol de la cuisine, prêt à m’enfuir à la première alerte. Puis je pars pour  Paris, espérant me soustraire à d’éventuelles recherches, mais je n’y reste pas, redoutant des représailles à l’encontre de ma famille. Si les Allemands  doivent arrêter quelqu’un, dans mon esprit, c’est bien sûr moi. Mais alors que j’avais gagné Paris sans difficulté, au retour, les trains sont détournés, ils passent par le réseau Nord, des voies étant coupées sur l’Est, soit à cause de bombardements, soit à cause du trafic militaire allemand. Le train dans lequel je monte s’arrête plusieurs fois, à cause d’alertes aériennes, ce qui nous fait descendre à chaque fois dans les champs. Arrêt à Soissons ou je passe la nuit dans un hôtel, et je ne repars  que le lendemain, jusque Laon. Le train ne va pas plus loin. Je fais la route à pied jusque Liesse, parfois doublé par des véhicules allemands. A Paris, j’en avais vu beaucoup, roulant vers l’ouest. A Liesse, je trouve un train qui m’emmène vers Charleville, puis je regagne Revin. Il semble que depuis mon départ, rien ne se soit passé concernant le maquis. Les Allemands  n’ont pas cherché à capturer ceux qui ont échappé au massacre, que la population ignore encore à ce moment. On saura plus tard que la troupe qui a opéré a été déplacée ailleurs peu après. La Résistance n’a pas tenté, ou n’a pas pu effectuer de regroupement.

 Je reprends mon travail à l’usine, laquelle tourne au ralenti. J’occupe un poste au bureau de la fonderie dans l’établissement principal. Quand des Allemands sont signalés à proximité, je suis prévenu et cours me cacher au fond de  quelque atelier ou jardin voisin.

Un jour arrive la terrible nouvelle que les corps des maquisards ont été retrouvés à Linchamps, transportés là après leur assassinat. Des gens courageux  les ramènent vers le Mont Tranet. La nouvelle s’étend vite à tous, en même temps que la désolation. Les familles sont prévenues. Jusqu’alors nombreux étaient ceux qui croyaient ou se forçaient à croire que les maquisards dont on était sans nouvelles étaient seulement prisonniers.

La menuiserie Faure fabrique les cercueils, d’autres usines aussi sans doute, et des hommes  les emportent au Malgré -Tout pour inhumer les morts provisoirement.

A la fin de ces sinistres journées, je rencontre dans la rue M. Pierre Faure, l’un de mes patrons, qui, me tirant à l’écart, me dit textuellement, je m’en souviens encore: « On a retrouvé ton petit copain Robert Held et ton cousin Pierre Lemasson, ensemble, avec quelques autres… » Je ne les cite pas sans une vive souffrance. M. Faure précise que les corps ont été retrouvés dans un endroit  distant des autres, ce qui prête à penser qu’ils ont été pris à part, et plus tard sans doute. Il me dit que la famille Lemasson du quartier de La Bouverie et Mme Held sont déjà avisées du drame. [On sait que P. Faure sera inculpé dans l’affaire du maquis et qu’il sera lavé des accusations de dénonciation.]

Les cérémonies et obsèques officielles n’auront lieu qu’après la libération de Revin et donc après la libération de Paris, qui, comme un immense symbole, avait fait grande sensation jusque dans nos Ardennes.

 De plus en plus les Allemands en retraite traversent notre région, vers l’est, mal équipés souvent, à bord de véhicules hétéroclites ; des troupes de toutes sortes, des SS aussi ; rarement en grand nombre, mais qui  paraissent toujours dangereux.

L’usine vient à s’arrêter tout à fait. Je fais partie des quelques personnes qui sont priées de continuer à venir pour assurer des liaisons, aller chercher parfois des gens dont on a besoin, etc. Cela m’amène à circuler en ville et dans les ateliers déserts.

La vie civile au ralenti est mêlée de scènes de guerre. Ainsi, j’assiste à la destruction de la passerelle de La Bouverie qu’un soldat allemand fait sauter, couché à plat ventre, qui saute en l’air quand sa charge explose et retombe au sol, apparemment sans trop de dommages.

Les Allemands font également sauter les autres ponts avant de se retirer.           

2 Septembre 1944. Comme le feu dans une traînée de poudre,  la nouvelle se répand que les Américains sont là. Depuis Pearl Harbour, et plus encore depuis leur débarquement en Normandie, le 6 juin nous les attendions avec impatience, nous les espérions. Toute la population se précipite à la Bouverie pour les voir. Pour cela nous passons la Meuse en barque, comme les autres habitants de Revin. Ils sont venus à bord de petits chars et de Jeep,  celles-ci étonnent tout le monde. Ils sont fêtés, mais  prennent déjà des dispositions pour continuer leur route, ce n’est qu’une avant-garde peu nombreuse. Ils recherchent les Allemands attardés. Des drapeaux sont déployés, la joie se manifeste en scènes diverses, des résistants se montrent, dont certains plutôt inattendus.

Spectacle répugnant, qu’apprécient diversement les spectateurs : sur le balcon de la mairie, des femmes sont tondues. Je reverrai deux d’entre elles chez Faure quand l’usine aura redémarré. Leurs compagnons d’atelier les traitent plus intelligemment que ne l’a faite la foule de notre libération.

Quelques soldats Allemands, faits prisonniers, sont livrés aux Américains présents. Chacun son tour […]

 

Revin : les Allemands quittent la ville

 


                                           Le procès de Nancy

Après le 8 mai 1945, je suis appelé à témoigner dans le cadre du procès qui se prépare concernant le maquis des Manises : interrogatoires par les gendarmes, convocation chez un juge d’instruction à Charleville. Autre convocation, avec quelques hommes revenus du maquis, près des bois, au bas du Malgré-Tout ou au Chemin des Chasseurs. Je crois qu’il s’agit de montrer les lieux aux magistrats ; on les attend mais ils ne viennent pas, les gendarmes présents annulent cette réunion, chacun rentre chez soi.
Je suis convoqué encore à Nouzonville, par un officier qui me remet une solde pour les quelques jours passés au maquis. Je reçois aussi, d’un responsable Revinois, un certificat d’appartenance à ce maquis.

 

En juillet 1945, des affiches appellent les hommes des classes 1939, 1940 et 1941 à se rendre au Centre d’organisation d’Infanterie 102 à Compiègne. Ces affiches ne portent pas de date limite à ces convocations. Je me rends donc à Compiègne, COI 102, Quartier Jeanne d’Arc. Puis je suis affecté à Saint-Jean-Cap-Ferrat (36e Division d’Infanterie). 

Une permission d’environ une semaine est presque achevée lorsque deux gendarmes m’apportent une convocation à témoigner devant la Cour de Justice de Nancy, où va s’ouvrir le procès relatif au maquis des Manises. J’objecte qu’étant militaire, je dois rejoindre mon unité. Les gendarmes rétorquent qu’un refus de témoigner engendrerait des poursuites à mon encontre. Je leur demande de prévenir mes autorités, j’écris de mon côté à mon Lieutenant, avec une adresse bien sûr incertaine, puisque la 36e D.I. est susceptible d’être en mouvement  entre Côte d’Azur et Allemagne.

Je pars donc à Nancy, où le bureau militaire de la place m’héberge dans une grande caserne en bordure du parc de la Pépinière.

Je suis affecté à la Compagnie de Passage, composée de soldats en instance de départ pour tous les azimuts : Indochine, AFN, Allemagne, etc.


Au jour prévu, je me rends au tribunal.

Je retrouve dans une maison des familles de victimes du maquis; elles sont logées là pour la durée du procès. Après une longue attente dans une salle réservée aux témoins, je suis appelé en salle d’audience. Énoncé de mon identité, lecture du serment...

Je suis interrogé surtout sur les déclarations que m’avait faites la personne soupçonnée d’avoir conduit les Allemands vers notre camp [Léon Uhl], et sur la vulnérabilité de celui-ci. Pouvait-on le voir du ciel, était-il suffisamment gardé ? Manifestement, le tribunal veut déterminer si les assaillants avaient réellement besoin d’un guide. À mon avis, que l’on ne me demande d’ailleurs pas, les voilures blanches de parachutes, le manque d’ordre qui régnait, ont amplement facilité le repérage du camp. Mes réponses vont dans ce sens.

Le président de la cour m’invite ensuite à prendre place dans le public. J’entends ainsi la déposition du Général Grandval, chef de la résistance de la région Nord. Il confirme qu’après le débarquement en Normandie, l’ordre de soulèvement a bien été donné, par le message émis de Londres : “Croissez roseaux, bruissez feuillages.” Mais son témoignage ne précise rien sur les événements des Manises. [Si elle permit de lever les soupçons qui pesaient sur le chef de Secteur de Revin, la déclaration de Grandval ne répondit effectivement à aucune des questions qui se posaient concernant la formation du maquis et la responsabilité éventuelle de ses chefs dans le drame des Manises.]

 De même, le Commandant Prisme n’est pas entendu. Resté quelque temps à Willerzie, il était parti vers de nouveaux combats au sein de troupes régulières.

Je n’ai guère pu voir les gens assis au banc des accusés. Je crois qu’y étaient mêlés des suspects dans d’autres affaires que celle de notre maquis. [Le milicien Charles Mayer fut inculpé dans le cadre de cette affaire mais il fut vite évident, au cours du procès, qu’il n’avait joué aucun rôle dans la découverte du maquis par les Allemands.]

 Il est vrai qu’en cette période, les cours de Justice traitaient ensemble des cas divers.

Mais le procès n’est pas fini. Sortant du palais, j’essaye de me renseigner auprès d’un magistrat pour savoir si je peux disposer. J’aperçois le procureur, entouré de membres des familles des victimes qui s’inquiètent auprès de lui de la durée du procès. Me désignant d’un mouvement de menton, il argue : “ Si tout le monde parlait avec autant de clarté que ce jeune homme, cela ne durerait plus longtemps.”

Au sujet du procès - du moins de l’audience à laquelle j’ai participé - je peux ajouter que le Président avait sous les yeux une carte des lieux du maquis, mais les magistrats ne semblaient pas y comprendre grand-chose, sans doute parce qu’ils ne s’y étaient pas déplacés. »  

 
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Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:14
            N'ayant pu, et je le regrette, suivre les deux premières journées du colloque organisé par la SEA au Musée Guerre et Paix à Novion-Porcien, "14-18, l'autre Résistance", j'ai néanmoins assisté à la dernière après-midi où furent définies par le Professeur François Cochet les modalités de la résistance pendant la période citée.

C'est par une audacieuse comparaison avec celle des années 40-44 que le professeur a tenté de définir "l'autre résistance", en reprenant les différentes thématiques de l'action (sauf celle de la résistance armée, hors-contexte en 14-18) :

- Aide aux prisonniers de guerre évadés avec son corolaire, la production de faux-papiers

- Collecte du renseignement militaire à destination de l'état-major

- Sabotages des voies et moyens de communication, éventuellement sabotages d'installations industrielles sur les arrières de l'ennemi, effectués entre 1914 et 1918, et c'est important, par des agents de l'armée française déposés par aéroplane sur les arrières des lignes ennemies (les "Missions spéciales").

Quelques modestes réflexions sur le sujet

Dans la définition qu'il donna de la résistance, le conférencier négligea la dimension populaire du phénomène, essentielle dans sa compréhension me semble-t-il dans le cas des années 40-44 ; dimension totalement ( ?) absente lors du premier conflit : dans tous les cas ( ?), c'est l'appareil militaire qui initie, dirige "la résistance" organisée (question : un militaire qui défend son pays est-il un résistant ?)

Un exemple à l'appui de cette démonstration et qui vaut mieux qu'un long discours, celui d'un résistant ardennais des deux guerres, Alphonse Machaux.

Jeune paysan des Hauts-Buttés lors du premier conflit, Alphonse Machaux avait été agent de renseignements pour le compte du 2ème Bureau, transportant des courriers de Charleville à la Hollande. Arrêté en juin 1917 par les Prussiens, il avait été condamné à sept années de forteresse. Après la guerre, il avait été décoré de la Médaille de la Reconnaissance franco-belge.

En 1941, il participa avec la famille Fontaine, des Vieux-Moulins de Thilay, à la filière d'hébergement des prisonniers de guerre évadés, puis fut sollicité pour former une équipe de réception des parachutages. Il participera au parachutage du 20/21 septembre 1943, puis au printemps de 1944 à l'accueil des officiers du maquis des Ardennes (sources : "Exposé circonstancié et détaillé des faits ayant entraîné la proposition" d'Alphonse Machaux, doc. P. Lecler).

Lors de la Première guerre mondiale, Alphonse Machaux fut placé sous les ordres d'un officier français des services secrets (des "Missions spéciales"). Lors de la seconde, il fut sous ceux d'un garçon-coiffeur de Charleville, chef de l'OCM, connu sous le pseudonyme de Commandant Fournier. Là réside une des principales différences entre les deux résistances.

En 14-18, l'armée était omniprésente dans le combat, dans les cœurs et dans les esprits (même, paradoxalement, dans les territoires occupés).

Entre 40 et 44, la défaite consommée, elle en fut totalement absente (cherchez les militaires inscrits sur le Mémorial de la Résistance de Berthaucourt...)...

Cette dimension populaire fut marquée par l'engagement dans la lutte contre l'occupant de civils : la guerre n'était pas leur métier. Cet engagement dépassa les simples fonctions d'exécution, mais aboutit pour beaucoup à la « promotion » à des postes de décision et de commandement dans la lutte clandestine,  et l'on vit des instituteurs commander à des généraux, des garçons-coiffeurs donner des ordres à des lieutenants-colonels. Ce total bouleversement des valeurs sociales dans la Résistance est absent lors du premier conflit. Et s'il y eut bien, comme en 14-18, des militaires impliqués dans la lutte armée (Missions interalliées, équipe Jedburgh, agents du BCRA ou du SOE parachutés en France occupée), ils ne furent jamais que DANS la Résistance, et ne constituèrent pas LA résistance (Voir par exemple le titre français de l'ouvrage de M.D. Foot, SOE in France : « Des Anglais dans la Résistance ».)

Ces quelques remarques, loin d'épuiser le sujet, montrent, s'il en était besoin, que la notion de résistance est extrêmement complexe. La problématique inédite abordée par ce colloque en fit donc une véritable réussite, et nombre de thèmes abordés devraient susciter de nouvelles études sur le sujet.

 

Published by philippe lecler - dans Actualité
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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 11:00

Exécutés et morts au combat au Maquis des Ardennes

(Mission « Citronelle »)  

 

Les fusillés des Manises (12-13 juin et jours suivants)

 

Tous ces noms figurent sur le monument aux morts des Manises à Revin

Tous ces noms sont inscrits sur le Mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières

 

ALLAIN Henri, né le 1er août 1921 à Lambezellec (Finistère), domicilié à Haybes. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Haybes le 13 juin 1944.

 

AUGE Raymond, né le 2 février 1924 à Vireux-Molhain, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

AVRIL Émile, né le 15 mai 1903 à Nouzonville, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BARCIK Antoine, né à Azarow (Pologne) le 9 avril 1924, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BAUDET Pierre, né le 17 février 1922 à Compiègne, domicilié à Rocroi. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BERG Jacques-André, né à Saint-Michel (Aisne) le 28 août 1923, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BERNARD Julien, né le 18 août 1920 à Dizy-Magenta (Marne), domicilié à Rethel. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

Une rue de Rethel porte son nom.

 

BERTHO Jean, né le 8 octobre 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BIETTE Jean, né à Anchamps le 27 mars 1927, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BLEUET Marcel, né le 17 janvier 1924 à Laon, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BONGARD Gérard, né le 9 février 1925 à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BOURGUIGNON Parfait, né le 15 avril 1925 à Haybes, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BRASSEUR Robert-Lucien, né le 18 juin 1925 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BRICHET Jean, né le 29 septembre 1923 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BRIFFLOT René, né le 13 janvier 1916 à Bléré (Ille-et- Vilaine), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

BRIFFLOT Yvon, né le 31 mars 1919 à Bléré (Ille-et-Villaine), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CARLIER Albert, né le 3 mai 1918 à Cartignies (Nord), domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CARLIG Egidio, né le 3 mai 1918 à Cartignies (Nord), domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CARVALHO Berdino, né le 30 décembre 1925 à Reims, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CEFFA Jean, né le 17 février 1910 à Charleville, domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes. Fusillé à Revin le 14 juin 1944.

 

Chartier Jules, né le 29 janvier 1916 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CHAVARIA Émile, Marcel, né le 3 octobre 1920 à Rethel, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

COLAUX Paul, Félicien, Joseph, né le 4 septembre 1919 à Pattignies (Belgique), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

COLLARD André, né le 8 mai 1924 à Fumay, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

COUEGNAS André-Robert, né le 3 février 1920 à Périgueux, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

COUPAYE Jean, né le 3 juin 1924, domicilié à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

COURIO Lucien-Arthur, né le 9 mars 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

CROYET Jean-Eugène-Henri, né le 29 décembre 1921 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DABE Raoul, né le 5 mars 1911 à Coucelles, ouvrier domicilié à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DARTEVELLE Jean-Jules, né le 2 mars 1921 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DA SILVA Louis, né le 2 mars 1926 à Montsem Pront (Pas-de-Calais), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DEBETTANCOURT Henri, Jules, né le 15 avril 1913 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DEGRAEVE Maurice-Alfred, né le 15 août 1896 à Gué d’Hossus, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DEGRAEVE René-Camille, né le 3 septembre 1924 à Boutancourt, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DELMONT Pierre, né le 25 novembre 1912 à Neufmanil, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DELSAUX Roger, né le 23 janvier 1924 à Rocroi, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DELSAUX Simon, Ferdinand, né le 6 juin 1920 à Rocroi, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DESPAS André, né le 19 septembre 1922 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DESPAS René, Louis, né le 25 mai 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DEVIS Alfred, Jules, né le 4 août 1925 à Monthermé, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DEVIS André, Jean, né le 10 juillet 1927 à Monthermé, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944. Il est le plus jeune fusillé du maquis des Ardennes aux Manises.

 

DEVOUGE Marcel, Arthur, né le 27 juin 1925 à Les Mazures, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DUFOUR Victor, né le 13 janvier 1928 à Fumay, ouvrier à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DUNEZ Roger, Georges, né le 22 juin 1924 à Beauvais (Oise), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

DUPONT Marcel, Daniel, né le 28 juillet 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

FERIO Joseph, né le 6 juillet 1924 à Fumay, ouvrier en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

FLORENT Lucien, Jules, Edmond, né le 16 octobre 1924 à Lesquin (Nord), domiciliée à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

GEORGIN Robert, domicilié à Hautes-Rivières. Volontaire au maquis des Ardennes, il fut tué au combat lors de l’attaque du maquis à Hautes-Rivières, le 24 août 1944.

 

GÉRARD Roger, André, Clément, né le 26 janvier 1925 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

GONCE Robert, né en 1922. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

HELD Peter, Robert, né le 11 avril 1920 à Sarrebourg, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

HELIN Kléber, né le 15 février 1926 à Nismes (Belgique), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

HERLIN Émile, Albert, né le 30 avril 1920 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

HIVER Paul, Jean, Joseph né le 5 février 1921 à Braux, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

HOUBAILLE Camille, Armand, né le 12 décembre 1906 à Saint-Aubain (Belgique), domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

JACQUEMIN Raymond, né le 7 novembre 1910 à Fumay, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

JANDER Eugène, né le 24 février 1925 à Differdange (Luxembourg). Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

JANDER Jean-Eugène, né le 26 janvier 1923 à Differdange (Luxembourg). Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

JANKOWSKI Jean, né le 26 juin 1922 à Boguszince (Pologne), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

JONET Marcel, né le 21 octobre 1921 à Monthermé, domicilié à Château-Regnault. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LACOUR Louis, né le 12 mai 1921 à Fumay, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LALLEMENT Jean, né le 10 septembre 1920 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LAURENT Helmut, né le 17 août 1918 à Saint-Avold (Moselle), domicilié à Braux. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LEBRUN Jules, Alexandre, né le 11 janvier 1922 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LEFEBVRE Gilbert, Adolphe, né le 12 avril 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LEMASSON Auguste, Gustave, Paulin, né le 12 juillet 1919 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LEPINE Gaston, Léon, né le 21 décembre 1923 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LEROY Albert, domicilié à Hautes-Rivières. Volontaire au maquis des Ardennes, où il fut tué au combat à Hautes-Rivières lors de l’attaque allemande du 24 août 1944.

 

LEVA Roger, né le 22 janvier 1919 à Paris, marchand de charbon à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LOISEAU Jean, né le 31 octobre 1920 à Revin, bûcheron en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LOTH Noël, Marcel, né le 9 octobre 1926 à Rocroi, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LOUPPE André, Henri, Raymond, né le 19 janvier 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LOUVIOT Raymond, né le 10 juin 1925 à Haybes, tourneur en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

LUANS Roger, né le 14 juillet 1922 à Maison-Alfort, boucher à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MARBACQUE Marcel, né le 5 août 1922, domicilié à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MARTIN Georges, né le 29 juin 1914 à Thilay, ouvrier à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MARTIN Henri, René, né le 16 mars 1925 à Reims, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MARTIN Jean, né le 18 octobre 1920 à Fumay, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MASSON André, né le 26 avril 1917 à Nouzonville, manœuvre en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MATUSZAK André, Joseph, né le 5 juillet 1922 à Saint-Quentin, domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Hargnies le 13 juin 1944.

 

 MATHY Alfred, Pierre, né le 27 juin 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MAUGUIÈRE Georges, Mathias, né le 4 avril 1925 à Revin, bûcheron en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MELIN Jean, né le 16 février 1928 à Monthermé, ardoisier à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes. Fusillé à Monthermé le 20 juin 1944.

 

MENU Pierre, né le 30 novembre 1923 à Fumay, ouvrier en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

METENS Jules, Henri, Florent, né le 14 février 1920 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

MIDOUX Georges, né le 2 octobre 1925 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PEREIRA Alphonso, Inoff, né le 1er juin 1925 à Revin, ouvrier en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PEREIRA Joseph, né le 6 mars 1927 à Revin, ouvrier en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PERIQUET René, né le 15 octobre 1924 à Fumay, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PIETOT Francis, né le 7 février 1922 à Deville, instituteur à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PILAVERIK Joseph, né le 16 décembre 1914 à Bukovine (Pologne), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PIRSON Roger, né 21 février 1920 à Revin, ouvrier en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PLOYON Roger, né le 29 août 1924 à Vervins (Aisne). Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

PULTIÈRE René, né le 29 avril 1916 à Athis (Marne), instituteur à Revin. Lieutenant de réserve, volontaire au maquis des Ardennes, il fut l’agent de liaison du comandant « Prisme » (J. de Bollardière). Isolé de son groupe après l’attaque allemande des 12 et 13 juin aux Manises, il fut arrêté par une patrouille allemande et fusillé au Champ Bernard, près de Nohan, le 15 juin 1944.

 

RIVE Victor, né le 15 mars 1909 à Sault-Saint-Rémy, domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

ROUCHOUSE Jacques, Léopold, né le 20 mai 1921 à Gruyère (Vosges), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

ROYAUX Guy, né le 23 février 1926 à Fumay, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

SAVIN Georges, né le 16 mars 1905 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

SINTE Emile, Arthur, né le 4 novembre 1922 à Ligny (Belgique), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

SINTE Félix, né le 4 juillet 1925 à Ligny (Belgique), domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

SOMSON Albin, né le 4 novembre 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

SOULARD Maurice, né le 13 novembre 1924 à Château-Regnault, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

TARPIN Daniel, Arsène, né le 27 janvier 1927 à Péronne (Somme), domicilié à Laon. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

Une rue de Laon (Aisne) porte son nom.

 

THEVENIN Henri, né le 18 mars 1903 aux Mazures. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

VILLERET Louis, né le 29 octobre 1913 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

WARK René, né le 20 janvier 1921 à Revin, employé de bureau en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, fusillé à Revin le 13 juin 1944.

 

 

SOURCES :

Georges Charot, Le maquis de Revin, brochure de 1947, 37 p. (repris en partie dans une brochure publiée par la municipalité de Revin, Le maquis des Manises, Revin, 1994, 53 pages).

Philippe Lecler, L’affaire des Manises, Éditions D. Guéniot, Langres, 2004.

Philippe Lecler, Le temps des partisans, Editions D. Guéniot, Langres, 2009.

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 07:51

        Ce transport occupe une place particulière dans la déportation de répression. Il présente de remarquables similitudes avec celui des femmes du 24 janvier 1943. Ils furent les seuls transports de France vers Auschwitz composés dans leur très grande majorité de prisonniers politiques français.
Parti de Compiègne le 6 juillet 1942, le convoi des 45 000 est arrivé au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz deux jours plus tard.
Il fut composé depuis le
camp d’internement de Compiègne-Royallieu
à partir de listes de détenus fort disparates : des « politiques » (1 100 hommes), c'est-à-dire une majorité écrasante de communistes, quelques socialistes et radicaux, des droits communs, et 50 à 56 Juifs.
Il s’agit d’un convoi de représailles, formé par l’administration militaire allemande afin de répondre aux attentats dirigés contre soldats et officiers des troupes d’occupation depuis l’entrée du Reich dans la guerre contre l’URSS et qui s’inscrit dans la lutte contre le « judéo-bolchevisme ». Après une période où
les fusillades d’otages avaient été systématisées après chaque action contre l’occupant, mais avaient montré leurs limites quant à leur pouvoir de dissuasion, la déportation « vers l’Est » devint un autre moyen de répression destiné à produire un effet de « terreur » durable dans les milieux résistants, et plus généralement, dans la population.

 

 Les Ardennais domiciliés et arrêtés dans un autre département

Charles, Joseph, BURTON 45316

Né le 24 janvier 1890 à Château-Regnault, domicilié à Bologne (Haute-Marne), ajusteur aux forges de la commune,
Le 7 juillet 1941, il est arrêté à Bologne par des Feldgendarmes. D’abord détenu à la prison de Chaumont, il est ensuite
transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Le 8 juillet 1942, Charles Burton est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45316 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée par comparaison avec un portrait civil ; 01-2008). Il est l’un des rares “45000” photographié deux fois : l’opérateur a deviné que la première photo serait floue (bougée) et a refait
sa prise de vue aussitôt.
Charles Burton meurt à Auschwitz le 22 septembre 1942, d’après les registres du camp.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bologne, place de la Mairie.

Robert DAUNE 45427

Né le 1er août 1910 à Brevilly, domicilié à Longwy (Meurthe-et-Moselle).
Il est probablement arrêté le 5 février 1942, comme otage à la suite du sabotage du transformateur d’Auboué dans la nuit du 4 au 5 février ; action de résistance qui déclenche une vague d’arrestations dans le département.
Le 8 juillet 1942, Robert Daune est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45427 (ce
matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard). Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.
Le 13 juillet - après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - Robert Daune est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale”.
Pris dans une sélection, il attend devant l’infirmerie, avec d’autre détenus, d’être conduit à la chambre à gaz. Epuisé, il s’évanouit devant la porte. Celle-ci s’ouvre discrètement et il est tiré à l’intérieur. Soigné clandestinement, il y reste caché après sa guérison. Ses camarades le dissimulant à chaque inspection, l’administration finit par le considérer comme mort.
En août 1943, lorsque les SS viennent chercher André Faudry et Georges Marin, respectivement gardien de nuit et coiffeur à l’infirmerie, pour les conduire en quarantaine au Block 11 d’Auschwitz-I, ceux-ci révèlent la présence de Robert Daune, qui retrouve ce jour-là une existence légale et est ramené avec eux.
À la mi-août 1943, il est parmi les “politiques” français rassemblés (entre 120 et 140) au premier étage du Block 11 - la prison du camp - pour une “quarantaine”. Exemptés de travail et d’appel extérieur, les “45000” sont témoins indirects des exécutions massives de résistants, d’otages polonais et tchèques et de détenus du camp au fond de la cour fermée séparant les Blocks 10 et 11. Le 12 décembre 1943, à la suite de la visite du nouveau commandant du camp, Arthur Liebehenschel, et après quatre mois de ce régime qui leur a permis de retrouver quelques forces, ils sont pour la plupart renvoyés dans leurs Blocks et Kommandos d’origine.
Le 3 août 1944, Robert Daune est parmi les trois-quarts des “45000” présents à Auschwitz qui sont de nouveau placés en “quarantaine”, au Block 10, en préalable à un transfert.
Le 7 septembre, il est dans le petit groupe de trente “45000” transférés - dans un wagon de voyageurs ! - au KL Gross-Rosen, dans la région de Wroclaw (matr. 40989).
En février, il est parmi les quinze “45000” pris dans des colonnes de détenus évacuées vers le complexe concentrationnaire de Dora-Mittelbau et répartis dans différents Kommandos. Avec, Georges Gallot, Robert Daune est affecté à Dora-Harzungen.
Le 11 avril 1945, Dora est évacué. Maurice Courteaux et Robert Daune sont dans des colonnes dirigées à marche forcée vers Hambourg. Maurice Courteaux s’évade en route, mais Robert Daune est conduit jusqu’à Bergen-Belsen (probablement au sous-camp dit « de la caserne ») où il est libéré le 15 avril.
Il décède le 27 août 1986.

  Louis, Félix, ARMAND 46216

Né le 7 juillet 1898 à Charleville, domicilié à Joeuf (Meurthe-et-Moselle).
Il est probablement arrêté le 5 février 1942, comme otage à la suite du sabotage du transformateur d’Auboué dans la nuit du 4 au 5 février. Le 8 juillet 1942, Louis, Félix Armand est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46216 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail. Au cours de deux journées consécutives, les 18 et 19 septembre, 146 des « 45 000 » sont inscrits sur le registre des décès, probablement gazés dans les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau. Celles-ci fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme « inaptes au travail » (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 10-06-1987).

Léon BUSARELLO 45318

Né le 20 mars 1894 à Fagnon, domicilié à Soissons (Aisne).
Le 8 juillet 1942, Léon Busarello est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45318 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 30 novembre 1942, d’après les registres du camp.

Camille MOINET 45882 

Né le 3 août 1901 à Laifour, cheminot surveillant  domicilié à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne).
Il est arrêté le 19 octobre 1941, lors d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre les communistes de Seine-et-Marne, arrêtés comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte ayant eu lieu dans le département.
Le 8 juillet 1942, Camille Moinet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45882 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 14 janvier 1943, d’après les registres du camp.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 27-08-1996).

  Henri ANDRÉ 46215 ? 

Né le 13 janvier 1916 à Mézières, domicilié à Paris 5e, imprimeur à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Le 25 janvier 1941, il est arrêté pour activités communistes et emprisonné à la Maison d’arrêt de la Santé, puis, le 7 avril, à celle de Fresnes. Il est probablement jugé et condamné à une peine de prison.
Le 18 mars 1942, il fait partie des dix jeunes communistes remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Le 8 juillet 1942, Henri André est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I), peut-être sous le numéro 46215, selon les listes reconstituées (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).
Il meurt du typhus dans le courant du mois de septembre 1942, selon son ami Louis Faure.

Auguste DARDENNE 45423

Né le 26 juin 1905 à Pouru-Saint-Rémy domicilié à Pantin (Seine-Saint-Denis).
 Le 8 juillet 1942, Auguste Dardenne est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45423, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” (probablement gazé).
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 1-03-1988).

Pierre, Joseph, RAUNIER 46034


Né le 7 novembre 1920 à Pouru-sur-Rémy, mécanicien automobile domicilié à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).
Après l’interdiction des organisations communistes (26 septembre 1939), il adhère à la cellule clandestine des Jeunesses communistes du Fort d’Ivry qui se réunit clandestinement sur les glacis du Fort. Le groupe est victime d’une dénonciation. Le 3 septembre 1941, il est arrêté par le commissaire de police d’Ivry avec neuf camarades, dont Guy Gratiot et Raymond Blais, et inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (dissolution et interdiction des organisations communistes). Incarcéré rapidement à Maison d’arrêt de la Santé (?), il bénéficie d’un non lieu le 15 novembre et est relâché le lendemain, comme ses deux camarades. Néanmoins, la police le considère comme un communiste « fervent ».
Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Un mois après son arrestation, Pierre Raunier envoie une carte depuis Compiègne dans laquelle il demande des vêtements chauds pour aller travailler dans un camp. Quand son père vient lui apporter, il est déjà parti.
Le 8 juillet 1942, Pierre Raunier est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46034 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz ; très certainement avant la mi-mars 1943.

Georges, Valère, VINSOUS 46199 

Né le 13 octobre 1897 à Rumigny, employé à la SNCF domicilié à Chelles (Seine-et-Marne).
Le 8 juillet 1942, Georges Vinsous est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46199 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée). Le 13 juillet - après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - Georges Vinsous est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale”.
Georges Vinsous meurt à Birkenau le 5 janvier 1943, d’après les registres du camp.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 1-09-2001).

Lucien, Léopold, LEHMAN 46293 

Né le 16 juillet 1895 à Sedan, employé de bureau domicilié à Cabourg (Calvados).
Le 1er mai 1942, il est arrêté par la police française. Figurant comme Juif sur une liste d'arrestations demandées par la Kommandantur de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences, il est conduit à la gendarmerie de Dives-sur-Mer.
Le 4 mai, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Ils y arrivent le 5 mai, en soirée. Lucien Lehman y est enregistré sous le matricule 5293.
Selon les listes reconstituées du convoi, Lucien Lehman est déporté comme otage juif.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le 8 juillet 1942, Lucien Lehman est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46293 (aucune photo de détenu de ce convoi n'a été retrouvée après le matricule 46172).
Il meurt le 10 août 1942, selon les registres du camp.


Les Ardennais domiciliés et arrêtés dans le département

 

Julien JURION 45701

Né le 25 mai 1895 à Renwez, domicilié en cette commune. Il était avant la guerre secrétaire de la cellule communiste de Renwez.
Le 19 octobre 1941, il est arrêté par la Feldgendarmerie lors d’une vague d’arrestations contre des membres présumés du Parti communiste clandestin (Jules Ruchot, Clément Auburtin, Eugène Visse, Gaston Gillet, Jean De Bloedt, Jules Michel, Ernest Tréseux).
Conduit à la prison de Charleville et enfermé dans une cellule individuelle. Le 22 octobre à l’aube, il est parmi les huit détenus conduits à la gare pour monter dans un wagon réservé. Le jour même à 12 heures, ils arrivent au camp allemand de Royallieu à Compiègne.
Le 8 juillet 1942, Julien Jurion est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45701 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 29 octobre 1942, d’après les registres du camp.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. n° 245 du 21-10-1994).

Ernest, André, TRÉSEUX 46156

Né le 9 juin 1906 à Rocquigny, ouvrier domicilié à Sedan-Torcy. Avant la guerre secrétaire communiste de la cellule de l’usine Saint Denis.
Le 19 octobre 1941, il est arrêté par la Feldgendarmerie lors d’une vague d’arrestations contre des membres présumés du Parti communiste clandestin (Voir la notice précédente).
Le 8 juillet 1942, Ernest Tréseux est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46156 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).
Il meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942, d’après les registres du camp.
La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. n° 128 du 3-06-2001).

Les noms de Julien JURION et Ernest TRESEUX ne sont pas inscrits dans la pierre sur le Mémorial de Berthaucourt !


 

        Pour aller plus loin dans l'histoire de ce convoi, cet excellent ouvrage de C. Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, éditions Autrement, Paris, 2005.

                Le site de l’association
Mémoire Vive est consacré aux convois des « 31 000 » et des « 45 000 », les deux seuls convois de déportés politiques partis de France à destination du camp de concentration d’Auschwitz. L’association recherche tous renseignements sur les déportés de ces deux convois. Le cas échéant, contactez-les (via le site)…

Published by philippe lecler - dans Des hommes
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