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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 11:35
 
       Cet ouvrage, première étude scientifique consacrée à la collaboration armée en Belgique francophone, tord le cou à l'image simpliste et manichéenne que nous avons de l'Occupation en ce pays ; celle d'une Flandre collaborationniste opposée à une Wallonie  résistante.

    Dans un exposé clair et précis, l'auteure décline les différents aspects que prit cette forme de collaboration, analysée dans son évolution chronologique et dans ses composantes sociologiques, en Belgique francophone : paramilitaire et policière dans l'intérieur du pays ("Gardes Wallones", auxiliaires de la Sipo-SD...), militaire sur le front de l'Est. Flore Plisnier renvoie Léon Degrelle à sa juste valeur : figure emblématique de l'engagement de quelques Belges fanatisés sous l'uniforme allemand ("une poignée de misérables" comme l'a dit de Gaulle des collabos français), il ne fut finalement pas l'élément central de la petite nébuleuse collaborationniste, qui recruta la plupart de ses séides parmi les marginaux et les déclassés de la société.

        F. Plisnier, Ils ont pris les armes pour Hitler. La collaboration armée en Belgique francophone, éditions Luc Pire, Bruxelles, 2008
Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 15:37
           
        Vous avez suivi, depuis la création de ce blog, la mise en ligne des notices individuelles consacrées aux résistants dont les noms sont inscrits sur le Mémorial de Berthaucourt.
Vous trouverez dans la série d'articles qui sera prochainement mis en ligne les principales articulations de l'étude effectuée à partir de la liste des noms du Mémorial, ainsi que les principaux enseignements dégagés.
Ceux-ci permettent de mettre en relief les moyens mis en oeuvre par les différents services allemands de police, mais aussi quelquefois par la police française, pour combattre la résistance dans les Ardennes. Nous ne pourrons faire l'économie, en guise de conclusion, d'une réflexion sur la mémoire de la Résistance dans notre département et la place que va y occuper, de plus en plus, avec la disparition des derniers témoins et des derniers acteurs, le Mémorial de Berthaucourt.
La « Société d'Etudes Ardennaise » m'a invité à présenter, au cours de la conférence qui sera donnée le 29 février prochain aux Archives départementales, à Charleville, les premiers résultats de cette étude dont les deux textes (celui de l'analyse, « le Mémorial », et celui des notices, « le martyrologe ») seront publiés par ses soins.

Sommaire :

Introduction
Origines du Mémorial
Typologie des victimes de la répression allemande
Le contexte politique et historique de la répression (1940-1945)

1. Les fusillés
Généralités
Les fusillés ardennais
1.1 Les fusillés ardennais en vertu d'une condamnation à mort
1.2 Les otages ardennais fusillés 
1.3 Les exécutés
1.4 Chronologie des fusillades sous l'Occupation, d'après la liste des inscrits à Berthaucourt

2. Les déportés
Généralités
2.1 Raisons et chronologie de la déportation
2.2 Répartition des déportés inscrits à Berthaucourt selon le lieu de destination et le lieu de décès
2.3 Les principaux camps d'accueil des déportés inscrits à Berthaucourt
2.4 Le cas des déportés « Nacht und Nebel »

Conclusion

18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 18:53
Origines du Mémorial

        Dès la libération du département, les groupements de Résistance des Ardennes exprimèrent la nécessité de rendre hommage à ceux qui avaient combattu dans leurs rangs et qui étaient tombés sous les coups de l'ennemi. Le choix du plateau de Berthaucourt, qui domine Charleville-Mézières s'imposa naturellement. Le lieu avait été celui où les Allemands, durant toute la période de l'Occupation, avaient fusillé les patriotes qui avaient été jugés par leurs tribunaux militaires.
Presque toutes ces exécutions « légales » y eurent lieu, à l'exception des 13 fusillés du fort des Ayvelles.

    Le 1er novembre 1944 eut lieu à Berthaucourt la première cérémonie en l'honneur des morts de la Résistance. André Point, plus connu dans la résistance sous le pseudonyme de « Commandant Fournier », chef des FFI des Ardennes, y prit la parole. Ainsi Berthaucourt devint un lieu hautement symbolique de la lutte clandestine des Ardennais contre l'occupant.


En 1946, un comité départemental des anciens de la Résistance
, sous le patronage du Commandant Fournier, décidait d'élever sur le plateau de Berthaucourt un mémorial qui deviendrait l'autel du culte voué au souvenir des sacrifices consentis par les héros de la Résistance ardennaise.



 
Surmonté d'une croix de Lorraine, le monument fut conçu par l'architecte Francis Despas. Des parcelles de terre, prélevées dans tous les hauts-lieux de la Résistance ardennaise, des cendres et des ossements recueillis dans les camps de concentration furent déposés dans un cénotaphe au pied du Mémorial.
Le 29 août 1954, à l'initiative de l'Union ardennaise des FFI, le mémorial de Berthaucourt fut flanqué de deux murs du souvenir, portant gravés dans la pierre les noms des morts de la Résistance ardennaise : dans sa structure, le mémorial associait la croix de Lorraine au V de la victoire, emblème des FFI.



La liste des noms fut dressée par une commission de l'UAFFI composée à cet effet.
Celle-ci s'est appuyée sur des réponses à un questionnaire sur les victimes de l'Occupation lancé par voie de presse, et sur le service ardennais de l'administration des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.
La publication du martyrologe, envisagée par l'UAFFI en 1955, ne fut jamais entreprise.

Typologie des victimes de la répression allemande

La liste que j'ai publiée des 506 noms des résistants ardennais inscrits à Berthaucourt, a été composée ainsi :

Pour toutes les victimes, on trouve le nom et le(s) prénom(s) des intéressés, et, dans la mesure du possible, indication de la date et du lieu de naissance, la profession, la domiciliation.
Pour les fusillés, la date et le motif de leur arrestation, la date et le lieu de leur exécution et, s'il y a lieu et dans la mesure de nos informations, la date et le lieu de leur comparution devant un tribunal militaire allemand.
Pour les déportés, la date et le motif de leur arrestation, la date et le lieu de leur départ, le lieu de destination, la date et le lieu du décès.

On peut distinguer, sommairement, deux grande catégories de victimes de la répression allemande inscrites à Berthaucourt : les fusillés, les déportés.

489 hommes et 17 femmes (13 déportées, 4 fusillées) sont inscrits à Berthaucourt.


On notera que nombre de victimes n'ont pas été fusillées dans le département, ou déportées à partir de celui-ci, étant souvent natives des Ardennes mais n'y étant pas, ou plus domiciliées (souvent des familles non rentrées après l'exode de mai 1940).
Tous les chiffres donnés ici et toutes les statistiques dressées à partir de la liste des victimes de la répression allemande inscrites à Berthaucourt sont basés sur le nombre de personnes dont les circonstances du décès sont connues (fusillade, déportation, « mort en mission »), soit 496 personnes.

Pour 10 personnes, les causes du décès sont (encore) inconnues.

La catégorie des « morts en mission » comporte cinq noms : Georges Poirier, mort à la suite des sévices subis à la prison de Charleville le 4 juin 1944, Armand Malaise, mort d'un arrêt cardiaque au cours d'une mission le 4 janvier 1944, Ernest Cardot et Achille François, tous les deux abattus par un traître qu'ils s'apprêtaient à exécuter le 5 juin 1943, Yves Nicolas, mort au cours d'un déplacement du maquis « Pascal » le 15 août 1944.



Le contexte politique et historique de la répression (1940-1945)

Dans le contexte de l'occupation de la France après la victoire des armées allemandes en juin 1940, la répression peut se définir comme l'ensemble des actions destinées à maintenir ou à rétablir l'ordre imposé par le vainqueur.
Dans la chronologie du temps de l'Occupation, on peut distinguer, sommairement, deux grandes périodes, mais une multiplicité d'acteurs, dans la mise en oeuvre de la répression de la résistance.
De juin 1940 à juin 1942, les pouvoirs de répression appartiennent exclusivement au « Commandement militaire en France ». Ils s'exercent à travers ses services de police :Feldgendarmerie, Geheime Feldpolizei, et son service de contre-espionnage, l'Abwehr.
Dans le même temps, le dispositif proprement français de répression continue de fonctionner, notamment contre les communistes.
Á partir du printemps 1942, la SS ôte à l'administration militaire les pouvoirs de police qu'elle assumait en France depuis les débuts de l'occupation. Sous la direction du général SS Oberg, la France est couverte par 18 agences régionales de la Gestapo, qui recrute plusieurs milliers d'auxiliaires français dans son service de renseignement, le SD (Sicherheitsdienst), qui est rattaché à la police de sécurité, la Sipo (Sicherheitspolizei). Des Kommandos du Sipo-SD, rattachés à la Feldkommandantur, sont installés dans tous les départements.
Au maillage policier instauré par la SS, il faut ajouter les instruments de répression mis en place par l'État français lui-même : service des menées antinationales, Brigades Spéciales, et Groupes Mobiles de Réserve, puis la Milice française, avec son chef, Joseph Darnand, nommé secrétaire général au maintien de l'ordre.
Un bilan provisoire de la répression évalue à environ 35 000 le nombre de personnes tuées pour des faits de résistance sous l'Occupation, en France et dans les prisons et camps d'Allemagne.


A suivre...
17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 00:00
1 . Les fusillés

    Afin de rendre plus lisibles les statistiques de la répression et dans une volonté de rendre compte plus précisément des réalités des fusillades, j’ai adopté la typologie développée dans l’étude de
J.P. Besse et T. Pouty sur ce sujet.

Les fusillés : personnes condamnées à mort par un tribunal militaire allemand puis passées par les armes.
Les otages fusillés : personnes arrêtées et fusillées, sans avoir été jugées, pour des faits dont ils n’étaient pas directement responsables. Dans cette catégorie, nous avons inclus les otages fusillés en 1944 selon les termes définis : « les personnes doivent avoir été emprisonnées ou maintenues en état d’arrestation pendant deux ou trois jours minimum, la date de l’exécution doit être postérieure d’une journée minimum à celle de l’action de Résistance qui est réprimée, le lieu d’exécution doit être différent du lieu d’emprisonnement ou d’arrestation, l’exécution ne doit pas être individuelle ».
Les exécutés : personnes arrêtées pour des faits portant préjudice à l’armée allemande ou au régime de Vichy puis mis à mort sommairement.
Les massacrés : personnes ayant été victimes d’exactions menées par l’armée allemande sans pour autant s’être montré coupables de quelque motif répréhensible (victimes de représailles).


1.1 Les fusillés en vertu d’une condamnation à mort

    Selon les clauses de l’Armistice du mois de juin 1940, l’armée allemande avait, en parallèle de la justice française, un pouvoir de juridiction sur tous les habitants des territoires de la zone occupée à partir du moment où ces derniers devenaient auteurs ou complices de crimes ou de délits pouvant porter atteinte à sa protection, à sa sécurité ou à l’honneur du peuple allemand.
La justice militaire allemande se fondait sur une interprétation très restrictive du droit international, pour lequel tout acte de résistance de la part de la population était considéré comme une activité illégale. Tout civil portant atteinte à la sécurité des troupes devenait un « franc-tireur ». Ce motif d’inculpation ne laissait en cas de procès que deux verdicts possibles : l’acquittement ou la condamnation à mort.

undefinedTampon du tribunal militaire de la Feldkommandantur 684, siègeant à Charleville

    Sur 483 victimes inscrites à Berthaucourt dont on connaît les circonstances du décès, le nombre de fusillés, toutes catégories confondues, se monte à 349, représentant près de 70 % des causes de décès.

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Les fusillés ardennais en vertu d’une condamnation à mort

    Le nombre de fusillés ayant fait objet d’un procès légal devant un tribunal militaire allemand s’élève à 44 personnes.
Lorsque la date du procès est connue, la répartition des fusillades dans le temps de l’Occupation s’inscrit ainsi :

- 1941 : 2 fusillés, condamnés à morts pour des faits particulièrement graves puisqu’il s’agissait d’attentats contre des soldats allemands

BASTIN Alfred et ANDRIEUX Eugène, né le 2 février 1898 à Sugny, domicilié à Machault, cultivateur. Le 12 mai 1940, il abattit un aviateur allemand dont l’appareil, abattu par la DCA, s’était écrasé. Arrêté par les troupes d’occupation le 23 avril 1941, il fut condamné à la peine de mort par un Tribunal militaire allemand et fusillé le 4 juin 1941 au Mont Valérien (il est le premier civil français exécuté en ce lieu).

- 1942 : 1 fusillé

LAMY Hildebert, né le 28 juin 1905 à Bay, ouvrier agricole à Houdilcourt. Il fut arrêté par la gendarmerie française pour possession d’armes, après dénonciation, le 25 avril 1942. Condamné à la peine de mort par le Tribunal militaire allemand de Rethel le 1er mai, il fut fusillé à Mézières le 10 mai 1942.

- 1943 : 3 fusillés

- 1944 : 38 fusillés

    Les procès furent rarement menés contre des individus solitaires, mais plutôt contre ce que l’on appellerait des « bandes organisées » : maquis FTP de Viel-Saint-Rémy, dit « de Launois », à la fin de l’année 1943 (12 condamnations à mort furent prononcées par le tribunal militaire siégeant à Charleville), affaire des UCR de l’OCM le 15 janvier, devant le tribunal militaire, de cinq responsables de l’OCM, qui se solda par la condamnation à mort de 2 d’entre eux (René BOURE et Robert COISPINE).
12 condamnations à mort furent encore prononcées au mois de juin et juillet. Toutes ces condamnations tardives furent exécutées au
Fort des Ayvelles.

undefined                            Acte d'accusation des inculpés Escalon, Tardif, Coispine, Bouré et Poirier, du 15 janvier 1944
                                                        (Revue historique ardennaise, T. XXX, 1995)


1.2 Les otages ardennais fusillés :

    Ils sont 15 à avoir été fusillés en tant qu’otages. Trois d’entre eux furent des inculpés d’ « activité communiste », arrêtés par la police française, jugés par le tribunal spécial de Nancy, saisis comme otage par les Allemands à la suite d’attentats commis contre les troupes d’occupation. Nous verrons en conclusion qu’ils n’épuisent pas la liste, tous n’étant pas inscrits à Berthaucourt.

Les otages fusillés en 1944, répondant aux critères adoptés plus hauts, sont au nombre de 13 dont 12 sont inscrits à Berthaucourt :
11 hommes et 2 femmes furent exécutés sommairement au
 Bois de la Rosière, à Tournes, le 29 août 1944, deux jours avant l’entrée des Américains dans le département, après que la Résistance eut saboté les 13 véhicules qui devaient emmener les prisonniers de Charleville vers l’Allemagne.

1.3 Les exécutés

    Ils forment l’ensemble restant des fusillés inscrits à Berthaucourt : soit 290 personnes mises à mort sommairement après arrestation, tuées dans les maquis ou lors des combats de la libération.

Sans doute le premier, et en tous cas le plus jeune, Marcel CHARLIER, âgé de 15 ans. En décembre 1940, il tira des coups de feu dans la direction d’une voiture dans laquelle se trouvait un officier allemand. Une quinzaine de jours plus tard, à l’issue d’une battue organisée par les troupes pour le retrouver, il fut sommairement abattu dans le village de Bay.

Des cas d’exécutions sommaires après arrestation et incarcération à la prison de Charleville sont avérés, à l’instar de ceux d’Ernest Montmartre et de Marcel Picot. Dans ces cas, les exécutions ont été différées après une longue période de détention, mais les prévenus n’ont pas été jugés.

Les fusillés au maquis et les victimes des combats de la libération, dans une période située entre le débarquement et la libération du département, forment l’essentiel du contingent des exécutés.
On peut à cet égard signaler que dès mars 1944, Keitel, chef du haut commandement de la Wehrmacht avait prescrit que la traduction devant un tribunal militaire d’une personne n’était « admissible que si le coupable [avait été] découvert ou capturé plus tard », après les combats.
Dans le cas de combats contre le maquis, une arrestation sur les lieux-mêmes devait être suivie d’une exécution immédiate, afin de ne pas surcharger les tribunaux. D’autant que considérés comme « francs-tireurs », ces résistants auraient été condamnés à mort par la justice militaire.

On peut rappeler quelques-uns des épisodes sanglants qui marquèrent l’été 1944 et les combats des maquis contre les troupes allemandes.
- Les 106 fusillés du maquis des Ardennes aux Manises le 12 juin et les jours suivants.
- les 9 fusillés du maquis du Banel, dont son chef, Adelin Husson, surpris par un piège tendu par la Gestapo.
- Les 19 fusillés d
Illy-Olly et de Gaulier, victimes d’un « groupe d’action » du parti franciste dirigé par le SD, fusillés les 28 et 29 août 1944 (2 des victimes du 29 ne sont pas inscrites à Berthaucourt !)
- Les 6 FFI tombés à Givry-sur-Aisne le 30 août 1944 lors de l’attaque d’une unité allemande stationnée à Montmarin…

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1.4 Chronologie des fusillades sous l’Occupation, d’après la liste des inscrits à Berthaucourt

    Sur 342 personnes dont on connaît la date du décès, la répartition des fusillades dans la chronologie de l’Occupation peut se lire ainsi :

-    1 en 1940
-    2 en 1941
-    1 en 1942
-    4 en 1943
-    334 en 1944

L’année 1944 est celle où la mise à mort devant un peloton d’exécution, ou par exécution sommaire au coin d’un bois, est la plus importante. Elle s’explique, succinctement, par l’importance prise par les mouvements de Résistance, l’accroissement de leur activité (sabotages, attentats contre des collaborateurs), et, en conséquence, la sévérité de plus en plus impitoyable de la répression. Mais, comme le montre l’analyse mensuelle de ces chiffres, c’est avec l’annonce du débarquement, dans un premier temps, et avec les combats pour la libération du département, dans un second, que la mortalité est la plus importante. On notera toutefois que les événements du maquis des Ardennes font littéralement exploser la courbe du graphique.

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A suivre...