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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 09:01

Je viens de lire dans un ouvrage récemment publié sur la guerre de 39-45 ce tableau récapitulatif intitulé « Bilan humain global de seconde guerre mondiale dans les Ardennes ».

 

 Là, stupéfaction, je m’aperçois qu’il n’y a plus que 356 personnes reconnues comme résistantes victimes de la répression allemande ; que ces dernières semaines, sans doute, les autorités ont effacé du Mémorial de Berthaucourt une partie des inscrits, où comme le sait tout un chacun sont inscrits les « Morts au combat et fusillés dans la Résistance »

Je relis la page de l’ouvrage en question, et je me rassure. Non, l’auteur cite les chiffres donnés par Jacques Vadon dans « Le bilan de la souffrance dans les Ardennes au cours des années d’occupation » publié dans la revue d’Études ardennaises en… 1964 !

 

 

Évidemment, ça date (44 ans)… Si l’auteur s’était penché plus avant sur la question, il aurait noté que le même Jacques Vadon, dans sa Contribution à l’histoire de la Résistance dans les Ardennes (juin 1940- septembre 1944), publiée par le C.D.D.P. de Charleville-Mézières en 1969, avait pris en compte l’évolution du nombre des inscrits et actualisé les chiffres :

 

 

 

Enfin, et pour finir, si l’auteur, à défaut de lire ces pages, s’était rendu au Mémorial de Berthaucourt pour, simplement, compter les noms inscrits dans la pierre (exercice fastidieux je le concède, mais ô combien instructif !), il se serait aperçu que leur nombre s’élève aujourd’hui à 506

Le Mémorial a évolué dans le temps, et il évoluera sans doute encore, on peut l’espérer


Bref, l’actualisation des chiffres et des données, si évidente dans le domaines des sciences sociales, semble quelque peu négligée par les historiens, ou du moins par ceux qui en font profession. On ne peut que le regretter. Les patriotes inscrits à Berthaucourt méritent sans doute un peu plus de rigueur dans l'écriture de leur histoire, qui est aussi la nôtre...



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Published by philippe lecler - dans Actualité
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