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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 08:34
Né le 31 octobre 1921 à Rimogne, Armand Polèse habitait Linay lorsque, en 1942, requis pour le STO, il entra en résistance, rejoignant le maquis franco-belge du Banel, dirigé par Adelin Husson. Agent de liaison dans un premier temps, puis chef de groupe, il occupait au maquis une « cagna » au lieu-dit « le Paquis de Frappant », dans la clairière de Buchy, avec trois autres réfractaires, André Poncelet et Fernand Blaise (de nationalité belge), Casimir Rzepcky (français d’origine polonaise), et une jeune fille belge, Marguerite Van Bever.
 
On sait que, le 18 juin 1944, le maquis fut encerclé par une forte troupe d’Allemands après que la Résistance sedanaise eut été infiltrée par l’agent de l’Abwehr Roemen, alias, en cette occasion, « Charles Antoine » (voir « La collaboration en Ardenne : le cas de Charles-Antoine Roemen alias “Rudeault” », Terres ardennaises n° 85, décembre 2003).
 
Les cinq maquisards, après avoir fuis leur cagna, furent arrêtés dans le bois du petit Banel sans pouvoir opposer de résistance à leurs poursuivants. Les quatre jeunes hommes furent emmenés au fortin du Paquis de Frappant, les mains liés derrière le dos avec du fil de fer. Ils furent battus à mort, puis, étendus le visage contre terre, achevés d’une balle de revolver dans la nuque. Leurs corps furent sommairement ensevelis près du château. Marguerite Van Bever, seule rescapée de leur groupe, fut interrogée par la Sipo d’Arlon avant d’être déportée au camp de Deckenschule. Deux fois évadée, elle rentra d’Allemagne en 1945 et témoigna contre ses bourreaux lors de leur procès devant le Conseil de guerre de Liège.
 
Les obsèques d’Armand Polèse eurent lieu à Rimogne le 26 septembre 1944.
 
Vous pourrez trouver des documents photographiques et des éléments de biographie sur le site de Loïc Delafaite, que je remercie ici :
 
 http://genealogie-delafaite.chez-alice.fr//polese.htm
Sources : A. DUBRU, Pages d’histoire de la Résistance dans la région de Florenville (1940-1944), non publié.
Published by philippe lecler - dans Des hommes
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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 14:23
Vient de voir le jour un blog consacré à la déportation des Juifs dans les Ardennes : les « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, section Ardennes », à l’initiative de Mme Dollard-Leplomb et de M. Lévy.
Les amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du département des Ardennes présentent actuellement le résultat de leurs recherches portant sur le travail forcé des Juifs dans les colonies agricoles du département, alors placées sous le contrôle de la WOL principalement dans le sedanais et dans le rethelois. La plupart d’entre ces hommes, femmes, enfants, furent déportés vers Auschwitz en janvier 1944.
À Tétaigne, le 23 avril, une plaque fut apposée, à l’initiatitve de la FMD, en leur souvenir sur un monument du village : " En mémoire des dix-huits Juifs arrêtés à Tétaigne, regroupés à Drancy, dirigés ensuite vers Auschwitz le 20 janvier 1944 ".
FMD 08 (voir aussi dans les liens) : http://afmd08.over-blog.com/
Published by philippe lecler - dans Actualité
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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 21:38

Ce samedi 8 avril eut lieu à Alland'huy une cérémonie du souvenir organisée, comme tous les ans, par la FNDIRP, afin de commémorer les arrestations du 6 avril 1944 à la ferme du Chesnois. Le nouveau président de l'association rappela les circonstances de la tragédie après les traditionnels rituels propres à ces manifestations, et rendit hommage à son prédecesseur, Robert Couvin, rescapé des camps de la mort et longtemps président de la FNDIRP. On rappelle que Robert Couvin est décédé lundi 20 mars à l'âge de 80 ans. Je l'avais rencontré l'année dernière, afin de recueillir son témoignage à l'occasion des recherches effectuées pour Ami, si tu tombes.

  Gérald Dardart, nouveau président de la FNDIRP

Published by philippe lecler - dans Actualité
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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 17:10
Dans un précédent article, je vous ai parlé des quatre cheminots d’Amagne arrêtés le 24 juin 1944, fusillés deux jours plus tard aux Ayvelles.
Voici les textes de leurs dernières lettres à leurs proches, écrites quelques minutes avant leur exécution.
 
René Arnould :
« 11h 30. Mes pauvres chéris, nous sommes condamnés à mort. Exécution tout de suite. Aie du courage, ma pauvre chérie, je t’embrasse ainsi que les gosses. Ton René.
Nous avons communié. Elève les gosses le mieux que tu pourras. »
 
Charles Boillot :
« 11 h 30. Mes biens chers, nous avons encore 10 minutes pour écrire. Sommes condamnés à mort. J’ai bien pensé à vous ces deux derniers jours, et m’en veux de vous laisser tout seuls. J’ai communié à l’aumônerie militaire, cela te fera plaisir. Bon courage, ma Gette. Elève bien le petit Claude. Je vous adore et vous envoie mes derniers baisers. Baisers à mes parents et aux tiens. Et surtout du courage. Adieu. »
 
Robert Stadler :
« 11 h 30. Femme chérie, enfants chéris, au reçu de cette lettre, tout sera fini. Prends courage et surtout pense bien aux enfants. Embrasse-les toujours bien pour moi, et toujours avec eux comme je serai toujours avec toi. J’ai communié et je meurs la conscience tranquille. Nous nous reverrons là-haut. Bons baisers pour toujours et à tous les trois. Ton mari et votre père pour l’éternité. »
 
Lucien Maisonneuve :
« Ma petite femme chérie, mes enfants adorés. Je vous dis adieu pour toujours, je vais mourir, pardonnez-moi la peine que je vous fait. René et Jeanine, aimez bien votre maman. J’ai communié avant de mourir et suis mort en chrétien. Priez pour moi sur terre, je prierai pour vous au ciel… »
Published by philippe lecler - dans Documents
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