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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 14:23
Vient de voir le jour un blog consacré à la déportation des Juifs dans les Ardennes : les « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, section Ardennes », à l’initiative de Mme Dollard-Leplomb et de M. Lévy.
Les amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du département des Ardennes présentent actuellement le résultat de leurs recherches portant sur le travail forcé des Juifs dans les colonies agricoles du département, alors placées sous le contrôle de la WOL principalement dans le sedanais et dans le rethelois. La plupart d’entre ces hommes, femmes, enfants, furent déportés vers Auschwitz en janvier 1944.
À Tétaigne, le 23 avril, une plaque fut apposée, à l’initiatitve de la FMD, en leur souvenir sur un monument du village : " En mémoire des dix-huits Juifs arrêtés à Tétaigne, regroupés à Drancy, dirigés ensuite vers Auschwitz le 20 janvier 1944 ".
FMD 08 (voir aussi dans les liens) : http://afmd08.over-blog.com/
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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 21:38

Ce samedi 8 avril eut lieu à Alland'huy une cérémonie du souvenir organisée, comme tous les ans, par la FNDIRP, afin de commémorer les arrestations du 6 avril 1944 à la ferme du Chesnois. Le nouveau président de l'association rappela les circonstances de la tragédie après les traditionnels rituels propres à ces manifestations, et rendit hommage à son prédecesseur, Robert Couvin, rescapé des camps de la mort et longtemps président de la FNDIRP. On rappelle que Robert Couvin est décédé lundi 20 mars à l'âge de 80 ans. Je l'avais rencontré l'année dernière, afin de recueillir son témoignage à l'occasion des recherches effectuées pour Ami, si tu tombes.

  Gérald Dardart, nouveau président de la FNDIRP

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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 17:10
Dans un précédent article, je vous ai parlé des quatre cheminots d’Amagne arrêtés le 24 juin 1944, fusillés deux jours plus tard aux Ayvelles.
Voici les textes de leurs dernières lettres à leurs proches, écrites quelques minutes avant leur exécution.
 
René Arnould :
« 11h 30. Mes pauvres chéris, nous sommes condamnés à mort. Exécution tout de suite. Aie du courage, ma pauvre chérie, je t’embrasse ainsi que les gosses. Ton René.
Nous avons communié. Elève les gosses le mieux que tu pourras. »
 
Charles Boillot :
« 11 h 30. Mes biens chers, nous avons encore 10 minutes pour écrire. Sommes condamnés à mort. J’ai bien pensé à vous ces deux derniers jours, et m’en veux de vous laisser tout seuls. J’ai communié à l’aumônerie militaire, cela te fera plaisir. Bon courage, ma Gette. Elève bien le petit Claude. Je vous adore et vous envoie mes derniers baisers. Baisers à mes parents et aux tiens. Et surtout du courage. Adieu. »
 
Robert Stadler :
« 11 h 30. Femme chérie, enfants chéris, au reçu de cette lettre, tout sera fini. Prends courage et surtout pense bien aux enfants. Embrasse-les toujours bien pour moi, et toujours avec eux comme je serai toujours avec toi. J’ai communié et je meurs la conscience tranquille. Nous nous reverrons là-haut. Bons baisers pour toujours et à tous les trois. Ton mari et votre père pour l’éternité. »
 
Lucien Maisonneuve :
« Ma petite femme chérie, mes enfants adorés. Je vous dis adieu pour toujours, je vais mourir, pardonnez-moi la peine que je vous fait. René et Jeanine, aimez bien votre maman. J’ai communié avant de mourir et suis mort en chrétien. Priez pour moi sur terre, je prierai pour vous au ciel… »
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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 21:06
La gare d’Amagne-Lucquy est un important nœud ferroviaire sur un axe Nord-Sud (ligne Paris-Luxembourg) mais aussi sur l’axe Est-ouest, (ligne Verdun-Hirson). Centre de triage, dépôt ferroviaire (avec son importante rotonde bâtie autour d’un pont tournant qui permettait de limiter les manœuvres de machines lorsqu’elles étaient remisées), c’était aussi une cité cheminote où les Allemands étaient omniprésents.
 
 La première organisation de résistance y apparut dès la fin de 1942, ou au début de 1943. Elle se constitua autour de cheminots de la S.N.C.F. : René Arnould, Georges Boillot, Robert Stadler, Gaston Venet, Charles Servais et Charles Imard. Les premiers sabotages visèrent d’abord les machines agricoles et les cultures de la WOL dans les villages environnants.
 
Mais les sabotages les plus importants concernèrent le matériel ferroviaire, qui débutèrent dès 1943 (septembre : déraillement d’un train de charbon par déboulonnage à Amagne, novembre et décembre : sabotages de locomotives par explosifs au dépôt…). En juin 1944, avec la mise en œuvre du Plan Vert, les sabotages s’intensifièrent. L’arrestation des quatre cheminots d’Amagne y mit un terme.
 
Lors des combats pour la libération, sous le commandement des gendarmes Robert Aubry et de Jean Guillon, fut formée une Centaine Plan Paul, « la Centaine Guillon ». Après que les F.F.I. d’Amagne-Lucquy aient occupé la gare dès le départ des troupes allemandes, le bourg était libéré par les Américains le 31 août 1944.
Published by philippe lecler - dans Des lieux
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