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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 18:38
Un gros livre comme on les aime. Une histoire de la vie quotidienne des Français de 1939 à 1949, qui commence avec la mobilisation générale et s'achève avec la fin du rationnement. Dix années marquées par la défaite, l'Occupation, les libérations, les reconstructions...                                                                                                                                                                                                                        
E. ALARY (sous la direction de), Les Français au quotidien, 1939-1949, Perrin, 2006.
Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 17:47
Châteaubriant, le nom de la préfecture de la Loire-Atlantique est devenu le symbole de la résistance des communistes français.
En représailles de l'attentat commis contre le Feldkommandant de Nantes 48 otages furent fusillés le 22 octobre 1941, dont 27 à Châteaubriand où ils étaient internés. Vingt-cinq d'entre eux appartenaient au Parti communiste français.
Le 21 octobre sera inauguré le Musée de la Résistance à Châteaubriant. Le lendemain, une cérémonie rendra hommage aux fusillés.
Pour une référence bibliographique, cliquez ici.
Published by philippe lecler - dans Actualité
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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 07:22
Le maquis « Baïonnette » fut créé en septembre 1943 par Emile Fontaine et « Georges » Henri Lallement.

Au printemps 1942, Henri Lallement avait été chargé par Henri Moreau de rechercher dans la région de Rumigny des recrues pour former des groupes de résistance. A la fin de l'année, le groupe créé à Rumigny comptait une dizaine d'hommes, deux autres groupes furent formés début 1943.
En février 1943 Henri Lallement fut nommé chef de section. Il avait pour tâches l'animation des groupes locaux , l'approvisionnement en faux papiers, les liaisons avec les autres secteurs, l'hébergement d'aviateurs alliés et de Juifs évadés du camp des Mazures.
En juillet 1943, Henri Moreau abandonna la direction du secteur de Signy-l'Abbaye à son adjoint, Adrien Fournaise, alias "Muirion". Employé en gare de Liart, âgé de 41 ans, Adrien Fournaise avait facilité, dès le début de l'Occupation, les prisonniers évadés en leur fournissant de faux papiers, en récoltant tous les renseignements sur les troupes allemandes et les transmettant à Londres via un réseau. Arrêté par la Gestapo le 24 décembre 1943, Adrien Fournaise fut incarcéré à la prison de Charleville, puis à Paris, puis à Romainville et à Natzwiller (Vosges). En mai 1944, il fut déporté au camp de Grossrosen, en Silésie, puis transféré en février 1945 vers Dora où il mourut d'épuisement.
Henri Lallement (qui devint « Georges », pseudonyme qu'il gardera après la libération) fut nommé adjoint au nouveau chef de secteur de Signy-l'Abbaye, Emile Fontaine, par ailleurs responsable de deux cantons de l'Aisne. Quant à Henri Moreau, il alla s'occuper du Bureau des opérations aériennes (B.O.A.) jusqu'à son arrestation en janvier 1944 à Chalons-sur-Marne. Emprisonné à Charleville, martyrisé, il ne parlera pas sous la torture. Les Allemands le fusilleront à Tournes avec douze autres prisonniers le 29 août 1944.
En Septembre 1943 débutèrent les travaux d'aménagement du futur maquis "Baïonnette", dans le bois de Rumigny, entre Rumigny et Blanchefosse.

M. Robert Blain était marchand de bestiaux. A ce titre, il était en contact avec le bureau de l'Enregistrement de Rumigny où Henri Lallement (« Georges ») était receveur. Des relations s'étaient nouées et lorsqu'en 1944, un maquis était devenu nécessaire au secteur, c'est dans les Bois de Rumigny, non loin de la ferme Blain, que son choix s'est porté : des bois pour être à couvert mais surtout la possibilité d'un magnifique terrain d'atterrissage en forme de U. Un chemin reliait directement la ferme au Maquis (environ 2 kms), mais il était assez emprunté, donc repérable.
La ferme était en quelque sorte la base arrière,  Georges y entreposait ses vêtements de rechange et son vélo (il était le seul à disposer d'un vélo), mais elle servait surtout au ravitaillement. Mme Blain faisait les courses auprès des commerçants ambulants. A la ferme, ils étaient 7, au Maquis, une vingtaine, plus le passage. Ce ravitaillement, elle l'a assuré souvent gratuitement. « Pinpin » (Guy Canon) s'occupait de l'intendance du Maquis et faisait les allers et venues. La nuit, il arrivait que des maquisards lancent des cailloux pour se procurer du ravitaillement. En cas de danger, Mme Blain tendait un torchon au vasistas du grenier.
Deux aviateurs américains, dont l'avion était tombé du côté d'Ebouleau, dans l'Aisne, avaient été dirigés vers le Maquis Baïonnette par Pierre Maujean (« Jojo »), résistant de Tavaux. Le 24 juillet 44, Ovide Borgniet, adjoint de Georges, a parcouru à pied 80 kms pour aller les chercher. L'un d'eux souffrit d'un mal blanc. A la ferme Blain, on fit passer le médecin de Brunehamel, le Dr Gottlieb, qui le soigna un soir tard.
Quand Mme Blain repérait sur la route des passages suspects, elle partait avec un panier contenant un livre de messe pour, disait-elle, « aller prier la Vierge à La Houssoye ». En fait, elle allait prévenir de ce qu'elle avait vu...
Elle n'avait peur de rien.
Fin août 44, le Maquis fut repéré. Mais les maquisards eurent le temps de se replier à quelques kms au S.E., dans la forêt d'Estremont. Cette fois, ce fut au moulin de Bay, tenu par Roger Camas, qu'ils trouvèrent leur ravitaillement.
Pour tous ces services, Mme Blain  a reçu  la Croix de Guerre le 1-12-45. Elle a aussi été décorée de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance.
Aujourd'hui, en 2006, il ne reste que deux survivants du Maquis Baïonnette : H.G. Lallement et René Borgniet, qui habite toujours aux Grands Caillaux.
Soixante-deux ans après, Yvette Blain, qui avait 17 ans en 1944, devenue Mme Bouxin, rend toujours régulièrement visite à Georges, en maison de retraite, et la chaleur de leurs retrouvailles témoigne de ce que furent les rapports entre le Maquis et la ferme Blain.  
Rencontre avec Mme Yvette Bouxin d'Aouste, fille de Mme Emilienne Blain, ferme des Grands Caillaux, Maquis Baïonnette, le 17- 07 -2006.
La relation qui précède a été recueillie par Mme Sylvie Laverdine, qui travaille actuellement sur ce secteur de la Résistance ardennaise (Signy-l'Abbaye).
Des hommes du maquis "Baïonnette" avec leurs amies, à la Libération.
Biblio :
A. Nice, Tavaux, 30-31 août 1944, histoire d'une tragédie.
P. Lecler,
La Résistance et la Libération. Entretiens avec G.H. Lallement, Terres ardennaises n° 88, octobre 2004
 
Published by philippe lecler - dans Des lieux
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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 17:23
Pour cette livraison spéciale consacrée à la Shoah dans les Ardennes, la "bibliographie ardennaise" bouleverse  l'ordre chronologique qui lui avait été assigné, et se permet d'enjamber allègrement quelques années.

HUSSON (J.P.), La déportation en Champagne-Ardenne, CRDP de Reims, 1991

 
Rédigée par Jean Pierre Husson, "la déportation en Champagne-Ardenne", plaquette publiée en 1985 au CRDP, a été en partie actualisée à partir de sa thèse de doctorat ("La Marne et les Marnais pendant la seconde guerre mondiale") et du DEA de son épouse sur la déportation des Juifs de la Marne (mise en ligne ici). Le livre est issu de l'enquête du Comité d'histoire de la deuxième Guerre Mondiale, dont le réseau de correspondants pour notre département fut constitué par Robert Cloet puis Jacques Vadon. L'ouvrage dresse un bilan de la déportation dans les départements.
Pour les Ardennes, celui-ci porte le nombre de déportés à 524, (dont 240 rentrés), soit 1 déporté pour 468 habitants :
- à près de 32 % pour « résistance »
- à près de 20 % pour des motifs « politiques » (le plus souvent pour appartenance au parti communiste et/ou fait de résistance)
- à près de 20 % pour motifs raciaux (101 personnes, 29 rentrées).
47 % des déportations ont eu lieu durant l'année 1944, à destination principalement des camps d'Auschwitz-Birkenau (109 personnes) et de Buchenwald (55 personnes). La déportation a touché majoritairement des hommes de plus de 18 ans (436), aucun  milieu socioprofessionnel n'a été épargné.

Dessin d'Henri Gayot, rélisé après sa détention à Natzweiler, évoquant les séances de rassemblement qui se tenaient à toute heure sur l'une des places du camp (tiré de Struthof, de R. Steegmann)

Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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