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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 10:43

Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formelle.

    

    Couvrant une longue période de l'histoire, du début du XIXe siècle à la Libération, l'ouvrage contient un chapitre sur la Résistance, celle-ci n'étant plus seulement considérée comme un mouvement de libération national, mais aussi comme un instrument d'émancipation pour la classe ouvrière.

Henri Manceau (1907-1986), professeur à l'École normale de Charleville et historien du mouvement ouvrier, place la Résistance des communistes et celle des FTP au centre de la lutte populaire contre l'occupant, non sans afficher clairement ses solides convictions d'historien formé à l'école marxiste.

« L'histoire de la Résistance ardennaise, quand elle est présentée par un membre de l'OCM, est encore victime des réflexes anticommunistes dont ne peuvent se guérir certains officiels de l'après-guerre qui ont fait de la droite le parangon de la résistance [?] Y a-t-il lieu d'éclairer uniquement le portrait de quelques personnalités auxquelles on attribue un rôle majeur ? Ou bien n'est-il pas plus juste de considérer la masse obscure de ceux qui, animés par le même idéal, s'étaient engagés dans la même action ? Le héros ou les masses faisant l'histoire ? On sait bien que ce sont les masses. »

On mesure, à la lecture de ces lignes, l'évolution de l'historiographie de la Résistance depuis la fin des années 60.
Ainsi est mise en avant l'action, dès avant le 22 juin 1941, des communistes ardennais, cheminots, métallos, frappés par la répression policière de Vichy et celle des Allemands ; la naissance des FTP et leur implantation dans le département, l'ostracisme (supposé ou réel) dont ils furent victimes de la part des autres mouvements. L'exposé est donc, de façon assez nette, partisan et vindicatif, reflet aussi des tensions et des engagements de son époque.

Manceau (H.), Des luttes ardennaises, trois siècles d'histoire, Éditions Sociales, Paris, 1969

 

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 17:23
Pour cette livraison spéciale consacrée à la Shoah dans les Ardennes, la "bibliographie ardennaise" bouleverse  l'ordre chronologique qui lui avait été assigné, et se permet d'enjamber allègrement quelques années.

HUSSON (J.P.), La déportation en Champagne-Ardenne, CRDP de Reims, 1991

 
Rédigée par Jean Pierre Husson, "la déportation en Champagne-Ardenne", plaquette publiée en 1985 au CRDP, a été en partie actualisée à partir de sa thèse de doctorat ("La Marne et les Marnais pendant la seconde guerre mondiale") et du DEA de son épouse sur la déportation des Juifs de la Marne (mise en ligne ici). Le livre est issu de l'enquête du Comité d'histoire de la deuxième Guerre Mondiale, dont le réseau de correspondants pour notre département fut constitué par Robert Cloet puis Jacques Vadon. L'ouvrage dresse un bilan de la déportation dans les départements.
Pour les Ardennes, celui-ci porte le nombre de déportés à 524, (dont 240 rentrés), soit 1 déporté pour 468 habitants :
- à près de 32 % pour « résistance »
- à près de 20 % pour des motifs « politiques » (le plus souvent pour appartenance au parti communiste et/ou fait de résistance)
- à près de 20 % pour motifs raciaux (101 personnes, 29 rentrées).
47 % des déportations ont eu lieu durant l'année 1944, à destination principalement des camps d'Auschwitz-Birkenau (109 personnes) et de Buchenwald (55 personnes). La déportation a touché majoritairement des hommes de plus de 18 ans (436), aucun  milieu socioprofessionnel n'a été épargné.

Dessin d'Henri Gayot, rélisé après sa détention à Natzweiler, évoquant les séances de rassemblement qui se tenaient à toute heure sur l'une des places du camp (tiré de Struthof, de R. Steegmann)

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 12:17
Les ouvrages sont cités dans l’ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l’année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n’encombrent pas les fonds de bibliothèques, le choix d’une date de rupture est donc purement formel.


Le Comité d’Histoire de la seconde guerre mondiale fut fondé en décembre 1951, chargé, sous la direction d’Henri Michel, de recherche historique sur le conflit mondial. Organisme interministériel rattaché au Président du Conseil puis au Premier Ministre, amis lié au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
Sa première tâche, fut de rédiger une statistique générale de la déportation en France sous l’égide de la Commission d’histoire de déportation. Une grande enquête fut lancée partout en France par la mise en place d’un réseau de correspondant départementaux.
Dans les Ardennes, Robert Cloet puis Jacques Vadon (décédé le 19 décembre 1990, à l’âge de 79 ans, J. Vadon fut, de 1945 à 1976, professeur d’histoire et de géographie au lycée Chanzy à Charleville), furent les correspondants départementaux du CD2GM dès 1958.
Les résultats de l’enquête dans le département furent publiés dans le numéro 118 de mars 1963 du « Bulletin du Comité d’Histoire de la deuxième guerre mondiale », puis intégrés au « Bilan de la souffrance dans les Ardennes » présenté dans le numéro 38 de juillet-septembre 1964 de la revue Études Ardennaises.
En parallèle à cette activité débutèrent les recherches sur la Résistance et sur l’Occupation, qui menèrent Jacques Vadon à l’écriture de nombreux articles dans la Revue historique ardennaise, publiée par les Archives départementales, puis à la soutenance de sa thèse de doctorat en 1979.

VADON (J), « Statistique de la répression à la Libération », Bulletin du Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, n° 197, janvier-février 1972, p. 22-25.
VADON (J.), « Les mouvements de collaboration dans les Ardennes (1942-1944) »,  Revue Historique  Ardennaise, T. IX, 1974, p.193 - 206.
VADON (J.), « Le Comité Départemental de Libération », Revue Historique  Ardennaise T. X, 1975, p.123 - 144 .
VADON (J.), « Le S.T.O. dans les Ardennes », Revue Historique  Ardennaise, T. XI, 1976, p. 67 - 86.
VADON (J.), « Les parachutages dans la Résistance ardennaise (mai 1943-août 1944) », Revue Historique  Ardennaise, T. XVII, 1982, p. 249 - 264
VADON (J.), « Les fusillés ardennais pendant l’occupation : mai 1940-septembre 1944 », Revue Historique  Ardennaise, T. XXII, 1987, p. 185 – 206
VADON (J),  « Les femmes ardennaises accusées de collaboration de mai 1940 à septembre 1944 » (article posthume), Revue Historique Ardennaise, T. XXX, 1995,  p. 89-97.


VADON (J.), « La Résistance dans les Ardennes », thèse de Doctorat sous la direction d’Annie Kriegel, 1979 (non publiée)

Une somme de référence sur le sujet, par celui qui s’est imposé comme l’historien de la Résistance dans les Ardennes. On ne peut que regretter qu’elle n’ait jamais été publiée (bien que le projet en ait été dressé) ! Heureusement, on peut la consulter aux archives départementales. Une base de travail nécessaire à toute recherche sur le sujet.


VADON (J.), Contribution à l’histoire de la Résistance dans les Ardennes (juin 1940- septembre 1944), C.D.D.P., Charleville-Mézières, 1969

La structure en deux parties, sous forme de deux tableaux (chronologique pour l’histoire de la Résistance ardennaise, synchronique pour le recensement des sabotages ferroviaires dans le département), destinait l’ouvrage aux enseignants ou aux spécialistes de la question, tout au moins à l’amateur éclairé. Vadon s’en expliquait dans son introduction : « D’aucuns regretteront peut-être l’absence d’un récit et l’usage de tableaux […] nous avons voulu […] nous défendre de tout développement littéraire absolument inutile : les faits parlent d’eux-mêmes. » Même si je ne partage pas cette dernière assertion, la Contribution de J. Vadon reste donc un outil précieux pour le chercheur.

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 16:39

Les ouvrages sont cités dans l’ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l’année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n’encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d’une date de rupture est donc purement formelle.


FONTAINE Marguerite - THOME Éva, Les Vieux-Moulins de Thilay, haut-lieu de la Résistance ardennaise, Éditions de la S.E.A., Mézières, 1964

Faut-il le présenter ? L’ouvrage, maintes fois réédité, constitue un témoignage incomparable et irremplaçable sur la Résistance sur le plateau ardennais et sur le Maquis des Ardennes (comme il faut bien se résoudre à le nommer). Il a définitivement placé le hameau des Vieux-Moulins de Thilay comme centre emblématique de la Résistance ardennaise, contribué à l’exaltation de la geste du Maquis des Ardennes, avec, en figure héroïque, son chef, Jacques Paris de Bollardière, alias « Prisme ».

Le livre est né d’une rencontre entre une intellectuelle et une paysanne : celle du professeur de philosophie et écrivain Éva Thomé, elle-même ancien résistante du réseau Parsifal-Marathon, et Marguerite Fontaine, paysanne des Vieux-Moulins. La première a « découvert » le trésor qui dormait caché dans une poutre de la demeure de Marguerite : des cahiers d’écolier où la vieille dame avait noté « sa » guerre. Vice-présidente de la Société des écrivains ardennais, Éva Thomé fit publier en 1964 le « journal » de Marguerite Fontaine. Ce fut un succès immédiat. Aujourd’hui encore, il reste incontournable et participe à la pérennité de l’épopée de la Résistance ardennaise, tout en restant, sans doute aucun, un document historique de premier ordre.

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