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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 18:18
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.

VAISSE (M.) (sous la direction de), Ardennes 1940, Éditions Henri Veyrier, Paris, 1991

Ouvrage collectif constituant la publication des actes du colloque tenu le 11 mai 1990 au centre des congrès des Vieilles Forges et organisé par le centre de recherche ARPEGE (Association pour la recherche sur la paix et la guerre) de l’Université de Reims.

Un ensemble de quatorze contributions d’historiens français, belges et allemands, toutes de grandes qualités, portant aussi bien sur l’analyse de questions stratégiques, les combats de 40, les attitudes des Français lors de la « drôle de guerre », l’exode, etc.









Ci-dessus : les troupes allemandes à la frontière franco-belge, venant de Beauraing et se dirigeant vers Givet.
Ci-dessous : entrée des Allemands dans Givet.


Ci-dessous : un groupe de soldats allemands autour d'un Stuka (campagne de France)


Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 10:08
           Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.


                        En septembre 1939, en même temps que le reste du pays, les Ardennes entrent dans une guerre qui ne justifie pas son nom. N'est-il pas fréquent, en effet, de parler de la "guerre de 1940" à propos d'un conflit commencé près d'un an plus tôt ? De septembre 1939 à mai 1940, c'est la "drôle de guerre", selon l'expression attribuée à Roland Dorgelès, une guerre insolite, car contrairement à la précédente, on ne se bat pas, ou si peu.

            Comment les Ardennais ont-ils vécu ces huit mois qui précèdent l'attaque allemande du 10 mai 1940 ?
La question mérite d'autant plus d'attention que nous sommes ici dans un département frontière, donc dans la zone des armées où civils et militaires vivent en étroite cohabitation. D'autre part,
en 1914, ce département a été le théâtre de violents combats auxquels a succédé une occupation particulièrement lourde de cinquante et un mois, et ces événements, encore très présents dans les esprits en 1939, ont profondément façonnés la perception que les Ardennais pouvaient avoir de la guerre et de leur envahissant voisin allemand.
L'analyse de la vie des civils ardennais entre septembre 1939 et mai 1940 a conduit les auteurs à porter leur attention sur quelques points forts : l'état d'esprit des populations confrontées à la situation de "non-guerre" qui succède à la mobilisation ; leur comportement dans un paysage familier transformé par les nécessités militaires ; leurs réactions face aux gênes provoquées par la présence des troupes ; enfin, leurs activités professionnelles, les entreprises du département étant confrontées à un véritable dilemme : produire ou évacuer ?

   
Le premier grand ouvrage de l'équipe de Terres Ardennaises, dont nous aurons à reparler. Un livre riche en analyses et en témoignages,  sur un thème, l'exode de 40, pour une fois ici traité avec une véritable profondeur et loin des idées reçues.

        LAMBERT (J.), GIULIANO (G.), ROTOWSKY (V.), Les Ardennais dans la

tourmente : de la mobilisation à l'évacuation
, Éditions Terres Ardennaises,

Charleville-Mézières, 1990

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 18:53
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.

Avec le livre de Paul Lotterie sur Marceau Devie, parurent à la fin des années 80, deux autres ouvrages consacrés à la Seconde guerre mondiale dans le département, envisagée là encore sur le plan local.


DEROCHE (G.) et MACHINET (S.), Vouziers 1940-1944, pages d'histoire pour le 40e anniversaire de la Libération, Édition ville de Vouziers, 1984

Première étude locale sur l'occupation allemande et la Résistance, axée sur le Vouzinois, avec de nombreux témoignages.







CORDIER (J.P.), Combat en Ardenne, SOPAIC, Charleville-Mézières, 1986

Jean-Paul Cordier, membre de la Société des Écrivains Ardennais, n'était pas historien, mais il fit oeuvre de mémorialiste de l'Occupation à Monthermé et dans la vallée de la Meuse, des combats du printemps 1940 à la libération. L'essentiel de l'ouvrage est consacré à la Résistance, notamment celle des FTP, si présents autour de Château-Regnault, mais aussi à l'impact, dans la vallée, du massacre des Manises en juin 1944.
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 12:16

   Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.


                                                                    Les souvenirs de Marceau Devie, recueillis par Paul Lotterie, sur la Résistance dans la pointe de Givet, qui met en avant la coopération franco-belge en ce domaine, en font un ouvrage incontournable. Un témoignage qui ne s'accommode pas de la langue de bois (notamment sur le chapitre de la collaboration, voir ici, ici, et ici).

Marceau Devie est né en 1907 à Hargnies. Il participa à la guerre en 1940, fut démobilisé  à Montauban le 16 juillet 1940. Il rejoignit sa famille réfugiée en Vendée puis rentra clandestinement dans les Ardennes en décembre 1940 pour reprendre son travail au barrage de Ham/Meuse. C'est à cette date que commença son activité de résistant.

Il favorisait dès avril 1941 le passage de prisonniers évadés venant d'Allemagne par la Belgique, les dirigeant vers Paris depuis la gare d'Aubrives avec la complicité d'agents de la S.N.C.F. Naquit alors une filière qui fonctionna jusqu'en juin 1944 et qui servit aussi à l'évacuation d'aviateurs alliés. En août 1942, il devenait agent de renseignements des réseaux franco-belges "Bayard Poisson Chinois" et de la "Ligne PV " (réseau dont le centre ardennais était le maquis du Banel).

En février 1944 il rencontra "Marco" (responsable des sabotages auprès de l'état-major départemental des FFI)  à Charleville,  qui lui demanda d'accepter la direction des équipes de sabotages dans le secteur de Vireux-Givet. Devie donna son accord et effectua, avec François Amerand, son premier sabotage sur voie ferrée à Aubrives. D'autres allaient suivre. Deux mois plus tard, en avril, Jean Vigneron, alias « Parfum », chef du Secteur de Givet en fit son adjoint et le nomma responsable départemental militaire du mouvement Libération-Nord sous le pseudonyme de "Firmin". En liaison avec le maquis des Ardennes, Marceau Devie parvint à obtenir, le 8 août,  un parachutage  sur le territoire de la commune de Vireux-Wallerand (message : « La bécasse trompe son mâle »). Le matériel permit d'équiper un maquis constitué dans la forêt.

Le 4 septembre, après un dernier accrochage avec les Allemands en déroute à Hargnies (où Gabriel Brichet et René Darcourt trouvèrent la mort), Marceau Devie accueillait les Américains à Vireux. Puis il participa aux opérations qui devaient mener, trois jours plus tard, à la libération de Givet.

 LOTTERIE (P.), Marceau Devie, résistant ardennais, m'a raconté..., SOPAIC, Charleville-Mézières, 1985

 

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