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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 10:21
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
                                                                                                       

GRANDVAL (G.) et JEAN COLIN (A.), Libération de L'Est de la France, Hachette, Paris, 1974


    Une grande étude, composée par un harmonieux mélange de mémoires vécues et d'analyse historique, consacrée aux huit départements formant la Région C de la Résistance, par son ancien chef, Gilbert Grandval. Indispensable pour qui veut aller plus loin dans la compréhension de l'organisation de la Résistance.
Présentons donc son principal et illustre auteur, Gilbert Grandval qui eut entre les mains les destinées de la résistance ardennaise de 1943 à la Libération.

 Gilbert Grandval, né à Paris en 1904, issu d'une famille de vieille souche alsacienne était avant la guerre directeur commercial d'une entreprise industrielle de produits chimiques. Lors de la déclaration de guerre, il est mobilisé comme sous-lieutenant pilote dans l'aviation. Reprenant son activité après la défaite, il profite de ses fonctions pour collecter des renseignements et participer à des filières d'évasion d'aviateurs alliés. En juin 1943, recherché par la Gestapo, il entre en clandestinité et adhère au mouvement « Ceux de la Résistance » (C.D.L.R.), y prend des responsabilités, notamment à l'état-major F.F.I. de Paris où il est affecté. Ce passage lui permet de se familiariser avec la diversité et la complexité des problèmes qui peuvent se poser à l'échelle d'une région.

Le 26 novembre 1943, il prend la succession de Pierre Arrighi (arrêté par les Allemands le 19 novembre) à la tête de l'organisation militaire de C.D.L.R. Ce mouvement s'est vu confié le commandement de la région C de la Résistance par le général Delestraint, chef militaire de l'A.S. Par cette nomination, Grandval devient chef des F.F.I. de la région C qui couvre les départements des Ardennes, de la Marne, de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Vosges.

En janvier 1944, le Délégué Militaire Régional, André Schock (D.M.R. depuis septembre 43) est arrêté par la Gestapo à Paris. Grandval est pressenti pour prendre sa succession. A compter de février, Grandval va cumuler les fonctions de chef des F.F.I. et de Délégué Militaire Régional de la région C (pseudo « Planète »).

En sa qualité de chef des F.F.I., il rend compte de son activité au COMAC (la Résistance intérieure). En tant que D.M.R., il est aux ordres du général Koenig, donc du général de Gaulle (résistance extérieure). Cette double casquette en fait l'unique intermédiaire pour la région entre l'état-major interallié à Londres et la Résistance intérieure.

A la libération, le général de Gaulle lui confie le commandement de la XXe Région Militaire et le fait compagnon de la Libération et Chevalier de la Légion d'Honneur. Après avoir passé dix ans en Sarre en qualité de Gouverneur Militaire puis d'Ambassadeur de France, il sera nommé Résident Général de France au Maroc.

Après 1958 et le retour du général de Gaulle, il sera successivement Secrétaire général de la Marine marchande, puis Secrétaire d'État au commerce extérieur et pendant quatre ans Ministre du Travail.

Grand Officier de la Légion d'Honneur et membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, Compagnon de la Libération, titulaire de la Rosette de la Résistance et d'une croix de guerre ornée de trois palmes et d'une étoile (parmi ses décorations les plus prestigieuses), Gilbert Grandval est décédé le 29 novembre 1981 à Paris.

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Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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