Georges Robert est décédé cet été. Grand résistant ardennais, il était la mémoire des FTP des Ardennes. Retour sur son parcours...
Issu d’une famille modeste de la région Rethèloise, Georges Robert est né le 1er décembre 1918 à Briennon-sur-Armançon (Yonne) où sa mère avait été évacuée lors de l’offensive allemande de 1914. Après la guerre, la famille Robert retrouva Roizy, où Georges passa son enfance.
Versé dans l’aviation à la base aérienne de Reims, il participe en 1940 aux combats contre les Allemands, mais son régiment doit se replier sur Bordeaux puis sur Port-Vendres. La conclusion de l’armistice le laisse amer. Démobilisé le 1er septembre 1940, il part travailler dans une sucrerie de Seine-et-Marne, à Noissy-Cramoyel. Là débute son premier engagement dans la résistance. Il participe à la rédaction et à la diffusion de tracts clandestins dénonçant la politique du gouvernement de Vichy et appelant à la lutte contre l’occupant. Mais deux de ses plus proches camarades sont arrêtés pour leur activité clandestine et leur appartenance au Parti communiste français alors interdit (c’est en hommage à l’un de ces premiers résistants que Georges Robert lui emprunta son prénom, « Dany », qui devint son pseudonyme dans la clandestinité). Georges Robert prend la fuite et rejoint les Ardennes en juillet 1942, où il vient travailler à la sucrerie de Saint-Germainmont, puis dans les fermes de la WOL à Gomont.
En janvier 1943, il est contacté par Pierre Labar et Léon Hourlier, de Saint-Germainmont, qui, à l’instar d’autres patriotes du canton, ont formé un petit groupe de résistance affilié aux FTP. Leurs objectifs en ce début de 1943 sont de plusieurs ordres : récupération d’armes sur le champ de bataille que fut la région en mai et juin 1940, distribution de propagande anti-allemande et diffusion de la presse clandestine, notamment le journal France d’abord, organe des FTP, sabotage du matériel roulant au départ de la sucrerie de Saint-Germainmont. Enfin, de nouveaux groupes sont recrutés et formés.
Au début de 1944, Dany est nommé au grade de lieutenant FTP. Il devient ainsi officiellement l’adjoint du Capitaine Pascal (Pierre Luizard), qu’il ne quittera plus jusqu’à la libération du département.
Après le parachutage de « Dame blanche » et le débarquement allié sur les côtes normandes, Georges Robert quitte son emploi civil et entre en clandestinité. A compter du mois de juin, il va accompagner Pascal dans la formation du maquis dans les bois de Blanzy avec les réfractaires du secteur et participe à tous les combats, à tous les sabotages, à tous les coups de main... A la fin du mois de juin 1944, le maquis, constituant la 2e compagnie FTP du secteur sud des Ardennes se transporte dans la forêt du Mont-Dieu, puis dans les bois de Belval. Dany est blessé lors de la marche des maquisards vers Charleville à la fin du mois d’août, lors des combats pour la Libération, a laquelle il participe néanmoins.
Dany en compagnie de Marie-Héléne Cardot, au plateau de Berthaucourt.
(photo tirée de mon ouvrage Ami, si tu tombes)
Sources : Ami, si tu tombes, la résistance dans la région de Rethel, 1940-1944