La gare d’Amagne-Lucquy est un important nœud ferroviaire sur un axe Nord-Sud (ligne Paris-Luxembourg) mais aussi sur l’axe Est-ouest, (ligne Verdun-Hirson). Centre de triage, dépôt ferroviaire (avec son importante rotonde bâtie autour d’un pont tournant qui permettait de limiter les manœuvres de machines lorsqu’elles étaient remisées), c’était aussi une cité cheminote où les Allemands étaient omniprésents. La première organisation de résistance y apparut dès la fin de 1942, ou au début de 1943. Elle se constitua autour de cheminots de la S.N.C.F. : René Arnould, Georges Boillot, Robert Stadler, Gaston Venet, Charles Servais et Charles Imard. Les premiers sabotages visèrent d’abord les machines agricoles et les cultures de la WOL dans les villages environnants. Mais les sabotages les plus importants concernèrent le matériel ferroviaire, qui débutèrent dès 1943 (septembre : déraillement d’un train de charbon par déboulonnage à Amagne, novembre et décembre : sabotages de locomotives par explosifs au dépôt…). En juin 1944, avec la mise en œuvre du Plan Vert, les sabotages s’intensifièrent. L’arrestation des quatre cheminots d’Amagne y mit un terme. Lors des combats pour la libération, sous le commandement des gendarmes Robert Aubry et de Jean Guillon, fut formée une Centaine Plan Paul, « la Centaine Guillon ». Après que les F.F.I. d’Amagne-Lucquy aient occupé la gare dès le départ des troupes allemandes, le bourg était libéré par les Américains le 31 août 1944.
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