Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
En septembre 1939, en même temps que le reste du pays, les Ardennes entrent dans une guerre qui ne justifie pas son nom. N'est-il pas fréquent, en effet, de parler de la "guerre de 1940" à propos d'un conflit commencé près d'un an plus tôt ? De septembre 1939 à mai 1940, c'est la "drôle de guerre", selon l'expression attribuée à Roland Dorgelès, une guerre insolite, car contrairement à la précédente, on ne se bat pas, ou si peu.
Comment les Ardennais ont-ils vécu ces huit mois qui précèdent l'attaque allemande du 10 mai 1940 ?
La question mérite d'autant plus d'attention que nous sommes ici dans un département frontière, donc dans la zone des armées où civils et militaires vivent en étroite cohabitation. D'autre part, en 1914, ce département a été le théâtre de violents combats auxquels a succédé une occupation particulièrement lourde de cinquante et un mois, et ces événements, encore très présents dans les esprits en 1939, ont profondément façonnés la perception que les Ardennais pouvaient avoir de la guerre et de leur envahissant voisin allemand.
L'analyse de la vie des civils ardennais entre septembre 1939 et mai 1940 a conduit les auteurs à porter leur attention sur quelques points forts : l'état d'esprit des populations confrontées à la situation de "non-guerre" qui succède à la mobilisation ; leur comportement dans un paysage familier transformé par les nécessités militaires ; leurs réactions face aux gênes provoquées par la présence des troupes ; enfin, leurs activités professionnelles, les entreprises du département étant confrontées à un véritable dilemme : produire ou évacuer ?
Le premier grand ouvrage de l'équipe de Terres Ardennaises, dont nous aurons à reparler. Un livre riche en analyses et en témoignages, sur un thème, l'exode de 40, pour une fois ici traité avec une véritable profondeur et loin des idées reçues.
LAMBERT (J.), GIULIANO (G.), ROTOWSKY (V.), Les Ardennais dans la
tourmente : de la mobilisation à l'évacuation, Éditions Terres Ardennaises,
Charleville-Mézières, 1990
Comment les Ardennais ont-ils vécu ces huit mois qui précèdent l'attaque allemande du 10 mai 1940 ?
La question mérite d'autant plus d'attention que nous sommes ici dans un département frontière, donc dans la zone des armées où civils et militaires vivent en étroite cohabitation. D'autre part, en 1914, ce département a été le théâtre de violents combats auxquels a succédé une occupation particulièrement lourde de cinquante et un mois, et ces événements, encore très présents dans les esprits en 1939, ont profondément façonnés la perception que les Ardennais pouvaient avoir de la guerre et de leur envahissant voisin allemand.
L'analyse de la vie des civils ardennais entre septembre 1939 et mai 1940 a conduit les auteurs à porter leur attention sur quelques points forts : l'état d'esprit des populations confrontées à la situation de "non-guerre" qui succède à la mobilisation ; leur comportement dans un paysage familier transformé par les nécessités militaires ; leurs réactions face aux gênes provoquées par la présence des troupes ; enfin, leurs activités professionnelles, les entreprises du département étant confrontées à un véritable dilemme : produire ou évacuer ?
Le premier grand ouvrage de l'équipe de Terres Ardennaises, dont nous aurons à reparler. Un livre riche en analyses et en témoignages, sur un thème, l'exode de 40, pour une fois ici traité avec une véritable profondeur et loin des idées reçues.
LAMBERT (J.), GIULIANO (G.), ROTOWSKY (V.), Les Ardennais dans la
tourmente : de la mobilisation à l'évacuation, Éditions Terres Ardennaises,
Charleville-Mézières, 1990
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