« L’Ardennais, peu expansif, de caractère froid et réservé, parait préoccupé essentiellement par ses affaires personnelles; peu de discussions portent sur des questions d’ordre général; dans les conversations courantes, le ravitaillement paraît toujours la préoccupation essentielle. Toutefois, la déclaration publique du Chef de l’État mettant sa confiance en l’avenir de la politique du Président Laval et le discours prononcé par le Chef du Gouvernement le 22 juin [1942] ont eu un profond retentissement et sont, sans nul doute, appelés à faire réfléchir une opinion publique quelque peu désorientée.
Envahi de 1914 à 1918, occupé à nouveau depuis 1940, l’habitant des Ardennes supporte avec calme et sang-froid apparemment au moins, ce qu’il considère comme un mal inévitable. Il est certain que sa défiance à l’égard de l’Allemagne reste à peu près entière, et c’est avec beaucoup de réserve que la population ardennaise, les milieux ouvriers surtout, accueillent la proposition de la relève des prisonniers de guerre…. »
Extrait d’un rapport du préfet des Ardennes « sur la situation générale du département », daté de juillet 1942.
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