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Les municipalités de Revin et de Thilay et de Revin, le  Souvenir Français et l’association des Forestiers ont récemment apposé une plaque commémorative au lieu-dit « le Ravin de l’Ours » à Linchamps, là où au mois de juin 1944 les maquisards massacrés aux Manises furent enterrés une deuxième fois par les troupes allemandes.

 

Photo C. Montebran

Le 19 juin 1944, une semaine tout juste après l’attaque des troupes allemandes contre le maquis Prisme aux Manises, les gendarmes de Revin, alertés par des habitants des hauts-Buttés, découvrent les charniers où ont été abandonnés les corps des maquisards massacrés par les Allemands. Ces fosses conservent les corps des victimes du maquis qui y furent jetés pêle-mêle. Celles-ci se trouvent situées dans les bois de Revin, à deux kilomètres environ au nord-ouest des Hauts-Buttés, à un kilomètre environ à l’est du « Père des Chênes ».

 

Après la découverte de ces premières tombes par les gendarmes, un rapport est adressé au procureur de la République de Charleville et au préfet des Ardennes.

Le lendemain, l’adjoint au maire de Revin et le secrétaire de mairie se rendent sur les lieux accompagnés des gendarmes. Un procès-verbal de découverte des corps est dressé afin de demander leur exhumation à la Feldkommandantur. Dès le 21 juin, les Allemands réagissent (non par peur de « représailles des familles » comme il est écrit sur le panneau que l’on voit aujourd’hui, mais plutôt dans une volonté de maintenir un ordre de plus en plus précaire) et exhument les corps des maquisards pour les transporter secrètement dans des charniers ouverts au Ravin de l’Ours, à Linchamps.

 

Voici ce qu’en écrit Marguerite Fontaine dans son Journal :

 

« Le 21 juin, ils [les Allemands] interdisent toute circulation sur la route de Revin et le chemin forestier du Fond de l'Ours. Une sentinelle refoule tous ceux qui veulent prendre ces routes. Aux Hauts-Buttés, une auto occupée par des officiers, pré­cédant deux camions couverts de branchages et traînant après eux une odeur nauséabonde, passe. Le convoi s'engage sur le chemin du Fond de l'Ours, revient sur ses traces en fin de journée ; le lendemain, même manège.

Quelqu'un va le soir à la clairière du Père des Chênes : toutes les tombes sont vides. Des douaniers des Hauts-Buttés, de Linchamps, M. Camille Doudoux des Six-Chênons, ont relevé sur les côtés de la route des taches de chaux. Guidés par elles, et quoi que les Allemands se soient ingéniés à recouvrir la terre de gazons, à replanter des arbustes, ils découvrent les lieux où les corps ont été réinhumés : il y a deux charniers. Plus tard, un jeune garçon du pays, Zachary, caché dans les bois, dira qu'il a vu les Allemands traîner les cadavres avec des crocs à trois dents, de chaque côté du ruisseau. »

 

Les charniers de Linchamps découverts, des habitants de Revin entreprennent d'exhumer les corps pour les identifier, malgré le danger. Des tombes provisoires sont creusées à proximité de la maison forestière de Malgrétout, et les quatre-vingt neuf dépouilles mortelles des hommes de Revin y sont ensevelies, les autres, ceux de Fumay, l’étant dans le cimetière des Hauts-Buttés.

Les choses en resteront là jusqu’à la Libération quand le 8 octobre 1944 aura lieu l’inhumation définitive des maquisards dans le cimetière de Revin, au cours d’une cérémonie grandiose.

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Tag(s) : #Le maquis des Ardennes
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