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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:20

Le 6 juillet 1944, trois jeunes gens qui montaient de Givet au maquis Prisme, dit « Maquis des Ardennes », tombèrent dans une embuscade tendue par les Allemands et des miliciens locaux.

À la fin du mois d’août, le corps d’Arthur Marchand, criblé de balles, fut découvert dans les bois d’Hargnies. Les corps des deux autres, Raymond Martin et René Rivir, ne furent jamais retrouvés. L’enquête menée après la libération par le responsable régional du Service de Recherche des Crimes de Guerre Ennemis permit de conclure que Raymond Martin et Arthur Marchand avaient été fusillés à Mézières, sur le plateau de Berthaucourt, le 14 juillet 1944.

 

La « Délégation régionale du service de recherches de crimes de guerre ennemis » fut créée le 14 octobre 1944 par le gouvernement provisoire de la République Française, dépendant du ministère de la Justice. Au-delà des aspects historiques, statistiques et informatifs, cette Commission cherche à établir tous les manquements aux lois de la guerre qui ont eu lieu durant  l’Occupation en France. De la compilation des crimes à l’identification des auteurs, le but est de trouver et poursuivre les responsables des crimes de guerre.

 Les missions de la Commission étaient d’établir un dossier pour chaque crime commis dans la région, de mener l’enquête, si aucune information n’avait été ouverte devant la justice militaire, de transmettre le dossier au tribunal militaire compétent, une fois le(s) responsable(s) identifié(s).

 

Courrier du Colonel Laboureur, de la Délégation régionale du service de Recherche des Crimes de Guerre Ennemis à Saint-Quentin, au Commandant de la brigade de gendarmerie de Givet, du 5 avril 1945 :

 

L’enquête que j’ai fait poursuivre sur la disparition des jeunes RIVIR René et MARTIN Raymond, a permis de révéler que les sus-nommés ont été condamnés à mort et exécutés le 14 juillet 1944 au plateau de Berteaucourt  (sic). Je vous transmets cette information à toutes fins que vous jugerez utiles pour prévenir les familles, car il ressort des déclarations que vous avez recueillies sur cette affaire que les parents semblent être dans l’ignorance absolue du lieu de sépulture. 

Une information est ouverte contre les auteurs de ces assassinats, qui sont connus et des mandats d’arrêt ne tarderont pas à être lancés.

 

Source : BAVCC, dossier R. Martin

 

 

Voici la relation que fit Marceau Devie de cet épisode :

 

« Le six Juillet 1944, le chef de secteur des FFI de Givet m'informe que trois jeunes gens de 20 ans doivent rejoindre le maquis. Deux sont de Fromelennes et un de Givet. Il m'appartient donc de les aider à s'y rendre en les prenant en charge le lendemain à six heures du matin dans la forêt, à proximité de Chooz. À trois heures du matin, alors que je me prépare à quitter mon domi­cile, une estafette du maquis Prisme vient m'avertir de la suivre jusqu'au camp pour une liaison urgente avec le Commandant. »

Marceau Devie charge donc un de ses hommes de le remplacer dans cette tâche. Peu de temps après, Devie rencontre une de ses connaissances qui lui rend compte de la scène à laquelle il a assisté il y a peu : en montant la côte d'Hargnies, il a vu quatre jeunes gens sortir de la forêt, emprunter la route et se diriger vers Hargnies. Quelques minutes après, il a entendu des coups de feu et a été aussitôt dépassé par des voitures allemandes. Dans l'un des deux véhicules, des hommes se débattaient. 

Devie convoque le guide qu’il avait chargé de mener les jeunes au maquis. Celui-ci lui avoue que le rendez-vous a été manqué et qu’il n’a donc pu mener sa mission à bien. Taraudé par le doute, Devie apprend  par les inspecteurs des Renseignements généraux en gare de Givet, qui lui fournissent habituellement bon nombre d'informations, que le policier Henri, un collabo pur jus, s’est vanté d’avoir « fait une bonne prise ». « Sur quatre jeunes qui allaient au maquis, dit-il, nous en avons eu deux. Les deux autres ont pu s'échapper. Nous n'avons pas eu la grande vache de Marceau ». Quatre jeunes ? Devie apprend rapidement aussi qu'un maquisard de Fromelennes avait quitté le camp qui était cantonné dans les environs d’Hargnies et avait passé la nuit dans son  village. Au retour, il avait rencontré les trois volontaires et leur avait servi de guide. Il dit qu’ils étaient tombés dans une embus­cade tendue par les Allemands qui les attendaient. Lui avait réussi à fuir, mais il ne savait rien du sort des trois autres…

Comment Henri avait-il pu connaître le départ des trois jeunes et celui de l’itinéraire qu’ils devaient prendre ? On ne le sait. Toujours est-il qu’à la suite de cette dénonciation, la Résistance givetoise décida d’exécuter Henri. Ce qui fut fait le 21 juillet. Henri fut abattu à Givet alors qu’il était attablé à « l’auberge de cheval blanc » avec Jean Guillermain, un autre collabo interprète à la Feldgendarmerie et auxiliaire des Allemands.

 

En conséquence, les notices biographiques de ces trois résistants dont les noms sont inscrits sur le Mémorial de la Résistance de Berthaucourt ont été modifiées ainsi :

 

425 – RIVIR René, Jules, Louis, Ghislain né le 31 octobre 1925 à Fromelennes, domicilié en cette commune. Réfractaire au STO, membre des FFI de Givet, René Rivir fut arrêté avec deux de ses camarades, Raymond Martin et Arthur Marchand, par la Feldgendarmerie de Givet sur la route de Vireux à Hargnies le 6 juillet 1944, alors qu’ils rejoignaient le maquis Prisme de la mission interalliée « Citronelle » cantonné dans les bois d’Hargnies (maquis dit « des Ardennes »). Internés à la prison de Charleville, Raymond Martin et René Rivir furent « condamnés à mort et exécutés le 14 juillet 1944 au plateau de Berthaucourt » (courrier au Commandant de la brigade de gendarmerie de Givet, du 5 avril 1945.)

Le nom de René Rivir figure sur la stèle apposée dans le cimetière de Fromelennes « À la mémoire des FFI torturés et fusillés par les Nazis le 6.07.44 ».

 

331 – MARTIN Raymond, Julien, Arthur, né le 7 septembre 1924 à Fromelennes, domicilié en cette commune. Réfractaire au STO, membre des FFI de Givet, René Rivir fut arrêté avec deux de ses camarades, Raymond Martin et Arthur Marchand, par la Feldgendarmerie de Givet sur la route de Vireux à Hargnies le 6 juillet 1944, alors qu’ils rejoignaient le maquis Prisme de la mission interalliée « Citronelle » cantonné dans les bois d’Hargnies (maquis dit « des Ardennes »). Il fut incarcéré à la prison de Charleville.

Selon le Colonel Laboureur, délégué régional du service de Recherche des Crimes de Guerre Ennemis, Raymond Martin et René Rivir furent « condamnés à mort et exécutés le 14 juillet 1944 au plateau de Berthaucourt » (courrier au Commandant de la brigade de gendarmerie de Givet, du 5 avril 1945. Le colonel Laboureur ajoute : « Je vous transmets cette information à toutes fins que vous jugerez utiles pour prévenir les familles, car il ressort des déclarations que vous avez recueillies sur cette affaire que les parents semblent être dans l’ignorance absolue du lieu de sépulture. ») 

Le jugement déclaratif de décès, prononcé le 20 mai 1947 par le tribunal de Rocroi, précise que Raymond Martin fut « après une courte incarcération […] exécuté à une date indéterminée et vraisemblablement à Charleville et […] sa mère fut avisée de son décès le 14 juillet 1944 par le Colonel commandant la subdivision de Laon. »

Conformément à cette décision, l’extrait du registre des actes de décès de la mairie de Fromelennes considère donc que Raymond Martin est décédé à Charleville, fusillé par les Allemands, « courant juillet 1944 ».

Comme celui de son camarade René Rivir, son corps n’a jamais été retrouvé.

Le nom de Raymond Martin figure sur la stèle apposée dans le cimetière de Fromelennes « À la mémoire des FFI torturés et fusillés par les Nazis le 6.07.44 ».

 

325 - MARchand Arthur, Léon, né le 1er avril 1923 à Jumet (Belgique), ouvrier à Givet. Réfractaire au STO, membre des FFI de Givet, Arthur Marchand fut arrêté avec deux de ses camarades, Raymond Martin et René Rivir, par la Feldgendarmerie de Givet sur la route de Vireux à Hargnies le 6 juillet 1944, alors qu’ils rejoignaient le maquis Prisme de la mission interalliée « Citronelle » cantonné dans les bois d’Hargnies (maquis dit « des Ardennes »).

Arthur Marchand tenta la fuite et s’engagea dans la forêt. Mais rattrapé par ses poursuivants il fut abattu et son corps laissé sur place. Il ne fut retrouvé que le 29 août 1944 sur le territoire de la commune d’Hargnies.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Givet.

 

 

 

stele fromelennes «A la Mémoire des F.F.I. torturés et f

 

Stèle apposée dans le cimetière de Fromelennes

 

 

 

Sources :

 

Dossiers du BAVCC

Direction de la Mémoire, du patrimoine et des archives

Service historique de la Défense, Département interarmées, ministériel et interministériel,

Bureau des victimes des conflits contemporains, BP 552, 14037 CAEN cedex

 

LOTTERIE (P.), Marceau Devie, résistant ardennais, m’a raconté..., SOPAIC, Charleville-Mézières, 1985

 

 

 

 

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:46

Parcequ'elle représente aujourd'hui ce que le mot "résistance" a de plus noble, Georgette Fontaine, fille de Marguerite, a été décorée Chevalier de la Légion d'honneur, samedi à Thilay.

Cet événement est relayé par la presse ici et .  

Georgette avait 14 ans quand ses parents s'engagèrent dans la Résistance, d'abord avec l'abbé Grandjean dans la ligne Dragon, puis ensuite Georgette devint agent de liaison avec le commandant Prisme du Maquis des Ardennes...

Militante de la mémoire, Georgette continue, à la ferme des Vieux-Moulins, de recevoir les visiteurs pour parler de sa guerre, qu'elle fit simplement, sans armes et sans haine, mais avec la même détermination et en prenant les mêmes risques que ceux du maquis...  

 

 GFontaine Photo Lecler

Aux Vieux-Moulins (photo PL)

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 15:26

     Le Colonel de l'Armée des États-Unis, Victor Jerome Layton, l’Américain de la mission Citronelle, est décédé le 8 août dernier à son domicile de St Croix Falls (Wisconsin, USA).

Fruit de l’union d'Arthur et de Margaret Lustig, lui dirigeant tchèque d'une succursale de la Banque des Pays d'Europe centrale, elle ressortissante autrichienne, Victor est né le 28 novembre 1921 à Vienne. Jusqu' à l'âge de 7 ans il grandit dans cette ville, puis la famille s’installe en France, à Paris. Parlant couramment l'allemand, sa langue natale, et le français, il enrichit son bagage linguistique en Angleterre, où en 1936 ses parents l'envoient suivre ses études. Survient la guerre. En juin 1940, la famille Lustig connait l'exode, qui la mène à Royan, où elle est rejointe par les troupes allemandes. Rentré à Paris, le père de Victor reprend son activité alors que Victor lui-même, grâce à de faux papiers, prépare son passage en Espagne. Au début de 1941, embarqué sur un navire portugais à destination des États-Unis, débarqué à Hoboken, dans le New-Jersey le 22 janvier 1941, il « monte » à New-York afin de poursuivre ses études. Naturalisé américain, il abandonne son nom aux consonnances trop germaniques pour celui de Layton. En septembre 1942, il est engagé dans l’armée en tant qu'officier du Génie, puis est envoyé en Europe dans les rangs des services spéciaux américains, l’OSS (Office of Strategic Services) en juin 1943. Jeune lieutenant, il est mis à la disposition du SOE à Londres. Grâce (ou à cause de) sa parfaite maîtrise de la langue française et de l’allemand il est pressenti, au début de 1944, pour participer à la mission interalliée Citronelle, qui est larguée dans les environs de Mourmelon (Marne) le 12 avril 1944 dans la nuit.

 

 

Victor Layton Au sein de Citronelle, le rôle de Victor est d’assurer l’intendance du maquis : c’est lui qui inventorie le contenu des paquets et des containers parachutés, qui distribue les armes, les vêtements et le matériel reçus.

Nous avons vu dans un article précédent qu’aux premières heures de l’attaque du maquis le 12 juin, il était en compagnie de Desmond Ellis Hubble. Rentré au camp, il participe aux premiers combats, et fait enterrer les armes, les explosifs et tout le matériel que les maquisards ne peuvent transporter alors que Prisme a décider de rompre au plus noir de la nuit pour échapper aux troupes allemandes. Lorsque le maquis se met en branle, des groupes se forment très rapidement et les contacts avec le commandant sont rompus. Ainsi, Victor se retrouve à la tête d’un groupe de 90 hommes, avec comme objectif d’échapper à l’encerclement et de rallier le hameau des Six Chênons, où doit se reprendre le contact avec Prisme. Le 13 juin, après avoir vainement tenté de passer les lignes allemandes, Victor et son groupe, passent une nouvelle nuit dans la forêt, sans provisions et sous une pluie battante.

Le lendemain, l’effectif de son groupe, qui avait fondu dans la journée par suite des défections, se réduit à néant : un seul homme reste avec lui. Aux Six Chênons, qu’il a réussi à atteindre, personne n’est au rendez-vous. Victor décide alors de gagner Charleville pour reprendre contact avec Londres, grâce à une radio des FFI, et informer l’état-major de la situation dramatique du maquis. Après avoir traversé la Meuse à la nage (à hauteur de Bogny), sous les balles de sentinelles allemandes, et après un périple exténuant, il parvient à Charleville où il se rend chez son contact en cette localité, à savoir la boucherie d’André et de Jacqueline Faynot dans la grand’rue (aujourd'hui rue de la République), chez qui il va trouver refuge pour quelques jours avant de rejoindre le maquis Prisme, reformé à proximité de Willerzie, en Belgique.

 

Au début de mois de septembre 1944, Victor rencontre les troupes libératrices à Fumay et est désigné pour les conduire jusque dans la région de Bastogne. Sa mission remplie, il regagne Paris sur une moto allemande, le 12 septembre, puis est renvoyé en Grande-Bretagne. Après un court séjour à l’hôpital, il est nommé officier de liaison d’agents alliés alors en mission d’espionnage dans une Allemagne aux abois au sein du 25e Bomb Group de la 8e Air Force (il survole le pays à très haute altitude pour communiquer avec des agents alliés infiltrés, à l'aide d'un équipement spécial monté sur un de Havilland Mosquito). Après la guerre, il se marie en Allemagne, où il réside en tant que militaire appartenant aux troupes US d’occupation. De cette union naîtront trois enfants. Il participe, à des degrés divers, aux guerres de Corée et du Vietnam. En 1952, il est affecté au services des recherches des Transports de l'Armée de Terre, mandaté par l'US Air Force pour trouver les moyens d'aller installer une base radar sur la calotte glaciaire, à quelques centaines de kilomètres du pôle nord. Il monte donc une expédition de reconnaissance avec l'équipe de Paul-Émile Victor, avec lequel il noue des liens d'amitié (un compte-rendu de cette "Opération Thulé"  fut publié dans la revue Paris-Match. J'en profite donc pour lancer un appel à quelque lecteur qui posséderait le (les) numéro(s) en question...)

Ingénieur en aéronautique, Victor poursuit dans cette branche et participe en 1963 au projet de de développement d'un bimoteur fabriqué par de Havilland Canada. Après avoir quitté l’armée avec le grade de Colonel, en 1967,  il participe, en tant qu'ingénieur civil, à divers projets de développement en Afrique. Homme aux multiples talents, d’un dynamisme hors du commun et d’une curiosité insatiable, Victor fut encore, pendant quelques années, directeur d’un hôtel et capitaine de port (Harbor Master) à Northeast Harbor, dans le Maine.

Victor se retira dans la Wisconsin avec son épouse Emmy en 1988, afin de profiter d’une retraite bien méritée.

 

On se souvient que lors de la dernière cérémonie en hommage aux morts du maquis des Manises à laquelle participèrent les membres de la famille Hubble, Victor avait envoyé un message qui leur fut remis. Avec lui s'est éteint le dernier membre de la mission Citronelle.

Victor Layton avait été décoré, pour son action durant la Seconde guerre mondiale , de la Croix de guerre (France), de la War Medal (Royaume-Uni), et de la Distinguished Service Cross.

 

Des remerciements particuliers à Fred Docq pour m'avoir ouvert ses archives concernant son ami Victor Layton, et à Mick pour la communication des rapports britanniques de la mission "Citronelle".

 

Lire les articles, ici et , consacrés à Victor dans l'Ardennais du dimanche 12 septembre

 

 

Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 07:20

Comme il l’avait été annoncé en ces pages, les cérémonies d'hommage à la mission Citronelle aux Vieux-Moulins et aux morts du maquis des Ardennes au Calvaire des Manises, à Revin, ont prises cette année un relief exceptionnelle, du fait de la présence de la fille et des petits-enfants du capitaine britannique Desmond Ellis Hubble. Parachuté avec la deuxième partie de la mission Citronelle dans la nuit du 5/6 juin 1944, Hubble avait été capturé par les Allemands six jours plus tard, lors de l'attaque du maquis. Déporté au camp de concentration de Buchenwald, il y avait été pendu en septembre 1944.

Des rencontres ont été organisées entre la famille de Hubble et des anciens du maquis, mais surtout avec Georgette Fontaine, aux Vieux-Moulins de Thilay. Georgette, fille de Marguerite, rappelait que les parents du capitaine Hubble, ainsi que sa soeur et un de ses fils avaient été présents lors de l'inauguration du monument du Malgré-Tout en 1948. Une délégation britannique, composée notamment de Georges Whitehead et de Forest Yeo-Thomas, avait participé aux cérémonies et avait remis à la famille Fontaine, en signe de reconnaissance, un pavillon britannique qui avait flotté sur un navire de guerre ayant combattu durant le second conflit mondial. Lors de la rencontre du week-end dernier, c’est avec une grande émotion que les membres de la famille Hubble ont pu voir chez Georgette la combinaison de parachutiste du capitaine « Alain », que cette dernière détient encore. Ils ont pu aussi se rendre sur les lieux du parachutage de leur aïeul, à l’emplacement du terrain « Astrologie ».  

 

Manises 2010 090

 Les descendants du capitaine Hubble devant le monument aux morts des Manises. Jacquie, au centre, avec son mari et son fils (à gauche) ; ses neveux à droite (photo F. Docq). 

   

Message de Victor Layton à l’occasion de cette cérémonie  

"Je suis le dernier membre encore vivant de la mission Citronelle. J’aurais aimé être avec vous pour célébrer cet anniversaire, mais je suis trop âgé et physiquement incapable d’entreprendre un tel voyage, mais je suis de cœur avec vous et je me souviens de ce qui s’est passé le 12 juin, particulièrement de ces hommes braves qui ont perdu leur vie durant cette journée. Ils ne doivent pas être oubliés.

Saluez particulièrement Georgette Fontaine. Elle n’était qu’une jeune fille quand je l’ai connue, mais je me souviens de sa merveilleuse famille, et de l’aide qu’elle a apportée au maquis. Dites à la sœur de Hubble que je pense sans cesse à son frère. Il était mon ami, et mon coéquipier dans cette mission. Il était avec moi en juin 1944 quand il fut fait prisonnier par une patrouille allemande. Je regrette de n’avoir pu en faire plus pour empêcher sa capture […].

J’ai été volontaire pour entreprendre cette mission parce que j’avais une dette envers la France, pour les dix années où j’y avais vécu, la bonne éducation que j’y avais reçue, et la douce vie que j’avais connu dans votre pays. Je serai toujours un ami de la France."

 

 

Lire l'article dans le journal L'Union du 14 juin

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