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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 14:54


 

Le fort des Ayvelles, construit après la guerre de 1870 pour se substituer à la place de Mézières, qui avait démontré lors de ce conflit ses faiblesses face à l'artillerie allemande, faisait partie d'un ensemble de fortifications bâties sur le cours de la Meuse. Il fut abandonné sans combat lors de la Première Guerre mondiale et ne joua aucun rôle militaire durant la Seconde. Mais, utilisé par les Allemands lors de l'Occupation, le fort fut, avec le stand de tir du plateau de Berthaucourt, un lieu où les sentences de peine de mort du tribunal militaire allemand à l'encontre des résistants furent exécutées, comme en témoigne cette plaque apposée sur un de ses murs d'enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

René Bouré, 54 ans, fusillé le 17 février 1944. Domicilié à Grandpré, mécanicien-garagiste, membre de l'OCM, il avait été arrêté le 17 novembre 1943 pour détention d'armes.

 

Jean Dachy (22 ans), Maurice Hugueville (27 ans), Daniel Matter (19 ans) et René Matter (47 ans), furent fusillés le 9 juin 1944. Arrêtés les 7 et 8  juin, à Nouzonville, pour sabotage sur voie ferrée.

 

Les quatre cheminots d'Amagne, René Arnould (35 ans), Georges Boillot (35 ans), Robert Stadler (39 ans)et Lucien Maisonneuve (36 ans), furent fusillés le 26 juin 1944. Ils avaient été arrêtés deux jours plus tôt, après avoir perpétré de nombreux sabotages ferroviaires à la gare d'Amagne-Lucquy (comme le savent les lecteurs d'Ami, si tu tombes).

 

René Marchand (46 ans), chef de secteur de Charleville, Pierre Chardin (27 ans) et Roland Lambert (20 ans) furent fusillés le 1er juillet 1944. Ils avaient été arrêtés dans la nuit du 9 au 10 juin, au retour d'un parachutage, sur la route de Monthermé à Charleville.

 

Rêve Roc (Rêve étant son prénom usuel, et non Jean), 30 ans, habitant Charleville, cheminot, fut condamné par un tribunal militaire pour avoir hébergé des réfractaires. Il fut fusillé le 1er juillet 1944.

 

Octave Ladouce (42 ans), domicilié à Bar-les-Buzancy, fut fusillé le 5 juillet 1944. Il avait été arrêté pour détention d'armes.

 

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 16:37

    Situé au nord des Hauts-Buttés, sur le plateau ardennais, le terrain « Bohémien » (aussi appelé « Cheville »), fut homologué pendant l’été 1943 sur l’initiative d’Henri Moreau, responsable départemental du B.O.A., et du capitaine des douanes Lucien Leverd.
Le terrain reçut son premier parachutage à destination de la Résistance ardennaise dans la nuit du 20 au 21 septembre 1943, réceptionné au sol par l’équipe Machaux des Hauts-Buttés.

 

    Le second parachutage sur « Bohémien » eut lieu dans la nuit du 7 au 8 mai 1944, à destination du Maquis des Ardennes (24 containers cachés dans les bois de Revin).
Lucien Leverd décrivit l’effet du parachutage du 21 septembre sur les hommes qui l’attendaient avec tant d’impatience (publié dans L'affaire des Manises):

 

« Il est une heure du matin. Il y a un beau clair de lune. Tout à coup, un bruit de moteur se fait entendre dans le lointain. Chacun tend l'oreille anxieusement. Le bruit se rapproche-t-il ? Est-ce un moteur d'avion allemand ou anglais ? Cette fois serait-elle la bonne ? Oui, le bruit du moteur s'entend de mieux en mieux dans le calme dans la nuit et l'avion arrive juste au-dessus du terrain à quelques centaines de mètres de hauteur. On l'aperçoit maintenant très distinctement, c'est un gros avion de transport. Le message convenu lui est passé par morse au moyen d'une pile électrique. Le pilote de l'avion répond. Cette fois, il n'est plus possible de douter, c'est bien l'avion si impatiemment attendu. Les feux rouges destinés à signaler l'emplacement exact du terrain s'allument. Les dispositions des lampes doivent également indiquer au pilote la direction du vent. Après avoir décrit quelques larges cercles au-dessus du terrain, le pilote dirige son avion droit sur les feux rouges et à environ 200 mètres de hauteur ouvre la trappe qui laisse échapper le précieux chargement. Dans le ciel, on a l'impression de voir pousser de gros champignons, ce sont les parachutes qui s'ouvrent les uns après les autres. I1 y en a de couleurs diverses. Chacun essaye de les compter afin de ne pas en oublier sur le terrain ce qui pourrait être catastrophique. Ils descendent lentement. Puis un bruit de ferraille, les containers viennent de toucher terre. A terre, c'est l'émerveillement. Les hommes sautent de joie sans même penser au danger qu'ils courent. Cet avion qui tourne au-dessus et si près de nous est un avion ami. Il nous apporte à la fois l'espérance et les moyens de lutter contre l'envahisseur. Sans perdre de temps, les parachutes sont décrochés, soigneusement roulés, et avec de gros bâtons, par équipe de quatre hommes, les containers qui pèsent de 150 à 250 kilogrammes sont transportés dans les bois avoisinants et soigneusement dissimulés dans les fourrés. Lorsque le jour pointa, tout était rentré dans l'ordre. Ce fut le premier parachutage des Ardennes [N.d.a. : il y en avait déjà eu deux auparavant, en mai et juin 1943, à destination du maquis du Banel]. Les containers consistaient en explosifs qui furent utilisés pour les sabotages et en armes légères, mitraillettes “Sten” et revolvers qui servirent à armer en partie les équipes de parachutages. Faute d'armes, la première opération s'est effectuée sans aucune sécurité. »

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 16:50
      La plaque commémorative apposée au 22, Grand'rue à Bouillon.

    Le 8 juillet, Édouard Degrelle, pharmacien à Bouillon, membre de Rex et frère du leader rexiste, était abattu par une unité de l'Armée blanche. Immédiatement après cet assassinat, les autorités allemandes arrêtaient 46 hommes de la région. Le lendemain, l'état-major rexiste, estimant ces mesures insuffisantes, envoyait à Bouillon un commando de trois hommes qui devait éliminer plusieurs personnalités locales. Parmi elles, seul Henri Charles, pharmacien, était présent. Le véhicule des miliciens s'arrêta devant l'officine, le chauffeur en descendit pour demander de l'aide, prétextant qu'un homme souffrant se trouvait à l'intérieur, et déchargea son revolver sur le pharmacien qui se précipitait pour porter secours au blessé.

    Le 10 juillet, Léon Degrelle rentrait en toute hâte d'Allemagne, demandait la saisie de nouveaux otages, insistant auprès de Himmler, Reichsführer-SS, pour que 100 otages soient exécutés. Himmler temporisa et, pour répondre à la soif de vengeance de Degrelle, trois hommes furent fusillés par la police allemande dans les bois près de Bouillon, le 21 juillet.

 

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 21:06
La gare d’Amagne-Lucquy est un important nœud ferroviaire sur un axe Nord-Sud (ligne Paris-Luxembourg) mais aussi sur l’axe Est-ouest, (ligne Verdun-Hirson). Centre de triage, dépôt ferroviaire (avec son importante rotonde bâtie autour d’un pont tournant qui permettait de limiter les manœuvres de machines lorsqu’elles étaient remisées), c’était aussi une cité cheminote où les Allemands étaient omniprésents.
 
 La première organisation de résistance y apparut dès la fin de 1942, ou au début de 1943. Elle se constitua autour de cheminots de la S.N.C.F. : René Arnould, Georges Boillot, Robert Stadler, Gaston Venet, Charles Servais et Charles Imard. Les premiers sabotages visèrent d’abord les machines agricoles et les cultures de la WOL dans les villages environnants.
 
Mais les sabotages les plus importants concernèrent le matériel ferroviaire, qui débutèrent dès 1943 (septembre : déraillement d’un train de charbon par déboulonnage à Amagne, novembre et décembre : sabotages de locomotives par explosifs au dépôt…). En juin 1944, avec la mise en œuvre du Plan Vert, les sabotages s’intensifièrent. L’arrestation des quatre cheminots d’Amagne y mit un terme.
 
Lors des combats pour la libération, sous le commandement des gendarmes Robert Aubry et de Jean Guillon, fut formée une Centaine Plan Paul, « la Centaine Guillon ». Après que les F.F.I. d’Amagne-Lucquy aient occupé la gare dès le départ des troupes allemandes, le bourg était libéré par les Américains le 31 août 1944.
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