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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 17:25

 

Samedi 15 septembre. Tavaux, dans l'Aisne, sous l'Occupation village rattaché à la Résistance ardennaise, s'est vu remettre, au cours d'une grande cérémonie, le drapeau des Villes et Communes médaillées de la Résistance.

 

La cérémonie s'ést déroulée au monument des Massacrés, en présence notamment des enfants des écoles, de la batterie fanfare de Laon, de soldats du 1er RAMa, des porte-drapeaux, du délégué militaire et des représentants de l'Office des Anciens Combattants. Sur la place du village fut remis le drapeau des Villes et Villages médaillés de la Résistance. Tavaux fait partie, depuis 1947, des 17 villes ainsi médaillées en France. Elle conservera un an ce drapeau.

 

L'historien Alain Nice, dans son livre, a mis au jour ce passé douloureux. Aujourd'hui, il milite pour un mémorial des villages martyrs dans l'église de Pontséricourt, concernant Tavaux, mais aussi Plomion ainsi que le Gard d'Etreux. Il nous a envoyé ce cliché, ainsi que le résumé des opérations qui condusirent au massacre à la veille de la libération.

30 AOUT : ACCROCHAGES ENTRE RESISTANTS ET SS 

        Le 30 août au matin, en plein coeur du village, un accrochage oppose de jeunes soldats SS à une dizaine de résistants du groupe de Tavaux partis vers le village voisin de St Pierremont  pour tenter d'empêcher le dynamitage du pont. L'accrochage près du café de la place est un échec : si un soldat allemand est capturé, un autre parvient à s'enfuir à travers les jardins en direction de Montcornet. Cet accrochage à peine terminé, arrive, venant de Marle, un camion chargé de fûts d'essence. Nouvel accrochage, échange de tirs, les deux Allemands à bord du camion réussissent à s'enfuir vers Marle non sans avoir blessé mortellement un jeune résistant lancé à leur poursuite. Toujours au même moment, à l'autre bout du village, un résistant ouvre le feu sur un véhicule allemand de reconnaissance venant de Montcornet. Nouvelle fusillade, le véhicule fait une embardée et se retourne, un officier est tué mais le chauffeur s'enfuit et court prévenir ses camarades dans le village voisin d'Agnicourt.

Après cette série d'escarmouches, les résistants se regroupent et décident de déménager leur dépôt d'armes vers la forêt du Val St Pierre. Pierre Maujean, le chef du groupe de résistants, est inquiet, il redoute une opération de représailles, il donne l'ordre à l'un de ses hommes de partir chercher du secours auprès des groupes voisins.

 OPERATION DE REPRESAILLES ET MASSACRE DES CIVILS

        Vers 14h, en tout début d'après midi, les Allemands, des soldats SS de la division Adolph Hitler et de la division Hitlerjugend venus de Marle et du secteur de Montcornet, arrivent à Tavaux, qui est bouclé par trois chars « Tigre », des automitrailleuses et des camions de troupes. L'opération de représailles commence.

Systématiquement, toutes les maisons et plusieurs fermes, sont incendiées les unes après les autres. Des otages, des civils sont rassemblés dans la maison du percepteur et à la Poste face à la Mairie. La chasse aux « terroristes » est ouverte !

Dans la partie Est du village, c'est le carnage, le massacre. Les jeunes SS, furieux, tirent sur tout ce qui bouge. Malheur aux habitants qui n'ont pu s'enfuir ou se cacher. Des vieillards sont abattus en pleine rue, des grenades sont lancées dans les caves. Tout près d'ici, quatre personnes dont deux enfants de 6 et 11 ans, réfugiés dans une cave, sont abattus froidement d'une balle dans la tête.

Au total, 20 civils, femmes, vieillards, enfants, sont massacrés froidement. 86 maisons dont plusieurs fermes sont totalement détruites. Dans la nuit, Henri Mourain, le jeune résistant blessé le matin même, mourra faute de soins.

Tavaux brûle, les fumées se voient partout alentours. Tous les survivants demeurent dans leurs abris, dans les bois ou les bosquets alentours où ils vont rester terrés pendant 24h. L'avant-garde américaine est pourtant toute proche, elle est arrivée en fin de journée du 30 août à la ferme de l'Espérance, toute proche d'ici, sur la hauteur. Un jeune résistant de Sissonne, Gabriel Vasseur,  venu les guider y est tué car les Allemands sont toujours présents en embuscade.

 31 AOUT : LA RESISTANCE LIBERE TAVAUX

        En pleine nuit, l'homme envoyé par Pierre Maujean a donné l'alerte à Sissonne et à St Erme.

Au matin du 31 août, tous les résistants du voisinage s'équipent et partent en direction de Tavaux. Arrivés à la ferme de l'Espérance, accompagnés d'une automitrailleuse américaine, ils se regroupent et s'approchent de Tavaux qui finit de brûler.

Arrivés dans le village, la Résistance se heurte aux Allemands encore présents. Des combats sporadiques ont lieu tandis que l'on découvre l'ampleur du massacre. Les services sanitaires sont alertés, on commande des cercueils à la hâte.

Au total c'est près de 300 résistants qui, venus au secours de Tavaux, libèrent le village. Les chars américains, ayant enfin reçus l'ordre d'avancer, passent la Serre, venant de Marle, et font leur entrée dans Tavaux en fin de journée.

A. Nice

 

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 17:07

Sur un des piliers du pont, la plaque inaugurée en 1964

En juin 1944, les groupes FTP de la vallée de la Meuse commandés par Georges Thévenin et Jules Bourgeois (« Judex ») étaient unifiés sous la dénomination de 1ère Compagnie FTP – Zone nord des Ardennes.

Le 1er septembre 1944 au matin, en pleine déroute, les Allemands faisaient sauter tous les ponts sur la Meuse pour retarder l’avancée des blindés américains et protéger leur fuite. Celui reliant Braux à Levrézy venait de sauter lorsque les FTP de Braux vinrent avertir Judex qu’une automitrailleuse chargée d’explosifs se dirigeait vers le pont de chemin de fer reliant Bogny à Château-Regnault. Après une tentative infructueuse de destruction du véhicule ennemi avec un bazooka, les FTP abrités derrière les maisons en bordure de Meuse ouvraient le feu sur les artificiers. Un Allemand fut tué, trois autres blessés. L’ennemi recula, abandonnant la place.

Il revint le lendemain, vers 11 heures, un groupe d’artificiers minant les piles du pont. Judex disposa ses hommes sur les hauteurs rocheuses des Quatre Fils Aymon et les tireurs ouvrirent un feu nourri. Le groupe des Vanelles, un groupe indépendant qui s’était constitué autour d’une vieille mitrailleuse de la Première Guerre découverte dans les bois et remise en état, les seconda en installant leur arme à la roche de l’Hermitage, tandis que quelques FTP sans armes envoyés sur l’autre rive du fleuve faisaient exploser des cartouches dans des feux, afin d’impressionner l’ennemi et le tromper sur le nombre des défenseurs. Les Allemands, laissant un mort et emmenant plusieurs blessés, se replièrent dans le tunnel. Alors que Judex envoyait quelques estafettes afin de prévenir chacun de ne point se découvrir, un tireur isolé près de la gare abattait Ange Pavone, blessait Maurice Villière et Antoine Barral.

L’assaut de la gare qui suivit permit aux FTP de récupérer près de quatre tonnes d’explosifs qui furent immédiatement évacués et dissimulés.

C’est alors qu’une compagnie allemande qui se repliait vers la Belgique fut accrochée par un groupe sur les hauteurs de Levrézy et redescendit sur Château-Regnault, rassemblant des civils qui furent enfermés dans l’église et dans un garage attenant, menaçant de les fusiller en cas de nouvelle attaque.

« Je me rendis alors devant l’officier allemand qui me demanda de cesser le feu, me refit la même menace, mais ajouta aussitôt qu’il relâcherait les otages si je m’engageais à les laisser passer avec sa compagnie. Je lui donnais ma parole à condition qu’il relâche les otages et qu’il ne tente rien contre le pont de chemin de fer. “D’accord pour les otages”, me dit-il, “mais pour le pont, ce n’est pas mon secteur. Si je rencontrais la moindre résistance, je pourrais tout saccager, ce sont les ordres”. Je lui répondis que s’il voulait mettre ses menaces à exécution, aucun d’eux ne sortirait vivant, que mon effectif était important et que d’ailleurs il devait attendre une heure pour que je prévienne mes troupes (3000 environ sur 30 km2). Convaincu de la véracité de mes paroles, il accepta mes conditions. » Un bluff magnifique : l’effectif des FTP n’excédait alors pas 40 hommes mal armés… « Nous disposions de vingt deux fusils dont deux tenaient avec du fil de fer, d’une mitrailleuse avec des cartouches qu’il nous fallait passer au papier de verre tellement elles étaient couvertes de vert-de-gris, de quelques grenades et de deux mitraillettes Sten. »

Devant la gravité prise par les événements, Judex envoya deux agents de mission pour toucher Prisme, commandant du maquis des Ardennes qui stationnait aux alentours de Hautes-Rivières, et lui demander de lui envoyer cinq hommes armés, un fusil mitrailleur et une pile pour le bazooka qui refusait de fonctionner. Prisme lui fit répondre « qu’il n’avait pas d’ordre à recevoir d’un lieutenant » et refusa le soutien demandé.

Le lendemain, 3 septembre, Judex fut prévenu que treize automitrailleuses descendaient vers Levrézy. Il délégua de nouveau deux estafettes auprès de Prisme pour demander que Georges Thévenin, son vieux compagnon d’arme qui avait rejoint le maquis des Ardennes, lui fût envoyé en renfort, lui précisant l’urgence et la gravité de la situation. « Peut-être a-t-il mal compris mon appel au secours, n’a-t-il pas mesuré l’importance de la défense de ce dernier pont sur la Meuse, permettant le passage vers la Belgique, il me fit réponde que “quand on ne peut pas se défendre, on n’attaque pas” ».

Le combat fut engagé. Le groupe de Robert DI Gracia parvint à stopper quatre véhicules ennemis près du cimetière de Levrézy, tandis que celui de Raymond Barral et Christian Tisseront, en position dans une usine désaffectée, harcelait ceux qui continuaient leur route vers le pont dont la destruction restait l’ objectif final. En butte à cette résistance inattendue, les Allemands incendièrent plusieurs maisons de Levrézy, dont celle du FTP Jean Brasseur, qui s’élança pour venir en aide à sa famille. Arrêté et fouillé par les Allemands qui découvrirent un pistolet dont il avait négligé de se débarrasser, il fut immédiatement fusillé devant sa femme et ses enfants.

Judex fit replier son dernier groupe et décida d’essayer, avec Christian Tisseront, de joindre l’avant-garde des blindés américains qu’il savait proche de Nouzonville. Partis en moto, c’est après avoir essuyé des tirs à l’entrée de ce bourg qu’il remontèrent vers Arreux où il firent leur jonction avec une unité américaine qui bivouaquait. Judex parvint à convaincre un officier de les suivre, l’ordre fut enfin donné à une automitrailleuse de les accompagner jusqu’à Château-Regnault. Leur apparition dans le village fut suffisante pour faire fuir les Allemands. Les Américains découvraient alors un pont intact sur la Meuse, passerelle providentielle qui allait leur permettre de poursuivre leur marche vers l’est.

Les citations sont tirées de la relation écrite de Jules Bourgeois : « La défense du pont de Château-Regnault par la 1ère Cie FTPF des FFI des Ardennes ». 6 pages dactylographiées, sans date.

 

Le pont de chemin de fer de Château-Regnault, dominé par les Quatre Fils Aymon, à Bogny.
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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 16:54
Dans la nuit du 3 janvier 1944, aux environs de 23 heures 30, les familles vouzinoises de confession israélite dont les noms suivent furent enlevées par la Feldgendarmerie de Vouziers et emmenées, par une pluie battante, sur un camion découvert, à Drancy, via la prison de Rethel.
- Renée LEVI, née Gittermann le 31 janvier 1895 à Baccarat
- Sa fille Dora LEVI, née le 29 septembre 1930 à Lunéville
- Moïse SCHEUER, né le 1er  juillet 1864 à Forges (Meuse)
- Sa femme  Esther SCHEUER, née Caïn le 19 janvier 1867 à Bar-le-Duc (Meuse)
- Leur fils Fernand SCHEUER, né le 13 mai 1899 à Vouziers.
Tous furent déportés à Auschwitz par le Convoi 66 du 20 janvier 1944, convoi comprenant 1155 personnes dont 864 furent gazés à l'arrivée, dont les vouzinois.
Abraham LEVI (né le 5 février 1901à Tuszyn (Pol.)) , mari de Renée Levi et père de la petite Dora, avait été arrêté 6 mois plus tôt, le 5 juin 1943, et avait été déporté le 31 juillet de cette même année par le convoi 58 de Drancy à destination d'Auschwitz où il trouva la mort.

C'est dans cette école que les Allemands vinrent chercher Dora Levi, 13 ans.
Une camarade de Dora se souvenait (l'Union du 6 janvier 1994) : « Deux hommes en civil avec des brassards sont arrivés dans la classe. Nous étions tous terrorisés. Dora s'est cachée sous un bureau. Les deux hommes l'ont emmenée, elle pleurait, elle pleurait... »
 Par une décision du 12 mars 1986, le conseil municipal de Vouziers décida que l'école maternelle de  la rue Verte prendrait le nom de Dora Levi.
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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 07:22
Le maquis « Baïonnette » fut créé en septembre 1943 par Emile Fontaine et « Georges » Henri Lallement.

Au printemps 1942, Henri Lallement avait été chargé par Henri Moreau de rechercher dans la région de Rumigny des recrues pour former des groupes de résistance. A la fin de l'année, le groupe créé à Rumigny comptait une dizaine d'hommes, deux autres groupes furent formés début 1943.
En février 1943 Henri Lallement fut nommé chef de section. Il avait pour tâches l'animation des groupes locaux , l'approvisionnement en faux papiers, les liaisons avec les autres secteurs, l'hébergement d'aviateurs alliés et de Juifs évadés du camp des Mazures.
En juillet 1943, Henri Moreau abandonna la direction du secteur de Signy-l'Abbaye à son adjoint, Adrien Fournaise, alias "Muirion". Employé en gare de Liart, âgé de 41 ans, Adrien Fournaise avait facilité, dès le début de l'Occupation, les prisonniers évadés en leur fournissant de faux papiers, en récoltant tous les renseignements sur les troupes allemandes et les transmettant à Londres via un réseau. Arrêté par la Gestapo le 24 décembre 1943, Adrien Fournaise fut incarcéré à la prison de Charleville, puis à Paris, puis à Romainville et à Natzwiller (Vosges). En mai 1944, il fut déporté au camp de Grossrosen, en Silésie, puis transféré en février 1945 vers Dora où il mourut d'épuisement.
Henri Lallement (qui devint « Georges », pseudonyme qu'il gardera après la libération) fut nommé adjoint au nouveau chef de secteur de Signy-l'Abbaye, Emile Fontaine, par ailleurs responsable de deux cantons de l'Aisne. Quant à Henri Moreau, il alla s'occuper du Bureau des opérations aériennes (B.O.A.) jusqu'à son arrestation en janvier 1944 à Chalons-sur-Marne. Emprisonné à Charleville, martyrisé, il ne parlera pas sous la torture. Les Allemands le fusilleront à Tournes avec douze autres prisonniers le 29 août 1944.
En Septembre 1943 débutèrent les travaux d'aménagement du futur maquis "Baïonnette", dans le bois de Rumigny, entre Rumigny et Blanchefosse.

M. Robert Blain était marchand de bestiaux. A ce titre, il était en contact avec le bureau de l'Enregistrement de Rumigny où Henri Lallement (« Georges ») était receveur. Des relations s'étaient nouées et lorsqu'en 1944, un maquis était devenu nécessaire au secteur, c'est dans les Bois de Rumigny, non loin de la ferme Blain, que son choix s'est porté : des bois pour être à couvert mais surtout la possibilité d'un magnifique terrain d'atterrissage en forme de U. Un chemin reliait directement la ferme au Maquis (environ 2 kms), mais il était assez emprunté, donc repérable.
La ferme était en quelque sorte la base arrière,  Georges y entreposait ses vêtements de rechange et son vélo (il était le seul à disposer d'un vélo), mais elle servait surtout au ravitaillement. Mme Blain faisait les courses auprès des commerçants ambulants. A la ferme, ils étaient 7, au Maquis, une vingtaine, plus le passage. Ce ravitaillement, elle l'a assuré souvent gratuitement. « Pinpin » (Guy Canon) s'occupait de l'intendance du Maquis et faisait les allers et venues. La nuit, il arrivait que des maquisards lancent des cailloux pour se procurer du ravitaillement. En cas de danger, Mme Blain tendait un torchon au vasistas du grenier.
Deux aviateurs américains, dont l'avion était tombé du côté d'Ebouleau, dans l'Aisne, avaient été dirigés vers le Maquis Baïonnette par Pierre Maujean (« Jojo »), résistant de Tavaux. Le 24 juillet 44, Ovide Borgniet, adjoint de Georges, a parcouru à pied 80 kms pour aller les chercher. L'un d'eux souffrit d'un mal blanc. A la ferme Blain, on fit passer le médecin de Brunehamel, le Dr Gottlieb, qui le soigna un soir tard.
Quand Mme Blain repérait sur la route des passages suspects, elle partait avec un panier contenant un livre de messe pour, disait-elle, « aller prier la Vierge à La Houssoye ». En fait, elle allait prévenir de ce qu'elle avait vu...
Elle n'avait peur de rien.
Fin août 44, le Maquis fut repéré. Mais les maquisards eurent le temps de se replier à quelques kms au S.E., dans la forêt d'Estremont. Cette fois, ce fut au moulin de Bay, tenu par Roger Camas, qu'ils trouvèrent leur ravitaillement.
Pour tous ces services, Mme Blain  a reçu  la Croix de Guerre le 1-12-45. Elle a aussi été décorée de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance.
Aujourd'hui, en 2006, il ne reste que deux survivants du Maquis Baïonnette : H.G. Lallement et René Borgniet, qui habite toujours aux Grands Caillaux.
Soixante-deux ans après, Yvette Blain, qui avait 17 ans en 1944, devenue Mme Bouxin, rend toujours régulièrement visite à Georges, en maison de retraite, et la chaleur de leurs retrouvailles témoigne de ce que furent les rapports entre le Maquis et la ferme Blain.  
Rencontre avec Mme Yvette Bouxin d'Aouste, fille de Mme Emilienne Blain, ferme des Grands Caillaux, Maquis Baïonnette, le 17- 07 -2006.
La relation qui précède a été recueillie par Mme Sylvie Laverdine, qui travaille actuellement sur ce secteur de la Résistance ardennaise (Signy-l'Abbaye).
Des hommes du maquis "Baïonnette" avec leurs amies, à la Libération.
Biblio :
A. Nice, Tavaux, 30-31 août 1944, histoire d'une tragédie.
P. Lecler,
La Résistance et la Libération. Entretiens avec G.H. Lallement, Terres ardennaises n° 88, octobre 2004
 
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