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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 17:17
       Un très bel ouvrage qui s'appuie pour une large part sur les recherches entreprises par Jean-Marie Chirol (disparu en 2002) et le Club Mémoires 52, que les trois auteursLionel Fontaine, André Grossetête et Marie-Claude Simonnet, ont poursuivies, affinées, approfondies, pour dresser le tableau de l'Occupation dans ce département.
S'appuyant sur des documents nouveaux, la plupart inédits et jusque-là peu ou jamais exploités, ce travail de recherche prend la mesure de ce que fut la Résistance en Haute-Marne en diversifiant les approches thématiques (chronologie de l'Occupation dans le département, étude sur les maquis, sur la libération, aspects de la Résistance...)
Richement illustré de cartes, ponctué de notices biographiques, ce très beau livre, publié par les éditions Dominique Guéniot, fera date, on n'en doute pas, dans l'historiographie de la Haute-Marne.



















L. FONTAINE, A. GROSSETETE, M.-C. SIMONNET, Résistance, répression, libération en Haute-Marne, éditions D. Guéniot, Langres, 2007.

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 17:10
                                                               A l'heure où certains se demandent s'il faut lire dans les établissements scolaires la lettre de Guy Môquet, vient de sortir ce nouveau livre de J.M. Berlière et F. Liaigre, les deux historiens explorateurs de la résistance du Parti communiste français sous l'Occupation.
Après le formidable Sang des communistes, consacré à l'action des "Bataillons de la jeunesse", ce nouvel opus s'intéresse au "Détachement Valmy", ce groupe armé chargé de liquider les "renégats" (ex-responsables du Parti passés au  PPF), de châtier les collaborateurs, de lutter contre l'occupant, mais aussi de "faire la police" dans les rangs du Parti clandestin.
Ces "cadres spéciaux", véritable Guépéou du PCF, considéraient leur formation comme "l'élément moteur" de la lutte armée et se distinguèrent par la violence de leurs attentats. Le Détachement Valmy finit par succomber sous les coups portés non par les Allemands, mais par
les policiers de la Préfecture de police de Paris (les fameuses "brigades spéciales" des RG) dont les auteurs relatent, à partir d'archives inédites, les enquêtes.



J.M. BERLIERE et F. LIAIGRE, Liquider les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, Paris, 2007.

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 09:22

    Pour la première fois, un ouvrage procède à une étude minutieuse d'un phénomène qui touche l'histoire et la mémoire de la Résistance. Les fusillades, terme sous lequel on confond souvent  toutes les victimes des forces d'occupation, sont ici analysées dans leur diversité (victimes otages, fusillées après jugement d'un tribunal militaire, exécutées sommaires, mortes au combat...) et replacées dans la perspective chronologique du temps d'occupation, confrontées avec la déportation, autre stratégie répressive des autorités allemandes et de Vichy.

Les auteurs n'éludent pas la question, ô combien épineuse, du nombre de fusillés,  et décrivent le sinistre parcours qui conduit les condamnés devant le peloton d'exécution : la dernière lettre, La Marseillaise et l'Internationale entonnées sous la mitraille, les corps occultés afin que les défunts ne deviennent des exemples et des martyrs...








J.P. BESSE et T. POUTY, les fusillés. Répression et exécutions pendant l'Occupation (1940-1944). Editions de l'Atelier, Paris, 2006.
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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 08:05

       Comment passer sous silence la publication d'un tel ouvrage ? Audacieux dans le fond comme dans la forme, la qualité des textes égale celle d'une iconographie très riche.

    Le choix éditorial qui a présidé à sa réalisation est d'autant plus original que le texte est bilingue, et qu'à la partie consacrée à l'occupation allemande en France répond une seconde partie consacrée, par des chercheurs allemands, à l'occupation française en Rhénanie. Il vous faut alors, pour la découvrir, retourner le livre et "commencer par la fin" (ce qui ne manque jamais d'étonner votre entourage) S'il n'épuise pas le sujet, de multiples aspects des quatre années passées sous la botte allemande (pour ne parler que de cette première partie qui forme tout de même plus des trois quarts du volume) font l'objet d'exposés très clairs, y compris pour le béotien (que je suis).
                                           
                                                                       
Si, sur bien des points, la vie quotidienne des Ardennais occupés en 14-18 ressembla à celle des mêmes occupés de 40 à 44 (une étude comparative serait assez intéressante), j'ai lu avec un intérêt particulier un court chapitre intitulé « Les Ardennais en Résistance ». Pour me voir confirmer qu'il n'y eut, pendant cette occupation, aucune résistance autre que passive (juste une mauvaise volonté évidente à répondre aux injonctions allemandes), ni aucune autre forme de collaboration qu'horizontale (la collaboration se drapant dans les plis d'idéologies qui n'existaient pas encore).
On peut nuancer le propos en rappelant que certains, à l'instar d'Alphonse Machaux aux Hauts-Buttés, travaillèrent pendant ce conflit pour le 2e bureau de l'armée française, servant d'agent de renseignement et de liaison (il reprit du service en 43-44 en constituant les équipes de réception des parachutages avec, entre autres, Louis Fontaine, des Vieux-Moulins de Thilay). On peut rappeler aussi que pour avoir aidé des prisonniers de guerre français évadés, ou des soldats isolés à l'arrière de la ligne de front, des familles furent arrêtées et déportées en Allemagne.


    Rappelons aussi que le Musée Guerre et Paix en Ardennes accueille jusqu'au 24 décembre l'exposition "Occupations croisées : 1914-1929" et que des conférences y seront organisées par les co-auteurs (programme au 03 24 72 69 50)

Ouvrage collectif, Occupations - Besatzungzeiten, Editions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières, 2007
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