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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

5 janvier 2006 4 05 /01 /janvier /2006 18:17
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26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 21:12
 L'affaire des Manises
 
            Le 6 juin 1944 à l’aube les Alliés débarquaient en Normandie. Pour la majorité des Français, après quatre longues années d’occupation allemande, l’événement allait soulever une immense vague d’espoir nuancée quelquefois par une pointe de scepticisme et de prudence. Pour certains, et notamment pour tous ceux qui avaient choisi la Résistance, il était l’aboutissement des années de lutte clandestine etla justification à tous leurs renoncements. Pour beaucoup c’était l’heure décisive, il en était fini des leurres et des faux-semblants, la plongée dans la clandestinité s’imposait pour rejoindre les camarades dans les maquis et mener la lutte contre les Allemands. Les maquis constitués amplifièrent alors leurs actions, renforcés par des éléments nouveaux, quelquefois par des apports d’armes parachutées, et surtout par une espérance sans bornes.
 
 C’est dans ce contexte que fut formé le maquis le plus connu des Ardennes, celui dit « des Manises » sur les hauteurs de Revin en juin 1944, autour d’officiers parachutés de Londres dirigés par Jacques Paris de Bollardière, alias « Prisme », et dont la mission était de créer un grand maquis de quatre-cents hommes capables de mener des actions de guérilla et de créer un second front, intérieur celui-là, sur les arrières des troupes allemandes.
Quelques jours après sa formation, le 12 juin, la ville de Revin fut encerclée par des troupes allemandes puissamment armées, puis la nasse se resserra autour du maquis. Dans la nuit, les maquisards tentèrent d’échapper au piège ainsi formé ; beaucoup réussirent, mais cent-six hommes restés sur place furent capturés, torturés, puis fusillés sur place avant que les corps ne soient ensevelis dans des charniers creusés à la hâte. Dès les premiers jours de la Libération, on rechercha des responsabilités dans l’environnement local du maquis, des coupables qui expliqueraient comment et pourquoi le maquis était tombé si vite et si facilement. Collaboration et trahison ? Imprudences et négligences, voire fautes fatales ? Il allait incomber à la justice de faire la lumière sur ce qui n’allait pas tarder à devenir « L’affaire des Manises ». L’enquête s’orienta sur deux grandes pistes. La première recherchait les éléments prouvant une dénonciation du maquis : c’était celui de la collaboration et de la trahison, dans le cadre d’un complot tramé par un notable revinois avec l’aide d’un résistant et d’un maquisard, complot destiné à vendre le maquis aux Allemands. On inculpa aussi un milicien qui avait fréquenté la région, et que l’on soupçonnait d’avoir pu enquêter sur le maquis. La seconde visait la Résistance elle-même en la personne du chef de secteur de Revin, à qui l’on reprochait, entre autres, d’avoir outrepassé ses fonctions en appelant prématurément et sans ordre de ses chefs à la mobilisation générale la jeunesse de Revin pour gonfler les effectifs du maquis. On verra le sort que la justice réserva à ces accusations.
Le procès eut lieu au mois d’octobre 1945, devant la Cour de Justice à Nancy. Cinq inculpés, trois pour faits de collaboration, mais aussi deux authentiques résistants ; près d’un an d’instruction, un dossier volumineux, l’un des plus long procès de l’épuration concernant les affaires ardennaises…
 
Comment l’appeler ce maquis, qui, après le drame que l’on vient d’évoquer, continua son action jusqu’à la Libération ? Ses dénominations fluctuent selon l’angle sous lequel on l’observe ou la période que l’on considère de son activité. Dans le Journal de guerre de Marguerite Fontaine, l’appellation qui revient le plus souvent est « Maquis Prisme » du nom de son chef.
Après la Libération, lors du procès, la presse n’évoqua jamais que le « Maquis de Revin ». Depuis cet épisode central formé par les massacres des 12 juin et 13 juin, car c’est bien l’attaque du camp et l’ampleur de la répression allemande qui restent les faits les plus marquants, s’est imposée l’appellation « Maquis des Manises », du nom de la petite rivière qui bordait alors le maquis.
« Maquis Prisme », « Maquis de Revin », « Maquis des Manises », mais aussi « Maquis des Ardennes », dont on trouve la première dénomination en août 1944, par le commandant Prisme lui-même. Le titre n’en est-il pas un peu prétentieux ? On sait que les Ardennes comptèrent de nombreux maquis, mais Bollardière-Prisme semble avoir négligé ce fait et s’être posé, au moins sur le plan symbolique, en commandant de l’unique maquis ardennais : « Mon expérience des Ardennes marque une étape dans mon évolution. […]. J’ai discerné une autre forme d’opposition à l’occupant : celle qu’avait spontanément adoptée la population ardennaise avant que je n’arrive, car c’est moi qui ai introduit la violence des armes dans la région. »  Cet ouvrage rendra justice à la résistance ardennaise et on verra que la « mission Citronnelle », car c’est bien l’identité officielle de l’ensemble des buts, moyens et objectifs poursuivis par le commandant Prisme et ses collaborateurs dans les Ardennes, ne fut qu’un des éléments des dispositifs mis en place par la Résistance et la France libre en vue de la libération du territoire.
 
Seule source publiée sur cet épisode : le journal de guerre de Marguerite Fontaine. L’ouvrage, retranscription du journal personnel tenu par Marguerite Fontaine, paysanne des Vieux-Moulins de Thilay, présenté, mis en forme et complété par l’écrivain Eva Thomé dans le cadre des publications des Cahiers Ardennais en 1964, avec en figure centrale et héroïque le commandant Prisme, dresse le tableau de la résistance populaire dans ce coin perdu du plateau de l’Ardenne, lieu d’accueil de la mission Citronnelle, où le pittoresque de la description, le soin du détail, l’émotion du témoignage vécu, en font une oeuvre incontournable pour qui veut mieux connaître cet épisode de la Résistance ardennaise. Mais ici l’analyse historique cède le pas à la narration subjective de l’individu plongé au cœur de l’évènement et bien des points demeurent obscurs.
Outre ce livre, il faut bien dire que le maquis de Revin trouva peu d’historiographes.
Jacques Vadon le cite à plusieurs reprises dans ses ouvrages et dans sa thèse de doctorat, mais sans s’y attarder. Il est vrai que le sujet restait sensible (qu’en est-il aujourd’hui ?) et qu’on ne pouvait en faire le tour en quelques paragraphes. L’ensemble du dossier judiciaire restait à compulser pour rendre compte de la complexité de l’affaire. Des témoins et des acteurs devaient être entendus, sans complaisance, mais aussi sans excessive sévérité, afin de démêler l’écheveau des responsabilités qui devait conduire au drame des 12 et 13 juin 1944. Car c’est bien ce tragique épisode qui forme le noyau de ce livre. De même fallait-il aussi dresser un historique de ce maquis, de son implantation à la Libération.
En préambule, il m’a semblé nécessaire de présenter la Résistance ardennaise dans sa diversité, de ses débuts au 6 juin 1944, connaissance indispensable à qui veut comprendre l’épisode du maquis des Manises. Il n’est pas question d’en faire un historique complet et exhaustif, mais d’en présenter les principaux acteurs et les grandes articulations, ainsi que, très sommairement, les représentations qu’en eurent les contemporains et les attitudes qu’ils adoptèrent face à son développement.
L’histoire de la mission Citronnelle, celle de cet épisode singulier et tragique que fut la chute du maquis à Revin en juin 1944, ne peuvent se comprendre sans en appeler à l’éclairage fourni par le procès de 1945. Il nous amènera à nous interroger sur ce phénomène particulier et unique que fut celui des maquis et sur les responsabilités de chacun des acteurs dans le drame vécu par les maquisards en juin 1944.
On trouvera en fin d’ouvrage des documents souvent inédits, rapportés dans leur intégralité, ainsi que la liste des sources utilisées et une bibliographie, qui pourront intéresser le lecteur soucieux d’approfondir le sujet. Qu’il me soit permis de remercier ici le personnel des Archives départementales des Ardennes, ainsi que tous ceux qui m’ont ouverts leurs archives et m’ont apporté leur témoignage, particulièrement Messieurs Robert Charton, Robert Dupuis, Georges-Henri Lallement, Georges Peuple, et Georges Robert.
 
            La mémoire des Manises reste vivante. Sans doute la publication du Journal de Marguerite Fontaine (récemment réédité) n’est-elle pas étrangère à la connaissance qu’en ont nos contemporains. Les monuments érigés sur les lieux du drame et aux Vieux-moulins, les cérémonies annuelles qui s’y déroulent, pérennisent une mémoire qui tend à se figer et où l’expression des sentiments patriotiques et l’exaltation de la geste résistante prennent le pas sur le questionnement historique.
En 1985, l’historien de la Résistance ardennaise Jacques Vadon écrivait : « Les problèmes des Manises ! Il semble bien que jusqu’à ce jour ils aient été un peu esquivés, et les évocations du drame de Revin ne se limitent guère, le plus souvent, qu’au seul récit des événements et à des commentaires patriotiques. Mais l’historien […] a le devoir d’accepter de faire une enquête profonde même s’il semble, dès le départ, qu’elle risque d’aboutir à des conclusions douloureuses. »

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La Collaboration et sa répression
                              dans les Ardennes 1940-1948
 
 
1940-1944 : les Ardennes sont occupées par les Allemands. Alors qu’une minorité de la population choisit la voie de la résistance, une autre, plus faible encore, choisit celle de la collaboration avec les nazis.
1944-1948 : la France libérée, des juridictions exceptionnelles sont mises en place pour juger les traîtres et autres « mauvais citoyens » qui ont préféré la croix gammée à la croix de Lorraine... Dans les Ardennes, le dernier « collabo » sera condamné en 1948.
L’article 75 du Code pénal, qui sanctionnait la trahison par la peine de mort, fut utilisé à la Libération contre les collaborateurs jugés par la Cour de Justice, à Charleville d’abord, puis à Nancy.
« Article 75 » est le premier ouvrage publié traitant de la Collaboration et de l’épuration dans les Ardennes.
Pour mener à bien cette étude, l’auteur a obtenu par dérogation accès à des archives jusqu’alors impossibles à consulter, et qui le restent, dont celles de la préfecture relatives à l’épuration, et celles du ministère de la justice, avec les dossiers individuels des collaborateurs jugés par la Cour de Justice des Ardennes.
L’ouvrage analyse les mécanismes de l’épuration et dresse le bilan des condamnations prononcées contre les collaborateurs, sans négliger les exécutions sommaires des années 43-44 et les tontes vengeresses des journées libératrices. Il dépeint un tableau sans concession des formes multiples que prit la Collaboration dans les Ardennes : délation, collaborationnisme politique, engagements dans la Gestapo, dans la Milice, ou sous l’uniforme allemand ...
Illustré par plus de cinquante documents presque toujours inédits, parfois issus d’archives privées (photographies, lettres, circulaires administratives...), « Article 75» dresse le tableau des années sombres de notre histoire, de cette période « où les Français ne s’aimaient pas ».
 

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Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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26 décembre 2005 1 26 /12 /décembre /2005 08:26

Inauguration du monument des fusillés du Bois de la Rosière le 31 août 1947.

 

 

 

    Le 29 août 1944, à Tournes, au lieu dit du « Bois de la Rosière », les Allemands en déroute massacrent 13 patriotes tirés de leurs cellules de la prison de Charleville. A cette date, les chars américains sont aux portes du département.  Les Allemands vont accompagner leur retraite d’un certain nombre d’exactions et d’exécutions sommaires de civils, comme ici, à Tournes, mais aussi à Floing et à Hargnies, ailleurs encore.


  Ainsi, à la veille de leur départ, les Allemands sortirent de leurs geôles 13 patriotes détenus dans la prison de la place Carnot de Charleville, sur la cinquantaine qui y étaient présents. Conduits au lieu-dit « le Bois de la Rosière » à Tournes, ils furent extraits des véhicules et abattus. Ce massacre fut semble-t-il décidé par une unité de la Gestapo d'Orléans alors stationnée à Charleville, en repli devant l'avance américaine, et en représailles de la destruction, par la Résistance, des 13 autocars qui devaient emmener les prisonniers vers l'Allemagne. En effet, quelques jours plus tôt, Lydia Collin, dite « Lyli », agent de liaison du Comandant Fournier, avait-elle appris par un Allemand que tous les prisonniers résistants de la prison de Charleville allaient être transférés sur l’Allemagne et que des véhicules étaient prêts pour entreprendre ce voyage. Elle prévint aussitôt ses chefs qui décidèrent de la destruction des autocars. Le sabotage fut organisé par l’équipe de Marco, avec la participation active de Lyli.

 Dans l’impossibilité de transporter les prisonniers, les Allemands sur le départ leur ouvrir les portes de la prison, non sans avoir auparavant choisis 13 personnes, 11 hommes et 2 femmes, sur qui allaient s’abattre la vindicte des SS. Treize personnes... Autant que d’autocars sabotés...   

 
         Mademoiselle Yvonne Mangin est employée depuis le mois de mai 1944 à la prison de Charleville, s'occupant du ménage et de la cuisine. Ces fonctions vont lui permettre de vivre intensément ces événements par de nombreux contacts avec les prisonniers jusqu'à ce 29 août où les Allemands vont quitter les lieux.  


« A chaque arrivée de prisonniers, les noms étaient inscrits à la craie sur un tableau. Je craignais d'y voir apparaître un nom connu parent, ami, voisin. Les repas étaient constitués d'une soupe de légumes transportée dans de grands faitouts par des prisonniers accompagnés d'un gardien. A cette occasion, certains me passaient des messages à la cuisine que je cachais dans mon corsage. Après le travail, j'en faisais le tri à la sauvette dans un café, rue de la Poste, et je les postais ou je les distribuais; notamment rue Bourbon, à l'épouse de M. Roger Mathieu. Je glissais les réponses sous les portes des cellules ou bien je les renseignais en chantant, j'étais comprise des prisonniers, mais pas des Allemands. Parfois la prison résonnait des cris et des coups portés lors des interrogatoires. M. Louis Manon accordait le piano de la salle à manger où l'on servait 12 officiers. Roger Mathieu, coiffeur de profession, coupait les cheveux du chef de la prison. Comble de la cruauté : celui-ci se fit coiffer le matin du 29 août.  Une certaine fébrilité règne le 28. Dans le milieu de la matinée du 29, le chef de la prison fait sortir onze hommes et deux femmes des cellules. Dans le couloir, il bouscule un homme et lui projette violemment la tête contre le mur. De la cuisine, j'observe la scène et sors dans la cour en pleurant. Quelques soldats gardent la porte, les prisonniers sont alignés au fur et à mesure de leur sortie le long du mur. Un fourgon cellulaire est garé dans la cour. Ils montent un à un comme des écoliers dans le véhicule. Guy Roy sera molesté une dernière fois devant ses camarades impuissants. Roger Mathieu est le dernier, il me jette un regard qui semble être un dernier adieu. La porte du fourgon se ferme. C'est fini. Il quitte la prison par la rue du Palais de Justice. La prison sera vide le soir. Lorsque je la quitte à 18 heures, devant la porte, un homme pleure seul dans la rue. Il attend en vain son épouse. Séparé d'elle en cellule, M. Ognois ignore le sort qui a frappé Marie-Thérèse au Bois de la Rosière. »

 

Le fourgon qui emmène les prisonniers, encadré de deux tractions-avant, se dirige vers Tournes. Puis les voitures s’engagent dans un chemin conduisant à la ferme du Bourriquet. Des témoins sont présents.  Mme Vereeck :"  De la cour de la ferme, nous remarquons une traction - avant noire qui s’arrête sur le chemin dans le haut du Bois ».

Henri Meert vient au ravitaillement à la ferme en vélo depuis la Bellevue du Nord. « Je débouche sur le chemin et suis arrêté par un officier allemand qui m'ordonne de m'éloigner. J’aperçois des voitures et un fourgon cellulaire arrêtés prés du bois. Je réalise immédiatement ce qui va se passer Je pars rapidement avec mon vélo par le pré en longeant le ruisseau et rejoins la ferme pour donner l’alerte ».  D’autres racontent :   


« Nous entendons alors crépiter les premières rafales de mitraillettes. Puis d'autres, espacées. Les voitures partent en reculant rapidement vers la route nationale. Silence. Nous sommes inquiets car la route nationale proche est sillonnée de toutes sortes de véhicules et de soldats qui refluent vers l’est emmenant l’armée allemande en déroute. De même dans la campagne. Les hommes  de  la  ferme  partent  en reconnaissance. Rien sur le chemin. Ils voient une main qui bouge dans les taillis et découvrent un blessé qui gémit "A l’aide, à boire ". Il est grièvement blessé. Plus loin, d'autres, fauchés deux par deux. Nous dénombrons douze morts dont deux femmes. Certains ont tenté de s’enfuir. Plusieurs ont reçu le coup de grâce. Une femme a voulu se protéger le visage et a reçu deux balles dans l’avant-bras. Une autre plus jeune a la moitié du visage emportée par une décharge en pleine bouche. Scène atroce qui laisse présumer de grandes souffrances physiques et morales pour ces treize patriotes. On imagine les premiers sortant du fourgon sans savoir; les autres attendant leur tour. »  

Guy Roy, avant de mourir, expliquera :

« ...Nous étions treize. Ils nous ont fait descendre deux par deux en nous disant “ Vous êtes libres ”. Comme j’étais sportif, j’ai couru et j’ai tenté de me coucher avant que la rafale ne m’atteigne ».

 

 

Hommage aux martyrs sera rendu avec l’érection d’un monument inauguré, à Tournes, le 31 août 1947 portant les noms des victimes dont les noms suivent (pour plus de précisions, voir le martyrologe de Berthaucourt).

 

BAILLEUL Georges : né le 24 juin 1917 à la Neuville aux Tourneurs (auj. la Neuville les Beaulieu). Domicilié en cette commune. Entré au maquis de Brognon le 1er janvier 1944, il fut arrêté pendant l’exécution d’un sabotage le 16 février, près de la gare d’Auvillers-les-Forges. Incarcéré à la prison de Charleville. Fusillé à Tournes le 29 août 1944.
 
DECRUYENAERE Arthur : né le 26 août 1925 à Roubaix (59).
 
DUPONT Georges : né le 15 août 1920 à Lières (62), responsable F.T.P. Arrêté le 6 mai 1944 à la ferme de la Croix-Bouzin, près de Deville.
 
MANON Louis : né le 3 mai 1891 à Haybes. Résistant sur le secteur de Fumay, confection de faux papiers, hébergement de réfractaires, dénoncé en mars 44.
 
MATHIEU Roger : né le 23 novembre 1914 à Piennes (54). Coiffeur rue Bourbon. Arrêté à la Francheville le 29 mars 1944. Faisait partie d'une filière d'évasion d'aviateurs américains.
 
MOREAU Henri (« Lucien ») : né le 24 avril 1919 à Nouic (87). Charpentier menuisier. Chef départemental du Bureau des Opérations Aériennes.
 
OGNOIS Marie-Thérèse : née le 7 octobre 1898 à Champy Haut, commune de Nouart (51).
Fabrication de fausses cartes, évasion d'aviateurs, membre de Libé-Nord. Arrêtée à Reims le 8 juillet 1944.
 
PAL Robert et Lilly (née Braun): Juifs de nationalité hongroise. Travailleurs forcés de la WOL ?
 
ROY Guy : né 1e 6 avril l922 à Paris. Agent de liaison du secteur de Signy-l’Abbaye.
 
SAINT - MICHEL Charles : né le 29 janvier 1920 à Saint-Florent (79).
 
SCHLEISS Paul (« Titi ») : né le 27 mars 1913 à Reims. Responsable de Libé-Nord. Arrêté à Reims le 8 juillet 1944.
 
SCHNEITER Marie-François André  (« Dédé Salavin ») : né le 27 juin l9l4 à Reims. Lieutenant FFI. Chef de CDLR, du BOA et des FFI de l’arrondissement de Reims. Arrêté le 8 juillet 1944.   

 

 

   

 

Les fusillés du Bois de la Rosière. Sur cette photo, l’homme au premier plan est Henri Moreau, chef du BOA de la Marne et des Ardennes, arrêté en gare de Chalons / Marne le 1er janvier 1944 sous une fausse identité. Emprisonné à Charleville, les Allemands qui le recherchaient ignoraient détenir l’homme dépositaire de tous les secrets de l’organisation de la Résistance dans la région. Il se laissa pousser la barbe en cellule, de crainte d’être reconnu par un de ses co-détenus qui aurait pu ainsi monnayer sa liberté au prix fort… 

 


 Les témoignages sont tirés de la brochure réalisée avec le concours de la commune de Tournes par C. Ascas, J. Genon, C. et M. Thiéry, M. Woirin, « 29 août 1944, massacre au Bois de la Rosière »

 Pour en savoir plus, rendez vous sur les pages richement illustrées du site de Jocelyne et Jean-Pierre Husson :

 http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_resistance/resistance/schneiter_andre.htm

 http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_resistance/resistance/remois_tournes.htm 

 http://www.crdp-reims.fr/memoire/lieux/2GM_CA/monuments/bois_de_la_rosiere.htm        

 

 

 

 

 

 

 

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10 décembre 2005 6 10 /12 /décembre /2005 20:52
À la Neuville en Tourne à Fuy, fut érigée une stèle en la mémoire du gendarme Dominique Louge, de la brigade de Machault, résistant du maquis « Violette »,  maquis situé entre Juniville et La Neuville. Selon la relation qu’en a fait le commandant du maquis, André Monnet (document inédit), Le gendarme Louge, en patrouille avec deux autres maquisards, arrêta dans la nuit du 30 au 31 août un soldat allemand en bicyclette. Celui-ci refusa de se laisser désarmer et ouvrit le feu sur les trois hommes. Ainsi périt le gendarme Louge. Sur le marbre est inscrit :  « Les FFI de La Neuville à leur camarade Dominique Louge mort pour la France le 28 août 1944 ». Mais il y a là une erreur manifeste : c’est bien le 30 août, et non le 28, que fut tué Dominique Louge.
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