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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 19:05
Les ouvrages seront cités dans l’ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites est assez arbitraire, l’année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une nette rupture. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n’encombrent pas les fonds de bibliothèques, le choix d’une date de rupture est donc purement formel.
 
 
1944 – PAULET Francis, En Ardenne sous la « botte », s. éd. (Imprimerie Chavanne), Charleville, s. d.
 La première publication à voir le jour sur la période de l’Occupation.
 
Un petit livre-témoignage publié aux jours de la Libération par un résistant de la vallée de la Meuse. Récits entendus et rapportés, anecdotes, scènes de la vie quotidienne sous l’Occupation, l’introduction en fut rédigée le 4 août 1944, la conclusion le 22 août ! Une curiosité.
Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 19:02
 
 
Selon le petit Robert : « Propos fantaisiste et mensonger qu’on imagine par plaisanterie pour tromper et se faire valoir ». Le bobard fleurit si bien sous l’occupation qu’il s’avéra préoccupant, comme en témoignent ces encarts du Petit Ardennais qui leur étaient consacrés pour mieux les dénoncer, dans la rubrique « Et voici… Radio-bobard ».
 
 
Deux exemples :
Bobard : « Charleville ne sera jamais bombardé ! les Alliés savent trop quelle sympathie leur porte les Carolopolitains, pour vouloir leur causer la plus petite peine ou le moindre risque ! »
Réponse : « Cela, nous l’avions déjà entendu ailleurs, à propos d’autres cités françaises… depuis soigneusement “libérées” par les aviateurs anglo-américains… » (Allusion aux bombardements récents de Nantes et Saint-Nazaire)
Bobard : « Charleville ne sera jamais bombardé parce que Mme de Gaulle est, paraît-il, ardennaise ».
Réponse : « Et la France ne sera jamais bombardée parce que de Gaulle est, paraît-il, Français !!!… »
 
Dans son éditorial du 9 juin 1944 (trois jours après le débarquement et l’espoir qu’il suscitait), « Bobards et Réalités ! », Pierre Bruneel écrivait :
« … Le bobard, en la grasse terre française, prolifère, fleurit, s’épanouit et se répand tout à son aise. Les rumeurs les plus contradictoires, les affirmations les plus invraisemblables, les “On dit” les plus fantaisistes se mêlent, s’entrecroisent, s’enchevêtrent en une inénarrable danse de folie au cours de laquelle bien des cerveaux sont en passe de perdre à la fois tout savoir et toute raison. … Le bobard, jusqu’à présent nous a fait beaucoup de mal. Il pourrait aujourd’hui, si nous nous y laissons prendre, nous en faire bien plus encore, car les conséquences que pourrait avoir notre crédulité s’avèrent d’ores et déjà incalculables. »
 
Pourquoi, de la part des autorités, notamment allemandes car ce sont elles qui décident de la ligne éditoriale du journal, cette hantise du bobard ? Parce qu’il exprime d’un côté l’espoir de voir leur défaite rapidement consommée et, de l’autre, la confiance mise par les Français en les Alliés… Par ailleurs, la naissance du bobard et sa circulation sont la conséquence de l’absence d’informations, de la méfiance envers toute parole officielle, envers les journaux tenus par l’occupant, envers la radio de Vichy.
Enfin le bobard (on dirait aujourd’hui « la rumeur ») apparaît comme une parole incontrôlée et il est, par là, générateur de désordre. On peut rapprocher ce phénomène avec celui des années 39-40, lorsque la peur de la « 5e colonne » interdisait les bavardages intempestifs et imposait le silence (« les murs ont des oreilles… »).
 
Published by philippe lecler - dans Documents
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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 18:59
 
    Plaque apposée sur un mur de l’ancienne gare de Blanzy, en la mémoire d’Armantine Carlier, responsable de la gare de Blanzy-la-Salonnaise, d’où elle avait participé à la formation des premiers groupes FTP dans le secteur. Elle devint en 1944 agent de liaison de Pierre Luizard, dit « capitaine Pascal », initiateur des 5e et 2e Compagnie FTP du Secteur Sud des Ardennes. La gare de Blanzy était le théâtre de rendez-vous clandestins d’où partaient les ordres, où le résident traqué trouvait un abri sûr, d’où les renseignements sur l’occupant partaient et arrivaient. Armantine cachait des mines anti-chars dans sa cuisinière, « planquait » des aviateurs alliés tombés dans la région, des résistants aux abois, on étudiait chez elle les plans des actions de sabotages à effectuer...
Elle fut arrêtée le 19 août 1944 par la Gestapo de Reims, puis déportée au camp de Ravensbrück d’où elle ne revint jamais.



 
Published by philippe lecler - dans Des lieux
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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 17:10
« L’Ardennais, peu expansif, de caractère froid et réservé, parait préoccupé essentiellement par ses affaires personnelles; peu de discussions portent sur des questions d’ordre général; dans les conversations courantes, le ravitaillement paraît toujours la préoccupation essentielle. Toutefois, la déclaration publique du Chef de l’État mettant sa confiance en l’avenir de la politique du Président Laval et le discours prononcé par le Chef du Gouvernement le 22 juin [1942] ont eu un profond retentissement et sont, sans nul doute, appelés à faire réfléchir une opinion publique quelque peu désorientée.
Envahi de 1914 à 1918, occupé à nouveau depuis 1940, l’habitant des Ardennes supporte avec calme et sang-froid apparemment au moins, ce qu’il considère comme un mal inévitable. Il est certain que sa défiance à l’égard de l’Allemagne reste à peu près entière, et c’est avec beaucoup de réserve que la population ardennaise, les milieux ouvriers surtout, accueillent la proposition de la relève des prisonniers de guerre…. »
Extrait d’un rapport du préfet des Ardennes « sur la situation générale du département », daté de juillet 1942.
Published by philippe lecler - dans Documents
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