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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 18:12
    L'association Club Mémoires 52, fondée en 1991 par Jean-Marie Chirol, a publié une vingtaine d'ouvrages et propose à ses adhérents un bulletin de liaison (trois à quatre numéros par an) qui aborde l'histoire du département de 1870 à nos jours, avec une prédilection pour la Seconde guerre mondiale. La présidence du Club Mémoires 52 est assurée actuellement par M. Lionel Fontaine.
On ne peut que saluer le dynamisme de cette association qui a déjà publié : Héros Haut-Marnais de Normandie-Niémen, Léo Barbier (1993), 1944 en Haute-Marne (1994), Des Haut-Marnais déportés et internés (1995), Sur les chemins de l'enfer, l'évasion de 45 internés de Compiègne en partance pour Neuengamme (1996), 1939-1940 en Haute-Marne (deux tomes, 1997 et 2000), Mémorial des juifs de Haute-Marne, 1941-1944 (1998), Jeudi noir pour les juifs en Haute-Marne, 27 janvier 1944 (1998), 1941 en Haute-Marne (2001), L'épopée du futur colonel Maurice Geminel (2001).
Depuis le décès de Jean-Marie Chirol, ont été publiés deux nouveaux ouvrages : 1944 en Haute-Marne et Déportés et internés de Haute-Marne, éditions revues et corrigées de deux précédentes brochures. Enfin, 2008 pourrait voir la publication de 1942-43 en Haute-Marne.

    Nous attendons la publication très prochaine, aux (excellentes) éditions Dominique Guéniot, de La Résistance en Haute-Marne. Résistance, répression, libération, 1940-1944 (environ 250 pages, plus de 250 photos, 5 cartes) de Lionel Fontaine, André Grossetête et Marie-Claude Simonnet.
Ardenne, tiens ferme ! ne manquera pas de vous informer de la sortie de l'ouvrage dès qu'il sera disponible.

Contacts :
CM 52 : 28 rue de Verdun, 52100 BETTANCOURT LA FERREE
Lionel Fontaine : 1 bis rue Dutailly, 52000 CHAUMONT


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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 07:23
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 10:51

A Aiglemont,
deux rues d'un nouveau lotissement ont été baptisées des noms de Lucie Aubrac et d'André Gueury. Si l'on connaît le parcours de Lucie Aubrac, on peut rappeler succinctement qu'André Gueury, résistant ardennais, fut le chef de secteur FFI de Hautes-Rivières en 1943-1944.
(
Photo : l'Union)

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 13:08
       Je passe également pas mal de temps dans les WC de l'usine. Je n'y suis pas le seul, même les Chleus y sont présents. Dans le noir, la fenêtre ouverte, nous regardons les projecteurs balayant le ciel à la recherche d'éventuels avions ennemis (pour eux).
Un soir, aux environs de 23 heures, nouvelle alerte aérienne. La DCA tire sans relâche. Ce qui n'est guère rassurant pour nous. Tout le monde descend dans les abris. Quand une première vague de torpilles tombe en sifflant dans un fracas épouvantable, tout se met à trembler y compris nous. Je suis appuyé contre un gros pilier. On copain veut venir me rejoindre mais, figé sur place, les jambes flageolantes, il ne peut faire un pas. Il tremble de tous ses membres. Je n'en mène pas large non plus. Dans ces moments, personne ne fait le malin et nous sommes tous logés à la même enseigne. Combien d' « Avé Maria » ai-je entendu dans les abris du camp ou de l'usine ? Personne ne dit plus mot.
Le bombardement, bien que n'ayant duré guère plus d'une demi-heure, nous a paru interminable. Les avions, vague après vague, n'ont cessé de larguer leur chargement destructeur.
L'alerte terminée, nous regagnons le camp. A la sortie de l'usine, quelques maisons sont touchées. L'usine même ne semble pas avoir subie trop de dégâts. Sur le chemin du retour, en traversant le pont du canal, on remarque que de petites bombes incendiaires ont traversé le tablier du pont. Les conduites de gaz sont sectionnées et ressemblent désormais à un gros chalumeau qui, sous la pression, fait rougir les ferrailles du pont. Dans la nuit, le spectacle est très impressionnant et nous nous hâtons de traverser ce pont.

De l'autre côté du pont, pas très loin de notre camp, se trouve une école d'aviation occupée par de très jeunes allemands. Cette école est en feu, touchée par des bombes au phosphore.
Nous entendons les cris, les pleurs des occupants. Sans doute y a-t-il eu de la casse ! Cela nous fait froid dans le dos. Des morts et des blessés, quelque soit leur nationalité, ami ou ennemi, tout cela est peu réjouissant
Nous ne nous attardons pas et nous avons hâte de regagner notre camp. Quel spectacle nous découvrons : plusieurs baraques sont touchées par le phosphore, certaines sont déjà en cendre. Celle que j'occupe n'existe déjà plus. Et, par manque de chance, j'avais reçu le matin même un colis du Secours Catholique ! Mais le pire reste à venir... Des copains qui, probablement, ne sont pas sortis assez rapidement, sont retrouvés calcinés sur leur châlit, leur corps tout rabougri. Quelle vision insupportable ! D'autres ont été tués par des éclats de bombes. Un bien triste souvenir.
Je passe le reste de la nuit auprès des cendres d'une baraque calcinée. Le lendemain, je suis relogé ou plutôt entassé dans une autre baraque. Tous les châlits sont déjà occupés et il ne me reste plus qu'à dormir à même le sol. Le matin, c'est relâche. L'après-midi, nous sommes tous regroupés afin d'écouter un discours plutôt orageux d'un Chleu du parti nazi sur le bombardement anglo-américain de la veille. Nous sommes ensuite conduits sur notre lieu de travail.

Nous passons devant les corps à demi nus et défigurés de nos camarades, qui sont restés vingt-quatre heures sur la pelouse du camp, « pour l'exemple ».
La propagande ne perd jamais ses droits. Il nous fallut passer quelques jours au déblaiement d'une part dans les bureaux et à l'entrée principale de l'usine, et d'autre part sur les voies ferrées à proximité de la gare de Hanovre.
Une vision terrible nous y attend. Wagons et machines gardées par des S.S. sont couchés et éventrés. Au moindre geste de resquille, c'est la mort sur place.

A suivre...