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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 10 mars à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Xavier Chevalier : "Le Kronprinz, mythes et réalités".

 

 

 

24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 14:42
    Dimanche 21 octobre, à Seraincourt, la famille Tarradou a reçu la médaille de "Juste parmi les Nations", pour avoir protégé la jeune Hélène Jarjembski de la déportation lors de la rafle menée par les Allemands le 4 janvier 1944.
Hélène, aujourd'hui domiciliée à Seraincourt, où elle a épousée après la guerre rené Tarradou, le fils de ses sauveteurs, (Jean et Juliette, maintenant décédés), était présente à la cérémonie.
Cet hommage fut rendu possible grâce aux travaux menés par C. Dollard-Leplomb, responsable départementale de l'AFMD.
Les fils de Jean et Juliette Tarradou, Pierre et René, sont respectivement les 2e et 4e personnes en partant de la gauche, Hélène Jarjembski étant la 3e , elle est entourée des fils Tarradou dont son mari, René, à sa gauche. (photo : D. Renaudin)
Published by philippe lecler - dans Actualité
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 17:10
                                                               A l'heure où certains se demandent s'il faut lire dans les établissements scolaires la lettre de Guy Môquet, vient de sortir ce nouveau livre de J.M. Berlière et F. Liaigre, les deux historiens explorateurs de la résistance du Parti communiste français sous l'Occupation.
Après le formidable Sang des communistes, consacré à l'action des "Bataillons de la jeunesse", ce nouvel opus s'intéresse au "Détachement Valmy", ce groupe armé chargé de liquider les "renégats" (ex-responsables du Parti passés au  PPF), de châtier les collaborateurs, de lutter contre l'occupant, mais aussi de "faire la police" dans les rangs du Parti clandestin.
Ces "cadres spéciaux", véritable Guépéou du PCF, considéraient leur formation comme "l'élément moteur" de la lutte armée et se distinguèrent par la violence de leurs attentats. Le Détachement Valmy finit par succomber sous les coups portés non par les Allemands, mais par
les policiers de la Préfecture de police de Paris (les fameuses "brigades spéciales" des RG) dont les auteurs relatent, à partir d'archives inédites, les enquêtes.



J.M. BERLIERE et F. LIAIGRE, Liquider les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943, Robert Laffont, Paris, 2007.

Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 13:59
Dimanche 21 octobre à Tétaigne, Camille Maljean, ses parents (à titre posthume) et Odette Chauveau recevront la Médaille des Justes pour le sauvetage de la petite Hélène Weinblum. M. Maljean sera par ailleurs décoré de la Légion d'Honneur (voir ici).
Published by philippe lecler - dans Actualité
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 12:16

   Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.


                                                                    Les souvenirs de Marceau Devie, recueillis par Paul Lotterie, sur la Résistance dans la pointe de Givet, qui met en avant la coopération franco-belge en ce domaine, en font un ouvrage incontournable. Un témoignage qui ne s'accommode pas de la langue de bois (notamment sur le chapitre de la collaboration, voir ici, ici, et ici).

Marceau Devie est né en 1907 à Hargnies. Il participa à la guerre en 1940, fut démobilisé  à Montauban le 16 juillet 1940. Il rejoignit sa famille réfugiée en Vendée puis rentra clandestinement dans les Ardennes en décembre 1940 pour reprendre son travail au barrage de Ham/Meuse. C'est à cette date que commença son activité de résistant.

Il favorisait dès avril 1941 le passage de prisonniers évadés venant d'Allemagne par la Belgique, les dirigeant vers Paris depuis la gare d'Aubrives avec la complicité d'agents de la S.N.C.F. Naquit alors une filière qui fonctionna jusqu'en juin 1944 et qui servit aussi à l'évacuation d'aviateurs alliés. En août 1942, il devenait agent de renseignements des réseaux franco-belges "Bayard Poisson Chinois" et de la "Ligne PV " (réseau dont le centre ardennais était le maquis du Banel).

En février 1944 il rencontra "Marco" (responsable des sabotages auprès de l'état-major départemental des FFI)  à Charleville,  qui lui demanda d'accepter la direction des équipes de sabotages dans le secteur de Vireux-Givet. Devie donna son accord et effectua, avec François Amerand, son premier sabotage sur voie ferrée à Aubrives. D'autres allaient suivre. Deux mois plus tard, en avril, Jean Vigneron, alias « Parfum », chef du Secteur de Givet en fit son adjoint et le nomma responsable départemental militaire du mouvement Libération-Nord sous le pseudonyme de "Firmin". En liaison avec le maquis des Ardennes, Marceau Devie parvint à obtenir, le 8 août,  un parachutage  sur le territoire de la commune de Vireux-Wallerand (message : « La bécasse trompe son mâle »). Le matériel permit d'équiper un maquis constitué dans la forêt.

Le 4 septembre, après un dernier accrochage avec les Allemands en déroute à Hargnies (où Gabriel Brichet et René Darcourt trouvèrent la mort), Marceau Devie accueillait les Américains à Vireux. Puis il participa aux opérations qui devaient mener, trois jours plus tard, à la libération de Givet.

 LOTTERIE (P.), Marceau Devie, résistant ardennais, m'a raconté..., SOPAIC, Charleville-Mézières, 1985

 

Published by philippe lecler - dans Biblio ardennaise
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