Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 16:04
Dernière page du Martyrologe
 de Berthaucourt... de STADLER à ZENARD
 

466 – STADLER Robert, Henri, né le 7 mars 1905 à Gaillon (Eure), domicilié à Amagne. Employé de la SNCF à Amagne-Lucquy. Membre de l’équipe Plan vert de la gare d’Amagne-Lucquy, arrêté avec trois de ses camarades par la Feldgendarmerie de Rethel, après plusieurs sabotages sur voie ferrée, le 24 juin 1944. Condamné à mort par le tribunal militaire de Charleville, il fut fusillé au fort des Ayvelles le 26 juin 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Lucquy, sur la plaque commémorative des fusillés du fort des Ayvelles à Villers-Semeuse, sur celles des agents de la SNCF tués par faits de guerre 1939-1945 en gares d’Amagne-Lucquy et de Reims (Marne).

 

467 – STEVENIN Roger Camille, né le 25 juillet 1920 à Thin-le-Moutier, ouvrier maçon en cette commune. Domicilié dans les Deux-Sèvres après l’exode de 1940, appelé au STO, il quitta son domicile le 18 mars 1944 pour rejoindre un maquis en Dordogne. Il fut probablement arrêté par la Milice ou la police allemande, et fusillé sommairement. Sur les registres de l’état-civil, il est « porté disparu par décès » à la date du 1er avril 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Thin-le-Moutier.

 

468 – STEVENOT Alfred, Eugène, né le 14 janvier 1906 à Vrigne-aux-Bois, domicilié en cette commune. Décédé à Nontron (Dordogne) le 26 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vrigne-aux-Bois.

 

469 – STRINGER Bernard, né le 2 janvier 1929 à Illy (Ardennes), domicilié en cette commune. En 1944, ouvrier à la filature du Warcan à Olly (Ardennes) dirigée par Pierre Rouy, Bernard Stringer, accompagné de trois camarades (Luc Lilès, Roland Saxe et Marceau Hermant), voulait rallier un maquis pour participer aux combats de la libération. Il s’adressa au chef du faux maquis créé par des miliciens, membres du groupe d’action de la Sipo-SD cantonné à Sedan (Ardennes), connu dans la région sous la dénomination de « Bande au Bossu ». Les miliciens accueillirent leurs recrues et les exécutèrent dans le bois de la Hatrelle, à Illy, le 28 août 1944.

Son nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes), ainsi que sur la plaque commémorative apposée à Illy-Olly en mémoire des hommes « lâchement assassinés le 28 août 1944 par les miliciens à la solde de l’ennemi ».

 

470 – SZWED Henri, né le 10 février 1926 à Mouzon, domicilié en cette commune. Grièvement blessé lors des combats pour la libération de Charleville (prise du plateau de Berthaucourt), il est décédé à l’hôpital de Charleville le 4 septembre 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Mouzon.

 

471 – TAILLEFER René, né le 7 mars 1923 à Olizy-sur-Chiers (Meuse), domicilié à Blagny. Tué lors des combats pour la libération, à Blagny le 3 septembre 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Blagny.

 

472 – TARPIN Daniel, Arsène, né le 27 janvier 1927 à Péronne (Somme), domicilié à Laon. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944. Il est le plus jeune fusillé du maquis des Ardennes.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Aniscourt (Aisne), sur la Plaque commémorative du collège Saint-Just à Soissons (Aisne), sur le Livre d’Or des Archives départementales de Laon (Aisne), ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

 

473 – TÉTIER Marcel, né le 24 septembre 1912 à Creil (Oise), gendarme à Rozoy-sur-Serre (Aisne). FFI, tué lors des combats pour la libération de Rozoy le 31 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Quessy (Aisne), sur celui de  Rozoy-sur-Serre, ainsi que sur la plaque commémorative en l’église de cette commune.

 

474 – THEVENIN Henri, né le 18 mars 1903 aux Mazures. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Renwez, ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

 

475 – THIEBEAUX Henri, né le 28 avril 1901 à Rouvroy-sur-Serre (Aisne), employé de la SNCF à Sedan. Arrêté le 4 mars 1943 pour activité communiste, après avoir manifesté contre un départ de train pour le STO en gare de Sedan. Déporté le 28 avril 1943 au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Sachsenhausen, il est décédé à Weimar le 20 mars 1945.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Pouru-Saint-Rémy.

 

476 – THIERRY Lucien, né le 9 juillet 1924 à Querré (Maine-et-Loire), domicilié à Boulzicourt. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté le 27 janvier 1944 au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Buchenwald.  Décédé à Letzingen (Kommando du camp de Dora), le 11 avril 1945.

 

477 – TISSERON Lucien, né le à Viel-Saint-Rémy, domicilié à Faissault. Exécuté en cette commune par les Allemands en déroute le 1er septembre 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Faissault.

 

478 – TOPORNISKI Antoine, né le 15 avril 1923 à Wadimont, domicilié en cette commune. Arrêté par les Allemands porteur d’un brassard FFI, il fut exécuté à Rubigny le 30 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rubigny.

 

479 – TOTIN Yves, né le 15 avril 1922 à Wadimont, domicilié en cette commune. Arrêté par les Allemands porteur d’un brassard FFI, il fut fusillé à exécuté le 30 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rubigny.

 

480 – VADEZ Maurice, né le 9 mars 1898 à Brunehamel (Aisne), herbager en cette commune. Appartenant au groupe d’Émile Fontaine (chef de secteur de Rumigny/Signy-l’Abbaye), il fut dénoncé  par un traître à la solde de la Gestapo et arrêté le 5 mai 1944. Il fut déporté en juillet 1944 au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Neuengamme où il est décédé.

 

481 – VALET Robert, né le 22 avril 1922 à Nouzonville, instituteur à Charleville, domicilié à Nouzonville. Réfractaire au STO, volontaire au maquis des Ardennes, il fut tué au combat à Hautes-Rivières, lors de l’attaque allemande du 24 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nouzonville, ainsi que sur le monument aux instituteurs ardennais morts pour la France, à Charleville-Mézières.

 

482 – VALLET Emile, né le 11 juillet 1922 à Thin-le-Moutier, peintre-décorateur domicilié à Mézières. Réfractaire au STO, réfugié au maquis FTP dit « de Launois » à Viel-Saint Rémy. Lors de la rafle allemande du 15 décembre, il se trouvait à l’hôpital de Manchester, à Mézières. Dénoncé, il y fut arrêté le 19 décembre 1943, trahi par les initiales brodées sur le mouchoir qu’il portait sur lui. Condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand de Charleville le 22 janvier 1944, il fut fusillé à Mézières le 7 février.

Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Thin-le-Moutier et de Viel-Saint-Rémy.

 

 

483 – VAN BOUWELEN Guy, Albert, né le 22 octobre 1919 à Fayl-Billot (Haute-Marne), domicilié à Sedan. Volontaire au maquis des Ardennes, sergent des FFI. Selon les écrits du gendarme Genesseaux (dont le « carnet » est conservé aux Archives municipales de Revin), une section du maquis partie en reconnaissance du côté d’Hargnies le 19 août rencontra une patrouille allemande. Des coups de feu furent échangés, le sergent Guy Van Bouwelen fut tué. Perdu dans les bois, le groupe commandé par le gendarme Genesseaux ne  rentra que le lendemain matin.

La tombe de Guy van Bouwelen, dans le cimetière de Hautes-Rivières, porte la date de son décès au 23 août 1944. Un extrait d’acte de naissance en  la mairie de Fayl-Billot porte en mention marginale que Guy Van Bouwelen est « décédé à Hautes-Rivières le 24 août 1944 ». Les deux dates, contradictoires, ne correspondent pas aux faits.

Le corps de Guy Van Bouwelen ne fut sans doute récupéré qu’en même temps que ceux des tués du 24 août, ce qui explique la date erronée…

Par ailleurs, l’acte précise en mention marginale que GVB s’était marié à Sedan le 17 octobre 1942.

 

  484 - VAN CAENEGHEM Auguste, né le 29 octobre 1912 à Roubaix, courtier en Bourse domicilié à Paris. Prisonnier de guerre à Gomont où il faisait fonction d’interprète à la WOL, il appartenait à la 5e Compagnie FTP du secteur Sud des Ardennes. Arrêté le 22 août 1944 à Gomont par la Gestapo de Reims, il fut déporté au départ de Belfort le 29 août 1944 vers le camp de concentration de Neuengamme. Décédé à une date inconnue.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de l’Église Saint Jean-Baptiste de la Salle à Paris (15e arr.) (« En mémoire des paroissiens de St Jean-Baptiste de la Salle morts pour la patrie »).

 

485 – VANGIERDEGOM Auguste, Marcel, Victor, né le 13 mai 1921 à Mézières, domicilié en cette commune. Décédé à Saint-Pardoux-la-Croisille (Corrèze) le 13 juillet 1943.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Mézières.

 

486 - VANNET Paulin, né le 31 décembre 1902 à Signy-l’Abbaye, domicilié en cette commune. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté au départ de Paris, gare de l’Est, le 13 avril 1944 vers le camp de concentration de Natzweiler. Soumis au décret Keitel «Nacht und Nebel». Transféré au camp d’Erzingen (Kommando de Natzweiler). Décédé au camp de concentration de Dachau le 25 mars 1945.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Signy-l’Abbaye.

 

487 – VANVOLSEM Robert, né le 11 mars 1920 à Boulzicourt, domicilié en cette commune. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté au départ de Compiègne le 3 septembre 1943 vers le camp de concentration de Buchenwald. Décédé au camp de concentration de Dora le 1er avril 1945.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Boulzicourt.

 

488 VAUCHER Georges, Emile, Honoré, né le 8 avril 1908 à Bazeilles, ouvrier mécanicien en cette commune. Sergent des FFI du secteur de Sedan, il fut arrêté le 4 septembre 1944 avec son compagnon Roland Carville par des soldats allemands à Bazeilles, au lieu-dit la Croix de Mac-Mahon. La fouille permit aux Allemands de le découvrir porteur d’un brassard des FFI. Après avoir été interrogé, il fut exécuté sommairement au lieu-dit La Rapaille, à Bazeilles, le jour même. En même temps que lui, fut exécuté Pierre Massin, que les Allemands avaient arrêté au même endroit mais qui n’appartenait pas à la Résistance.

 

Georges Vaucher et Roland Carville sont morts en mission. Ils devaient ce jour-là rencontrer un envoyé du maquis Prisme, dit maquis des Ardennes, afin de rejoindre cette formation en vue des combats pour la libération.

Le nom de Georges Vaucher est inscrit sur le monument aux morts de Bazeilles, ainsi que sur la stèle commémorative à la Moncelle, route de Balan « Á la mémoire des résistants torturés fusillés par les SS allemands le 4 septembre 1944 ».

 

489 – VAUTHIER René, né le 16 mars 1910 à Dôle (Jura), mécanicien à Mézières. Réfractaire au STO, réfugié au maquis FTP dit « de Launois » à Viel-Saint-Rémy. Il parvint à échapper aux arrestations du 15 décembre 1943, quand le maquis fut démantelé par les Allemands, mais fut arrêté à Paris au début du mois de janvier 1944. Condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand de Charleville, il fut fusillé à Mézières le 7 mars 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Viel-Saint-Rémy.

 

490 – VERE Henri, Jean, né le 19 janvier 1921 à Charleville, domicilié en cette commune. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté au départ de la gare de Tourcoing vers Cologne le 1er septembre 1944. Transféré successivement aux camps de concentration de Sachsenhausen puis de Neuengamme. Décédé au camp de concentration de Neuengamme le 5 janvier 1945.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Charleville.

 

491 – VERQUIN Honoré, Gaston, né le 27 octobre 1894 à La Moncelle, plombier-zingueur à Bazeille. Arrêté le 4 mars 1943 pour activité communiste, après avoir manifesté contre un départ de train pour le STO en gare de Sedan. Déporté au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Sachsenhausen le 28 avril 1943. Décédé en 1945.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bazeille.

 

492 – VILLEMAUX Albert, Martin, Auguste, né le 7 juin 1895 à Pontavert (Aisne), employé de la SNCF à Nouvion-sur-Meuse, ancien maire communiste de cette commune (1935-1940). Albert Villemaux exerça la profession de peintre en bâtiment avant d’entrer, en qualité d’ouvrier peintre, aux ateliers de réparation de wagons de la Compagnie des chemins de fer de l’Est au dépôt de Lumes-triage. Marié en 1920, père de trois enfants, il s’installait alors à Nouvion-sur-Meuse.

Militant du syndicat CGTU, Albert Villemaux adhèra au Parti communiste où il fit la rencontre, déterminante pour la suite de son activité politique, de Lucien Sampaix. Il participa à ses côtés à la lutte contre l’occupation de la Ruhr en 1923, puis à la campagne antimilitariste pendant la guerre du Rif en 1925, ce qui amena la police à perquisitionner à son domicile et à saisir les journaux qu’il distribuait régulièrement dans les casernes du 17e Régiment d’artillerie et du 12e régiment de chasseurs à cheval stationnés à Sedan. En 1931, il cacha Lucien Sampaix, secrétaire de la région communiste du Nord-Est depuis 1929 (Aisne, Ardennes, Marne), qui était entré en clandestinité après une condamnation à dix mois de prison pour ses écrits antimilitaristes dans le journal régional communiste L’Exploité.

Élu conseiller municipal de Nouvion-sur-Meuse sur la liste d’Union ouvrière présentée par le Parti communiste (1925-1929), il devint maire de Nouvion aux élections de 1935. Destitué de son mandat par le gouvernement français en janvier 1940, il fut, malgré son âge, incorporé dans un régiment disciplinaire à Dijon. De retour en ses foyers après la défaite, il entra en contact avec Maurice Deloison, cheminot et dirigeant communiste du Nord, pour organiser la résistance et rétablir le Parti clandestin dans le département. Organisateur et initiateur de la manifestation en gare de Sedan, il fut arrêté le 4 mars par la police allemande pour distribution de tracts et détention d’armes.  Incarcéré aux prisons de Charleville, de Rethel et de Saint-Quentin, il fut transféré au camp de Compiègne-Royallieu avant d’être déporté au camp de concentration de Sachsenhausen-Oranienbourg par le transport du 24 janvier 1944.

Dans son Kommando de travail, il réussit à saboter près de trois mille pièces destinées à l’aviation allemande. Découvert, il fut soumis aux sanctions disciplinaires les plus rudes. Il mourut d’épuisement au mois d'avril 1945 (témoignage de son camarade Marcel Boulanger. La date du 15 juin 1944, souvent citée, est celle de sa déclaration de décès officielle).

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nouvion-sur-Meuse.

 

493 – VILLERET Louis, né le 29 octobre 1913 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

 

494 – VILLEVAL Louis, né le 15 septembre 1912 à Haybes, garagiste à Montigny. Résistant de la première heure, il se porta volontaire pour procéder, avec André Bousy, à l’exécution du milicien Raymond Gachet à Givet le 27 janvier 1944. Au retour de cette opération, les deux hommes furent rattrapés par les soldats allemands. Bousy fut tué, Villeval se cacha dans les roseaux de la Meuse mais fut découvert et exécuté d’une rafale de mitraillette.

Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Haybes et de Fumay, ainsi que sur la stèle de la Résistance à Haybes.

 

495 – VOISARD Raoul, né le 3 novembre 1920 à Longwy (Meurthe-et-Moselle), domicilié à Dom-le-Mesnil. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté le 6 avril 1944 au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Mauthausen. Décédé le 7 janvier 1945 à Melk (Kommando du camp de Mauthausen).

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Dom-le-Mesnil.

 

496 – WALTER Robert, né le 20 janvier 1918 à Troyes (Aube), domicilié à Raucourt. Appartenant au groupe FFI de Sedan, il fut arrêté par les Allemands et exécuté le 27 août 1944 à La Besace, avec son camarade Roger MOZET, au cours d’une mission de récupération d’armes et de munitions.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Raucourt-et-Flaba.

497 – WARK René, né le 20 janvier 1921 à Revin, employé de bureau en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

 

498 – WATELET Charles, né le 25 février 1915 à Saint-Memmie (Marne), domicilié à Nouart. Abattu par une sentinelle allemande alors qu’il effectuait un sabotage à Montbart (Côte-d’Or), le 19 septembre 1943.

 

499 – WENTZEL Jacques (Jacob), né le 7 septembre 1890 à Oberhaslach (Bas-Rhin), gendarme retraité domicilié à Olly (Ardennes). Résistant, il hébergeait des réfractaires au STO et  des aviateurs alliés. Le 28 août 1944, il fut abattu devant son domicile d’une balle de revolver tirée plein front par l’un des faux maquisards du groupe d’action de la Sipo-SD connu sous la dénomination de « Bande au Bossu » et commandé par le français Pierre-Mary Paoli.

Son nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes), ainsi que sur la plaque commémorative apposée à Illy-Olly en mémoire des hommes « lâchement assassinés le 28 août 1944 par les miliciens à la solde de l’ennemi ». Une rue de Floing (Ardennes) porte son nom. Une plaque commémorative a été érigée à l’endroit où il fut tué.

 

500 – WESSE Robert, né le 24 avril 1924 à Sedan, élève-instituteur en cette commune. Agent de renseignements du mouvement Libération-Nord et du maquis du Banel. Arrêté par la Gestapo le 31 mars 1944, il fut incarcéré à la prison de Charleville jusqu’au 27 juin. Longuement interrogé, martyrisé, il ne divulgua jamais un seul secret. Privé de toute correspondance, il dépensa des trésors d’imagination tenir à sa famille au courant de sa situation. Sur des feuilles de papier à cigarettes cachées dans du linge sale, il trouvait matière à lettres de plusieurs pages. Fin juin, il fut transféré au camp de Compiègne puis déporté le 2 juillet 1944 au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Dachau. Il est décédé à Hersbruck (Kommando du camp de Flossenbürg) le 6 décembre 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux instituteurs ardennais morts pour la France, à Charleville-Mézières.

 

501 – WIESSENE Henri, Raymond, dit « Jean », né le 17 juillet 1923 à Apremont-sur-Aire, employé des PTT à Mézières. Agent de liaison du Commandant Marcel Delys, responsable départemental des maquis auprès des FFI, Jean Wiessene fut abattu par un milicien après une tentative de fuite, à Charleville le 23 juillet 1944.

 

502 – WILLAIME Jeanne, Marie, née le 19 août 1918 à Laroche-Saint-Cydroine (Yonne), domiciliée à Charleville. Agent de liaison et de renseignements du mouvement « Ceux de la Libération-Vengeance », elle fut arrêtée par la Gestapo, à Paris, le 26 juillet 1944. Déportée le 15 août au départ de Paris, gare de Pantin, vers le camp de concentration de Ravensbrück, elle est décédée le 28 mars 1945 à Reickling (Allemagne) (JORF n°216 du 17 septembre 1993).

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Charleville.

 

503 – WILLEMET Raymond, né le 29 décembre 1913 à Rocroi, ingénieur domicilié à Paris. Capitaine au 61e Régiment d’artillerie, capturé par l’ennemi le 19 juin 1940, il s’évada le 27 février 1944 de l’Oflag de Lübeck. Repris, il fut déporté au camp de concentration de Mauthausen où il fut exécuté par pendaison le 29 avril 1944.

Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de l’école polytechnique à Paris (5e arr.) (« Á la gloire des polytechniciens morts pour la France »).

 

504 – WILLIÈME Roger, Eugène, né le 28 octobre 1901 à Sedan, contrôleur technique à la SNCF. Membre du mouvement Libération-Nord depuis 1942 (pseudo : « Coucou »), il effectua des liaisons nombreuses avec la direction centrale du mouvement à Paris, et fournit des informations précises sur le trafic ferroviaire de l’ennemi. Il prospectait les endroits propices aux sabotages et transportait lui-même les explosifs nécessaires à leur réalisation. Membre de l’état-major de Libération, il assista aux pourparlers qui devaient aboutir à la fusion dans la clandestinité des mouvements Libé-Nord et OCM. Il fut arrêté à son domicile par la Gestapo le 2 avril 1944. Incarcéré à la prison de Charleville, il fut ensuite transféré au camp de Compiègne avant d’être déporté le 2 juillet 1944 vers le camp de concentration de Dachau. Il est décédé à Hersbruck (Kommando du camp de Flossenbürg) le 2 décembre 1944.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la S.N.C.F. en gare de Charleville-Mézières.

 

505 – WILMART Arthenay, né le 6 novembre 1921 à Folisolle (Belgique), domicilié à Nouzonville. Volontaire au maquis des Ardennes, il fut tué au combat à Hautes-Rivières, lors de l’attaque  allemande du 24 août 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nouzonville, ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

 

506 – ZENARD, Léon, Marcel, Vincent, né le 20 janvier 1911 à Apremont-sur-Aire. Tué à Villey-Saint-Etienne (Meurthe-et-Moselle) le 4 septembre 1944.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Urbain-sur-Marne (Haute-Marne) et sur la plaque commémorative en l’église de cette commune, ainsi que sur le monument aux morts de Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle).

 

© Tous droits d'utilisation du Martyrologe sont soumis à autorisation de l'auteur

Published by philippe lecler - dans Mémorial de Berthaucourt
commenter cet article
29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 15:15
        A télécharger, sur le site de la Fondation de le la Résistance, La Lettre n° 51, consacrée au thème du concours de cette année : L'aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant le Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance.
Une thématique qui peut offrir aux candidats de nombreux sujets d'études dans notre département, ne serait-ce qu'en raison de la particularité de sa position géographique doublement frontalière (avec la Belgique, entre la zone interdite et la zone occupée...)
On notera que le livre de C. Dollard-Leplomb "Sauveteurs d'étoiles en Ardennes" figure dans la bibliographie recommandée aux participants.
Published by philippe lecler - dans Actualité
commenter cet article
16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 16:43
Icko, Rachel et Hélène sont inscrits sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah, à Paris

Manifestations prévues à Rethel à l'occasion de l'hommage rendu à Icko, Rachel et Hélène Cyminski, tous trois disparus au camp d'extermination d'Auschwitz

Du 12 au 26 janvier 2008, exposition à la bibliothèque de Rethel : "Hommage à la famille Cyminski"
Le "Dossier Cyminski" très bel album de 48 pages à l'iconographie très riche, dont le texte, revu, fut publié dans la revue Terres ardennaises (n° 98 de mars 2007) sera en vente à cette occasion (Edition "C'est arrivé près de chez vous").


Dimanche 27 janvier 2008 : Dépôt d'une gerbe au monument aux morts de Rethel puis dévoilement de la plaque posée au 1, rue Dubois-Crancé.



L'album, préfacé par Maurice Rajsfus, est attendu pour la mi-janvier...

Ci-dessous les modalités de commande, à copier ou à recopier
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Je désire commander --- exemplaire(s) du livre de 40 pages au prix unitaire de 10 euros (frais de port inclus)

Ci-joint mon règlement  par chèque à l'ordre de l'association « C'est arrivé près de chez vous ».

Nom et prénom :........................................................................

Adresse :..................................................................................

Code postal et ville :..................................................................

Courriel  : ..................................................................................

 J'envoie mon chèque à l'association « C'est arrivé près de chez vous », 8, allée de la citadelle 08000 Charleville-Mézières.

Tél : 03 24 30 20 08

Published by philippe lecler - dans Actualité
commenter cet article
16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 15:56

Mort d'Émile Fontaine

Á la fin de 1943 et au début de 1944, la décision des alliés de mener contre le Reich une guerre totale avait entraîné une intensification des raids des bombardiers américains et britanniques outre-Rhin, avec pour conséquence la destruction de nombreux appareils, tant par la Flak que par la chasse allemande. Le problème de l'hébergement et de l'évacuation des aviateurs rescapés se posa alors à la résistance de façon aigue, d'autant que la police allemande avait opéré des coupes sombres dans les réseaux et les filières jusqu'alors utilisées

 En janvier 1944, un résistant de Brunehamel, du groupe des FFI commandés par Émile Fontaine, vint trouver Hector, responsable local d'un terrain de parachutages, qu'il savait en relation avec les « résistants parisiens » (en fait, les hommes du SD), pour lui demander s'il ne pouvait l'aider à trouver une nouvelle filière d'évacuation pour 25 aviateurs alliés dont les appareils s'étaient écrasés et qui étaient alors cachés dans des fermes de la région. Hector soumit cette requête à son supérieur, Blanchard, vrai agent de la Gestapo de l'avenue Foch et faux résistant, qui en référa à l'adjudant Placke.

 

Joseph Placke est né le 20 août 1897 à Osnabrück-haste. Il fit ses études à l'Ecole Normale des frères Maristes à Arlon, en Belgique, où il apprit le français. Mobilisé dans l'armée allemande lors de la guerre 1914-1918, il fut ensuite représentant de commerce. Mobisé dans la Geheime Feldspolizei (GFP) en Hollande en 1939, puis muté à Paris en juin 1940, il fut détaché à l'hôtel Lutétia, siège de l'Abwehr, au service III F, où étaient traitées les affaires relevant du contre-espionnage militaire. Nommé interprète, il participa à la première grande opération dirigée contre la Résistance par les services secrets de la Wehrmacht dans la cadre de l'affaire « Porto » (plus de 800 arrestations), puis il géra les dossiers des détenus destinés à la déportation en Allemagne sous le régime « Nacht und Nebel ».

Il fut ensuite responsable des opérations au sein des services du SD de l'avenue Foch, notamment lors de l'affaire de la French Section et de ses ramifications. Il fut arrêté par les Américains le 25 juillet 1945, en Italie, avant d'être transféré en France afin d'être entendu par la justice et dans différentes affaires relatives à la French Section, et dans le procès de la Gestapo française de l'avenue Foch, en mai 1949. L'homme qui avait dirigé l'action des auxiliaires français n'eut pas à comparaître et bénéficia d'un non-lieu la veille de l'ouverture de la session de la cour de justice de la Seine.

 

  Les contacts pris sur le terrain entre les deux parties amenèrent la rencontre du lieutenant de Fontaine, Henri Daret, chef de centre à Brunehamel et de Michel Bouillon, agent de la Gestapo. Ce dernier rendit compte de l'entretien au commandant Kieffer, qui donna son accord pour poursuivre l'opération, nommant l'adjudant Placke pour la mener à bien. Celui-ci s'adjoignit les services des Français René Launay, Robert Godinger, et Henri Nicolas.
    

        La Gestapo française de l'avenue Foch fut dirigée par René Launay, alias « Lauris », alias « René le dingue », qui s'était présenté au commandant Kieffer à l'été 1943. Launay était un ancien militant d'extrême-droite. Membre du service de renseignements du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat, un parti de l'ultra collaboration, il fut envoyé aux allemands par les dirigeants du parti.
Launay choisit les hommes avec lesquels il voulait travailler et réorganisa le groupe des auxiliaires français de la Gestapo. Il reprit des « anciens » du service IV E qui travaillaient pour le docteur Goetz, tels Maurice Sion (jugé et fusillé le 5 mai 1950), Roger Dupré, René Lefèvre, Jacques D'Archanches, Henri Brisson, Marcel Lebreton, Laboudie dit « Bouboule » (fusillé à la Libération), et les frères Jean et Michel Bouillon ( tous deux condamnés à mort et fusillés en avril 1945), les frères Georges et Claude Ledanseurs (qui venait de la résistance et subirent le même sort que les précédents), Louis Blanchard...

    Placé sous les ordres de Josef Placke, Launay enrôla une nouvelle équipe d'une dizaine d'hommes en qui il avait toute confiance, sorte de corps d'élite voué à la lutte contre la Résistance. Il recruta ainsi Maurice Bay, Henri Nicolas, Henri De Corval, Robert Godinger dit « Darsac », Henri Seelen (ancien légionnaire d'origine néerlandaise), Pierre Loutrel (universellement connu après la guerre sous son surnom de « Pierrot le Fou »), remplacé ensuite par Roland Sicard (commissaire de la Sécurité du territoire, résistant, infiltré sur ordre en mars 1944), Maurice Segaud (alias Vuillemain).
Les séides de l'avenue Foch, pour leur peine, touchaient 10 000 francs par mois (une jolie somme de l'époque) Sans compter les frais annexes grassement remboursés, les primes, et le butin prélevé sur les personnes arrêtées et à leur domicile, les perquisitions étant l'occasion de pillages en règle.

    Une parenthèse qui me semble nécessaire... Le livre de P. Aziz, Tu trahiras sans vergogne (Fayard, 1970) relate l'affaire des contre-parachutages (p. 204 à 210) en mettant en avant l'action de la Gestapo de l'avenue Lauriston, sans jamais citer l'avenue Foch. Ce rattachement de cette Gestapo à l'affaire des parachutistes est une parfaite falsification. Comme on l'a vu, l'avenue Foch possédait sa propre équipe dirigée par René Launay : Aziz ne cite jamais ce nom ! Son sujet d'étude (la Gestapo de la rue Lauriston et son chef, Lafont) l'emporte sur la vérité historique : Aziz substitue la rue Lauriston à l'avenue Foch pour les besoins du récit. On comprend maintenant pourquoi Aziz n'a pas cité ses sources : elles ont été manipulées pour servir le dessein qu'il s'était fixé : écrire un livre sur « une Gestapo » célèbre en racontant des histoires édifiantes. Au mépris de la vérité historique. Que peut valoir le reste du livre ?

 

         Au début du mois de mars débutèrent les premiers contacts entre Émile Fontaine et l'équipe de Placke, avec, à chaque retour vers Paris, l'enlèvement de plusieurs aviateurs dans une camionnette conduite, à chaque fois, par Henri Nicolas. Á chacune de ces rencontres fut dévoilée, un peu plus, l'organisation de la Résistance dans le secteur et dans les Ardennes. Ainsi à la mi-mars, les aviateurs cachés dans  l'Aisne ayant été évacués, une rencontre fut organisée entre Fontaine et Launay, au cours de laquelle ce dernier fut présenté à Roger Mathieu, coiffeur à Charleville, et à Charles Saint-Yves, contrôleur régional au ravitaillement, domicilié à Saulces-Champenoises. Tous deux étaient responsables de l'hébergement et du transport des aviateurs par une filière qui avait des relais à Sedan et dans la région d'Attigny, le réseau Samson (« Samson », anagramme de Masson, Robert, sous-lieutenant de réserve dans l'armée de l'air ayant rejoint Londres, fondateur en avril 1943 d'un service de liaison et réseau d'évacuation d'aviateurs alliés affilié au BCRA). Lors de cette rencontre, les dates et les modalités d'enlèvement furent fixées pour soulager ces deux secteurs, où là aussi des aviateurs attendaient depuis longtemps d'être évacués sur l'Espagne par Tarbes, comme cela s'était passé jusque là avant que des arrestations à Paris ne viennent bouleverser la bonne marche des choses.

 Convaincu de l'efficacité de cette filière providentielle, Émile Fontaine décida de convoquer, le 30 mars, une grande conférence pour présenter ses chefs de centre aux « résistants parisiens ». Georges-Henri Lallement, adjoint de Fontaine, et qui sera son successeur, s'en souvient :

 

        « Fontaine est venu me rendre visite un jour où j'étais très malade et cloué au lit par une forte fièvre. Il m'annonça qu'il avait provoqué une réunion qui rassemblait tous les chefs de centre du secteur, et que des contacts venus de Paris seraient là. II me dit : "C'est domma­ge, vous auriez vu des types formidables, ils voyagent en traction-avant, ils ont des armes, ils vont nous prendre tous nos avia­teurs alliés récupérés dans le coin", avia­teurs qui étaient une charge pour nous car il fallait les nourrir, les cacher, il fallait s'oc­cuper d'eux... Et effectivement ils les ont pris en charge, puisqu'ils étaient de la Gestapo. Du coup tous les chefs de centre du coin, y compris dans les Ardennes, étaient recherchés après que Fontaine eut été abattu.
"Si vous ne pouvez pas venir, ne venez pas, mais il y a une chose que je voulais vous dire : il ne faut pas que nous tombions vivants entre leurs mains, parce qu'il y en a de plus durs qui ont parlé et je suis persuadé que quand les Allemands le veulent, ils finissent par faire parler. Il ne faut pas que vous tombiez vivant entre leurs mains ; moi je vous donne ma parole d'honneur, à vous, que je garderai une balle pour moi. Je voudrais que vous fassiez la même promesse."Je l'ai faite.»

 Cette réunion, conçue comme un guet-apens où la Gestapo espérait prendre dans un seul vaste coup de filet tous les membres de la Résistance de la région n'eut pas lieu. Ce 30 mars, Launay (probablement lui, mais peut-être un de ses sbires), vint chercher Fontaine au café d'Émile Roger, à Aubenton, où ceux de la résistance avait leurs habitudes. Il monta dans une voiture, une traction-avant aux roues blanches. Celle-ci avait tout juste démarré lorsqu'il s'aperçut que l'un de ses compagnons faisait un geste de reconnaissance au chauffeur d'un autre véhicule, une traction aux roues jaunes (couleur typique de celles utilisées par la Gestapo) qui les doublait. Alors il sortit son revolver qu'il cachait dans sa botte, et se mit à tirer. Les autres répliquèrent. Selon un des hommes de la Gestapo, c'est Henri Seelen « qui a tué dans le Nord de la France un chef de la résistance nommé Fontaine.» D'après J. Placke, « Fontaine arrêté sortit un pistolet de sa botte et tira sur [Robert] Kribelle qui, manqué, riposta et tua Fontaine ». Le rapport rédigé par la police française à la suite du transport du corps de Fontaine à Charleville fait état des blessures suivantes « faites par arme à feu » : une balle dans la région occipitale, une balle dans la région de l'omoplate gauche, un orifice de sortie à la joue gauche, balle calibre 6m/m35 ayant pu être extraite. « Le cadavre porte en outre : l'oeil droit tuméfié et une éraflure de cinq centimètres à hauteur de l'omoplate droite. Il a les bras levés, les mains à hauteur du visage ».

    Contrairement à ce qui été parfois déclaré, Émile Fontaine n'a pas été tué à l'extérieur du véhicule, dont il aurait sauté, mais à l'intérieur, à la suite d'une lutte avec les autres occupants comme le signal le rapport de police du 1er avril 1944 : « Le cadavre a été trouvé porteur de : a) - à l'intérieur du veston, plusieurs fragments de verre "Sécurit", tachés de sang, ce qui laisse supposer que l'homme a été abattu alors qu'il se trouvait à l'intérieur d'une voiture automobile.»
La promesse faite à Georges Lallement avait-elle été une sorte de prémonition ?

 Transporté le 1er avril dans les locaux du SD à Charleville, au 79 de l'avenue Nationale, le corps fut, après examen, remis aux autorités françaises. La Feldkommandantur de Charleville notifiait alors à la préfecture que

 

        « Le ressortissant français FONTAINE, AUBENTON (indication d'identité plus précise impossible étant donné qu'il ne détenait que de faux papiers), a été tué d'un coup de feu en raison de ce qu'il s'est opposé à son arrestation l'arme à la main. Le cadavre vous est livré avec ordre de faire le nécessaire pour l'inhumation qui doit avoir lieu au cimetière de Mézières. Vous êtes rendus personnellement responsable de toute manifestation et devez éviter qu'il ne s'en produise à l'occasion et pendant l'enterrement. Ne pourront assister aux obsèques que les plus proches parents du fusillé. Il est permis de faire appel à un prêtre. Les membres de la famille de l'intéressé sont à prévenir par vos soins. L'exécution de l'inhumation doit m'être communiquée dans les trois jours. »

Le lendemain, le corps, dont l'identité restait incertaine, fut reconnu à la morgue de l'Hôpital de Manchester par une amie de Fontaine ; il fut enterré au cimetière de Mézières.

         D'après un bilan dressé par la justice lors de l'instruction du procès de la Gestapo de l'avenue Foch, 27 parachutistes alliés auraient été arrêtés dans le seul département de l'Aisne, 22 résistants y auraient été arrêtés, 14 auraient été déportés, 10 seraient morts en déportation ou auraient été fusillés. Les noms de quelques-uns d'entre eux figurent sur le Mémorial de Berthaucourt à Mézières, parmi lesquels celui d'Henri Daret ; celui d'André Chorlet ; celui de Louis Serre ; celui de Maurice Vadez , d'autres encore...
La justice, à l'époque, ne dressa aucun bilan de l'action répressive de la Gestapo de l'avenue Foch dans les Ardennes. Et pourtant...

A suivre...    Vers la page 3                                                Voir l'article précédent...