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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 06:40

Georges Robert est décédé cet été. Grand résistant ardennais, il était la mémoire des FTP des Ardennes. Retour sur son parcours...

 

Issu d’une famille modeste de la région Rethèloise, Georges Robert est né le 1er décembre 1918 à Briennon-sur-Armançon (Yonne) où sa mère avait été évacuée lors de l’offensive allemande de 1914. Après la guerre, la famille Robert retrouva Roizy, où Georges passa son enfance.

Versé dans l’aviation à la base aérienne de Reims, il participe en 1940 aux combats contre les Allemands, mais son régiment doit se replier sur Bordeaux puis sur Port-Vendres. La conclusion de l’armistice le laisse amer. Démobilisé le 1er septembre 1940, il part travailler dans une sucrerie de  Seine-et-Marne, à Noissy-Cramoyel. Là débute son premier engagement dans la résistance. Il participe à la rédaction et à la diffusion de tracts clandestins dénonçant la politique du gouvernement de Vichy et appelant à la lutte contre l’occupant. Mais deux de ses plus proches camarades sont arrêtés pour leur activité clandestine et leur appartenance au Parti communiste français alors interdit (c’est en hommage à l’un de ces premiers résistants que Georges Robert lui emprunta son prénom, « Dany », qui devint son pseudonyme dans la clandestinité). Georges  Robert prend la fuite et rejoint les Ardennes en juillet 1942, où il vient travailler à la sucrerie de Saint-Germainmont, puis dans les fermes de la WOL à Gomont.

En janvier 1943, il est contacté par Pierre Labar et Léon Hourlier, de Saint-Germainmont, qui, à l’instar d’autres patriotes du canton, ont formé un petit groupe de résistance affilié aux FTP. Leurs objectifs en ce début de 1943 sont de plusieurs ordres : récupération d’armes sur le champ de bataille que fut la région en mai et juin 1940, distribution de propagande anti-allemande et  diffusion de la presse clandestine, notamment le journal France d’abord, organe des FTP, sabotage du matériel roulant au départ de la sucrerie de Saint-Germainmont. Enfin, de nouveaux groupes sont recrutés et formés.

Au début de 1944, Dany est nommé au grade de lieutenant FTP. Il devient ainsi officiellement l’adjoint du Capitaine Pascal (Pierre Luizard), qu’il ne quittera plus jusqu’à la libération du département.

Après le parachutage de « Dame blanche » et le débarquement allié sur les côtes normandes, Georges Robert quitte son emploi civil et entre en clandestinité. A compter du mois de juin, il va accompagner Pascal dans la formation du maquis dans les bois de Blanzy avec les réfractaires du secteur et participe à tous les combats, à tous les sabotages, à tous les coups de main... A la fin du mois de juin 1944, le maquis, constituant la 2e compagnie FTP du secteur sud des Ardennes se transporte dans la forêt du Mont-Dieu, puis dans les bois de Belval. Dany est blessé lors de la marche des maquisards vers Charleville à la fin du mois d’août, lors des combats pour la Libération, a laquelle il participe néanmoins.

 

G. robertDany en compagnie de Marie-Héléne Cardot, au plateau de Berthaucourt.

(photo tirée de mon ouvrage Ami, si tu tombes)

 

Sources : Ami, si tu tombes, la résistance dans la région de Rethel, 1940-1944


Published by philippe lecler - dans Des hommes
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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 07:17

Couvertur.Né le 19 juin 1922 à Nantes (Loire-Atlantique), Jacques Sourdille a vécu des engagements forts. Jeune résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut l'un des piliers du réseau de renseignements "Claude François" (du nom de son fondateur bien sûr), puis agent de liaison de l'adjoint du délégué militaire régional de la région Normandie-Bretagne. Arrêté par la police allemande en mai 1944, il fut déporté au camp de concentration de Neuengamme. Il devint ensuite un médecin ophtalmologiste de grande renommée, à l'hôpital Saint-Denis, à Paris et en Afrique de l'Ouest.
Jacques Sourdille fut aussi une personnalité politique aux parcours multiples. Gaulliste fidèle, réputé pour sa liberté de parole et d'action, il fut élu député puis sénateur des Ardennes et occupa le poste de secrétaire d'Etat à la Recherche dans le gouvernement Barre.
Passionné des Ardennes et enthousiasmé par la décentralisation, il présida le Conseil général pendant treize années. 

Les auteurs ont combiné témoignages et récits, recherches et analyses pour offrir au lecteur une biographie rigoureuse et cohérente de Jacques Sourdille.

 

D. Bigorgne (sous la direction de), Jacques sourdille, éditions de la Société d'études ardennaises, Charleville-Mézières, 2012. 

 

La presse en parle... 

Published by philippe lecler - dans Bibliographie
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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:35
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  Pour regarder l’émission diffusée sur cette chaine de télévision, cliquer ici

 
 
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 14:21

helene-.jpgAlors que le Mémorial de la Shoah consacre une grande exposition aux enfants dans la Shoah, on se dispute au conseil municipal de Rethel pour savoir s’il convient de dépabtiser l’école Mazarin afin de lui donner le nom d’Hélène Cyminski.


Cette proposition a été déposée par le groupe d’opposition de gauche au conseil (« Rethel ensemble »), à la suite de la cérémonie du souvenir des déportés du 29 avril dernier. Pour ces élus, il semble important « que le nom d’Hélène Cyminski et son souvenir restent indissociables de l’école qu’elle avait fréquentée. De fait, donner à une école le nom d’une ancienne déportée est un acte porteur de valeur qui peut ainsi servir de relais entre les différentes générations » ( dans Rethel infos n° 13, juin 2012).

  Rappelons que durant l’Occupation, Hélène habitait face à l’école, et qu’aujourd’hui une plaque commémorative rappelle au souvenir de cette famille rethéloise décimée par les nazis. On sait que dans les Ardennes, à Vouziers, une école porte le nom d’une de ses élèves : Dora Levi fut enlevée par les Allemands dans sa classe.

 

 Lire la suite ici...

 

 

  Détail d'une photographie d'Hélène Cyminski, devant son domicile, place de Caen.