Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même
un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux
serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a
longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944
LAMBERT (J.) et GIULIANO (G.), Les Ardennais dans la tourmente : l’Occupation et la Libération, Éditions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières,
1994
Un découpage thématique qui couvre tous les domaines de la vie des Ardennais sous l’Occupation (la
Résistance n’en est qu’un parmi d’autres) avec un parti pris de privilégier le témoignage, sans pour autant négliger l’analyse historique. Avec, en plus, des documents, photographiques ou écrits,
inédits. Un livre indispensable.
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année
2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et
n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
VAISSE (M.) (sous la direction de),Ardennes 1940, Éditions Henri Veyrier, Paris, 1991
Ouvrage collectif constituant la publication des actes du colloque tenu le 11 mai 1990 au centre des congrès des Vieilles Forges
et organisé par le centre de recherche ARPEGE (Association pour la recherche sur la paix et la guerre) de l’Université de Reims.
Un ensemble de quatorze contributions d’historiens français, belges et allemands, toutes de grandes qualités, portant aussi bien
sur l’analyse de questions stratégiques, les combats de 40, les attitudes des Français lors de la « drôle de guerre », l’exode, etc.
Ci-dessus : les troupes allemandes à la frontière franco-belge, venant de Beauraing et se dirigeant vers Givet.
Ci-dessous : entrée des Allemands dans Givet.
Ci-dessous : un groupe de soldats allemands autour d'un Stuka (campagne de France)
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des
limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période,
dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
Enseptembre 1939, en même temps que le reste du pays, les Ardennes entrent dans une guerre qui ne justifie pas son
nom. N'est-il pas fréquent, en effet, de parler de la "guerre de 1940" à propos d'un conflit commencé près d'un an plus tôt ? De septembre 1939 à mai 1940, c'est la "drôle de guerre", selon l'expression attribuée à Roland Dorgelès, une guerre insolite, car contrairement à la précédente, on ne se bat pas, ou si peu.
Comment les Ardennais ont-ils vécu ces huit mois qui précèdent l'attaque allemande du 10 mai 1940 ?
La question mérite d'autant plus d'attention que nous sommes ici dans un département frontière, donc dans la zone des armées où civils et militaires vivent en étroite cohabitation. D'autre
part,en 1914,ce département a été le théâtre de violents combats auxquels a succédé une occupation particulièrement lourde de cinquante et un mois, et ces événements, encore très
présents dans les esprits en 1939, ont profondément façonnés la perception que les Ardennais pouvaient avoir de la guerre et de leur envahissant voisin allemand.
L'analyse de la vie des civils ardennais entre septembre 1939 et mai 1940 a conduit les auteurs à porter leur attention sur quelques points forts : l'état d'esprit des populations
confrontées à la situation de "non-guerre" qui succède à la mobilisation ; leur comportement dans un paysage familier transformé par les nécessités militaires ; leurs réactions face aux gênes
provoquées par la présence des troupes ; enfin, leurs activités professionnelles, les entreprises du département étant confrontées à un véritable dilemme : produire ou évacuer ?
Le premier grand ouvrage de l'équipe de Terres Ardennaises, dont nous aurons à reparler.Un livre riche en analyses et en témoignages, sur un thème, l'exode de 40, pour une fois ici traité avec une véritable profondeur et loin des idées reçues.
LAMBERT (J.), GIULIANO (G.), ROTOWSKY (V.), Les Ardennais dans la
tourmente : de la mobilisation à l'évacuation, Éditions Terres Ardennaises,
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel. Avec le livre de Paul Lotterie sur Marceau Devie, parurent à la fin des années 80, deux autres ouvrages consacrés à la Seconde guerre mondiale dans le département, envisagée là encore sur le plan local.
DEROCHE (G.) et MACHINET (S.), Vouziers 1940-1944, pages d'histoire pour le 40e anniversaire de la Libération, Édition ville de Vouziers, 1984
Première étude locale sur l'occupation allemande et la Résistance, axée sur le Vouzinois, avec de nombreux témoignages.
CORDIER (J.P.), Combat en Ardenne, SOPAIC, Charleville-Mézières, 1986
Jean-Paul Cordier, membre de la Société des Écrivains Ardennais, n'était pas historien, mais il fit oeuvre de mémorialiste de l'Occupation à Monthermé et dans la vallée de la Meuse, des combats du printemps 1940 à la libération. L'essentiel de l'ouvrage est consacré à la Résistance, notamment celle des FTP, si présents autour de Château-Regnault, mais aussi à l'impact, dans la vallée, du massacre des Manises en juin 1944.
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