Avec le livre de Paul Lotterie sur Marceau Devie, parurent à la fin des années 80, deux autres ouvrages consacrés à la Seconde guerre mondiale dans le département, envisagée là encore sur le plan local.
Première étude locale sur l'occupation allemande et la Résistance, axée sur le Vouzinois, avec de nombreux témoignages.
Jean-Paul Cordier, membre de la Société des Écrivains Ardennais, n'était pas historien, mais il fit oeuvre de mémorialiste de l'Occupation à Monthermé et dans la vallée de la Meuse, des combats du printemps 1940 à la libération. L'essentiel de l'ouvrage est consacré à la Résistance, notamment celle des FTP, si présents autour de Château-Regnault, mais aussi à l'impact, dans la vallée, du massacre des Manises en juin 1944.
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.
Les souvenirs de Marceau Devie, recueillis par Paul Lotterie, sur
Il favorisait dès avril 1941 le passage de prisonniers évadés venant d'Allemagne par la Belgique, les dirigeant vers Paris depuis la gare d'Aubrives avec la complicité d'agents de la S.N.C.F. Naquit alors une filière qui fonctionna jusqu'en juin 1944 et qui servit aussi à l'évacuation d'aviateurs alliés. En août 1942, il devenait agent de renseignements des réseaux franco-belges "Bayard Poisson Chinois" et de la "Ligne PV " (réseau dont le centre ardennais était le maquis du Banel).
En février 1944 il rencontra "Marco" (responsable des sabotages auprès de l'état-major départemental des FFI) à Charleville, qui lui demanda d'accepter la direction des équipes de sabotages dans le secteur de Vireux-Givet. Devie donna son accord et effectua, avec François Amerand, son premier sabotage sur voie ferrée à Aubrives. D'autres allaient suivre. Deux mois plus tard, en avril, Jean Vigneron, alias « Parfum », chef du Secteur de Givet en fit son adjoint et le nomma responsable départemental militaire du mouvement Libération-Nord sous le pseudonyme de "Firmin". En liaison avec le maquis des Ardennes, Marceau Devie parvint à obtenir, le 8 août, un parachutage sur le territoire de la commune de Vireux-Wallerand (message : « La bécasse trompe son mâle »). Le matériel permit d'équiper un maquis constitué dans la forêt.
Le 4 septembre, après un dernier accrochage avec les Allemands en déroute à Hargnies (où Gabriel Brichet et René Darcourt trouvèrent la mort), Marceau Devie accueillait les Américains à Vireux. Puis il participa aux opérations qui devaient mener, trois jours plus tard, à la libération de Givet.

Deux articles relatifs à la Seconde guerre mondiale dans le dernier numéro de Terres Ardennaises :
"Charles Legay. Un itinéraire militant". Brossé par Didier Bigorgne, le portrait de ce militant communiste, figure ardennaise du mouvement ouvrier et social, arrêté en décembre 1942, déporté au camp de concentration de Buchenwald, avec des extraits du carnet que Charles Legay tint pendant ses années de déportation.
cette biographie est complétée par un article sur le système concentrationnaire nazi réalisé par les élèves de 3e du collège de Monthermé, sous la direction de leurs professeurs, Jérémy Dupuy et Nicolas charles.
Terres Ardennaises, n° 99 de juin 2007
Le n° 98 de la revue vient de sortir. Vous y trouverez le texte complet du mémoire qui a été consacré à la famille Cyminski et envoyé à la mairie de Rethel (sans réponse aucune à ce jour...) (La Shoah dans les Ardennes : le cas de la famille Cyminski à Rethel).
Vous pourrez, entre autres, y lire aussi un excellent article de Gilles Deroche consacré au premier conflit mondial (Le journal de l'occupation, de Julien Schmitt à Alland'huy, 1915-1918).
A consommer sans modération...
Les ouvrages sont cités dans l'ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire, l'année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas légions et n'encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d'une date de rupture est donc purement formel.

Il fut l'un des premiers ouvrages à destination du grand public sur cette période de l'histoire, s'insérant dans une collection sur l'Occupation dans les départements, le livre vaut surtout pour la richesse de ses illustrations (une centaine de photos).
Jacques Vadon voulait que le livre constitue une synthèse de ses recherches. Destiné à un large public, il constitue un exposé intéressant sur l'Occupation et sur la Résistance, avec une iconographie très riche (photographies, aussi documents des archives des FFI, mais la taille des documents les rend souvent peu lisibles). Un détail amusant : les curieuses légendes de certaines photos (par exemple ce portrait d'un groupe d'auxiliaires féminines de la Luftwaffe titré : « Pas même belles ! »). Dans un entretien accordé à L'Ardennais lors de la parution du livre J. Vadon s'en expliquait : « Je les ai légendées [les photos] dans l'esprit de l'époque, autant que possible. Des gens vont me reprocher sans doute d'être anti- boche ! Mais c'était l'esprit du temps, ici, comprenez-vous. Ce que j'ai écrit n'est pas impartial !»