La cérémonie en hommage aux maquisards du Banel, qui a eu lieu ce 21 juin devant le monument commémoratif, a pris cette année un singulier relief avec deux moments d’une exceptionnelle intensité…
Le premier fut sans doute la reconnaissance publique dont fut l’objet un des derniers du maquis, et non l’un des moindres, Robert Briffault qui, à l’âge de 87 ans, a été décoré de la Légion d’honneur.
Robert Briffault est entré très tôt en résistance. À la fin de l’année 1941, âge de 19 ans, il est encore étudiant au collège Nassau de Sedan lorsqu’avec Robert Wesse il rassemble quelques
camarades et crée un groupe gaulliste avec l’ambition de « faire quelque chose » contre l’occupant. Les jeunes s’emploient à confectionner et distribuer des tracts et la presse
clandestine, rassembler des armes, saboter, avec des moyens de fortune, les installations allemandes et le matériel de la WOL. En mai 1942, Robert rencontre Adelin Husson à Williers, au café que tiennent ses parents. Adelin, qui est recherché par la Gestapo et qui est caché au château du Banel, s’intéresse au jeune homme et à ses activités
et lui propose d’intégrer son organisation. Robert est dès lors chargé de mettre sur pied, à partir du groupe de Nassau, un service de renseignements. En avril 1943, il est arrêté par la police
allemande qui suspecte son implication dans un incendie criminel. Faute de preuves, elle le relâche. Mais Robert se sait en sursis et, un mois plus tard, il entre en clandestinité et
rejoint Adelin Husson, dit « Georges », au Banel : ainsi naît la Section française du Banel.
Robert ne vient pas seul mais amène avec lui ses camarades, tous, ou presque, réfractaires au STO. Le groupe ainsi constitué devient le corps franc du Banel (on se souvient que Robert avait enrôlé dans sa formation Henri Vin à la fin de l’année 1942. Lorsqu’il est appelé au STO, à l’été 1943, Vin rejoint Briffault au Banel et Adelin Husson nomme le nouveau venu à la tête de son service de renseignements. Mais ceci est une autre histoire…). Le maquis diversifie ses actions, multipliant les coups de main contre l’occupant, apportant aide aux prisonniers évadés et aux aviateurs alliés. Les camps qui leur servent de refuge changent au gré des nécessités de la sécurité, ou de celles du relatif confort, mais ne s’éloignent jamais ni du domaine du Banel où « Thomas » (nom de guerre de Robert Briffault) prend ses ordres, ni de Williers où le ravitaillement est plus aisé.
Lorsque le 18 juin 1944 les Allemands encerclent le maquis et entreprennent un ratissage en règle de son périmètre, Robert et son groupe en sont absents. Arrivés trop tard au rendez-vous fixé pour la réception des armes, ils ne peuvent qu’assister, impuissants, à la destruction du maquis et au massacre de leurs compagnons.
Le maquis disparu, le corps franc du Banel poursuit la lutte. Robert et ses camarades rejoignent les FFI ardennais et participent aux combats de la libération.
Robert Briffault est titulaire de la Médaille de la Résistance du Royaume de Belgique et de la Médaille commémorative belge de la Guerre 1940-1945, ainsi que de la Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945.
Autre moment fort lorsque le président du comité belge du Banel signala la présence parmi le public de la petite fille d’Adelin Husson, qui, pour la première fois, assistait à la cérémonie.
Mme Liliane Georges a été retrouvée au
terme d’une longue recherche d’Annette Biazot, dans le cadre d’une étude que nous menons conjointement sur le maquis du Banel. Ignorante de la qualité de résistant de son grand-père, qui lui fut
révélée il ya quelques mois par Annette, elle avait tenu à participer à cette manifestation afin d'honorer la mémoire de son aïeul.
Mme Georges, entre les frères Briffault, Robert (à droite) et Roland, lui aussi ancien du maquis
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