Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 14:05

Nul n'est prophète en son pays, dit-on. Quel ne fut donc pas mon étonnement de voir les propositions que j'avais avancées dans la conclusion de l'étude sur le Mémorial de Berthaucourt (que l'on peut lire ici et que j'ai développées dans mon livre Le Temps des Partisans) si rapidement reprises par le responsable ardennais de la Fédération des Déportés et Internés Résistant Patriotes (FNDIRP), Gérald Dardart, dans une lettre à Mme le Maire de Charleville, et qui fut publiée par la presse locale.  

 

image2 

  

Rappelons brièvement les données que j’ai soumises à l’appréciation de tous : les lacunes flagrantes dans la composition de la liste des inscrits à Berthaucourt (flagrantes et parfois choquantes), et une invitation, dans une perspective de pérennisation du monument et du site même, à considérer le Mémorial comme porteur de la mémoire de toutes les victimes de l’occupant nazi...

Que M. Dardart ne se méprenne pas : rendre justice aux "oubliés de Berthaucourt", (c'est sous ce titre que l'Ardennais avait rendu compte de l'ouvrage et du propos lors de sa sortie) ne sera pas une mince affaire. Des forces conservatrices, voire obscurantistes, œuvrent pour que rien ne change depuis la fondation du monument en 1954. Ce fut dit. Ainsi, il y a deux ans déjà (29 février 2008), j'avais présenté les conclusions tirées de l'étude des noms inscrits dans la pierre de Berthaucourt au cours d'une conférence sur le sujet aux Archives départementales. Lors du court débat qui s'en était suivi, le président de l'Union ardennaise des FFI (UAFFI) s'était érigé en censeur, déclarant, en substance, que si mes conclusions étaient justes, il était néanmoins « beaucoup trop tôt » pour réviser le Mémorial !

Mieux, le même récidiva cette année, à la parution du Temps des Partisans. Dans un courrier qu’il m’adressa, en date du 7 avril 2010,  il avance qu’il aurait été favorable (si on lui avait demandé son avis il y a cinquante ans) à « un Mur de la Résistance et de la Déportation plutôt qu'une liste des résistants et des déportés décédés ». Las, la réalité est cruelle et elle ne se plie pas aux désirs du quidam, fut-ce ceux d’un président d’association patriotique…  Qu’importe ! Il poursuit : « Je serais favorable à cette dénomination globale et je proposerais de maintenir le "statu quo". Nous supprimerions ainsi toute polémique stérile, nuisible et impensable 70 ans après. »

Quelle polémique pourrait naître d’une révision des listes de Berthaucourt dans le strict respect des méthodes de la science de l'histoire ? Soyons sérieux.

 Puisque M. Dardart engage le combat pour une refonte complète des listes des inscrits à Berthaucourt, allons au bout de la logique et, outre les noms des fusillés oubliés, des déportés résistants et des juifs exterminés, ajoutons tous ceux des requis au Service du travail obligatoire (STO), puisque déjà les noms de certains d’entre eux, morts en Allemagne, figurent, depuis le début, sur le monument. 

 

 fond-de-diapo.jpg

 

Partager cet article

commentaires