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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 07:20

Comme il l’avait été annoncé en ces pages, les cérémonies d'hommage à la mission Citronelle aux Vieux-Moulins et aux morts du maquis des Ardennes au Calvaire des Manises, à Revin, ont prises cette année un relief exceptionnelle, du fait de la présence de la fille et des petits-enfants du capitaine britannique Desmond Ellis Hubble. Parachuté avec la deuxième partie de la mission Citronelle dans la nuit du 5/6 juin 1944, Hubble avait été capturé par les Allemands six jours plus tard, lors de l'attaque du maquis. Déporté au camp de concentration de Buchenwald, il y avait été pendu en septembre 1944.

Des rencontres ont été organisées entre la famille de Hubble et des anciens du maquis, mais surtout avec Georgette Fontaine, aux Vieux-Moulins de Thilay. Georgette, fille de Marguerite, rappelait que les parents du capitaine Hubble, ainsi que sa soeur et un de ses fils avaient été présents lors de l'inauguration du monument du Malgré-Tout en 1948. Une délégation britannique, composée notamment de Georges Whitehead et de Forest Yeo-Thomas, avait participé aux cérémonies et avait remis à la famille Fontaine, en signe de reconnaissance, un pavillon britannique qui avait flotté sur un navire de guerre ayant combattu durant le second conflit mondial. Lors de la rencontre du week-end dernier, c’est avec une grande émotion que les membres de la famille Hubble ont pu voir chez Georgette la combinaison de parachutiste du capitaine « Alain », que cette dernière détient encore. Ils ont pu aussi se rendre sur les lieux du parachutage de leur aïeul, à l’emplacement du terrain « Astrologie ».  

 

Manises 2010 090

 Les descendants du capitaine Hubble devant le monument aux morts des Manises. Jacquie, au centre, avec son mari et son fils (à gauche) ; ses neveux à droite (photo F. Docq). 

   

Message de Victor Layton à l’occasion de cette cérémonie  

"Je suis le dernier membre encore vivant de la mission Citronelle. J’aurais aimé être avec vous pour célébrer cet anniversaire, mais je suis trop âgé et physiquement incapable d’entreprendre un tel voyage, mais je suis de cœur avec vous et je me souviens de ce qui s’est passé le 12 juin, particulièrement de ces hommes braves qui ont perdu leur vie durant cette journée. Ils ne doivent pas être oubliés.

Saluez particulièrement Georgette Fontaine. Elle n’était qu’une jeune fille quand je l’ai connue, mais je me souviens de sa merveilleuse famille, et de l’aide qu’elle a apportée au maquis. Dites à la sœur de Hubble que je pense sans cesse à son frère. Il était mon ami, et mon coéquipier dans cette mission. Il était avec moi en juin 1944 quand il fut fait prisonnier par une patrouille allemande. Je regrette de n’avoir pu en faire plus pour empêcher sa capture […].

J’ai été volontaire pour entreprendre cette mission parce que j’avais une dette envers la France, pour les dix années où j’y avais vécu, la bonne éducation que j’y avais reçue, et la douce vie que j’avais connu dans votre pays. Je serai toujours un ami de la France."

 

 

Lire l'article dans le journal L'Union du 14 juin

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Published by philippe lecler - dans Le maquis des Ardennes
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