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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 17:05
La mémoire meurtrie des STO

 
Le STO. Si on voit souvent ce sigle sur ce blog, c’est pour nier sa mise en œuvre : on ne parle du STO que pour désigner ceux qui le refusèrent, ces fameux « réfractaires au STO ».
Pour mémoire, le « service du travail obligatoire », s’inscrivait dans le cadre de la politique de collaboration entre l’Etat français et l’Allemagne nazie. On peut à cet égard distinguer plusieurs phases avant sa réalisation. Le volontariat au travail en Allemagne fut mit rapidement en place, dès les débuts de l’Occupation, basé sur une propagande vantant les hauts salaires et la qualité de vie de l’ouvrier expatrié.
Au début de l’année 1942, l’appel au volontariat se révélant particulièrement inefficace, les autorités allemandes firent pression sur le gouvernement de Vichy. En mai, le Gauleiter Fritz Sauckel, nommé par Hitler « Plénipotentiaire général au service de la main d’œuvre dans les territoires occupés », fit part de ses nouvelles exigences auprès de Pierre Laval, chef du Gouvernement. Les négociations aboutirent à un illusoire donnant-donnant : pour trois départs d’ouvriers, les Allemands garantissaient la libération d’un prisonnier de guerre. Ce fut « la Relève » (juin-septembre 1942), et un nouvel échec… Fut donc décidée la réquisition pure et simple, première phase de la mise en place du Travail Obligatoire. Par la loi du 4 septembre 1942 :

"Toute personne du sexe masculin de plus de 18 ans et de moins de 50 et toute personne du sexe féminin de plus de 21 ans et de moins de 35 peuvent être assujetties à effectuer tous travaux que le gouvernement jugera utile dans l'intérêt de la Nation."

Par la loi du 16 février 1943, le conseil des Ministres élargissait les possibilités de
réquisition et décidait :

"En application de la loin du 4 septembre 1942, de créer un Service du Travail
Obligatoire... pour mettre un terme à l'inégalité choquante qui faisait peser seulement sur les ouvriers des charges qui doivent être équitablement réparties sur tous les Français, quelle que soit leur catégorie sociale... ce texte législatif rend le Service du Travail Obligatoire aux champs, à l'usine, à l'atelier pour tous les jeunes gens nés entre le 1er janvier 1920 et le 31 décembre 1922".

Par cette loi, Vichy livrait les jeunes français, contraints aux travaux forcés dans les usines allemandes. Jean fut un de ces STO, déporté du travail, esclave du Reich. Il a accepté la publication sur ces pages de son carnet de souvenirs, qu’il a écrit et illustré en guise d’exorcisme de ce passé douloureux qu’il avait enfoui dans sa mémoire, qu’il n’avait jamais partagé. Car jamais Jean n’a fait état de ses années passées en Allemagne, craignant l’incompréhension de ses contemporains : « Que m’auraient-ils dit ? - T’avais que de f… d’y aller… »

" Ce que furent mes vingt ans..." (1)

Pour en savoir plus, cliquez ici...

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