Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 21:11
Martyrologe de la Résistance ardennaise de LEVA à MARBACQUE
 
  299 – LEVA Roger, né le 22 janvier 1919 à Paris, marchand de charbon à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Fumay, ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

300 –LILÈS Luc, né le 9 avril 1929 à Saint-Menges (Ardennes), domicilié à Illy (Ardennes). En 1944, ouvrier à la filature du Warcan à Olly (Ardennes) dirigée par Pierre Rouy, Luc Lilès, accompagné de trois camarades (Roland Saxe, Bernard Stringer et Marceau Hermant) comme lui réfractaires au STO, voulait rallier un maquis pour participer aux combats de la libération. Il s’adressa au chef du faux maquis créé par des miliciens, membres du groupe d’action de la Sipo-SD cantonné à Sedan (Ardennes), connu dans la région sous la dénomination de « Bande au Bossu ». Les miliciens accueillirent leurs recrues et les exécutèrent dans le bois de la Hatrelle, à Illy, le 28 août 1944.

Son nom est inscrit sur la pierre du mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes), ainsi que sur la plaque commémorative apposée à Illy-Olly en mémoire des hommes « lâchement assassinés le 28 août 1944 par les miliciens à la solde de l’ennemi ».


301 - LOISEAU Jean, né le 31 octobre 1920 à Revin, bûcheron en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

302 – LOIZON Maurice, Auguste, né le 7 avril 1913 à Terron-sur-Aisne, cultivateur en cette commune. Il fut exécuté avec quatre autres personnes du village par une colonne SS lors  des combats pour la libération, le 1er septembre 1944 à Terron-sur-Aisne.

303 – LORETTE Jean, né le 6 novembre 1924 à Exermont, domicilié à Fléville. Fusillé lors des combats pour la libération, à Fléville le 31 août 1944. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Fléville.
Son nom est inscrit sur le monument du Calvaire des fusillés du bois de la Forge, situé à l’écart de la route départemental 6, entre Senuc et Montcheutin.

304 – LOTH Noël, Marcel, né le 9 octobre 1926 à Rocroi, domicilié à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rocroi, ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

305 – LOUGE Dominique, né le 1er janvier 1900 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), gendarme à Machault. Appartenant au maquis « Violette » du secteur de Rethel, il fut abattu par un Allemand lors d’une patrouille à La Neuville-en-Tourne-à-Fuy le 30 août 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Machault.
Une stèle a été érigée en sa mémoire sur le lieu où fut tué le gendarme Louge (qui comporte d’ailleurs une erreur en plaçant la date du décès au 28 août).

306 – LOUIS Maurice, né le 12 juillet 1895 à Château-Regnault, ouvrier meunier et ancien maire communiste de cette commune (1938-1940). Issu d’une famille d’ouvriers, Maurice Louis perd très tôt son père. Sa mère fait vivre la famille en travaillant dans une boulonnerie de Bogny, « la Grosse Boutique ». Après l’obtention de son certificat d’études primaires, Maurice Louis devient ouvrier tourneur dans la même usine, et se marie en janvier 1914. Très tôt engagé dans l’action ouvrière, il devient secrétaire du syndicat CGTU des Métaux et initie la grève qui éclate à « la Grosse Boutique » en février 1926. Le mouvement de revendication s’étend rapidement aux boulonneries des communes voisines, mobilisant 1500 ouvriers pendant neuf mois, trouvant un écho largement amplifié par le journal L’Humanité. Menant des meetings où viennent le soutenir des dirigeants nationaux du syndicalisme mais aussi du Parti communiste (dont Jacques Doriot), Maurice Louis est licencié après la reprise du travail. Ouvrier aux Moulins coopératifs de Château-Regnault, poursuivant le combat syndical, Maurice Louis adhère au Parti communiste et est nommé en 1932 secrétaire-trésorier de la cellule de Château-Regnault. En mars 1938, il est élu maire de la commune, y exerçant son mandat jusqu’à sa révocation par le gouvernement en janvier 1940. Mobilisé en septembre 1939, il rentre à son domicile après la signature de l’armistice. Il est arrêté le 20 mai 1942 par des gendarmes français, gardé pendant une semaine dans les locaux du commissariat de Mézières, il est ensuite transféré à la prison de Rethel avant d’être jugé par la cour spéciale de Nancy. Relevé des charges qui pèsent sur lui, acquitté, il est néanmoins saisi par les Allemands qui l’internent au camp de Compiègne Royallieu avant de le déporter au camp de concentration de Sachsenhausen-Oranienbourg par le transport du 24 janvier 1943. Il y est décédé le 25 mars suivant
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bogny-sur-Meuse. Une rue de Bogny-sur-Meuse porte son nom.

307 – LOUIS Serge, né le 26 décembre 1922 à Vrigne-aux-Bois, ouvrier agricole à Vivier-au-Court. Date et motif de l’arrestation inconnus. Déporté. Décédé en Allemagne, à Fisback, le 25 mars 1945.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vivier-au-Court.

308 – LOUPPE André, Henri, Raymond, né le 19 janvier 1924 à Revin, domicilié en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

309 – LOUVIOT Raymond, né le 10 juin 1925 à Haybes, tourneur en cette commune. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

310 – LOZET André, Paul, né le 10 juillet 1924 à Sedan, domicilié en cette commune. Soldat de 2e classe de la 2e compagnie de combat du 501e Régiment de chars de combat de la division Leclerc, il fut mortellement blessé le 25 août 1944 à la hauteur du 73, boulevard Saint-Michel lors de l'attaque du Palais du Sénat dans les jardins du Luxembourg, et décédé le lendemain à l'hôpital du Val-de-Grâce. Il fut cité à l'ordre de la Brigade : « Pilote de char volontaire pour effectuer une reconnaissance à pied, a été tué par une rafale de mitrailleuse ». Une plaque commémorative à été posée sur le boulevard Saint-Michel à Paris, son nom est inscrit aussi sur le monument commémoratif place du 25 août 1944 à Paris.

311 – LUANS Roger, né le 14 juillet 1922 à Maison-Alfort, boucher à Revin. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.

312 – LUCAS Daniel, Albert, né le 1er janvier 1923 à Donchery, gendarme domicilié à Flixecourt (Somme). Tué en cette commune lors des combats pour la libération, le 1er septembre 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Flixecourt, ainsi que sur la plaque commémorative de l’ancienne gendarmerie de Flixecourt.

313 – MAHAUT Gabriel, né le 15 février 1911 à Revin, chauffeur domicilié à Mohon. Arrêté le 26 novembre 1943 pour un motif inconnu. Déporté au départ de Paris, gare de l’Est, le 25 février 1944, vers le camp de concentration de Natzweiler. Soumis au décret Keitel «Nacht und Nebel». Décédé au camp de concentration de Dachau le 17 novembre 1944.

314 – MAISONNEUVE Lucien, né le 27 février 1908 à Nantes, domicilié à Amagne,  manœuvre à la SNCF. Membre de l’équipe Plan vert, arrêté avec trois de ses camarades par la Feldgendarmerie de Rethel, après plusieurs sabotages sur voie ferrée, le 24 juin 1944. Condamné à mort par le tribunal militaire de Charleville, il fut fusillé au Fort des Ayvelles le 26 juin.
Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Lucquy, sur la plaque commémorative des fusillés du fort des Ayvelles à Villers-Semeuse, sur celles des agents de la SNCF tués par faits de guerre 1939-1945 en gares d’Amagne-Lucquy et de Reims (Marne).

315 – MAIZIAIRES Paul, né le 3 septembre 1916 à Paris, domicilié à Mézières. Résistant, membre du maquis de Mailhan, où le 7 juillet 1944 une centaine de maquisards furent attaqués par un millier de soldats allemands. Soixante-seize y furent tués ou fusillés, dont Paul Maizières. Les membres du groupe de résistance sont inhumés sur le lieu même où se tenait leur camp.
Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Mézières et de l’Isle-en-Dodon, ainsi que sur la plaque du cimetière du maquis de Meilhan.

316 - MAIZIAIRES Raphaël, né le 18 juin 1920 à Mézières, domicilié en cette commune. Résistant, membre du maquis de Mailhan, où le 7 juillet 1944 une centaine de maquisards furent attaqués par un millier de soldats allemands. Soixante-seize y furent tués ou fusillés, dont Paul Maizières. Les membres du groupe de résistance sont inhumés sur le lieu même où se tenait leur camp.
Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Mézières et de l’Isle-en-Dodon, ainsi que sur la plaque du cimetière du maquis de Meilhan.

317 – MAKUWCZINSKI Eugène, né le 30 décembre 1927 à Vrigne-aux-Bois, domicilié à Charnois. Tué au combat en cette commune lors de la libération de Givet, le 5 septembre 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rancennes.

318 – MAKUWCZINSKI Stanislas, né le 2 avril 1924 à Dasnine (Allemagne), domicilié à Rancennes, frère du précédent. Arrêté, avec ses parents, Joseph et Hélène (tous deux déportés en février 1943 et libérés au camp de concentration de Ravensbrück en avril 1945), le 29 octobre 1942 par la Feldgendarmerie de Givet, après dénonciation, pour avoir hébergé un prisonnier soviétique évadé. Déporté à une date inconnue. Décédé  au camp de concentration de Mauthausen le 31 mars 1945.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rancennes.

319 – MALAISE Armand, né le 19 novembre 1898 à Landrichamps, instituteur domicilié à Nouvion-sur-Meuse. Issue d’une famille d’ouvriers, Armand Malaise entra à l’école normale d’instituteurs de Charleville en 1904 et occupa son premier poste à Revin. En 1914 il fut mobilisé au 148e Régiment d’infanterie de Givet et il participa aux combats de Dinant et de Charleroi.
Après la guerre, il reprit son métier et obtint un poste à Charleville en 1925. Très engagé dans la vie politique de son époque, animé d’idéaux socialistes, franc-maçon, il devint conseiller départemental. Ami de Pierre Viénot, familier de ses secrétaires Fernand Vallaud et Juliette Régnier, Armand Malaise fut par ailleurs engagé dans la vie syndicale comme secrétaire de la section ardennaise du Syndicat National des Instituteurs.
En 1940, l’attaque allemande sur la Meuse et l’exode conduisit la famille Malaise sur les routes de la Vendée, où elle s’établit à Jard-sur-Mer. Quand il rentra dans les ardennes, il fut révoqué de l’enseignement à cause de son engagement politique et philosophique.
À la fin de 1942, ou au début de 1943, il rejoignit ses amis Maurice Robert et Jean-Louis Valentin au sein du mouvement Libération-Nord. Comme lui, les deux hommes étaient des rescapés de la vague d’arrestations qui avait frappé leur groupement de résistance appelé « Armée des volontaires ». Opposé au régime de Vichy, Malaise, devenu « Amédée »,  lutta contre la politique scolaire du gouvernement et en juillet 1943 il reconstitua dans la clandestinité une section ardennaise du Syndicat National des Instituteurs. Avec Maurice Robert, il organisa le mouvement Libération-Nord dans le département, notamment dans la vallée de la Meuse, et négocia en juin 1943 avec André Point la fusion des mouvements dans le cadre de « l’Armée secrète ».
Armand Malaise est décédé le 4 janvier 1944 d’un arrêt cardiaque à Lonny, alors qu’il se rendait en mission auprès de son ami Georges Peuble, chef du secteur de Rocroi.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Nouvion-sur-Meuse. Il est inscrit sur le monument aux instituteurs ardennais morts pour la France, à Charleville-Mézières.

320 – MALLET Pierre, né le 27 juillet 1924 à Vrigne-aux-Bois, domicilié en cette commune. Elève au collège de Nassau, à Sedan, où se constitua fin 1941 un groupe de résistance qui s’employa à la confection et à la distribution de tracts gaullistes, à la récupération d’armes, aux sabotages. Le groupe fut disloqué en octobre 1943. Pierre Mallet, qui avait quitté la région, intégra un maquis et fut tué à Clamecy (Nièvre) le 21 août 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vrigne-aux-Bois.

321 – MANOEL Fernand

322 – MANON Louis, Gaston, né le 2 mai 1891 à Haybes, hôtelier en cette commune. Issu d’une famille modeste d’ouvriers ardoisiers, il est le dernier de neufs enfants. À onze ans, Louis Manon descend dans les fosses de l’ardoisière pour un salaire de misère. En 1914, il achève ses trois ans de service militaire au 148e R.I. de Givet quand la guerre éclate. Après avoir combattu sur le front de Salonique, il est après la victoire démobilisé. Rentré à Haybes, il épouse une veuve de guerre et grâce à un modeste héritage, il achète « l’Hôtel moderne ». Ouvrier ardoisier le jour, il aide le soir son épouse dans la gestion de l’établissement. En 1936 les Manon quittent Haybes pour Fumay où ils reprennent l’Hôtel du Château, qui fait restaurant, et où Louis, musicien, anime des soirées dansantes les jours de fête et les dimanches. En 1939, l’armée l’appelle de nouveau, il est mobilisé. Il met les siens à l’abri à Gardanne, dans le midi, où il les rejoint en 1940 après avoir été démobilisé. La famille Manon y reste jusqu’en 1943, Louis obtenant un emploi au fond de la mine de charbon. De retour à Fumay, c’est un hôtel pillé de fond en comble que les Manon retrouvent, mais après quelques semaines de travaux, l’établissement rouvre ses portes.
Contacté par le chef local de la Résistance Gabriel Sacrez, Louis Manon héberge clandestinement des prisonniers évadés, des aviateurs alliés, des résistants recherchés par la police allemande…
Au début du mois de mars 1944, un contact lui amène huit jeunes gens, des réfractaires désireux de former un maquis. L’un d’eux, « Max », est un traître. Quelques jours plus tard, le 14 mars, Max se rend à la poste du bourg. Il téléphone à la police allemande et la Feldgendarmerie intervient à l’Hôtel du Château. Trois jeunes gens parviennent à s’enfuir, pour les autres c’est la prison de Charleville (deux d’entre eux, Alexandre et Auguste Salmeron seront jugés et fusillés sur le plateau de Berthaucourt).
Louis Manon est arrêté et, tard dans la soirée, incarcéré à la prison de Charleville. Il est exécuté au Bois de la Rosière, à Tournes, le 29 août 1944.
Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Fumay et de Haybes, ainsi que sur la stèle de la Résistance de Haybes, et sur le monument aux fusillés du Bois de la Rosière à Tournes.

323 – MARBACQUE Marcel, né le 5 août 1922, domicilié à Fumay. Volontaire au maquis des Ardennes, exécuté par les Allemands à Revin le 13 juin 1944.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Fumay, ainsi que sur le monument aux fusillés des Manises à Revin.
 

Partager cet article

Published by philippe lecler - dans Mémorial de Berthaucourt
commenter cet article

commentaires