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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

30 août 2006 3 30 /08 /août /2006 16:14
Après la victoire judiciaire de la famille Liepietz contre l'Etat et la SNCF il y a deux mois, 200 familles d'anciens déportés réclament réparation auprès de la SNCF pour son rôle dans la déportation des juifs durant la Seconde guerre mondiale. Ci-dessous, extrait d'un article publié par le quotidien Libération (édition du 29 août), interrogeant l'historien Eric Alary, chercheur associé au Centre d'histoire de Sciences-Po Paris, qui a dirigé la rédaction de l'ouvrage Les Français au quotidien (1939-1949) (Ed. Perrin).

Quel rôle joue la SNCF dans la France occupée ?
La SNCF est au coeur du processus d'occupation. Dès leur arrivée, les Allemands sont obnubilés par la remise en état du réseau ferré pour transporter les troupes et piller les richesses économiques du pays. C'est pourquoi les cheminots prisonniers de guerre sont les premiers libérés. En juillet 1940, le directeur de la SNCF indique que la Wehrmacht aide la SNCF à reprendre une exploitation normale de son réseau.
Comment s'organise le transport des déportés ?
La SNCF est obligée de collaborer avec la Reichsbahn (chemins de fer du Reich) qui lui réclame dans un premier temps 1 000 locomotives et 35 000 wagons. La SNCF obéit au ministère de l'Intérieur, à la préfecture de police et au Commissariat général aux questions juives qui relaient les ordres des Allemands. Elle est un exécutant mais elle n'ignore pas la nature des convois. Le 15 juillet 1942, lors d'une réunion au ministère de l'Intérieur, le représentant de la SNCF demande que pour des raisons de discrétion, ces convois prennent simplement le nom de «transports IAPT» pour «Israélites Allemands-Polonais-Tchécoslovaques». Le personnel et le matériel de transport sont français jusqu'au poste-frontière de Novéant, en Moselle. La SNCF doit plomber les portes des wagons, former les convois en dehors des gares et les faire partir entre 6 et 7 heures du matin pour des raisons de discrétion.
Comment réagissent les cheminots ?
Nombre d'agents ne sont pas d'accord et l'opposition grandit quand la SNCF révoque les cheminots communistes, à partir de l'été 1941, suite à l'attaque allemande contre l? URSS. Quelque 1 290 agents sont suspendus en novembre 1941, dont 445 sont incarcérés ou internés par les autorités françaises (sur un total de 500 000 cheminots). On sait qu'il y a eu de nombreuses tentatives de cheminots pour amener de l'eau, des provisions, dévisser les planchers des wagons. Des petits gestes, très risqués, parfois décisifs. D'autres ont saboté les rails ou les machines. A partir de 1943, la collaboration entre les cadres de la SNCF et ceux de la Reichsbahn s'érode. Les sabotages se multiplient : 819 cheminots ont été fusillés et 1 200 sont morts en déportation.
La SNCF n'avait-elle aucune marge de manoeuvre ?
Tout ce qui touchait à la déportation relevait des Allemands, dont les ordres étaient relayés par le ministère de l'Intérieur français, la préfecture de police. La SNCF a assuré elle-même l'organisation logistique des transports, car elle refusait l'ingérence allemande dans l'exploitation de son réseau. En fait, quand les cadres de ta SNCF ont eu une marge de manoeuvre, ils l'ont utilisée pour sauvegarder l'activité économique de leur entreprise.

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Published by philippe lecler - dans Actualité
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