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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 08:34
Né le 31 octobre 1921 à Rimogne, Armand Polèse habitait Linay lorsque, en 1942, requis pour le STO, il entra en résistance, rejoignant le maquis franco-belge du Banel, dirigé par Adelin Husson. Agent de liaison dans un premier temps, puis chef de groupe, il occupait au maquis une « cagna » au lieu-dit « le Paquis de Frappant », dans la clairière de Buchy, avec trois autres réfractaires, André Poncelet et Fernand Blaise (de nationalité belge), Casimir Rzepcky (français d’origine polonaise), et une jeune fille belge, Marguerite Van Bever.
 
On sait que, le 18 juin 1944, le maquis fut encerclé par une forte troupe d’Allemands après que la Résistance sedanaise eut été infiltrée par l’agent de l’Abwehr Roemen, alias, en cette occasion, « Charles Antoine » (voir « La collaboration en Ardenne : le cas de Charles-Antoine Roemen alias “Rudeault” », Terres ardennaises n° 85, décembre 2003).
 
Les cinq maquisards, après avoir fuis leur cagna, furent arrêtés dans le bois du petit Banel sans pouvoir opposer de résistance à leurs poursuivants. Les quatre jeunes hommes furent emmenés au fortin du Paquis de Frappant, les mains liés derrière le dos avec du fil de fer. Ils furent battus à mort, puis, étendus le visage contre terre, achevés d’une balle de revolver dans la nuque. Leurs corps furent sommairement ensevelis près du château. Marguerite Van Bever, seule rescapée de leur groupe, fut interrogée par la Sipo d’Arlon avant d’être déportée au camp de Deckenschule. Deux fois évadée, elle rentra d’Allemagne en 1945 et témoigna contre ses bourreaux lors de leur procès devant le Conseil de guerre de Liège.
 
Les obsèques d’Armand Polèse eurent lieu à Rimogne le 26 septembre 1944.
 
Vous pourrez trouver des documents photographiques et des éléments de biographie sur le site de Loïc Delafaite, que je remercie ici :
 
 http://genealogie-delafaite.chez-alice.fr//polese.htm
Sources : A. DUBRU, Pages d’histoire de la Résistance dans la région de Florenville (1940-1944), non publié.

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Published by philippe lecler - dans Des hommes
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