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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 17:10
Dans un précédent article, je vous ai parlé des quatre cheminots d’Amagne arrêtés le 24 juin 1944, fusillés deux jours plus tard aux Ayvelles.
Voici les textes de leurs dernières lettres à leurs proches, écrites quelques minutes avant leur exécution.
 
René Arnould :
« 11h 30. Mes pauvres chéris, nous sommes condamnés à mort. Exécution tout de suite. Aie du courage, ma pauvre chérie, je t’embrasse ainsi que les gosses. Ton René.
Nous avons communié. Elève les gosses le mieux que tu pourras. »
 
Charles Boillot :
« 11 h 30. Mes biens chers, nous avons encore 10 minutes pour écrire. Sommes condamnés à mort. J’ai bien pensé à vous ces deux derniers jours, et m’en veux de vous laisser tout seuls. J’ai communié à l’aumônerie militaire, cela te fera plaisir. Bon courage, ma Gette. Elève bien le petit Claude. Je vous adore et vous envoie mes derniers baisers. Baisers à mes parents et aux tiens. Et surtout du courage. Adieu. »
 
Robert Stadler :
« 11 h 30. Femme chérie, enfants chéris, au reçu de cette lettre, tout sera fini. Prends courage et surtout pense bien aux enfants. Embrasse-les toujours bien pour moi, et toujours avec eux comme je serai toujours avec toi. J’ai communié et je meurs la conscience tranquille. Nous nous reverrons là-haut. Bons baisers pour toujours et à tous les trois. Ton mari et votre père pour l’éternité. »
 
Lucien Maisonneuve :
« Ma petite femme chérie, mes enfants adorés. Je vous dis adieu pour toujours, je vais mourir, pardonnez-moi la peine que je vous fait. René et Jeanine, aimez bien votre maman. J’ai communié avant de mourir et suis mort en chrétien. Priez pour moi sur terre, je prierai pour vous au ciel… »

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Published by philippe lecler - dans Documents
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