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Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

Les rendez-vous

Vendredi 12 mai à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Grégory Kaczmarek : "La grande grève revinoise de 1907 : cinq mois de combats ouvriers".

Vendredi 16 juin à 18 h, aux Archives départementales à Charleville-Mézières, dans le cadre des vendredis de l'histoire de la Société d'Histoire des Ardennes, conférence de Philippe Lecler : "Pol Renard, un héros de la Résistance".

 

 

19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 17:33
Né à Joigny sur Meuse le 12 juillet 1901, marié et père de deux enfants, exerçant la profession de forgeron, domicilié à Joigny, rue du Chêne.
Depuis son plus jeune âge (il apprend le métier avec son père dès l’âge de 13 ans), il fréquente les syndicats ouvriers dont il devient un des éléments les plus actifs. Frappé par la répression patronale pour son activité militante, il perd son emploi en 1931. Il va dès lors organiser des “comités de chômeurs” dans toute la vallée de la Meuse, et, parallèlement, prendre la tête du syndicat des Métaux de Nouzonville.
La crise économique et sociale prenant dans l’ampleur (on compte plus 6000 chômeurs dans le département en 1933), Fuzellier propose de lancer une grande campagne revendicative des ouvriers et des chômeurs qui aboutira, pendant l’hiver 1934-1935, à “la marche de la faim”.
En 1935, il est élu maire de Joigny, puis c’est la grande victoire du Front populaire... Sur le plan politique, Fuzellier, membre du Bureau régional du Parti communiste, lutte contre la politique de non-intervention en Espagne, contre la trahison de Munich, et contre les concessions faites à Hitler. Révoqué avec l’ensemble de son conseil municipal en 1939, Fuzellier évacue dans l’Allier avec sa famille lors de l’exode du printemps 1940.
Il rentre à Joigny au début de l’année suivante et reprend contact avec d’anciens militants communistes, puis héberge Maurice Deloison, envoyé par le Comité central du PC pour reconstruire le Parti dans les Ardennes.
Arrêté par la police, avec ce dernier, à son domicile de Joigny le 23 août 1941, il est condamné par la cour spéciale de Nancy le 12 septembre à cinq années de travaux forcés. D’abord détenu à la maison d’arrêt de Nancy, il fut transféré à Fresnes, puis à Caen, où il fut fusillé le 14 février 1942. 
Extrait de la fiche individuelle de Jules Fuzellier rédigée par les autorités allemandes lors de son inscription sur la liste des otages (Geiselliste - CDJC-Mémorial de la Shoah. Dossier XLVA-1) :
« Intelligent, rusé, sournois, hypocrite, malin. Il s’y entend à faire exécuter par d’autres les missions dangereuses. Lors de son arrestation, il a encore tenté de prendre la fuite. Pendant la procédure, il a nié l’ensemble des accusations jusqu’à ce qu’il puisse être confondu et il a jusqu’à la fin tenté de fausser les faits et de les présenter sous un jour qui lui était favorable. […] Sa vie, son passé, sa personnalité mais aussi son comportement durant la procédure pénale montrent de façon irrécusable qu’il est dangereux. Il est donc passible d’exécution. »
P. Lecler. Extrait de l'étude : " La répression des menées communistes sous l'occupation allemande dans les Ardennes (1940-1943) ". Non publiée.

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Published by philippe lecler - dans Des hommes
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