Les abeilles

Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose. Un simple renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract, ni même un journal clandestin (parfois assez mal composé). A ceux-là il faut répondre :
« C’est qu’ils étaient du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
 
Jean Paulhan
« L’abeille », texte signé "Juste", paru dans Les cahiers de Libération en février 1944

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Les rendez-vous

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Samedi 21 janvier 2006
 
    Plaque apposée sur un mur de l’ancienne gare de Blanzy, en la mémoire d’Armantine Carlier, responsable de la gare de Blanzy-la-Salonnaise, d’où elle avait participé à la formation des premiers groupes FTP dans le secteur. Elle devint en 1944 agent de liaison de Pierre Luizard, dit « capitaine Pascal », initiateur des 5e et 2e Compagnie FTP du Secteur Sud des Ardennes. La gare de Blanzy était le théâtre de rendez-vous clandestins d’où partaient les ordres, où le résident traqué trouvait un abri sûr, d’où les renseignements sur l’occupant partaient et arrivaient. Armantine cachait des mines anti-chars dans sa cuisinière, « planquait » des aviateurs alliés tombés dans la région, des résistants aux abois, on étudiait chez elle les plans des actions de sabotages à effectuer...
Elle fut arrêtée le 19 août 1944 par la Gestapo de Reims, puis déportée au camp de Ravensbrück d’où elle ne revint jamais.



 

Ecrire un commentaire - Publié dans : Des lieux - Par philippe lecler
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