C’est P. Lemaire qui a trouvé la bonne réponse (encore qu’au indice ne permettait vraiment de situer cette écluse). Cette photo représente des fantassins allemands traversant le canal sur une passerelle au niveau de l’écluse de Nanteuil / Aisne le 9 juin 1940.Un court rappel des faits :
Le 15 mai 1940, les troupes françaises commandées par le général de Lattre de Tassigny reculent jusqu’à l’Aisne et organisent une position défensive au sud de la rivière, entre Taizy et Attigny, avec une tête de pont à Rethel. Première attaque allemande contre Rethel le 17 mai, puis, le 19 mai, les Français abandonnent la ville pour se replier au sud de l’Aisne. La ville flambe et les combats vont durer jusqu’au 9 juin. Ce jour-là, à l’aube, après une violente préparation d’artillerie, les troupes d’assaut allemandes passent l’Aisne à hauteur de Barby sur des canots pneumatiques et prennent pied sur la rive sud. Vers 5 heures du matin, les fantassins allemands s’emparent de l’écluse de Nanteuil défendue par quelques hommes du 73e RI. Une brèche est ouverte dans le système défensif français, et, vers midi, les allemands atteignent les hauteurs au sud de Nanteuil puis la route Rethel-Avançon. En fin de journée, un pont provisoire va permettre aux véhicules ennemis de franchir la rivière et la canal. Le 10 juin, les Panzers de Gudérian traversaient la rivière à Château-Porcien. Le 11 juin, la bataille de Rethel était terminée et le 14 les troupes allemandes défilaient sur les Champs Elysées…
J’ai donc extrait la photo de l’ouvrage de R. Marcy La bataille de Rethel (Éditions Terres ardennaises), tout comme celle qui apparaît en tête de cet article et que R. Marcy reproduit lui-même en indiquant un passage de fantassins sur l’Aisne « entre Barby et Nanteuil ». Ce cliché est pourtant extrait d’un numéro de 1940 du magazine allemand Signal dont la légende, à l’origine donc, indique seulement « Il y a quelques heures à peine que l’infanterie allemande a franchi l’Aisne sur des ponts de sacs flotteurs que les sapeurs ont construit malgré le feu de l’ennemi… »
par philippe lecler
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