Le
1er septembre 1944, une unité de la Wehmacht stationnait près de l’ancienne église de Montmarin, commune de Givry-sur-Aisne. Quelques FFI d’Attigny, exaltés par l’approche des troupes
américaines et la débandade allemande, entreprirent de monter à l’assaut de ce qu’ils ne pensaient être qu’une faible troupe fatiguée et démoralisée. Ils n’eurent pas le temps d’approcher :
quatre d’entre eux furent fauchés en plein champ par les fusils-mitrailleurs ennemis. Les deux autres, qui avaient pensé prendre les Allemands à revers furent découverts et immédiatement
fusillés… Un témoin du drame relata cet événement. Son récit sera publié dans Ami si tu tombes. En voici un extrait :
De la cour de la ferme, on peut voir des Allemands qui viennent prendre position, dans le “Chemin des Pèlerins”, un
chemin creux qui mène à l'église. Ils ont dû être mis en alerte par les fusils-mitrailleurs qui étaient placés pour observer… Quelques balles sifflent dans nos baraquements… Des premières
rafales de mitrailleuses parties du “Chemin des Pèlerins”, quatre des six résistants sont abattus alors qu'ils arrivaient à moins de cent mètres de ce chemin. Ces quatre hommes sont Oherlé,
Chachour, Eloy et Jeaulin. Je les vois tomber dès les premières rafales, sans qu’ils aient pu utiliser leurs armes …
ELOY Jean, domicilié à Charbogne, 24 ans
HOERLE Diégo, domicilié à Charbogne, 42 ans
CHACHOUR Abd El-Kader, domicilié à Charbogne, 25 ans
JEAULIN Paul, domicilié à Attigny, 24 ans
HUON Kléber, domicilié à Givry / Aisne, 34 ans
AVLANGE André, domicilié à Saulces-Champenoises, 35 ans
par philippe lecler
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Des lieux
Le parachutage de « Dame Blanche » eut lieu dans
la nuit du 19 au 20 mai 1944 sur un terrain balisé dans les champs, aux abords d’un petit bois, à quelque deux kilomètres du village de Saint-Germainmont, sur le site homologué « Dame
blanche » (message : « Les bananes sont glissantes »). Il fut le seul parachutage destiné aux groupes de résistance FTP du département. Ce furent les
FTP des groupes de Blanzy, Gomont et Saint-Germainmont qui en assurèrent la réception, sous l’autorité du capitaine « Pascal » (Pierre Luizard) et de Fernand
Deléam.
Les containers furent d’abord cachés dans des casemates, vestiges du front qui passait ici lors de la première guerre mondiale.
« Ce parachutage de Dame blanche, c’est un monsieur Fortier qui est venu avec un tombereau tiré par un
cheval, qui nous a ramené tous les containers que nous avons montés dans le clocher de l’église. C’est là que nous les avons ouverts, sauf un, qui contenait des armes prêtes à l’utilisation,
les autres étaient enduites de graisse. Il y avait de l’essence pour les nettoyer, au minimum 40 litres pour les dégraisser […] Le curé de l’époque, c’était l’abbé Maréchal. Il était au
courant et n’a jamais rien dit, au contraire il nous aidait. »
(Témoignage de G. Robert, alias « Dany », lieutenant FTP, adjoint de Pascal)
Le parachutage apportait quatre tonnes de matériel, dont une dizaine de fusils à répétition, autant de mitraillettes « Sten », de revolvers,
une vingtaine de grenades, un bazooka, surtout des explosifs pour saboter les installations industrielles et les voies ferrées. Hormis l’armement, ces hommes qui manquaient de tout allaient y
trouver des cigarettes, du chocolat, des chaussures, des chaussettes, de rations de guerre, des postes récepteurs de radio…
On nous l’a dit, le tout fut caché dans le clocher, grâce à la complicité bienveillante du curé de Saint-Germainmont, l’abbé André Maréchal, qui en
outre hébergeait, lorsqu’il y avait lieu, des prisonniers évadés, des aviateurs alliés, des réfractaires au STO… Le matériel ainsi livré permit la formation des 5e et 2e
compagnies FTP du secteur sud des Ardennes, ainsi que d’équiper en partie les FTP de la vallée de la Meuse.
par philippe lecler
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Des lieux
Les ouvrages sont cités dans l’ordre chronologique de leur publication. Le choix des limites chronologiques est assez arbitraire,
l’année 2000 a le mérite de trancher une période et de marquer une rupture chronologique nette. De toutes façons, les publications sur cette période, dans notre petit département, ne sont pas
légions et n’encombrent pas les fonds de bibliothèque, le choix d’une date de rupture est donc purement formelle.
CHAROT (G.), Le maquis de Revin, imp. G. Bouche, Mézières,
1947
Publiée pour recueillir des fonds destinés à l’érection du monument aux morts du maquis, la brochure est constituée de deux parties. L’exposé des faits, qui constitue la première partie fut rédigée, à partir de témoignages de maquisards, par G. Charot, directeur d’école à Revin. La deuxième partie contient la liste des victimes de la répression allemande.
par philippe lecler
publié dans :
Biblio ardennaise